DIVERS DÉTAILS SUR L’ÉCURIE ET SES ANNEXES
1. Plafond. — Le plafond de l’écurie forme bien souvent le plancher du grenier à foin.
Dans bien des cas, ce plancher est fait avec des solives ou de mauvaises perches, sur lesquelles on cloue des planches; ce mode de plafonnage est des plus défectueux.
Dans les campagnes et surtout dans les villes, on entasse ordinairement la litière dans l’écurie même, de sorte que les émanations du fumier traversent ces mauvais planchers et gâtent les fourrages, ou les imprègnent tout au moins d’une odeur qui les rend désagréables aux chevaux quand ils les mangent.
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Les mauvais planchers tamisent en outre, sur les râteliers, mangeoires et sur les chevaux, de la poussière et des saletés qui abîment les yeux des animaux. Cette poussière cause à leur peau des irritations qui deviennent la source d’affections cutanées, d’autant plus difficiles à extirper que la cause qui les produit est permanente.
Enfin ces sortes de planchers, que nous pourrions sans dérision nommer à claire-voie, sont, en cas d'incendie, un des éléments les plus favorables pour la propagation du feu.
Aussi conseillons-nous de construire, chaque fois qu’on le pourra, des écuries sans greniers à foin au-dessus, et quand on ne pourra se dispenser de mettre le fenil au-dessus des écuries, on devra faire des planchers en fer avec des briques tubulaires de grand modèle posées à plat et noyées dans du plâtre (voy. fig. 58 et 59, pag. 74) ; enfin, le plafond dans ce cas devra être hourdé de la même matière. (Voy. fig. 57, pag. 73).
Cependant, si le constructeur était obligé de réaliser des économies, il pourrait établir un plancher en bois comme anciennement, mais il aurait soin de ne point faire un plafond en plâtre.
Il faudrait au contraire laisser les poutres, solives, et entrevoux apparents, car tous les bois noyés dans le plâtre, surtout dans les écuries, pourrissent rapidement à cause de l’atmosphère chaude et humide qui y règne ; et il faut renouveler régulièrement tout les six ans les planchers, qui sont entièrement perdus par l'eau de condensation, qu’absorbe avidement le plâtre.
Enfin, on peut encore exécuter des planchers très-économiques qui sont fort en usage dans les campagnes ; en voici la description : on prend des perches ou des rondins d’un faible diamètre, afin de ne pas surcharger les poutres du plancher. On scie ces rondins sur une longueur de lm,90 c’està-dire suivant une longueur permettant à leurs extrémités de porter sur les poutrelles qu’on a disposées dans ce but. Le plancher ainsi obtenu, on prépare un mortier avec de l’argile, de l’eau et du foin haché (espèce de torchis). On étend ensuite, sur une surface plane, une mince couche de paille d’avoine, sur laquelle on étale un enduit de deux centimètres d’épaisseur du mortier argileux et le rondin est roulé dans cet amalgame. Ces opérations terminées, il ne reste plus qu’à serrer les rondins les uns contre les autres, sur les poutrelles et à les clouer. On recouvre ensuite le tout du même mortier, qu’on bat comme on le ferait pour une aire de grange. On peut également plafonner en dessous, avec le même mortier.
Ce procédé est plus long à décrire qu’à exécuter ; nous le recommandons aussi pour les plafonds de chàlets et constructions pittoresques qu’on élève dans les parcs et jardins.
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Nous pouvons garantir que les planchers en argile font un long usage : nous en avons exécuté dans diverses localités il y a quinze ans, qui sont encore en parfait état, sans avoir jamais nécessité aucune réparation.
2. Buanderie. — Dans les grandes écuries, il nous paraît bien difficile de se passer d’une chaudière, soit pour avoir de l’eau chaude, soit pour laver et panser les chevaux quand, en hiver, ils rentrent crottés à l'écurie. La chaudière sert encore il faire cuire la nourriture des animaux, aussi nous trouvons qu’il serait utile, il côté ou parallèlement à l'écurie, d’établir une buanderie. Ce petit bâtiment doit être divisé en trois parties, la première est destinée au magasin des carottes, la troisième sert à emmagasiner le charbon ; enfin celle du milieu contient la chaudière, avec robinet d’alimentation au-dessus. Cette dernière chambre renferme en outre tous les ustensiles de service, auges, baquets, brouettes pour nourriture et refroidisseurs.
3. Sellerie. — Le complément indispensable de l’écurie, c’est la sellerie. On en fait parfois avec beaucoup de luxe dans les hôtels ou dans les maisons des riches particuliers : nous n’avons pas à en parler ici ; nous devons nous borner à soumettre à nos lecteurs quelques conseils pratiques au sujet d’une sellerie ordinaire.
La sellerie, cela va de soi, doit être située le plus près possible des écu-
Fipr. 304. — Porte harnais mobile en fer.
ries, et alors même que, dans celles-ci on suspende les harnais ordinaires, il est indispensable d’avoir une sellerie ‘pour les harnais de rechange. On les dispose ordinairement sur des bouts de chevrons scellés dans le mur, présentant une saillie de 0|n,50. Ces chevrons sont polis et leurs angles arrondis. Ils sont espacés de 0,80 lorsqu’ils sont sur un même rang ; mais
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on porte jusqu’à lm,lO et lm,20 cette distance lorsqu’ils sont posés sur deux rangs entre croisés. Dans ce cas, le premier rang est à lm,30 et le second à 2 mètres au-dessus du sol. Aujourd’hui, dans bien des selleries, on a remplacé les simples chevrons par des supports spéciaux, tels que les montrent nos ligures 304, 303, 306,
307 et 308.
Notre figure 304 repré-
Fig. 306. — Porte bride en fer.
Fig. 307. — Porte-selle mobile en fer.
sente un porte-harnais mobile en fer; on le pose à scellement; notre ligure
305 un porte-harnais fixe; notre figure
306 un porte-bride ; notre figure 307 un porte-selle mobile ; (ces divers ustensiles sont en fer) : enfin notre figure 308 un porte-selle en bois surmonté de son porte-bride.
Dans le nylieu de la sellerie, on doit placer des chevalets pour recevoir les harnais complets. En outre, des armoires adossées à un mur, ou une encoignure compléteront le mobilier de la chambre aux harnais. Ces armoires serviront à serrer les ustensiles nécessaire à l’entretien des harnais, aux mors de rechange, aux éperons, brosses, boîtes,, pinceaux, cirages, vernis, brûloirs, éponges, etc., etc.
L’humidité et la sécheresse en excès sont les plus grandes causes d’altération pour les cuirs, ou les matières
Fig. 308. — Pnrte-selle en bois suimonté d’n n porte-bride.
employées pour la confection des harnais. 11 faut donc, que la sellerie soit
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saine, sans être trop exposée â l’action desséchante des vents violents ou des rayons du soleil.
La double exposition du nord et de l’est est la meilleure à adopter. Pour éviter que les cuirs ne durcissent, ou ne moisissent au contact des murs, on doit revêtir ceux-ci de planches ou de paillassons.
Enfin on doit prendre tous les moyens et toutes les précautions possibles
Fig. 309. — Râtelier en fer pour écurie (élévation et coupe.)
pour obtenir une sellerie fraîche sans humidité. 11 faut, en y entrant, sentir une impression analogue à celle qu’on éprouve en entrant dans un magasin de toiles ; dans une pareille sellerie, les harnais sont fort bien et ne gercent pas plus, qu'ils ne moisissent.
Fig. 310. — Râtelier corbeille en fer pour boxe.
Fig. 311. — Corbeille d’angle en fur pour boxe.
Il nous resterait bien à parler encore d’une quantité d’ustensiles qui, dans les écuries, sont immeubles par destination; nous ne le ferons pas, car on peut trouver dans le commerce, chez des marchands spéciaux, ces divers ustensiles. Nous devons nous borner à signaler figure 309 un râtelier en fer pour écuries, figure 310 un râtelier-corbeille en fer pour boxe, et ligure 311, une corbeille d'angle en fer, également pour boxe, enfin un
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système d'attacher les anneaux aux mangeoires qui n’est pas connu et qui peut rendre quelques services.
Les chevaux sont ordinairement attachés, soit par ce qu'on nomme des conduits de longe, espèce de tuyaux en fonte dans lesquels est enfermée une boule en bois qui monte et qui descend sans bruit suivant que le cheval s'éloigne ou se rapproche de sa mangeoire.
Quand on emploie les anneaux on a souvent des réparations à faire,
scellement.
Fig. 313. — Boite en zinc servant à diriger le ciseau par la taille du cône.
Fig. 314. — Cône en cuivre avec le bois qui sert à le fixer.
parce que le cheval, en tirant sur l'anneau agrandit le trou dans lequel celui-ci est vissé ou scellé, et finit même par l'arracher.
Il paraissait difficile de trouver un système qui ne fût ni scellé ni à vis et écrou.
Dans les mangeoires en bois, on arrive encore à fixer assez bien les anneaux ; mais dans les auges en pierre ou même en marbre, il était difficile de résoudre le problème.
Il a cependant été résolu parle système représenté par nos figures 312 à 317.
Fig. 315. — Plan du cône Fig. 316. — Coupe horizon avec la pièce de cuivre. taie du cône d'anneau vissé.
Fig. 317. — Coupe horizontale du cône avant le vissage de l’anneau.
Un tailleur de pierre avec un ciseau taille un cône tronqué sur le devant de la mangeoire, comme le fait voir notre croquis {fig. 312) montrant le ciseau engagé pour la taille. Afin d'éviter à l'ouvrier des recherches longues et pénible, après avoir creusé un trou perpendiculaire, il doit introduire la boîte en zinc {fig. 313). Cela fait, le ciseau de l’ouvrier, guidé par la découpure pratiquée dans cette boîte, ne peut s'égarer. Le cône taillé haut et bas, il retire la boîte et il introduit perpendiculaire-
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ment une pièce de cuivre ayant une section conique (fig. 314). Il la fait tourner suivant le sens de la flèche b, a ( fig . 313), de façon à la rendre horizontale de verticale qu’elle était, au moment de l’introduction dans le cône. Il pose ensuite un morceau de bois cheval figure 314, dans lequel on visse l’anneau comme l’indiquent les figures 312 et 316. L’animal a beau tirer et forcer sur l’anneau, celui-ci reste fixe, et ne peut être arraché.
4. Coffre a avoine. — Le coffre à avoine doit toujours être placé dans un local en dehors de l’écurie. Quand on n’a pas de magasin à avoine, la sellerie sert à recevoir ce coffre. Ce dernier doit être fermé à clef, non-seulement pour éviter le détournement du grain, mais encore pour empêcher un cheval qui s’échapperait de son écurie, de venir manger sur le tas. En effet, l’ingurgitation d’une grande quantité d’avoine peut occasionner au cheval de graves accidents.
Les coffres à avoine doivent être solidement construits et élevés sur des pieds, afin d’isoler leur fond du sol, ce qui empêche l’humidité de détériorer ou pourrir le grain.
Il existe une grande variété de modèles : l’un des meilleurs consiste en une grande boîte carrée, montée sur des pieds. Le fond de cette boîte possède une double inclinaison d’arrière en avant et des côtés sur le milieu. Ce parti permet de vider entièrement le coffre.
Un guichet à registre, ou à coulisse, livre passage au grain, qu’on peut recevoir dans un double décalitre.
On fait aussi, depuis quelques années un genre de coffre qui a la forme d’un grand cylindre en métal, et au moyen d’un mécanisme assez simple ce coffre compte l’avoine à sa sortie de l’appareil.
3. Souricière perpétuelle. — Les grains et les fourrages attirent dans les écuries, des souris et des rats,' les chats leur donnent bien la chasse, mais ils n’arrivent pas toujours à les prendre, car les animaux pourchassés s’enfuient dans le foin, aussi nous conseillons de faire usage de souricières pour venir en aide aux chats.
Une des meilleures, si ce n’est la meilleure, est la souricière dite perpétuelle. En effet, elle mérite bien son nom, car elle fonctionne de telle façon quechaque souris attrapée retend le piège pour faire une nouvelle prisonnière.