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SOL DES ÉCURIES

1. Généralités. — Il faut éviter de construire des écuries plus basses que le niveau du sol environnant ; parce que celles-ci sont presque toujours humides et partant malsaines.

Le sol des écuries doit être imperméable ; sans cela, il absorberait les urines et déjections des animaux, et sous l’influence de^a chaleur, et de l’humidité, il dégagerait une quantité considérable d’ammoniaque, très-préjudiciable à la santé des animaux, comme nous l’avons déjà dit.

De plus il est indispensable que le sol des écuries reçoive un pavage assez ferme, assez solide pour résister aux chocs répétés des sabots du cheval.

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

Dans certaines localités, on a l'habitude d’établir le pavement des écuries comme une aire de grange; c’est une pratique vicieuse, d’abord parce que le sol n’est pas imperméable, ensuite parce qu’on est obligé de donner une forte pente (0,03 par mètre) pour faciliter le prompt écoulement des urines, qui, sans cette forte inclinaison, ramolliraient le sol.

2. Pente. — La pente nécessaire mais suffisante, c’est un centimètre par mètre; une pente plus considérable fatigue le cheval en le faisant trop porter sur l’arrière-train, ce qui, au bout d’un certain temps, peut lui fausser son aplomb. Les marchands de chevaux ont souvent des écuries dont le sol a une forte pente, parce que, sur un pareil sol, les chevaux ont beaucoup d’allure; mais ils ne tiennent leurs animaux dans celles-ci que quelques heures, lorsqu’ils attendent des clients. Ils leur font au contraire passer le reste du temps et la nuit dans des écuries où le sol a très-peu de pente ; les chevaux ne fatiguent pas et ils se refont.

Du reste, lorsqu’on s’explique dans quel but les pentes sont créées, on sait fort bien que la moindre pente suffit, puisqu’elles sont seulement établies afin que le cheval porte légèrement sur l’arrière-train pour lui économiser ses jambes de devant: elles sont faites aussi pour faciliter l’écoulement des urines; or, pour si minime que soit cette pente, les liquides la suivent toujours et rapidement encore.

Les pentes sont dirigées de l’avant à l’arrière des chevaux; quelquefois, dans les boxes, les pentes forment cuvette par quatre plans inclinés et les liquides se rendent au centre du boxe ; dans d'autïe cas, au contraire, le sol du boxe est convexe comme une chaussée.

De tous ces systèmes, le plus simple et le plus généralement employé c’est celui où la pente est dirigée de l’avant à l’arrière, et cela depuis le dessous de la mangeoire; quelquefois sous celle-ci, on ne donne point de pente, le sol est de niveau sur une profondeur de 0m,80.

Les constructeurs qui font ainsi prétendent que; si devant la mangeoire ou donne de la pente, le cheval se fatigue par les efforts incessants qu’il est obligé de faire pour se maintenir en équilibre. Nous croyons fort exagérée cette supposition, car que peut faire un centimètre de pente au cheval? il ne s’en aperçoit môme pas, et, comme nous venons de le dire plus haut, elle lui est au contraire agréable eu égard à sa conformation.

3. Urines. — Nous avons vu que les pentes sont établies dans les écuries pour faciliter l’écoulement des urines; nous ajouterons qu’elles doivent encore conduire celles-ci à des rigoles ou caniveaux situés derrière les chevaux.

Dans les écuries bien tenues, ces caniveaux doivent être grillagés pour faciliter avec l’écoulement des urines, leur nettoyage.

LOGEMENT DES ANIMAUX DOMESTIQUES

Si le sol sur lequel repose le cheval est fait en brique ou en tout autres matériaux posés jointifs, on établit un embranchement du caniveau au conduit principal qui dirige les liquides il l’extérieur, ou à la fosse il purin.

Si le sol est un plancher, les madriers sont percés de trous et la pente n’existe qu'en dessous de ce plancher ; enfin si le sol est composé de soliveaux, on les espace de façon laisser un centimètre et demi entre chacun d’eux. Ce système de sol est fort controversé : les uns le trouvent très-bon, les autres très-mauvais, et, comme toujours, il faut en prendre et en laisser; il offre cependant l’avantage de fournir aux chevaux une litière plus fraîche ; plus souple et plus élastique, pour ainsi dire, et cela, sans humidité ; mais d’un autre côté, ce qui empêche la vulgarisation de son emploi, c’est qu’il coûte beaucoup plus cher que les autres systèmes, comme frais de premier établissement et surtout comme entretien, ensuite lorsque les chevaux frappent du pied ils font beaucoup plus de bruit sur ces planchers de bois que sur les autres; leur sonorité étant encore augmentée par la fosse qui est en dessous, et qui remplit l’office d’une véritable caisse d’harmonie, puisquelle double le vacarme.

4. Pavage. — On emploie pour le pavage des écuries des matériaux de toutes sortes. On doit cependant préférer ceux qui sont très-durs, et qu’on noie suivant leur nature, soit dans du béton ou ciment, soit dans de l’asphalte ou du goudron. La brique de Bourgogne, une brique dite Brique de fer, des cailloux étêtés, du grès, du granit, du porphyre, du schiste sont les matériaux les plus généralement employés.

Lorsqu’on emploie de la brique, il ne faut prendre que celle de très-bonne qualité, car la brique mauvaise ou meme médiocre s’effrite, s’égrène sous les coups répétés du fer des sabots; on doit aussi la poser de champ et en épi, ou en arête de poisson, car elle présente ainsi plus' de solidité, puisque le sabot ne peut la frapper suivant la longueur du joint.

Nous ne pouvons entrer dans de trop longs détails sur la construction des divers pavages, nous devons nous borner à signaler les meilleurs systèmes, qui sont quelquefois les moins connus ; ce sont après ceux que nous venons de citer, les pavés métalliques et les pavés de bois.

Il existe divers genres de pavages en bois dont nous donnons plus loin la description mais le meilleur consiste à poser sur béton des pavés taillés en biseau.

Les pavés métalliques sont composé d’un mélange d’asphalte et de pyrite ou minerai de fer pulvérisé. Le prix de ce magma ferrugineux se décompose en chiffre ronds comme il suit pour un mètre carré de superficie sur 0m,10 dépaisseur :

TRAITE DES CONSTRUCTIONS RURALES

Asphalte, 120 kilogr. à 7 fr. les 100 kilogr 8 fr. 10 c.

Bastène, 20 kilogr. à 36 fr. les 100 kilogr 7 20

Minerai, 18 kilogr. à 30 fr. les 100 kilogr 5 40

Tourbe, 50 kilogr. à 2 fr. 50 les 100 kilogr 1 25

Frais de manipulation et d’application 1 50

Prix de revient d’un mctre carré 23 75

Pour les pavés de bois, les avis sont partagés. On leur reproche de pourrir très-vite et d’absorber les urines. Ces reproches sont fort exagérés.

D’abord les pavés ne pourrissent -pas rapidement, si on a eu le soin d’employer du bon bois et de les noyer dans du bitume liquide, ou de les plonger préalablement dans une hydrocarbure porté à 40 degrés centigrades. En outre, lorsqu’ils sont fortement imprégnés de goudron, ils n’absorbent pas les urines, et ne peuvent par conséquent donner de mauvaise odeur ; au contraire, les vapeurs empyreumatiques qu’ils dégagent sont très-salutaires et chassent les miasmes putrides qui pourraient prendre naissance dans l’écurie.

Nous trouvons ensuite, que ce mode de pavage présente des avantages : ainsi le fer et le sabot du cheval ne s’usent point sur ce dernier comme sur les autres genres de pavés, de plus, le bruit des sabots est amorti complètement sur le bois.

Cette observation a son utilité pour les villes, où bien souvent le dessus des écuries sert d’habitation. Aussi comme il est encore peu connu, nous en donnerons la construction.

Il y a deux modes d’établir ce pavage; le premier consiste, après avoir pilonné le sol des écuries, à répandre une couche de sable humide de 0m,08 à 0m,10 d’épaisseur; on la régularise, on lui donne la pente désirable; on pose ensuite; lil de bout, des pavés en bois, qui ont environ 0"',14 de hauteur, 0m,12 de largeur et 0m,18 0m,30 de longueur. Les interstices qui

existent entre les pavés sont remplis avec du gravillon; le tout est arrosé de goudron. On comprime fortement avec un fer qui a la forme d’un énorme couteau, le mélange formé de goudron et de gravillon, et on frappe sur ce couteau avec la hie ou demoiselle. Il faut deux hommes pour exécuter ce travail, l’un qui conduit le fer horizontalement sur les interstices, l’autre qui donne les coups de demoiselle; on égalise enfin avec du sable, et l’opération est terminée.

Le deuxième mode consiste à poser des pavés taillés en biseau sur un lit de béton. On les maçonne, comme on ferait pour un mur en moellons smillés, en employant aussi du béton pour faire la liaison ; on répand du goudron liquide à l’arrosoir et l’on jette sur le tout du sable de plaine.

LOGEMENT DES ANIMAUX DOMESTIQUES

5. Planchers. — On a ton lé à diverses reprises des essais pour remplacer le pavage dans les écuries, par des planchers à claire-voie, c’était surtout dans le but de supprimer la litière et de profiter de la paille pour l’alimentation.

Les cultivateurs anglais ont les premiers introduit dans les écuries cette innovation, qui est arrivée ensuite en France. Certains praticiens ont prétendu que les animaux qui séjournent sur les planchers à claire-voie sont toujours plus propres et exempts des nombreuses infirmités qui atteignent les chevaux même dans leur plus jeune âge, lorsque ceux-ci couchent et souvent pourrissent sur la paille humide de leur litière. Quand nous parlerons ci-après des étables, nous aurons l’occasion de constater que des planchers à claire-voie préservent du piétin les animaux qui, dans les écuries mal tenues, sont sujets à cette grave maladie.

N’ayant jamais eu l’occasion d’employer ce genre de plancher, il nous est difficile d’émettre une opinion; nous nous contenterons d’en donner une description pour ceux qui voudraient en faire l’application.

On pratique un encaissement de 0m, 35 de profondeur sous la place que doivent occuper les chevaux. Après avoir nivelé et tassé fortement la terre, on construit un mur, afin de la maintenir sur les côtés. Ces opérations faites, on élève des murs en travers, de cette excavation, à Qm,50 les uns des autres ; ces murs servent à supporter des solives formant châssis sur lesquels on cloue des madriers; ils sont espacés entre eux d’un centimètre pour l’écoulement des urines; quant aux déjections, elles sont ramenées vers une ouverture longitudinale pratiquée au-dessous de la mangeoire.

Cette fosse à fumier doit contenir de la terre sèche qui agit comme désinfectant, car elle empêche la fermentation des urines, qu’elle absorbe ; en outre, cette terre peut servir comme amendement en agriculture.

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