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VENTILATION ET TEMPÉRATURE DES ÉCURIES

I. Ventilation. — Une très-grande fonction pour l’économie animale, c’est l’absorption et l’assimilation de l’air, et chacun connaît l’influence de l’air pur sur la santé. Le sang, ce fluide vital en perpétuel état de transformation, remplit des fonctions innombrables à travers le corps ; ces fonctions dénatureraient promptement sa composition, et, s’il n’était sans cesse renouvelé, il serait bientôt impropre à remplir le rôle que lui a assigné la nature.

L’air pur vivifie le sang auquel il se mêle dans les poumons; c’est là

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qu’ils se transforment réciproquement. L’air y perd son oxygène, qu’il abandonne au sang, et celui-ci rejette des poumons le produit de sa combustion, le carbone.

Ce fait connu, il est évident que si, dans un local clos, un grand nombre d’animaux respirent, l’air sera bientôt vicié et impropre à la respiration ; on dit alors que l’air est usé, altéré. Cette altération poussée à l’extrême amènerait de grands désordres et même la mort par l’asphyxie. Les chevaux, quadrupèdes de forte taille, absorbent 50 à 60 mètres cubes d’air par heure; ils en vicient donc une grande quantité, aussi l’air d’une écurie close perd-il promptement son oxygène et se sature-t-il d’acide carbonique et de gaz ammoniacaux. Dans cet état, non-seulement il est impropre A la respiration, mais les vapeurs ammoniacales attaquent les yeux, les narines et la gorge du cheval et lui causent de nombreuses maladies.

Le but de la ventilation est de renouveler sans cesse l’air d’un local et de procurer ainsi la quantité d’air pur nécessaire aux animaux qui y vivent. Aujourd’hui, l’utilité de la ventilation des écuries est démontrée, seulement plusieurs systèmes sont en présence ; nous allons décrire celui qui paraît réunir le plus de suffrages (1).

Comme nos lecteurs l’ont déjà vu plus haut, en été, la ventilation est facile, à l’aide de fenêtres fermées au midi et ouvertes au nord. Avec des stores en toile ou des châssis tendus de canevas, on parvient aisément à ventiler.

En hiver, c’est moins facile, car il ne faut pas que les ouvertures soient trop largement ouvertes, sans quoi le froid s’introduirait dans les écuries.

L’air que rejettent les poumons du cheval est plus lourd que l’air ambiant, puisqu'il est chargé d’acide carbonique; il se tient donc dans la partie basse de l’écurie, c’est en vertu de ce principe que doivent être construits tous les ventilateurs.

On emploie généralement des cheminées, tubes ou tuyaux de ventilation. C'est par eux que l'air extérieur, faisant pression sur celui de l’écurie, le chasse par des trous ou barbacanes ménagés au bas des murs de l’écurie. Le mauvais air s’écoule par ces trous comme le ferait un liquide.

Les cheminées de ventilation mesurent à leur base intérieure depuis

(I) Les Anglais prétendent avoir les premiers démontré l’utilité de la ventilation, et, à 1 appui de leur dire, ils citent un ouvrage que James Clarke, d’Edimbourg, a publié en 1788, et dans lequel il traite cette question.

Les Anglais ont pu appliquer les premiers la ventilation aux écuries, c’est fort possible, mais c’est un Français, Teissier, qui, dans ses Observations sur plusieurs maladies des animaux domestiques, attribue dès 1782 un grand nombre de maladies des animaux au manque d’air dans les étables, et il conseille l’emploi des ventouses d’aération pour y suppléer.

IG

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0m,30 jusqu’à un mètre de large ; cette dimension dépend de la capacité de l’écurie et du nombre de chevaux quelle renferme. Ces cheminées d'aération dont le bas est en planche et le haut en tôle, en poterie ou même en bois, traversent le plancher haut du fenil et la toiture du bâtiment. Leur extrémité supérieure est terminée par des mitres ou mitrons lorsqu’elles ont peu de largeur, ou bien par une construction en brique lorsqu’elles sont très-larges. L’ouverture inférieure est fermée par un volet à coulisses ou registre qui permet de régler la ventilation.

C’est là un point très-délicat : il faut même une grande habitude et employer le thermomètre pour opérer d’une manière rationnelle et ne pas confondre surtout le tirage et la ventilation.

2. Température. — Le plus grand obstacle à la ventilation des écuries provient d’une erreur malheureusement trop accréditée; beaucoup de personnes croient que l'aération refroidit par trop les écuries et y occasionne des maladies. C’est une grande erreur, et nous demandons pardon au lecteur d’insister sur ce point.

La chaleur, il est vrai, est favorable au cheval ; il en éprouve du bien-être; elle lui donne une meilleure apparence, plus de vigueur, de sorte qu’il serait tout à fait inutile de combattre ce principe; seulement il faut trouver le moyen de procurer une chaleur saine.

Anciennement les palefreniers, en fermant pour la nuit leurs écuries, avaient soin de boucher toutes les ouvertures (y compris le trou de la serrure) afin d’empêcher l’introduction de l’air. Le cheval était ainsi confiné dans une étuve malsaine, chargée d’humidité et de vapeur beaucoup plus pernicieuses que le froid; or, la chaleur dans ces conditions cause aux chevaux de travail : la morve, la pousse , la gourme, les courbatures, la gale, la toux, cécité. Les chevaux qui travaillent peu y contractent des ophthahnies, l’enflure des jambes, réchauffement des poumons et de fréquentes invasions de Vinfluenza. Dans les écuries malsaines, toutes ces maladies y sont souvent à l’état endémique. D’autres palefreniers tombent dans l’excès contraire, et, pour ceux-là, écurie chaude ou insalubre est tout un. C'est l’air impur et non chaud qui occasionne les maladies du cheval.

Il faut donc éviter l’exagération dans un sens ou dans l’autre ; l'excès en tout est un défaut.

La température des écuries doit varier entre 14 et 18 degrés centigrades pour les chevaux de service; 17 à 21 pour les chevaux d’entraînement; et entre 20 et 23 pour les poulinières sur le point de mettre bas, car le poulain, dans les premiers jours de sa naissance, réclame ce haut degré de chaleur.

3. Barbacane. Ventouse d’aération. — Afin de pouvoir régler la tem-

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péralure des écuries, on a proposé aussi d’établir des ventouses d’aération, sorte de barbacanes représentées par la figure 303.

Le mur de l’écurie est traversé par un drain au point a, au bas de l’écurie; et, sous le plancher, au point b, un autre drain, posé avec une légère inclinaison, permet l’entrée de l’air extérieur, qui chassel’air vicié. Lorsqu’on

établit ces genres de ventouses dans les écuries, il faut avoir soin de grillager ces ouvertures, pour empêcher les rats, souris et autres animaux de pénétrer dans l’écurie. Ces ventouses présentent des avantages et des inconvénients; c’est au constructeur à les appliquer suivant le cas, et suivant l’exposition de l’écurie, mais quand il ne peut ventiler par les moyens ordinaires.

Il est utile, quand on établit des ventouses d’aération, de pouvoir les fermer par des coulisseaux soit intérieurs soit extérieurs à l'écurie.

Enfin, quelques sportmen ont proposé d’établir le départ de ces ventouses sous les mangeoires des chevaux,

Fig. 303. — Ventouse’ d'aération.

Echelle de 0,02 pour mètre.

et de pratiquer l’entrée de l’air au-dessus du râtelier, afin, disaient-ils, de donner de l’air pur autour de la tête du cheval. Nous laissons à d’autres le soin d’expérimenter ce mode de ventilation ; pour nous, nous le trouvons dangereux, et jusqu’au jour où son utilité sera bien démontrée bien constatée, nous nous garderons bien de l’appliquer et surtout de le préconiser.

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