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II. CONSTRUCTIONS DESTINÉES A ABRITER ET CONSERVER LES RÉCOLTES

Il ne s’agit pas de produire et d’enlever les récoltes, il faut encore avoir de grands locaux pour les recueillir et les mettre à l’abri des intempéries des saisons, des rapines et de l’incendie. ,

Bien souvent aussi, après l’enlèvement immédiat des récoltes, on ne peut les livrer à l’industrie ou au commerce, soit parce que certaines denrées exigent une préparation première avant de pouvoir être vendues, soit parce que le prix, au moment de la récolte, n’est pas assez rémunérateur.

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

Pour tous ces motifs, il est indispensable d’avoir de grands locaux bien disposés, en vue d’assurer la meilleure conservation des récoltes.

Nous allons successivement passer en revue les bâtiments agricoles dont il s’agit.

I. Fenils. — Il suffit pour conserver les fourrages, de les mettre à l’abri de l’humidité. Aussi tout emplacement couvert situé sur un sous-sol sec est très-bon pour un fenil.

Il faut encore que les voitures et les charrettes puissent approcher facilement des fenils pour les remplir et les vider au besoin.

Aussi nous trouvons que les hangars avec couverture descendant très-bas sur les côtés sont de la plus grande commodité pour cet usage.

Nous recommandons plus particulièrement les types représentés par nos figures 453 et 454, pages 324 et 325, surtout ceux de nos figures 4G1 à 467 qui montrent la moitié des ensembles et les détails.

Planchers. — Lorsque les fenils sont placés au-dessus des hangars, des

écuries ou des étables, il faut que les planchers qui supportent les fourrages soient bien faits, afin que ce qui se trouve sous les hangars ne soit pas sali et abimé par le fourrage ou bien que les émanations de l’écurie ne communiquent pas de mauvaises odeurs aux foins, et ne les rendent tels que les

Fig. 467. — Détail montrant l’assemblage des animaux les refusent comme nourri-

bielles et des tirants. . , „ . ,

ture ; aussi nous condamnons toute ou-

Échelle de 0m. 10 pour mètre. . , , ..

verture ou trappe établissant une communication directe entre les écuries et le fenil. Il est préférable de faire une cheminée ou armoire en bois hermétiquement close, et par laquelle on envoie du fenil à l’écurie les bottes de fourrage.

Pour les planchers, nous recommandons plus particulièrement ceux que nous avons décrits page 74 ( fig . 60). C’est un plancher en bois d’un excellent usage pour les fenils; si môme on ne craignait pas la dépense, nous conseillerions d’employer ceux représentés figures 58 et 59, page 74.

Ouvertures. — Fenêtres, portes. Il faut avoir soin de ménager dans les fenils des portes et fenêtres sur les faces extérieures, dans les murs pignons ou dans les murs gouttereaux. Nous recommandons même, dans les grands fenils, d’avoir, tous les quatre à cinq mètres, des fenêtres-portes, de telle sorte qu’on ne soit pas obligé de transporter les fourrages à une longue distance dans l’intérieur du bâtiment, car cela occasionnerait une perte de temps et par conséquent d’argent.

Toutes les fenêtres-portes doivent être pourvues non-seulement d’une poulie pour élever les bottes de fourrage, mais d’un petit auvent qui les abrite et empêche la pluie de pénétrer dans le fenil, lorsqu’on enferme le fourrage. Ces fenêtres-portes doivent être pourvues aussi d’une petite plateforme ou palier, qui facilite la manœuvre et évite quelquefois des chutes plus ou moins dangereuses.

Quand les fenils sont grands et que les fenêtres-portes sont multipliées autour du bâtiment, cela permet, dans un moment de presse ou dans la crainte d’un orage, d’enfermer rapidement les fourrages.

Dimensions des magasins à fourrages. — Il est assez difficile de déterminer les dimensions à donner aux magasins à fourrages, car le volume de ceux-ci varie suivant la nature de leurs diverses espèces et suivant l’état plus ou moins avancé de leur dessiccation.

A poids égal, la paille longue et même brisée exige un emplacement double de celui du foin. Les luzernes, trèfles ou foins provenant de prairies artificielles occupent (toujours à poids égal) un volume plus considérable que le foin provenant des prairies naturelles, et en général les foins très-secs ont un volume d’un cinquième ou d’un quart plus faible que le foin moins sec.

Ce sont toutes ces différences, qui font qu’on ne peut préciser d’une manière certaine les dimensions à donner aux fenils pour renfermer une quantité voulue; mais en tenant compte de ce que nous venons de dire et de la quantité qu’il faut par tête de bétail, on peut arriver à faire des fenils en rapport avec les besoins d’une ferme, ou des magasins â fourrages d’une capacité demandée.

Du reste voici des chiffres qui compléteront les données que nous venons de fournir ci-dessus et qui permettront de déterminer les dimensions à donner aux fenils, et cela d’une manière à peu près précise.

Du volume et du poids du fourhage. — Le poids d’un mètre cube de fourrage varie suivant sa qualité, sa siccité et son foulage, de 60 à 90 kilogrammes. La paille pèse 16 à 18 pour 100 de moins pour le même volume.

Voici maintenant les chiffres adoptés pour les magasins à fourrages de l’État.

1000 quintaux métriques (100,000 k ilog.) de foin en bottes exigent 800 mètres cubes. — entassé en magasin (en vrague) — 430 —

en balles ficelées, comprimées à la

presse hydraulique — 143 —

Généralement, ondoublecesnombrespouravoirlacapacité totaledes fenils, car il faut réserver de la place pour la manipulation des fourrages et ne pas élever ceux-ci au-dessus des entraits des fermes de charpente.

En résumé, s’il nous fallait donner une moyenne de l’emplacement néces-

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saire pour loger 1090 kilogrammes de foin nous dirions qu’il faut 20 mètres cubes, soit 50 kilogrammes par mètre cube.

Si maintenant, il fallait déterminer une dimension à donner aux magasins à fourrages en se basant sur la quantité nécessaire aux animaux entretenus sur une exploitation, nous dirions qu’il faut compter que chaque cheval ou bœuf consomme journellement 12k5, 50 environ de fourrage; or comme 50 kilogrammes est la moyenne d’un mètre cube, nous dirions que chaque cheval ou bœuf consomme 0mc, 000025 par jour. Si maintenant nous multiplions 0mc, 000025 par 360 jours nous verrons qu’il faudrait 90 mètres cubes de surface pour loger la ration annuelle d’un cheval ou d’un bœuf; mais nous devons ajouter que bien souvent les animaux, surtout les bœufs, ne consomment pas exclusivement dans l’année des fourrages secs> qu’à certaines époques ils consomment des grains, des racines et des fourrages verts, et que c’est autant à déduire pour la réserve des fourrages secs.

Examinons maintenant ce que consomment les bêtes ovines.

Nous emprunterons nos chiffres à Mathieu de Dombasle, auquel il faut toujours avoir recours, quand on veut parler du mouton. Eh bien ! d’après cet agronome, il faut iks,40 pour la ration journalière de fourrage d’une bête à laine, ce qui donnerait annuellement dix mètres cubes environ pour chaque bête ovine ; mais nous ferons la même observation que pour les bœufs, les moutons consomment autre chose que des fourrages secs, car il faut compter que les moutons n’hivernent que quatre mois dans la bergerie, or en faisant une provision pour cinq à six mois c’est tout ce qu’il faut. Il faudrait donc réduire le chiffre précédent de moitié, soit 5 mètres cubes par tête de mouton, l’emplacement nécessaire pour loger le foin de la saison d’hiver.

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