DU MILLE
Modèles français.
Premier carré (grand modèle) . .
3mra à 4mra
— (t'orle)
Deuxième carré .
Troisième carré (flamande) . . .
Quatrième carré (cartelette) . . .
Modèles dits anglais.
Premier échantillon
Deuxième —
Troisième —
Quatrième — ......
Cinquième —
Après cette nomenclature des pierres, nous donnerons quelques renseignements indispensables sur les pierres à bâtir naturelles.
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
Les pierres, en sortant de la carrière, sont recouvertes d’une écorce terreuse qu’on nomme bouziix.
L’opération nécessaire qui consiste à supprimer cette espèce de bouillie sur les pierres s’appelle èbouzinage .
On ne doit employer les pierres ébouzinées que lorsqu’elles ont complètement rendu leur eau de carrière, c’est-à-dire lorsqu’elles sont complètement sèches.
On appelle pierre d'échantillon tout bloc équarri suivant des mesures données à l’appareilleur. Une pierre est dite de grand ou petit appareil suivant ses dimensions.
Dans la carrière, les pierres sont posées horizontalement ou à peu près et par couches; la pierre extraite et employée dans la construction doit toujours être placée dans la position qu'elle occupait dans la carrière; c’est ce qu’on appelle poser sur lit de carrière; les pierres posées autrement sont dites posées en délit ; et dans ce cas elles sont sujettes à s’effeuiller et ne peuvent supporter des charges considérables sans s’écraser.
Toutes les pierres ont généralement un lit, cependant quelques-unes, les grès par exemple, n’en ont pour ainsi dire pas. On peut donc les poser indifféremment dans tous les sens. Toute pierre trop petite pour subir une taille régulière, quelle que soit sa qualité et sa provenance se nomme moellon; il est dit dur ou tendre suivant qu’il provient d’une pierre dure ou tendre. Tout moellon doit être ébouziné et posé sur son lit.
Les blocs extraits de la carrière sont amenés sur le chantier, où ils sont débités, sciés et taillés. On les débite au moyen de passes convenablement dirigées; puis on scie les pierres dures avec la scie sans dents et en employant l'eau et le grès pilé. Les pierres tendres sont sciées avec la scie dentée, c’est-à-dire une scie analogue à celles qu’emploient les menuisiers pour débiter le bois ; enfin la pierre est taillée soit au chantier soit sur le tas c’est-à-dire sur l’emplacement même de la construction.
Les différentes opérations en dehors de la taille se nomment abatage, é vide ment, refc u ille ment.
L'abatage est la partie de pierre piochée pour former des angles saillants d’avant-corps, de harpes, d’épannelage, de moulures, etc.
L 'évidement est la partie de pierre piochée entre deux faces adjacentes qui forment des angles rentrants ; le re fouit lement au contraire est toute partie de pierre évidée à la masse et au poinçon entre un nombre quelconque de faces.
La taille des lits est suffisante pour les libagcs, c’est-à-dire pour les blocs de pierres cachés et posés immédiatement sur les murs de fondation ; au contraire les pierres employées en élévation reçoivent Ja taille sur six
DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
faces quand elles font parpaings, mais toujours sur cinq faces lorsque l’une d’elles est noyée dans la maçonnerie. Les parpaings sont des pierres qui occupent toute l’épaisseur d’un mur et forment parement de chaque côté.
Pour la taille des pierres dures et tendres, on emploie divers instruments, qui sont pour la pierre dure : le têtu, la pioche, la laye ou marteau bretté, la bouchante, le ciseau, le poinçon, la ripe et la gradine. Pour les pierres tendres, on ne fait usage que du ciseau, de la pioche à pierre tendre, du marteau dit rustique et du marteau tranchant.
Le têtu est un marteau en fer aciéré qui a ses deux têtes carrées, quelquefois l'une d’elles est une pointe. Le têtu sert à dégrossir les pierres lorsqu’il faut y pratiquer un fort abatage. Il faut autant que possible proscrire cet instrument du chantier.
La pioche à pierre dure est un marteau de fer à pointes aciérée à quatre pans, et plus la pierre est dure, plus on emploie des pioches à fortes dents.
La pioche à pierre tendre a l’une de ses extrémités terminée en herminette dite Polka c’est-à-dire en un tranchant perpendiculaire au manche, tandis que l’autre est un tranchant large de O1’1, 04 environ. La laye ou marteau bretté a l'une de ses extrémités aplatie dans le sens parallèle au manche et dentelée ou brettée ; l’autre extrémité est un tranchant uni. La pierre travaillée avec ce marteau est dite layée.
La boucharde est un marteau dont les têtes carrées sont terminées en pointe de diamant ; c’est un instrument détestable pour la taille, car il étonne la pierre; on doit le proscrire pour les parements extérieurs.
On fait aujourd’hui de petites bouchardes qui sont de véritables marteaux bretté s.
Les ciseaux, qui sont connus de tout le monde, sont des morceaux de fer aciéré ou même d’acier. Ils sont de formes très-variables, cylindriques, prismatiques ; l’une de leurs extrémités est aplatie pour former tranchant.
Les poinçons ne sont que des ciseaux dont l’extrémité est une pointe au lieu d’un tranchant. Ils servent pour les pierres dures. On frappe sur les ciseaux gradines et poinçons à l’aide d’un maillet en bois dur pour les travaux délicats, et avec une massette en fer pour ceux qui réclament moins de soins.
La ripe est une tige en fer aciéré dont les extrémités sont recourbées en sens opposés : cet instrument sert à terminer les parements, un de ses côtés est dentelé, tandis que l’autre est un tranchant uni.
Les gradines ne sont qu’une variété de ciseaux dont le tranchant est dentelé : on les emploie pour les pierres dures.
Le rustique n’est qu’une laye à plus larges dents.
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES