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LES BERGERIES

1. Généralités. — Les bergeries sont des locaux- destinés au logement des béliers, brebis, agneaux, moutons, boucs, chèvres et chevreaux. Ces animaux sont réunis le plus souvent dans le même local ; on se contente de séparer ceux qu’on élève de ceux qu'on engraisse ou qu’on entretient, en ayant soin, bien entendu, de mettre à part les béliers et les boucs, ainsi que les animaux malades.

Dans une exploitation de quelque importance, il vaut mieux cependant affecter un local particulier aux diverses catégories, afin de pouvoir procurer à chacune d’elles les soins spéciaux quelles réclament.

L’utilité d’un troupeau sur un domaine est aujourd’hui généralement appréciée. On n’est pas bien fixé sur la meilleure disposition à donner aux bergeries ; cela tient peut-être à ce que ces constructions sont les plus négligés des bâtiments ruraux.

Un grand nombre de cultivateurs, en effet, pensent à tort que le mouton est un animal qui s’accommode de tout ; dès lors les uns construisent des bergeries hermétiquement closes, tandis que d’autres les laissent exposées en plein air, aux intempéries des saisons et à l’humidité; comme on le voit, les avis sont partagés. 11 n’y arien d’étonnant, puisque c’est le caprice ou la fantaisie du propriétaire d’un troupeau et non le raisonnement qui préside aux déterminations qu’il prend pour élever ses bergeries.

Ces deux systèmes exclusifs ont leurs inconvénients et sont aussi funestes aux animaux que préjudiciables aux vrais intérêts des agriculteurs. Suivant le climat et la localité, le mode de construction peut varier ; mais quel que soit le mode adopté, toutes les bergeries doivent être vastes, bien aérées et présenter les conditions de salubrité et de commodité que réclament les divers locaux affectés au logement de nos animaux domestiques.

Quoique originaire des pays chauds, le mouton peut supporter des froids rigoureux, mais à la condition qu’on ne le dépouillera point de sa toison. Si l’homme au contraire le tond jusqu’à la peau, à cette époque il devra le mettre dans un milieu suffisamment abrité, pour ne point faire regretter à l’animal sa bonne fourrure.

Dans les contrées méridionales, ou sur les côtes que le voisinage de la mer protège contre les brusques variations de température, on peut laisser le mouton sous des hangars, et cela presque toute l’année; dans les pays septentrionaux, au contraire, il faut que les bergeries soient bien closes, aérées, ventilées et exemptes surtout d'humidité, car celle-ci jointe au froid cause au mouton des maladies dangereuses, qui déciment promptement un

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troupeau. Enfin les brebis mères et les jeunes agneaux son! d’une complexion fort délicate et réclament des soins méticuleux, aussi doit-on employer à leur égard des moyens exceptionnels pour les soustraire aux intempéries des saisons.

Les bergeries doivent être faites en constructions légères, car le plus souvent ces bâtiments ne sont établis que pour peu de temps ; ils peuvent dès lors affecter un caractère provisoire.

2. Orientation. — Les bêtes ovines recherchent plus encore que les autres animaux, le soleil en hiver, et l’ombrage en été ; aussi, pour leur procurer ces avantages, les bergeries devront-elles avoir une partie de leurs ouvertures au nord et l’autre au midi. A défaut, l’est est préférable â l’ouest comme orientation.

3. Dimensions. — Les dimensions d’une bergerie se règlent d’après le nombre de tètes qu’elle doit contenir. Les éleveurs sont unanimes à reconnaître qu’il faut pour chaque bête adulte 1 mètre carré de surface, O1», 75 pour un agneau, et 1 m, 50 pour une brebis mère et son agneau.

On doit également tenir compte de l’espace occupé par les crèches, et placer celles-ci en quantité suffisante, afin que les animaux puissent y prendre simultanément leur nourriture.

On emploie encore une autre méthode pour estimer la superficie à donner aux bergeries. On établit le développement total des crèches en multipliant le nombre de moutons par la place que chacun d’eux occupe devant la mangeoire, soit 0'",o0 que l’on multiplie par 2 mètres, longueur du mouton y compris la largeur de la crèche ; le produit obtenu est la superficie demandée.

Il est donc très-facile, de calculer l’expression de la surface à donner à une bergerie. Cette expression s’obtient en multipliant la largeur du bâtiment par sa longueur; le produit obtenu en mètres carrés sera égal au nombre de têtes qu’on pourra y placer.

La moitié de ce produit sera le développement à donner aux crèches dans quelque sens qu’on les dispose.

Exemple. Supposons une bergerie de 8 mètres de largeur sur 50 mètres de longueur ; nous aurons 50 x 8 = 400, c'est-à-dire que cette bergerie pourra contenir quatre cents moutons. Si nous prenons maintenant la moitié de ce produit, soit 200, pour le développement à donner aux crèches, chaque mouton aura bien 0m,50 de crèche qui est l’espace nécessaire. Il est bien entendu que cette méthode pour calculer la superficie des bergeries ne peut être appliquée qu’aux grandes qui ont toujours beaucoup plus de longueur que de largeur ; car dans les bergeries carrées, il faudrait opérer autrement.

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4. Ouvehtures. — Parles. — Les portes les plus généralement usitées pour les bergeries sont à claire-voie dans leur partie supérieure, ou les portes pleines coupées dans leur hauteur ; elles sont à peu de chose près semblables à celles des écuries.

Les plus commodes sont celles qui roulent sur des rails ou des glissières avec des roulettes posées à la partie supérieure (voy. plus loin à Poulaillers et granges la description de ce genre de portes). Celles qui sont construites autrement doivent ouvrir de dedans en dehors, parce que si elles se développaient intérieurement, les moutons qui ont l'habitude de sortir tumultueusement risqueraient de se blesser. On fera bien de les tenir larges; on leur donnera 1 m, 30 à 1"’,60 de largeur. Ce qui oblige encore de faire ouvrir les portes en dehors c’est qu’on a le tort de laisser trop souvent la litière s’entasser dans l’intérieur des bergeries; dans ce cas encore, il est impossible d’ouvrir les portes de dehors en dedans.

Lorsque à l’intérieur des bergeries il se trouve des murs séparatifs, ils sont fermés par des portes représentées par nos figures 347 et 348. L'une d’elles {fi g. 347) se compose d’une claire-voie dont les paumelles aa glissent sur une tige b. Cette porte est maintenue dans une hauteur voulue à l'aide d’un crochet et d’une chaîne c, qui court sur une poulie cl ; de l’autre côté un loqueteau fonctionne sur un collier à crémaillère e.

La figure 3*8 montre une porte analogue, mais dans une barrière à claire-voie. Les deux traverses de la porte fonctionnent dans un barreau plus long que les autres.

Rouleaux . — Pour parer aux accidents qui peuvent résulter de la brusque sortie des animaux on établit des rouleaux dans les embrasures des portes. Ces rouleaux sont semblables à ceux que nous avons conseillé de mettre dans les portes des boxes pour poulinières (voy. p. 227), seulement on ne

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2ül

les pose qu'à 0m,30 au-dessus du sol, et ils n'ont pas plus de 0"',50 à O"1, 55 de hauteur. Intérieur de la bergerie.

On a imaginé plusieurs systèmes

pour empêcher les moutons de sortir • ;

en foule de la bergerie. Un moyen 3W. - Cloisons pratiquées auprès des ° •' portes de bergerie.

assez ingénieux consiste à élever le Échelle de om,oo5 pour mètre

seuil des portes à 0m,50 au-dessus du sol, de sorte que l’animal ne peut le franchir que par deux petites rampes, l’une à l’intérieur qui est une simple planche, et l’autre à l’extérieur en maçonnerie. La largeur de ces rampes est calculée de façon à ne permettre que le passage de deux moutons à la fois, ce qui les oblige à défiler deux à deux, et la sortie s’opère en bon ordre.

Un second moyen usité en Hollande consiste à construire soit en bois, soit en maçonnerie, des cloisons auprès des portes des bergeries comme le montre la figure 349, de sorte que les moutons sont pour ainsi dire obligés de faire queue pour sortir de la bergerie.

Fenêtres. — Les fenêtres dans les bergeries doivent être grandes, afin de laisser pénétrer beaucoup de lumière.

Celles situées au nord doivent être fermées en hiver soit par des volets ou des paillassons. Dans les pays chauds, les fenêtres ne sont fermées que par des châssis à lames mobiles, ce qui permet de donner une ventilation active, quand elle devient nécessaire. Nos figures 350, 351 montrent les détails de ces lames. Nous recommandons, en outre, si les bergeries ont à la fois des fenêtres sur la cour de WM 33

la ferme et sur la campagne, de mettre des barreaux de pjir 3-0 fer de ce côté; car les moutons n’ont pas seulement à craindre les loups, mais encore les maraudeurs.

Barbacanes. — Anciennement on pratiquait dans la partie inférieure des murs de bergerie des barbacanes; aujourd’hui on a reconnu que ces ouvertures donnaient lieu à des courants d'air froid qui frappaient directement sur les animaux et leur provoquaient de graves maladies ; c’est donc avec raison qu’on les a supprimées entièrement sous certains climats ou qu’on a bien fait de les établir au-dessus de I mètre dans certains pays.

Pour ventiler les grandes bergeries qui seraient bien closes, on pourra recourir aux cheminées de ventilation en usage dans les

des lames mobiles pour châssis.

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écuries et les étables, on bien à des petits lanternons comme on en voit dans la figure 339.

o. Éclairage de nuit. — Il est important d'éclairer les bergeries pendant la nuit, surtout à l’époque de l’agnelage. On fera bien d’adopter un éclairage analogue à celui que nous avons décrit pour les écuries page 230.

6. Sol. — Béton, bitume. — Le sol des bergeries peut être formé d’argile bien battue, mais on fera mieux de le recouvrir d’une couche de béton ou d’une chape en mortier, recouverte de bitume. Quel que soit le mode adopté, on fera bien d'établir des pentes dirigées vers des rigoles qui conduiront les urines dans les purinières extérieures ou fosses aux engrais.

Dans beaucoup de contrées, on se dispense de ménager des pentes et de creuser des rigoles, parce que la litière et le sol absorbent les urines. C’est une économie mal entendue, car, dans ces conditions, les bergeries donnent des odeurs infectes, qui sont très-nuisibles aux animaux qui y vivent.

D’autres cultivateurs recouvrent le sol des bergeries avec du sable, de la marne ou de la terre, suivant la nature du terrain qu’on veut amender, ou la culture qu’on veut faire sur ce même terrain; ce procédé est moins dangereux que le précédent, puisqu’on renouvelle de temps en temps ces couches; on obtient de cette façon des bergeries relativement propres et saines, et en outre un bon engrais. Niais ce système laisse à désirer, parce que le mouton repose directement sur ses déjections.

Plancher à claire-voie. — Quand on veut obtenir des composts terreux, marneux ou siliceux dans les bergeries, il vaut mieux créer des fosses dans le sol et les recouvrir d’un plancher à claire-voie. Nous avons décrit ce système lorsque nous avons traité des écuries (page 233, . Comme renseignements complémentaires nous ajouterons que, pour, les bergeries, comme le mouton est évidemment beaucoup moins lourd que le cheval et le bœuf, les claires-voies n’ont pas besoin d’être aussi résistantes.

On emploie généralement des chevrons de O^OS à 0m,0f de laTgeur sur 0m,06 de hauteur. On les pose sur champ, en ayant soin de laisser entse eux un vide de 0m,15 à 0,n,18. On fait ainsi des châssis ou grils qui reposent sur les murs des fosses et qui recouvrent toute la superficie de la bergerie. Chaque fois, qu’on veut enlever le compost pour amender les terres, on relève les grils et on nettoie les fosses qui ont reçu les déjections des animaux; ces sortes de'planchers, en s’usant, présentent des inconvénients suivant l’essence du bois employé à leur construction. En effet, l'écartement agrandi par l’usure, pince les sabots des moutons, c’est pourquoi nous recommandons d’employer de préférence des planches à bouteilles, mais dont les trous n'auront que 0m,015 à 0m,01G de diamètre.

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7. Plafond. — La hauteur à donner aux bergeries a été fort controversée. Aujourd'hui, il est reconnu qu’elle doit être en rapport de la bonne ou mauvaise ventilation. Si celle-ci est bien établie, on pourra se contenter d’une hauteur moyenne de 3m,50, comme pour certaines écuries. Dans le cas contraire, il faudra donner 4 mètres, surtout si on laisse entasser la litière, quoique ce soit, nous le répétons, une habitude condamnée et des plus nuisibles à la prospérité et à la santé d’un troupeau.

Afin de ne laisser aucun doute dans l’esprit de nos lecteurs sur la hauteur qu’il convient de donner aux bergeries, nous avons relevé les hauteurs suivantes dans des domaines qui passent à juste raison pour des modèles à suivre :

Petite bergerie de Rambouillet 3m,40

Grande bergerie de Rambouillet 3m,40

Bergerie de Boissy-Saint-Léger 3m,80

— de Choisy-le-Temple 4m,ÜO

Nouvelle bergerie de Rambouillet construite en 1863 4”’ ,00

Bergerie de l’Institut national de Grignon 4ni , 10

— de la ferme-école du Cher à Aubussay, près Yierzon 4m,20

— de Morel de Yindé, à la Celle-Saint-Cloud. Hauteur moyenne. . 4m,50

— de la ferme de Britannia (Belgique) Hauteur moyenne .... 4m,50

— de la ferme Nationale de Vinccnnes Hauteur moyenne .... 4m,50

— de la ferme d’Égrenay, près Corbeil 5m,00

Comme on le voit par cette énumération, toutes ces bergeries ont plus de 3 mètres, et la dernière celle d’Égrenay, construite par un agriculteur distingué, M. Decauville, atteint 5 mètres. Toutes les bergeries ayant des hauteurs fixes ont des greniers au-dessus d’elles ; toutes celles au contraire portant la mention hauteur moyenne n’ont pas de plancher.

Quand les bergeries ont des greniers, on doit les plafonner, parce que les émanations et l’odeur du suint que dégage le mouton, sont des plus pénétrantes, gâtent promptement les fourrages, et, dans cet état, aucun animal ne veut les consommer; il ne peut plus être utilisé que pour la litière ou le fumier.

Quand on plafonnera les bergeries, on devra laisser les briques et les entrevoux apparents et ne point les recouvrir de plâtre, qui agit comme une véritable éponge en absorbant les eaux de" condensation, ce qui pourrit rapidement les bois des planchers.

8. Séparations. — Il arrive fréquemment qu’il faut établir des séparations dans les bergeries, pour séparer les béliers, les brebis mères ou les agneaux.

On élevait anciennement des petits murs de lm,25 à lm,50 de hauteur, le long desquels on plaçait des crèches. On a reconnu avec raison que ces

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murs occupaient une place précieuse et on les a remplacés par de doubles crèches, des cloisons mobiles, des barrières et même de simples claies supportées par des pieds. Il faut que les séparations aient au moins 2 mètres de hauteur ; si elles étaient plus basses, les béliers, en grimpant sur les crèches, pourraient les franchir pour arriver auprès des brebis.

9. Crèches. — Les crèches se composent de deux parties : d’un râtelier et

Fig. 352. — Élévation d’une crèche simple en bois.

Échelle de 0”,02

Fig. 353. — Coupe d’une crèche simple en bois.

pour mètre.

d'une petite auge ou mangeoire placée au-dessous. Souvent, dans les bergeries, on se contente, au lieu de crèches, de garnir les murs de petits râteliers, sous lesquels on met des auges portatives.

Les crèches doivent être assez basses pour permettre à l’animal d’y prendre aisément sa nourriture, et cependant assez élevées pour que les

simple en bois. Élévation.

Échelle de 0m,02 pour mètre.

moutons ne puissent grimper dessus. Les barreaux des râteliers doivent avoir 0m,t3 décartement d’axe en axe.

Cet écartement suffit pour empêcher les animaux de passer leurs têtes, car il arrive souvent que, si les barreaux ont 0m,15 ou 0œ,I6 d’écartement, l’animal, en forçant, écarte les barreaux, passe sa tête et ne peut la retirer ensuite, ce qui peut occasionner des accidents.

LOGEMENT DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 2G5

Les crèches sont fixes ou mobiles, et peuvent dans tous les cas être simples ou doubles.

Fig. 35G. — Crèche simple avec auge en pierre.

Échelle de 0'

Fig. 357. — Coupe d'une crèche simple avecauge en pierre.

1 09 nmir mpf.rp.

Les crèches simples sont ordinairement adossées aux murs des bergeries et ne diffèrent de celles des chevaux que par leurs dimensions. Les râteliers

Fig. 358. — Coupe d'une crèche simple en bois.

Échelle

Fig. 359. — Crèche simplecn bois posée sur massif en maçonnerie.

de 0™,02 pour inèlre.

ont 0m,55, à 0m,60 de hauteur. Ils se placent à 0m,20 au-dessus de l’auge et doivent être légèrement inclinés. L’auge, en bois ou en pierre, mesure

Fig. 360. — Élévation d’une double Fig. 361. —

crèche en bois.

Échelle de 0™,02 pour mètre.

Coupc d'une double crèche en bois.

0m,lo à 0m,lG de profondeur, avec une ouverture de 0m, 30 à sa partie supérieure.

266 TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

Nous donnons (fig. 352, 353, 334, 355), des crèches simples en coupe et en élévation.

Fig. 363. — Coupe d’une double crèche en bois.

Échelle de 0”,02 pour mètre.

La figure 352 représente un type semblable à celui des écuries. L’auge est en pierre creusée. La figure 333 en montre la coupe.

Fig. 364. — Élévation d'une double crèche en bois-

Fig. 365. — Coupe d'une double crèche en bois.

Échelle de 0m,02 pour mètre.

Les figures 358, 339, 360, 361, 362, 363 montrent des modèles de crèches en bois reposant sur un massif, maçonnerie.

Fig. 366. — Élévation d'une double crèche en bois.

Fig. 367. — Coupe d’une double crèche en bois.

Échelle de 0m,02 pour mètre.

Nos figures 352, 353, 334, 355 font voir des crèches simples toutes en bois. •Nos figures 364,363, 366, 367, des 'crèches également en bois, mais doubles.

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Les figures 368, 369, une double crèche en bois qui est très-solide, trèséconomique, et qui est reconnue comme un des meilleurs types ; c’est pourquoi nous en avons donné ( fig . 370) une coupe cotée à l’échelle de 0m,05 pour 1 mètre.

Fig. 368. — Coupe d’une double Fig. 369. — Éiévaiion d'une double

crèche en bois. crèche en bois.

Échelle de 0m,02 pour mètre.

Il arrive souvent, dans certaines contrées, que l’on met les troupeaux sous des hangars (nous parlerons de ce mode de stabulation lorsque nous donnerons les diverses dispositions de bergeries) ; dans cette occurrence, il faut avoir des crèches mobiles. Il existe plusieurs systèmes.

Un des plus simples est celui qui est indiqué par nos figures 371, et 372 ; c’est une crèche circulaire et mobile qu’on monte à volonté.

Le système se compose d’un gros dé en pierre a, qu’on enfonce dans la terre ou qu'on pose sur le sol. Ce dé supporte un fort poteau qui porte lui-même un râtelier et une mangeoire.

Dans le même cas, on emploie aussi le système de crèche représenté dans notre figure 373. C’est unesimple caisse plate surmontée d’un râtelier double.

Quelquefois, aussi on supprime la caisse, et on ajoute à ce double râtelier quatre roues sur les côtés, et l’on obtient ainsi une crèche roulante facile à transporter.

Ces divers modèles de crèches servent dans les pacages, lorsque dans la belle saison, on laisse les troupeaux en plein air et en rase campagne.

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10, Des diverses dispositions a donner aux bergeries. — Les bergeries peu-

Fig. 371. — Coupe d’une crèche circulaire. Fig. 372. — Plan d’une crèche circulaire.

Échelle de 0m,02 pour mètre.

vent être divisées en deux classes par rapport à leurs dispositions extérieures; elles sont établies dans des locaux fermés ou sous des hangars.

Fig. 373. — Râtelier double sur une caisse. Échelle de 0ra,02 pour mètre.

Nous nommerons les premières bergeries d’hiver, et les secondes bergeries d’été.

Fig. 374. — Plan d'une bergerie simple.

Échelle de 0^,005 pour mètre.

qu’il croira" le plus apte à remplir son Notre figure 374 montre le plan d’ui môme type, mais avec deux cloisons

Considérées dans leurs dispositions intérieures, elles sont simples, doubles, triples, à plusieurs rangs, il travées transversales ou longitudinales.

En signalant à nos lecteurs les meilleurs types, nous raisonnerons les diverses dispositions, afin que chacun puisse appliquer le modèle programme.

le bergerie simple; la figure 37o le légères en a, a. Ces cloisons peuvent

LOGEMENT DES ANIMAUX DOMESTIQUES. 269

être en briques, en bois, mais on fera mieux de se contenter de simples

Fig. 375. — Plan d’une bergerie simple avec cloisons séparatives.

Échelle de 0ra,005 pour mètre.

claies, ou de doubles crèches semblables à celle de notre figure 370. Nous donnons (fug. 376) un plan de bergerie longitudinale double, tan-

Fig. 376. — Plan d’une bergerie double longitudinale Échelle de 0ra,0005 pour mètre.

dis que la figure 377 indique un plan de bergerie transversale double. A ces diverses dispositions de plan, on peut appliquer indifféremment les

Fig. 377. — Plan d’une bergerie double Fig. 378. — Plan de la bergerie à plusieurs transversale. rangs d'Égrenay.

Échelle de 0m, 002 5 pour mètre.

élévations ou façades que nous donnons ci-après. Cependant, dans les pays

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chauds, on devra plutôt construire des hangars, tandis que dans les pays froids, on devra préférer les bergeries fermées. Dans le cas, où le construc-

Fig. 379. — Coupe de la bergerie à plusieurs rangs d’Égrenay. Échelle de 0m,005 pour mètre.

teur hésiterait entre les deux types, il fera toujours bien d'adopter de préférence les bergeries fermées ; et voici pourquoi :

Dans les pays du Nord, il est .

évident qu’il y a avantage à s’en servir en toute saison ; dans les pays méridionaux, au contraire, les troupeaux se trouvent encore

Fig. 380. — Élévation de la bergerie à plusieurs mieux des bergeries closes, car rangs d Égrenay. l’hiver ils sont à l’abri des brus-

Échelle de 0",0025 pour mètre. , , .

ques changements de température, et l’été ils n’ont pas à redouter les fortes chaleurs, qui, pour les animaux à l’engrais surtout, leur font perdre jusqu’à un quart de leur poids.

l’ig. 381. — Élévation de la grande bergerie de Rambouillet. Echelle de 0m,0025 pour mètre.

On voit donc qu’en général il y a avantage d’adopter les bergeries closes. Nous allons néanmoins donner (fi g. 378, 379, 380) le meilleur type de ber-

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gerie sous hangar, puisqu’on peut être obligé d’en construire. Cette bergerie construite à Égrenay près Corbeil dans Seine-et-Oise fait partie du groupe dit bergerie à plusieurs rangs. Elle mesure dans œuvre 15 mètres sur 20, soit 300 mètres carrés; elle peut donc contenir de trois cents à trois cent cinquante moutons. Le système de construction adopté est des plus simples. Sept fermes en charpente ayant 16 mètres de portée soutiennent

Fig. 382. — Plan de la grande bergerie de Rambouillet. Échelle de 0m,0025 pour mètre.

une toiture en volige recouverte de papier goudronné. Ces fermes reposent sur des poteaux qui sont eux-mêmes supportés par un mur de lm,40 d’élévation sur trois côtés, tandis que le mur du fond, situé au nord, s’élève à 2m,40. Le mur du midi (fi g. 378 et 380) est percé de deux portes assez larges pour permettre l’enlèvement de la litière à l’aide de petites charrettes.

Fig. 383. — Plan général de la nouvelle bergerie de Rambouillet.

Echelle de 0“,00l pour moire.

Des crèches simples sont disposées tout au tour, tandis que quatre rangs de crèches doubles divisent la bergerie en cinq travées.

Arrivons aux bergeries closes.

Nos figures 381 et 382 représentent la grande bergerie de Rambouillet construite vers 1806. Elle a au-dessus d’elle un vaste grenier à fourrages. L’éclairage et la ventilation s’opèrent par des fenêtres grillagées et par des portes coupées.

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En jetant les yeux sur la figure 382 on peut voir qu’à l’aide de simples claies placées en aa et en bb, on peut obtenir cinq divisions indépendantes pour les diverses catégories d’animaux qu’on veut séparer.

Nous donnons dans les figures 383,381, 383, la nouvelle bergerie de Rambouillet construite en 1863.

Notre figure 383 montre le plan général. On y voit que des parcs entourent les bâtiments ; celui du milieu a est divisé en six cases qui mesurent

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Fig. 384. — Plan de la nouvelle bergerie de Rambouillet. Échelle de 0“,005 pour mètre.

2 mètres sur 4. Elles sont destinées à isoler momentanément des béliers, ou des brebis sur le point de mettre bas. De chaque côté de ce bâtiment central, il en existe deux autres représentés à cinq millimètres pour mètre par notre figure 384. Cette partie est divisée en deux par une cloison auprès de

Fig. 385. — Élévation de la nouvelle bergerie de Rambouillet. Échelle de 0",005 pour mètre.

laquelle se trouvent deux petites chaudières en fonte aa qui servent d’abreuvoir.

La figure 383 montre l’élévation de cette bergerie bâtie en colombage avec briques posées à plat entre les poteaux.

De petites fenêtres en forme de barbacanes peuvent se fermer, à l’aide de volets en fer; elles sont percées à lm,35 au-dessus du sol, de sorte que lorsqu’elles sont ouvertes les animaux ne reçoivent pas directement l’air extérieur.

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La disposition adoptée dans cette bergerie permet de pouvoir clever séparément des lots de bêtes à laine, afin de pouvoir obtenir des produits pur sang.

La figure 386 est le plan de la bergerie de l’Institut national de Grignon.

Fig. 386. — Plan de la bergerie de Grignon.

Échelle de 0ra,0025 pour mètre.

Le seuil des portes {fi g. 386 et 387) est élevé de 0m,50 au-dessus du sol. A l'extérieur, il existe devant chaque porte une petite rampe. '

Quand les bergers veulent sortir leur troupeau, ils posent à l’intérieur des planches a, a, a, de de largeur, de sorte que les moutons sont forcés de défiler deux par deux.

La figure 387 montre l’ensemble de l’élévation, et, la figure 388 le détail d’une porte d’entrée.

Fig. 387. — Élévation de la bergerie de Grigcon.

Échelle de 0ra,0025 pour mètre.

La bergerie de Grignon, qui jouit d’une certaine célébrité, passe à bon droit pour un type pratique, économique et pittoresque; elle remplit donc les trois conditions essentielles qu’on a droit de rencontrer dans les constructions rurales. Construite en 1828 par Bella, sur les plans de l’ingénieur Po-

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lonceau, elle se compose de deux pignons en maçonnerie, entre lesquels on a élevé des piliers de même nature qui mesurent 3m,85 de hauteur sur lra,10 de largeur et 0ra,80 d’épaisseur.

Entre chaque pilier, il existe à l’intérieur deux poteaux posés sur des dés en pierre qui servent concurremment avec les piliers à supporter les fermes de charpente qui sont en bois de grume, refendus, comme on peut le voir dans la coupe (fig. 389).

Entre chaque pilier à l’extérieur ( fig . 388), on a construit des murs en briques de 1 m , 40 de hauteur dans lesquels on a pratiqué des portes de lm,2ode largeur. L’espace restant est rempli par des cloisons légères en torchis recouvertes de chaume.

Fig. 388. — Travée (le l’élévation de la bergerie de Grignon.

Échelle de 0“,01 pour mètre.

Fig. 389. — Coupe transversale de la bergerie de Grignon. Échelle de O1", 003 pour mètre.

Les poutres qui supportent le plancher sont composées de trois pièces de bois, on peut voir (fig. 389) leur assemblage sur la tcte des poteaux. Ces poutres mesurent 22m,8o de longueur. Elles ont à l’extérieur une saillie de

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2m,75 qui est soutenue par des contrefiches buttant contre les piliers. Cette forte saillie forme un auvent soutenu par des liens, et permet de circuler à couvert autour des bâtiments et d’y abriter même en cas d’orage de petites charrettes chargées, ou des instruments aratoires.

A l’intérieur de la bergerie, on peut établir des séparations au moyen de claies ou de doubles râteliers ô, b (fig. 386).

Fig. 390. — Élévation d’une bergerie à grande ventilation. Échelle de O1”, 005 pour mètre.

Nos figures 390 et 391 donnent l’élévation de deux types de bergerie : la première, qui peut rendre d’utiles services au point de vue de la facilité de la ventilation par les œils-de-bœuf et les barbacanes ; la seconde, très en faveur dans le midi de la France, n’a guère que 2nV20 de hauteur, parce qu’elle possède un grenier à fourrages ; mais de larges fenêtres permettent d’établir à l’intérieur une active ventilation pendant les chaleurs de l’été. Ces fenêtres, qui ont i , 20 de largeur sur 0m,75 de hauteur,

Fig. 391. — Élévation d’une bergerie basse (type usité sont garnies de canevas pen- dans le midi de la France).

dant les mois de juin, juillet Échelle de 0m,00‘25 pour mètre,

et août. Ce mode de fermeture empêche l’entrée des insectes dans les bergeries, et y laisse largement pénétrer l’air.

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

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