LES ÉTABLES
1. Généralités. — Pris dans son acception générale, le mot étable s’applique indifféremment aux diverses habitations des animaux domestiques ; mais l’usage en a restreint la signification aux seuls locaux affectés au logement de l’espèce bovine (bouverie, vacherie, tects à veaux).
24 i TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES.
Les bêtes à cornes sont d’une complexion plus robuste ou du moins, moins délicate que le cheval ; elles supportent beaucoup mieux, les variations de température. Toutefois il ne faudrait pas se hâter d’en conclure que ces animaux peuvent vivre dans des étables humides ou malsaines sans en ressentir les fâcheux effets, et, que dès lors, il est inutile de rechercher les améliorations à introduire dans la construction de leurs logements. Une pareille conclusion serait une grave erreur ; car les animaux quels qu’ils soient, ne peuvent prospérer que dans des locaux établis dans de bonnes conditions hygiéniques.
Les étables peuvent servir à plusieur fins : à l’élevage, à l’entretien, à l’engraissement, et, suivant ces destinations diverses, on emploie des étables' communes ou séparatives ; nous le verrons bientôt.
Précédemment, nous avons donné beaucoup de détails sur l’hygiène, la salubrité et la construction des écuries; nous n’avons donc pas à les répéter ici, mais nous indiquerons les modifications particulières aux étables.
2. Exposition. — Les étables les plus saines sont celles qui sont exposées au levant. A défaut de cette exposition, on doit préférer le midi avec des fenêtres percées au nord.
3. Ouvertures. — Portes et fenêtres. — Les ouvertures doivent être établies comme celles des écuries, surtout les fenêtres ; quant aux portes, elles n’ont pas besoin d’autant de largeur, car les boeufs ne portent point de harnais ; on peut employer les portes coupées (voy. fîg. 297, p. 226) et ne leur donner que lm,0o ou lm,10 de largeur.
4. Sol. — Pavage, pente. — De même que les écuries, on doit paver les étables ; mais le mode de pavage adopté n’a pas besoin d’être aussi résistant, car les pieds des bêtes bovines sont rarement ferrés. Un simple cailloutage, une couche de béton, un briquetage ordinaire sont des pavages suffisamment résistants. L’asphalte même, dans certains cas, peu rendre de bons services. Quel que soit le mode de pavage, on doit établir des pentes et des rigoles tout comme dans les écuries, mais les rigoles doivent être plus larges et plus profondes, car le bœuf absorbe beaucoup plus d’eau que le cheval.
3. Planchers et plafonds. — Rien de particulier pour les planchers et les plafonds : ils doivent être établis comme dans les écuries.
6. Auges, mangeoires et râteliers. — Les auges et mangeoires ont des dimensions variées ; nous en donnerons divers exemples ; quant aux râteliers, on les supprime assez souvent, surtout pour les vacheries ; cependant, lorsqu’on les maintient, ils doivent être verticaux plutôt qu’inclinés. Ces derniers sont moins commodes, car les bœufs, en relevant la tête, peuvent
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frapper contre le râtelier avec leurs cornes ou enchevêtrer celles-ci dans les barreaux.
Les auges ou1 mangeoires ne doivent pas être posées à plus de O"1, 50 à 0m,5o au-dessus du sol; cela dépend du reste de la taille des animaux; pour les petites races, pour les vaches bretonnes, par exemple, on se contente de les placer à 0m,40 ou 0m,45 au plus de hauteur.
La largeur intérieure des man-
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Fig. 318. — Coupe et élévation d’une auge en pierre.
Echelle de 0m,0 2 pour mètre.
geoires est de 0m,38 â 0m,40 et leur profondeur de 0m,20 à 0m2o.
On les fait soit en pierre, soit en bois; du reste, nos figures en montrent divers spécimens.
Elles sont creusées dans la pierre (fi g. 318) et posées sur un massif en maçonnerie ; ou bien elles sont formées par l’assemblage de trois planches en chêne de 0m,042 d’épaisseur (fig. 319, 320). Les mangeoires sont encore faites en charpente.
Suivant la disposition de l’étable, pjg. 319
Coupe’et élévation d'une auge en bois, les mangeoires sont isolées ou Échelle de ora,02 pour mètre.
adossées aux murs. Quand nous donnerons les dispositions générales des étables, nos lecteurs y trouveront les différents emplacements occupés par
les crèches et les auges.
Fig. 320. — Coupe et élévation d’une auge en bois. Échelle de 0m,02 pour mètre.
Les ruminants gaspillent beaucoup leur nourriture, aussi, pour éviter cette déperdition, qui est parfois considérable, on emploie un agencement particulier de mangeoire, nommé cornadis, qui réalise de notables économies. Cet agencement oblige l’animal qui veut prendre sa nourriture à passer le
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cou à travers une fenêtre pratiquée dans une cloison pleine ou ajournée. Or, comme la mangeoire se trouve immédiatement au-dessous de cette
Fig. 321. — Coupe d’un cornadis Fig. 322. — Elévation d’un cornadis
(premier type). (premier type).
Échelle de 0m,02 pour mètre.
Fig. 325. — Coupe d'un cornadis Fig. 326. — Élévation d’un cornadis (troisième type), (troisième type).
Échelle de 0ra,02 pour mètre.
cloison, l'animal, en mangeant, ne peut fouler aux pieds sa nourriture, car celle qui s’échappent de ses dents, tombe dans l’auge.
On a diversement construit les cornadis : nous en donnons plusieurs mo-
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dèles, celui représenté par nos figures 3-21, 322 est une cloison en bois pleine ; nos figures 323, 324 en représentent une se composant de solives ou poteaux et de chevrons, elle est par conséquent ajournée; ces deux cornadis reposent sur un mur; au contraire en 323 et 326 est figuré un modèle
Fig. 327. — Coupe d’un cornadis Fig. 328. — Élévation d’un cornadis
(quatrième type). (quatrième type).
Échelle de 0m,02 pour mètre.
comme le précédent, mais sans mur; la cloison est tout en bois ; les figures 327 et 328 nous montrent une quatrième variété que nous recommandons plus spécialement, parce que ce cornadis permet de conserver des provisions de fourrages au-dessus de lui.
Les animaux en général, mais plus particulièrement les ruminants, sont très-voraces ; aussi il est très-utile d'établir dans les mangeoires mêmes de certains animaux des séparations afin de les empêcher de consommer la portion de leurs voisins.
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7. Séparations. — Généralement dans les bouveries, les vaches sont placées côte à côte, sans séparations; ce n’est guère que le taureau qu’on tient séparé dans un boxe.
Cependant, il y a des races méchantes ou turbulentes qu’on est obligé de
Fig. 331. — Séparation pour étable (vue de profil) (deuxieme type).
Fig. 332. — Séparation pour étable (vue de face) (deuxième type).
Échelle de 0m, 02 pour mètre.
séparer. C’est à l’aide de cloisons fixes formant stalles qu’on le fait. Nos figures 329, 330, 331, 332, représentent les coupes et élévations des deux genres les plus répandus ; notre figure 333 donne un modèle en fer, fort en usage en Angleterre.
8. Ventilation des étables. — Nous avons démontré plus haut l’utilité de
la ventilation des écuries (voy. pci g. 230). Le bon fonctionnement d’une ventilation rationelle est encore plus utile pour les étables, car les bêtes à cornes sont sujettes à des épizooties terribles ; on doit donc ventiler les locaux quelles habitent, par les moyens précédemment indiqués.
Niais nous ajouterons que, dans les pays chauds, les bouveries doivent être élevées, afin de fournir un grand volume d’air ; dans les pays froids, au contraire, dans les pays montagneux surtout, où l’air est vif et pur, les étables peuvent être beaucoup plus basses et contenir par conséquent un cube moins considérable. En Suisse, par exemple, nous
Fig. 333. — Perspective des stalles en fer pour vacheries (système anglais;.
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avons vu des vacheries dont les plafonds avaient fort peu d’élévation, et dans lesquelles cependant les vaches se portaient fort bien. Ce qui prouve une fois de plus, qu’on ne peut établir des règles fixes pour quoi que ce soit, et que l'homme (surtout le constructeur), doit sc servir de son intelligence pour appliquer tel ou tel autre mode de construction suivant le milieu et le climat sous lesquels, ils se trouve.
9. Diverses dispositions des étables. — La disposition à donner aux étables varie suivant le pays, la localité, et suivant le caprice de celui qui fait construire.
Aussi, nous trouvons des étables de toutes les formes et dimensions : elles sont longitudinales, simples ou doubles; transversales, simples ou doubles; mixtes, avec un couloir transversal ou longitudinal, avec couloir pour
Fig. 334. — Plan d’une diable avec grenier à foin au-dessus.
Échelle de 0m,005 pour mèlre.
Légende :
a, cabinet pour le garçon bouvier; b, pièce pour les légumes.
l’alimentation, avec plusieurs couloirs ; quelquefois môme les étables sont circulaires. Elles renferment souvent aussi des petits boxes pour les veaux, ou bien, on établit à côté de l’étable un petit pavillon y attenant pour ces derniers. Dans les étables faites en vue d’engraisser l’animal, on adopte souvent le boxe avec ou sans paddocks, avec ou sans hangars.
Gomme il est imposible, au milieu de cette quantité considérable de modèles, de recommander une forme de préférence à une autre comme présentant plus d’avantages, nous nous bornerons à donner de nombreux types parmi ceux qui passent pour les meilleurs.
Dans les exploitations importantes, on sépare les veaux ainsi que les vaches à lait, et les bœufs d’engraissement. Il ne peut en être ainsi ni dans les petites fermes, ni dans les métairies, où tous les animaux sont réunis dans une étable commune. Nous donnons (fig. 334) un plan d’étable longitudinale
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double, dans lequel il existe en a un cabinet pour le garçon bouvier, et en b une pièce pour les légumes. Nos lecteurs remarqueront dans le centre de l’étable des piliers qui supportent le plancher du premier étage, sur lequel on peut entasser beaucoup de fourrage; on arrive dans le fenil par une échelle de meunier pratiquée extérieurement.
Fig. 335. — Plan d'une étable pour vaches et veaux (premier type).
Échelle de 0m,0025 pour mètre.
Légende :
a, a, cabinets des garçons bouvier; b, pièce pour les légumes; c, c, boxes pour les taureaux; d, d, stalles des vaches ; e. e, boîtes pour les veaux ; f, petite étable transversale ; g, cuisine pour la cuisson des légumes.
Dans les pays couverts de neige pendant de longs mois d’hiver, on fera fort bien d’adopter ce plan, qui permet d’emmagasiner une grande quantité de fourrage. Notre figure 335 montre une écurie longitudinale et transversale à la fois. En aa se trouvent les cabinets des garçons; en b, une pièce pour légumes, éloignée de la cuisine g, pour empêcher leur trop
Fig. 33C. - Plan d'une étable pour vaches et veaux (deuxième type).
Échelle de 0ra,0025 pour mètre.
Légende :
a, a, étables à veaux; b, b, à vaches; c, c, escaliers conduisant au premier étage.
rapide dessiccation. La cuisine a un fourneau pour la cuisson des légumes et les buvées tièdes ; en c, se trouvent les boxes pour les taureaux ; en d, les stalles pour les vaches, et en c, les boîtes pour les veaux; / est une petite étable transversale.
La figure 33G indique la disposition d’une étable transversale ; en a sont
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des étables à veaux ; en b, les vaches ; en c, c, deux escaliers pour accéder du premier étage.
Fig, 337. — Plan d’une étable circulaire, Échelle de 0m,005 pour mètre.
Nos figures 337, 338 et 339 sont les plans, coupes et élévations d’une étable circulaire, qui peut dans quelques circonstances rendre d’utiles services ; néanmoins, si Ion adopte ce type, on doit prendre de grandes précautions pour sa construction.
Fig. 338. — Coupe d’une étable circulaire. Échelle de 0m,005 pour mètre.
Nous donnons [fig. 340, 341) un plan et une coupe d’une étable hollandaise, qui possède une cave pour les carottes, turneps et légumes; d, est la place
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occupée par les vaches; en e, une canalisation pour les urines; en f, un escalier qui conduit au premier étage; en g une étable pour les veaux.
Fig. 339. — Élévation d’une étable circulaire. Échelle de 0m,005 pour mètre.
Dans la coupe, iï indique l’emplacement pour les fourrages, qu’on jette dans l'étable par l’ouverture l.
Dans les pays chauds ou tempérés, quelquefois même dans les pays froids on place les bœufs et les vaches sous des hangars. Notre ligure 3i2 montre
Fig. 340. — Plan d'une étable hollandaise. Échelle de 0n,,005 pour mètre.
le plan d’une étable-hangar. En a sont des paddocks, b des boxes, c le couloir pour l’alimentation, e les mangeoires, près desquelle sont placées des
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auges pour les buvées. Enfin nos figures 343, 344-, 345 et 346 donnent les plans et les élévations de deux étables à boxes avec paddocks. La plus simple
Fig. 341. — Coupe d’une étable hollandaise.
Échelle de 0n,,005 pour mètre.
de ces étables (fig. 344) est construite et recouverte en bois. L’autre figure 346, est en moellons et couverte en ardoises.
Fig. 312. -- Plan d’une étable hangar.
Echelle du 0m,005 pour mètre.
Légende :
a, a, paddocks; b, b, boxes; c, couloir pour l’alimentation; e, les mangeoires.
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10. Étable a veaux. — Dans beaucoup de localités, on laisse les veaux près de leur mère. Dans ce cas, on les place dans de petites stalles qui mesurent lm,80 de largeur. Il arrive bientôt une époque où sans les sevrer, on
les sépare ; au lieu de prendre le lait au pis de leur mère, ils le boivent dans des auges.
Dans les grandes fermes, on a une étable spéciale de sevrage. L'atmosphère doit en être chaude et sèche, d'une aération facile ; celle-ci peut être plus largement éclairée que les étables pour les adultes. On doit toujours planchéier le sol de ces sortes d'étables.
Fig. 344. — Élévation d’une étable à boxes (premier type'. Échelle de 0",005 pour mètre.
Souvent même, on installe les veaux dans de véritables boxes entourés de bois de tout côtés, pour les empêcher de lécher les murs, ce qu'ils ont l'habitude de faire, car le salpêtre des murailles les y invite.
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Dans les fermes destinées à l’engraissement du bétail, les veaux sont enfermés dans de petites boîtes, qui ne mesurent que 0m,60 de largeur sur lm,75 de hauteur et de longueur, de sorte que l’animal, ne pouvant se retourner ni
Fig. 345; — Plan d’une étable à boxes avec couloir d’alimentation et paddocks. ' Échelle de 0ra,005 pour mètre.
faire aucun mouvement, est constamment occupé à manger. On n’applique ce système qu’aux veaux qui doivent être livrés très-jeunes à l’abattoir.
Fig. 346. — Élévation d'une étable h. boxes (deuxième type). Échelle de 0n,,005 pour mètre.