‹ Architectures ruralesChapitre 90 sur 167 · VI. Constructions destinées au nettoyage et au lavage · texte numérisé non relu

VI. Constructions destinées au nettoyage et au lavage

I. CONSTRUCTIONS DESTINÉES A ABRITER OU RÉPARER LES INSTRUMENTS AGRICOLES.

I. Abris pour les instruments agricoles, ou serre a outils. — Dans les petites exploitations agricoles, on serre les menus outils et instruments de l’agriculture où l’on peut, sous les combles ou le sous-sol, dans les pièces qu’on habite ou dans un petit cabinet à part. Ceux dont l’emploi est journalier se trouvent sous la main, ceux au contraire qui ne servent qu’une partie de l’année pour l’enlèvement et l’emmagasinement des récoltes, comme tarares, cribles, tamis, râpes, faux, corbeilles et paniers à vendanges, hottes etc., sont conservés dans les combles de l’habitation ou sous des hangars et des appentis.

Dans les moyennes exploitations au contraire, les outils d’un usage journalier doivent être placés dans un local exprès, qu’on nomme magasin ou serre A outils. Ce magasin peut être séparé en plusieurs compartiments qui contiennent chacun des outils ou des instruments différents, l’un des compartiments sera même fermé à clef, afin d’y resserrer les menus outils qui ont une certaine valeur et susceptibles d’être volés. On pourra même encore pour plus de sûreté renfermer ceux-ci dans des armoires ou placards grillagés afin que l’air pénétrant dans les armoires les tienne parfaitement sèches.

La chambre à outils devra être placée dans un local bien sec et situé autant que possible près de l’habitation ; les murs devront être garnis de potences supportant des tablettes qui recevront les instruments. Le plafond lui-même devra porter des clous à crochet, des potences et des fers à doubles T comme suspension.

Quelquefois aussi la chambre à outils est divisée en petits boxes et chacun d'eux renferme une certaine variété et nombre d’instruments ; chaque boxe, fermé à clef par une porte grillagée, possède au-dessus d’elle, une inscription qui indique le nombre et la nature des instruments que renferme le boxe. A

Il est aussi indispensable que, près de la porte de sortie de la serre à outils, il soit placé un tableau noir où l’ouvrier emprunteur inscrit ce qu’il emporte, car chacun sait (celui surtout qui a dirigé un grand domaine ou des ouvriers) avec quelle facilité disparaissent les instruments qui n’appar-

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

tiennent pas aux ouvriers. Il faut toujours de l’ordre; on ne saurait trop en avoir, car cela force les ouvriers les moins honnêtes à le devenir.

Dans les grandes exploitations, un ouvrier est chargé de distribuer les ou- •tils; c’est lui qui surveille et inscrit leur sortie et leur rentrée, et qui est responsable du magasin.

2. Ateliers. — Dans les moyennes et grandes exploitations il est de toute nécessité d’établir des ateliers pour le charronnage, la forge, le tonnelage. Comme ces locaux n’affectent aucune construction particulière, nous n’avons pas à les décrire; on utilise ordinairement des remises ou des hangars ou appentis fermés, l’essentiel pour tous ces locaux, c’est qu’ils soient éclairés par de grandes et larges baies. Ils doivent contenir des poêles ou des cheminées et une forge en fer portative. Nous n’insisterons pas sur remplacement à donner à ces locaux, puisque chacun doit les placer et les installer à sa guise.

3. Hangars. — Les hangars sont des constructions légères qui servent à abriter des objets encombrants de diverses natures. Ils sont, dans bien des cas, d'une grande utilité, puisqu’ils emmagasinent beaucoup de volume à peu de frais.

Ces constructions consistent en toitures légères supportées par des piliers en maçonnerie ou par de simples poteaux en bois; quelquefois même ce ne sont que de simples appentis adossés contre des murs, comme nous le verrons bientôt.

Les hangars, suivant leur destination, doivent être fermés au moins sur l’un de leurs côtés, sur celui qui est exposé aux vents et à la pluie. On emploie à cet effet soit un mur, soit un voligeage fortement cloué sur des montants en charpente. ,

L’utilité des hangars, à la ville comme à la campagne, est incontestable. Dans les villes on les emploie pour gares, douanes ou entrepôts, marchés, usines, fabriques, etc., ils servent donc à toutes sortes d’usages.

A la campagne, les agriculteurs logent sous les hangars les charrues, les herses, les rouleaux, charrettes et voitures, qui sont ainsi non-seulement à l’abri des pluies et des brouillards, mais encore protégés contre les rayons solaires, et nos lecteurs savent fort bien que les changements de température, les intermittences de chaleur et d’humidité occasionnent la prompte destruction des objets; on prolonge donc leur durée en les plaçant sous des hangars.

Toutes sortes de formes ont été employées ou proposées pour ce genre d’abri, aussi embrassent-elles tous les modes de construction pouvant supporter une toiture; elles peuvent néanmoins se ramener à deux dispositions principales : le hangar ouvert ou halle, et le hangar fermé ou remise .

CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME

Les dimensions des hangars sont très-variables. Nous parlerons très-brièvement des petits hangars; nous nous étendrons au contraire un peu plus longuement sur les hangars qui nécessitent des fermes à grande portée.

A. Appentis. — Les hangars peuvent être à une ou deux pentes. Dans le premier cas, ils sont nommés appentis. Ceux-ci sont généralement adossés à une construction quelconque ou bien à un mur de clôture. La toiture des appentis est supportée par des poutrelles clouées ou chevillées sur une plate-forme placée sur un mur, lorsque celui-ci n’est pas plus élevé que l'appentis ; dans le cas contraire, l’un des bouts des poutrelles est scellé dans le mur, tandis que l’autre est soutenu par des piliers, auxquels on donne une plus grande solidité en les reliant entre eux par des sablières portant liens.

Dans la construction des appentis, il faut disposer la charpente de manière

Fig. 450. — Plan d’un hangar sur piliers de bois (premier type).

Fig. 451. — Coupe d’un hangar sur piliers de bois (premier type).

à ce que le poids de la toiture ne puisse pousser au vide le mur, si l’appentis est plus élevé que lui, ou l’entraîner en dedans s’il est moins élevé. Il existe divers moyens d’obvier à cet inconvénient; l’un des plus simples consiste à disposer des liens en écharpe vis-à-vis les demi-fermes, de façon à ce que le poids de la toiture soit également réparti entre les poteaux de devant et le mur.

Un autre bon moyen consiste à n’employer que des toitures légères. Ce dernier moyen offre des avantages évidents et multiples, nous laissons à la sagacité de nos lecteurs de les en déduire.

Nous renvoyons nos lecteurs aux pages 79 et 80 qui donnent {fig. 69, 70, 71 et 72) des demi-fermes très-bien comprises pour appentis.

B. Hangars sur piliers de bois. — Nos figures 450, 451, 452, montrent le plan, coupe et élévation d’un hangar dont la construction est des plus

TRAITE DES CONSTRUCTIONS RURALES

simples. Elle est formée par deux rangs de poteaux en sapin ou en chêne posés sur des dés en pierre qui sont encastrés dans un massif en maçonnerie

établi au droit de chaque pi-

Ültiln

AI

ililllll!

jlfy

sa

rrtr

Il ij||ih|j

IP

ll 1

Tri

îip

lier. Quelquefois, quand le sol est peu consistant, on fait de petites fondations comme si on voulait élever une construction en maçonnerie.

Pour empêcher le déplacement du poteau, sa partie inférieure est fixée au dé en

Fig. 452. — Élévation d’un hangar sur piliers de bois pierre par un goujon en 1er,

, (piemier type). 0U j^en ce^e extrémité du

Échelle de 0m,005 pour mètre.

poteau est terminée par un fort tenon qui est encastré dans ce même dé.

Ce hangar n’a que trois travées, mais on peut en établir un plus grand nombre si c’est nécessaire.

La couverture peut être faite soit en chaume, paille, ardoise, zinc; la char-

» Fig. 453, — Hangar sur piliers de bois (deuxième type).

Échelle de 0m, 01 pour mètre. *

pente serait même assez forte pour supporter, à la rigueur, de la tuile, dans un pays où il ne tomberait pas de la neige.

DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME

Dans notre dessin en élévation ( flg . 452), nous avons représenté du feutre bitumé. Les«bandes de ce produit ont 0m,90 de largeur. Elles sont posées horizontalement. On commence la pose par le bas. Les bandes doivent se recouvrir successivement de 0m,i0; on cloue la seconde sur la première, et ainsi de suite : le faîtage est en tuiles faîtières. Des tringles de bois sont clouées verticalement pour retenir le feutre et empêcher un vent violent de le soulever.

Nos figures 453 et 454 représentent des hangars sur piliers en bois, qui sont fort bien compris. Ils sont tout en charpente, et leur prix de revient

Fig. 454. — Hangar sur pilier de bois (troisième type.) Échelle de 0m,01 pour mètre.

est très-minime. Les poteaux sont en sapin de 0m,27 sur 3m,30 de hauteur; les autres bois excepté les chevrons et le faîtage sont en bastings.

Le hangar représenté par notre figure 453 mesure 5m,50 de largeur entre ses piliers et 5m,50 de hauteur; il serait d’une grande utilité dans les campagnes, car il permet d’abriter, en cas de mauvais temps, des charrettes chargées de foin, de paille ou autres denrées volumineuses qu’on ne peut engranger immédiatement.

Nous n’avons pas donné le plan de ce hangar parce qu’il es t des plus simples ; avec deux travées on couvre une surface carrée, et avec un plus grand nombre on lui donne toutes les dimensions désirables.

Notre figure 454 représente un hangar du même genre, mais dans une.

traite des constructions rurales.

autre disposition. Il mesure 4”, 50 sous le poinçon et 5m,50 de largeur. Les arbalétriers sont fixés, à leur partie supérieure, sur le poinçon qui reçoit le faîtage. Des bastings se crois'ant entre eux, reçoivent l’extrémité supérieure du poinçon et empêchent l’écartement des arbalétriers. Ces deux modèles de charpente reposent sur des dés en pierre.

La suppression de leur entrait permet le passage et l’abri de voitures et charrettes grandement chargées.

C. Hangars sur piliers en maçonnerie. — Les hangars élevés sur piliers en bois, quoique durant fort longtemps, ne font pas un aussi long service que ceux élevés en maçonnerie. Quelquefois aussi, à part la question de durée, ceux qui veulent élever des hangars désirent qu’ils soient en harmonie avec le reste des constructions environnantes. Telles sont les principales raisons

Fig. 455. — Élévation d’un hangar sur piliers en maçonnerie. Échelle de 0n,,005 pour mètre.

qui font élever des hangars sur piliers en maçonnerie. Ils sont très-variables dans leurs formes.

Tous les modèles de hangars que nous avons donnés précédemment peuvent remplacer leurs piliers en bois par des piles en maçonnerie. Nous nous dispenserons donc de reproduire les mêmes types; nous donnerons au contraire des modèles pouvant servir, avec quelques modifications, à plusieurs usages. Tel est celui représenté par nos figures 455 et 456.

Le plan figure 456 est des plus simples.il représente un hangar ouvert de quatre côtés ; mais, si l’on veut soustraire à l’influence d’un vent quelconque les objets qui sont abrités sous ce hangar, on peut élever des cloisons, soit en planches, soit en maçonnerie, sur les côtés. En le fermant même de toutes parts, on obtiendrait une magnifique orangerie ou une remise. Comme ce

hangar est très-élevé, il arrive parfois qu’on établit un plancher à la hauteur de la corniche b : on obtient ainsi un étage de 3m,20 qui sert de chambres, de magasin ou de grenier. Dans ces cas, lorsqu’on utilise cet étage comme entrepôt de marchandises lourdes, il est prudent de mettre des piliers ou des colonnes en fonte aux points aaa figurés au plan. Sans cette précaution,

fC— -3,50 >1

Fig. 45B. — Plan d’un hangar sur piliers en maçonnerie. Échelle de O"1, 005 pour mctre.

le plancher haut qui mesure 6m, 80 dans œuvre, pourrait fléchir et amener des accidents.

Ce dernier hangar peut, en outre, rendre les mômes services que le précédent; sa durée est beaucoup plus considérable, mais aussi son prix de revient est plus élevé. Il peut être utilisé comme orangerie, serre froide, remise à voitures, ou pour abriter des marchandises de prix.

D. Hangars en maçonnerie clc briques. — Un autre genre de hangar qui peut encore rendre de grands services, c’est celui qui est représenté par nos figures 457 et 458 ; comme celuidécrit précédemment {fi g. 455) il peut être utilisé pour orangerie ou amgasin en le fermant sur ses faces longitudinales. La seule inspection de nos figures suffit pour faire comprendre cette construction.

Les ailes a, c ( fig . 457), servent à caler et contrebutcr le hangar proprement dit et à lui donner une grande solidité. Le pavillon a sert pour la cage d’escalier qui conduit au magasin situé au premier étage. Ce dernier est construit en pans de bois et torchis. Il n’est éclairé que sur les faces latérales; mais si on le juge utile, on peut ouvrir des baies sur les faces lon-

Fig. 457. — Plan d’un hangar en maçonnerie de brique. Échelle de 0m,005 pour mètre.

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

gitudinales, car dans l’axe des ouvertures du rez-de-chaussée il n’existe pas de traverses. Le pavillon c peut servir, soit pour mettre un gardien, soit pour un atelier de travail ou de réparations.

Les hangars que nous avons donnés jusqu’ici peuvent être diminués à la volonté du constructeur. Nous dirons cependant, que si l’on ajoutait

Fig. 458. — Hangar en maçonnerie de briques. Échelle de 0m,005 pour mèlre.

quelques travées de plus en longueur, il serait prudent d’élever dans l’axe du hangar un massif en maçonnerie semblable à ceux des extrémités. On pourrait utiliser celui-ci pour abriter des instruments agricoles ou pour tout autre usage. On peut même doubler ce plan en largeur ; dans cette supposition, avec trois rangs de piliers, on aurait un hangar double, qui écono- «

miserait ainsi le quatrième rang de piliers, si l’on construisait deux hangars séparés.

Dans les contrées, où la brique est abondante, elle doit être employée de préférence à la pierre, puisqu’elle présente la même garantie de duré^

Fig. 459. — Plan d'une remise avec ses dépendances. Échelle de 0ra>005 pour mètre.

et de solidité et que le prix de revient de la brique est moins élevé que celui de la pierre.

Le socle de ce hangar ( fig . 458) est en pierre, ainsi que les bandeaux, corniches, et chapiteaux des piliers. La couverture est en ardoise; on peut la faire en tuile, ou employer tout autre genre de matériaux légers, qu’on peut avoir sous la main et dans le pays.

DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME

E. Remises. — Les précédentes figures de hangars que nous venons de donner peuvent, en fermant les faces comme nous l’avons dit, fournir un excellent type de remises; mais nos figures 459,460, montrent le plan et l’élévation d’une véritable remise. Elle possède deux portails; elle

Échelle de 0m,005 pour mètre.

est flanqué de deux pavillons : l’un d’eux a (fi g. 459) peut servir pour atelier de forge ou de charronnage ; l’autre c sert pour la cage d’escalier qui conduit au premier étage.

On peut employer pour ce genre de construction toutes sortes de matériaux, la pierre, la brique, le moellon, le pan de bois, et le torchis.

Fig. 461. — Ferme en bois et fer h grande portée (moitié de l’élévation.) Échelle de 0",01 pour mètre.

On peut varier à l'infini, les types de hangars et de remises.

Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet; car les exemples que nous avons donnés peuvent suffire à nos lecteurs pour installer tous les genres qu’ils désireraient construire; mais nous donnerons pour

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

terminer deux types de fermes l'une en bois et fer et l’autre toute en fer.

Ces fermes très-légères,

Fig 462. — Assemblage des arbalétriers au poin R. Échelle de 0m,10 pour mètre.

à grande portée, permettront de couvrir de vastes hangars remises, ou magasins, et même des bâtiments pour docks et entrepôts.

Notre figure 461 montre la moitié de l’élévation d’une ferme mixte en bois et fer, qui mesure 15 mètres de portée; cette ferme est très-simple, très-élégante, très-solide et très-écono

mique.

Notre figure 462 montre l’assemblage des arbalétriers avec les tirants, au point B de la précédente figure; tandis que la figure 463 montre l’assemblage du tirant au point A, c’est-à-dire sur la dernière panne. Notre figure 464 montre l’élévation et là projection des bielles aux points C,C. On y voit que les tirants sont serrés par des boulons à

Fig. 463. — Assemblage du tirant au point A.

Échelle de 0™, 10 pour mètre.

écrous et à vis. Enfin notre figure 465 montre en a la coupe des bielles

ainsi que la face et le profil de ces mêmes bielles ; tous ces détails sont représentés à l’échelle de 0m,10 par mètre.

Nous donnons dans nos figures 466 et 467 une ferme tout en fer qui a 17 mètres de portée. La figure 466 fait voir la moitié de l’élévation de cette ferme, qui offre les mêmes avantages que la précédente, seulement sa construction

Fig. 401. — Élévation et projection des bielles au points C, C.

Échelle de O", 10 pour mètre.

serait d’un prix plus élevé. Des fers à double T de 0m,18 de hauteur sont

DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME

boulonnés sur les arbalétriers à l’aide d’équerres en fer; un des bouts des bielles s’assemble sur les arbalétriers et de l’autre bout elles maintiennent

,10 pour mètre.

les tirants à leurs places respectives, comme le montre notre figure 467.

Fig- 466. — Ferme en fer à grande portée (moitié de l’élévation).

Échelle de 0“,01 pour mètre.

Dans les fermes en fer, les bielles remplacent les contrefiches, elles servent à soulager l’arbalétrier au droit des pannes.

Page 1