Barbacanes coudées pour la ventilation des granges
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d’aérage à lra,50 ou 2 mètres au-dessus du sol, et le système de briques que nous montrons à nos lecteurs à 0"',50 au-dessous de la retombée des couvertures. Mais on doit avoir s'Rin de poser des toiles métalliques derrière ces briques pour empêcher 1 introduction des oiseaux ou autres bêtes.
Pour éviter l’humidité dans les granges, on revêt souvent le mur de planches, dans les pays où le bois, n’étant pas très-cher, permet cet emploi. Dans le cas contraire, on doit employer de bons enduits, tant à l’intérieur qu’à l'extérieur des granges , car dans les pays pluvieux si les murs absorbent une fois une certaine quantité d’eau soit par la pluie soit par les brouillards, il est bien difficile de les en débarrasser.
7. Aires des granges. — L’argile est la base de la composition des aires de gi anges. On 1 emploie quelquefois seule; mais le plus souvent avec
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Fig. 479. — Disposition des briques pour l’aérage des granges.
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Fig. 480. — Disposition des briques pour l’aérage des granges.
d’autres substances pour empêcher la formation de crevasses ou de fentes.
Employée seule, l’argile doit être constamment battue pendant sa dessiccation, cela nécessite une main-d’œuvre assez considérable.
Employée avec d’autres substances (bourres, poils de bœuf, crottins, tourteaux, sang, etc.), on l’étale par couches, de 0m,20 qu’on laisse sécher jusqu’à ce que le mélange ait pris une certaine consistance, après quoi on le bat tous les jours avec soin, afin que la dessiccation ne laisse aucune trace de fentes ou de crevasses (1).
Quoique Palladius recommande d’employer des briques (comme nous
(1) Au dire de Varron, les Romains, après avoir fait leurs aires avec des terres
fortes bien battues, les arrosaient d’un enduit faitavec la lie d’huile (amurca), ce qui
durcissait la surface et empêchait la croissance de l’herbe.
Columelle (De re rustica, lib. II, cap. xx) conseille le même enduit. « Area quoque
si terrena erit, ut sit ad trituram satis habilis, primum radatur, deinde conso-
lidatur, permixtisque paleis cum amurca, quæ salcm non accepit, extergatur. »
Palladius recommande de faire les aires avec des briques de deux pieds ou plus petites.
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME
venons de le voir dans la note qui précède), nous nous permettrons de trouver mauvais ce procédé, car les briques n’offrent pas assez de résistance, puisque généralement les aires se font dans les passages des granges. C’est pourquoi il faut employer des substances solides et élastiques ; l’argile et les compositions dans lesquelles entre cette matière, sont dans ces conditions.
Dans certaines contrées, on emploie des plâtras et du plâtre ; ces aires sont encore fort mauvaises, car elles donnent naissance à beaucoup de poussière pendant le battage.
Nous devons ajouter cependant que les aires sur lesquelles les charrettes ne passent point peuvent être faites avec du plâtre aluné et gâché avec de l’eau contenant de la colle forte; on obtient ainsi une surface en stuc excellente comme aire à battre, surtout, si on a soin à chaque saison de l’enduire avec de la lie d’huile (l 'amurca des Romains), mais ces aires sont d’un prix de revient assez élevé.
Quelques agronomes prétendent qu’on peut remplacer la colle forte par de la suie ou du sang de bœuf, nous n’avons jamais expérimenté ce procédé.
Enfin, on fait des aires en bois, soit â demeure, soit, ce qui est préférable, des aires temporaires. On pose sur une surface plane qu’on choisit comme aire des lambourdes qu’on fixe au sol d’une manière quelconque et sur celles-ci, on pose des madriers à rainures. On ne doit point clouer ces madriers, mais les emboîter à coups de maillet et les fixer au moyen de coins en bois enfoncés de chaque côté des planchers.
Emplacement des aires. — Dans les petites granges, Faire se trouve devant la porte d'entrée; dans les grandes, elle est établie dans les passages qui servent à l’engrangement.
Dans quelques contrées, en Angleterre par exemple, Faire à battre le grain se trouve au premier étage. Nous en verrons un exemple quand nous parlerons de la grange angulaire [fig. 494). Bien souvent aussi on l’établit au-dessus du passage d’entrée en rapportant un faux plancher entre les deux planchers qui se trouvent le plus souvent de chaque côté des passages transversaux ou longitudinaux. Ce genre d’aire facilite le vannage au tarare qui se trouve au-dessous. Une trappe ménagée sur ce plancher livre passage au grain battu, et le conduit par un tuyau en toile, soit au van, soit au tarare placés au-dessous.
Dimensions des aires. — Les dimensions à donner aux aires sont très-variables : elles dépendent surtout du nombre des batteurs. L’espace minimum nécessaire à celui-ci est de 10 mètres carrés de surface sur 4 mètres h 4m,.')0 de hauteur.
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
Il faut donc donner aux autres les surfaces suivantes :
Pour un batteur tournant autour des gerbes 3m,?0 X 3m,20
Pour un batteur qui se tient à une extrémité de l’aire .... 3m,ô0 X 4m,00
Pour deux batteurs qui se font vis-à-vis. . . • 3m,40 X 4m,00
Pour trois ou quatre batteurs tournant autour des gerbes . . . 4m,25 X 4m,25
Pour cinq à six batteurs — — ... 5m,00 X üm,00
On ne dépasse guère ce nombre de batteurs; si cependant, dans un cas urgent, on en voulait mettre un plus grand nombre, on donnerait 6mx5m,00, 7 sur 5m,00; on augmenterait le premier chiffre sans toucher au second.
8. De la disposition a donner aux granges. — La disposition à donner aux granges est très-variable, cependant on peut la ramener à trois ou quatre
Fig. 481.
Grange simple sans passage.
Fig. 482. — Coupe d'une grange simple sans passage.
Echelle de 0ra,005 pour mètre.
types différents; nous allons les passer en revue très-rapidement. Nous donnerons les plans de chacune des dispositions les plus généralement employés avec quelques élévations qui pourront s’appliquer indifféremment, avec de légers changements, à chacun des plans que nous décrirons.
Grange simple sans passage. — Notre figure 481 représente le plan d’une grange simple, sans passage, pour une petite exploitation. Dans une grande ferme, une semblable disposition ne serait pas très-commode, puisque les voitures doivent entrer à reculons, aussi ne doit-on l’admettre que pour les fermes de peu d’importance.
Le plan de cette grange (fi g. 481) est divisé en trois parties, la plus grande sert à recevoir les charrettes chargées. On engrange sur l’autre partie, audessous de laquelle une division permet de mettre d’un côté le grain et de
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME
l’autre la paille battue. La figure 482 montre la coupe de cette grange, et la figure 483 une élévation latérale qui fait voir sa construction, elle est en pan de bois et briques ; elle repose sur un socle en pierre.
Fig. 483. — Élévation latérale d’une grange simple sans passage.
Fig. 484. — Orange simple avec passage transversal (premier type).
Échelle de 0m,0025 pour mètre.
deuxième type de grange simple avec un passage transversal. Cette grange possède sur trois de ses côtés des harigars en appentis, ce qui permet d’abriter
TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES
des charrettes chargées de gerbes, en cas de mauvais temps et d’y serrer au besoin de la paille. En outre, dans l'axe de la grange, il existe en aa deux colonnettes en fonte pour soutenir un plancher dont l’un (celui qui est pourvu d'un escalier) sert à serrer les grains battus.
Le quatrième côté, sur un des pignons, renferme le manège pour la machine à battre ; on peut remplacer celui-ci par une machine à vapeur,
comme dans l’exemple suivant. Cette grange est rectangulaire; elle mesure dans œuvre 8m,40 sur I3m,60.
Les appentis ont 5m.20 de hauteur sur 6 mètres de lar-
Fig. 486. — Plan d’une grange double avec passage
transversal (troisième type;. geur, y compris la saillie du
Échelle de 0”,oo-25 pour mètre. toit. Les fermes de ces appen-
tis sont soutenues par des piliers en maçonnerie.
Grange simple avec passage transversal. — Nous donnons dans notre figure 485 une troisième grange simple, mais contre laquelle est adossé un bâtiment longitudinal. La grange proprement dite est en a, en b le passage, en c la machine à vapeur isolée du bâtiment principal, en cl la machine à battre, et enfin en e un petit bâtiment de 6 mètres de hauteur qui est divisé en trois étages par des planchers. Ces divers étages servent les uns à mettre le grain battu et les autres les balles des céréales, et le rez-de-chaussée la paille battue un peu brisée.
Grange double avec passage transversal. — La figure 486 représente le plan d'une grange double avec un passage transversal. On peut disposer à volonté au rez-de-chaussée,
Fig. 487. — Élévation d une grange double avec passage mie OU plusieurs pièces, transversal (troisième type). pour renfermer les grains,
Échelle de 0»,0025 pour mètre. les balles des cér6ales, 0U
la menue paille. L’élévation (fig. 487) fait voir que la construction est en moèllons smillés, avec un soubassement en pierre, de chaque côté quatre barbacanes allongées et grillagées servent à ventiler l’intérieur de la grange, ainsi que l’ouverture cintrée qui se trouve au-dessus de la porte. Nos figures 488, 489 et 490 donnent un deuxième type de grange double avec passage transversal construite en torchis.
Granges doubles à passage longitudinal, latéral. — Il existe aussi des
mm.
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME
granges doubles à passage longitudinal latéral. Notre figure 491 donne un spécimen de ce genre. Le manège se trouve adosse du côté opposé au passage ; mais ce genre de grange ne peut servir que dans des cas exceptionnels, quand les autres bâtiments de la ferme vous obligent à le construire ainsi.
Fig. 488. — Plan d’une grange double avec passage transversal (quatrième lype).
Grange double avec passage longitudinal central. — Un autre type plus commode que le précédent est celui qui est représenté par notre figure 492, c’est le type dit à passage longitudinal central. Sur F un des côtés est adossé un petit bâtiment circulaire qui sert à loger la machine à battre.
Cette dernière peut être mue par un manège ou par une machine à vapeur mobile. Quand on emploie des locomobiles à vapeur, on pratique dans la paroi attenante à la batteuse une ouverture qui permet d'introduire la courroie de transmission. Ceci peut s’appliquer indistinctement à tous les genres de grange que nous avons décrits et qu’il nous reste à décrire.
rig. 489. — Coupe dune grange double avec Grange à double passage trans- passage transversal (quatrième type).
versai. — Nous donnons figure 493 Échelle de 0m,005 pour mètre.
une grange à double passage transversal, qui est pourvue de son manège sur
l’un des murs pignons. Cette disposition est très-commode pour les grandes
fermes, où l'on emploie un nombreux personnel, car à la rigueur, en faisant
entrer dans la grange deux charrettes à reculons, on peut en décharger quatre
à la fois.
TRAITE DES CONSTRUCTIONS RURALES
Avec ce système de grange, on peut établir jusqu’à huit et dix travées, mais au delà de ce nombre, Userait indispensable de multiplier les passages afin de desservir facilement la partie centrale de la grange ; ainsi par exemple,
Fig. 490. — Élévation d’une grange double avec passage transversal.
Échelle de 0ra,005 pour mètre.
une grange qui aurait cinq, six travées pourrait n’avoir que deux passages, mais à neuf travées il en faudrait trois, à douze quatre. Il est rare qu’on fasse de plus grandes granges. Il ne faut pas que les bâtiments aient plus de
Fig. 491. — Grange double à passage Fig. 492. — Grange double avec passage
longitudinal latéral. longitudinal central.
Échelle de 0”,0025 pour mètre.
35 à 38 mètres de longueur, dans les grandes fermes, il vaut mieux construire deux bâtiments séparés, de six à sept travées chacun.
Pour terminer la nomenclature des diverses dispositions de granges, nous
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME. 349
devons indiquer deux formes qui peuvent être adoptées dans les fermes, où l’on bat le grain à l'aide de machines.
Grange disposée en équerre ou grange angulaire . — La première est dite grange angulaire, c’est-à-dire que le bâtiment est disposé en équerre comme le montre la figure 494. Ce genre de grange est à deux étages. Le rez-de-chaussée comprend en a l’emplacement où se trouve le ta- -rarc b, en c un compartiment pour les balles, en d pour les menues pailles, enfin c sert de magasin pour le blé à battre.
Le premier étage comporte (voyez fig. 494) au-dessus de a la machine à Fis- 493- — Grange à double passage transversal
battre qui est placée en b; la par-
Échelle de O", 0025 pour mètre.
tie e du rez-de-chaussée monte de deux étages, enfin au-dessus de c, d, il n’existe au premier qu’un seul compartiment, qui sert à botteler la paille battue, celle-ci arrive dans cette pièce soit par une fenêtre munie d’une poulie soit à l'aide d’une trappe pratiquée dans le plancher.
Ce genre de grange est assez usité dans les fermes anglaises.
Fig. 404. — Grange angulaire.
Échelle de 0m,0025 pour mètre.
Légende :
o, emplacement de la tarare; b, tarare; c, balles; d, menues pailles; e, magasin pour le grain à battre.
Fig. 405. — Grange en forme de T, Échelle de O"1, 0025 pour mètre.
Légende :
a, machine à battre; b, grange.
Grange en forme de T. — La deuxième disposition de grange qu’il nous reste à décrire est celle dite en forme de T (fig. 494). La machine à battre est placée en a, tandis que la grange proprement dite occupe l’emplacement b. Cette disposition a quelque analogie avec la grange que nous avons déjà vue (fig. 492) ; seulement dans le précédent exemple la partie ré-
servée à la machine est souvent plus basse que la grange proprement dite, tandis que, dans l’exemple que nous avons sous les yeux, les parties a et b sont de même hauteur.
GRENIERS OU GRAINERIES.
Généralités. — Les greniers ou grailler tes sont des locaux établis audessus du sol (contrairement aux silos qui sont construits en terre). Ils servent à abriter et à conserver les grains jusqu’au moment de leur emploi.
Les céréales ont à redouter de nombreuses causes d’altération qui se traduisent par des pertes énormes pour l’humanité : mais parmi ces causes les plus terribles sont : l’humidité qui cause la moisissure et la pourriture des grains ; la chaleur qui engendre et favorise le développement des insectes, enfin la lumière qui, aidée de l'humidité et de la chaleur, fait germer les grains, tandis que ces deux derniers agents donnent naissance à la fermentation.
Pour éviter ces causes de désastres, le mot n’est pas trop fort, car le total des sommes perdues chaque année se chiffre par centaines de millions, il faut établir les magasins à grains ou greniers dans des conditions déterminées que nous allons décrire.
Exposition. — Le plein nord est l’exposition la plus favorable, pour les greniers. Le plus grand nombre des ouvertures doivent être percées de ce côté, et quelques-unes seulement du côté du midi pour établir une bonne ventilation.
Emplacement. — On doit autant que possible choisir un emplacement sec et qui ne soit pas resserré dans d’autres constructions. Il faut éviter d’établir les greniers dans les rez-de-chaussée qui sont toujours plus ou moins humides.
Plancher. — Les planchers des graineries doivent être en bois ou mieux en fer hourdés en briques et plâtre. Ces derniers en effet, supportent des poids plus considérables, occupent moins d’espace et ne peuvent pas servir de retraites aux insectes, aux rats et aux souris, comme les planchers en bois.
Plafond. — Les meilleurs plafonds sont en plâtre ; on doit contrairement à ce qui se pratique quelquefois, plafonner même les combles, car cela empêche la poussière, la pluie et même la neige, de traverser les interstices qui existent entre les tuiles ou les ardoises.
Fenêtres-portes. — A chaque étage des graineries, il est utile d’avoir des fenêtres-portes avec un balcon saillant. Ces fenêtres-portes sont munies de
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME. 351
poulies qui servent à monter les sacs de blé aux divers étages de la grainerie.
Sur les façades des grandes graineries, il ne faut pas craindre de multiplier ces fenêtres-portes.
Ventilation. — On ventile les greniers par des procédés analogues à ceux adoptés pour le logement des animaux. On emploie des cheminées, des tuyaux, des barbacanes, des trappes et des ventouses d'aération.
Du reste aujourd’hui, on construit les grands greniers d’après un système dit des greniers verticaux, qui donne une active ventilation. Voici en quoi consiste ce système.
Des greniers verticaux. — Quand les grains sont battus, ils ne sont pas toujours parfaitement secs au moment de leur emmagasinage, aussi lorsqu’on les dépose dans un local quelconque, il ne faut pas eirfaire de gros tas, mais les mettre par couches de 0m,40 à 0m,50 d’épaisseur, afin que le contact de l’air puisse les sécher. Cette manière de faire oblige à disposer d’une grande surface. D’un autre côté il faut éviter l’échaulfement et l’altération des grains, et, pour atteindre ce résultat, il faut avoir recours à des pelletages assez fréquents, ce qui devient très-onéreux.
Aussi dans le but d’obvier facilement aux inconvénients provenant de l’humidité et de la fermentation, et pour faciliter l’aération des blés, on
a imaginé de nombreux systèmes de construc- Eijr. 496. — Coupe d'un grenier . vertical (système Sinclair).
tion ; mais 1 un des plus commodes, des plus
pratiques et des moins dispendieux, e est la
construction des greniers verticaux et parmi ces derniers, celui imaginé par l’Anglais John Sinclair.
Voici, à quelques modifications près, ce grenier vertical. La figure 49G en montre la coupe. Un balcon au sommet du grenier sert à recevoir les sacs de grains qu on monte par une corde à l’aide d’une poulie, on verse le blé de cette hauteur et il est reçu sur le plancher disposé en forme de trémies que représente notre figure 497, a sont les ouvertures des trémies pour remplir les sacs. La hauteur du bâtiment est occupée par cinq à six rangs d augets renversés qui communiquent d’un mur à l’autre; ils correspondent à des ouvertures en losange au nombre de seize, espacées les unes des autres d environ 1 mètre, et qui existent en nombre égal sur les murs opposés. Ces ouvertures sont placées en face l’une de l’autre et
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donnent une grande ventilation au milieu du grain. Il existe deux rangs d’augets dans tous les sens et se coupant à angle droit comme le montre la figure 498; b, b sont les augets, a, a, les vides qui laissent s’écouler le grain au fur et à mesure qu’on le verse dans le grenier.
On comprend aisément qu’une pareille disposition produise une ventilation énergique.
Si nos lecteurs jettent les yeux sur la coupe (fig. 496) ils verront que les ouvertures pratiquées dans les murs sont inclinées, on les fait ainsi pour empêcher la pluie et la neige d’avoir accès dans le grenier. On doit garnir ces ouvertures extérieurement avec de la toile métallique assez serrée pour que les oiseaux et les insectes ne puissent pénétrer dans le grenier.
Quand on veut ventiler, voici comment on y procède. On tire le registre
Fig. 497. — Plan d'un grenier vertical Fig. 498. — Plan d’un grenier vertical à la (système Sinclair). hauteur des augets de ventilation (système
Sinclair).
Échelle de O^OOS pour mètre.
ou la trappe a ( fig . 496) et l’on remplit le sac qui se trouve à l’orifice de la trémie centrale, tout le blé est mis en mouvement chaque fois qu’on ouvre cette trappe, de sorte qu’il est facilement et économiquement ventilé. Si l’on désire ensacher plus rapidement le blé on peut, au lieu d’avoir toutes les trémies se réunissant à une trémie centrale, on peut, disons-nous, avoir neuf trappes correspondant aux neuf trémies.
A ce grenier de Sinclair nous avons ajouté comme perfectionnement : 1° une cave pour assécher la partie basse du grenier; 2° des barbacanes grillagées dans la partie haute; 3° un balcon, car souvent il n’y a qu’une simple fenêtre.
En adoptant ce principe, on peut faire des graineries de toutes dimensions, depuis un simple coffre à avoine jusqu’à des greniers publics.
DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME
Grenier Devaux. — Le système du grenier Sinclair se ventile naturellement ; mais M. Devaux a trouvé que ce n’était pas suffisant et il a créé un système de grenier ou silo-aérateur dans lequel on peut insuffler de l’air à l’aide de machines. « Ce grenier, dit Bonna, est composé d'une capacité ou d’un bâtiment n’ayant aux deux étages que deux galeries intérieures de 0m,90 de largeur, dont l’une, au niveau du sol, fait le tour et traverse d’une paroi à l’autre, tandis que l’autre est située au niveau du sommet des silos proprement dits. Ces silos consistent en de vastes compartiments rectangulaires de lm,20 cà 3 mètres de côté et de 12 à 18 mètres de hauteur, dont les parois en tôle perforée sont consolidées par des tirants et des armatures en fer. Au centre de chaque silo et sur toute la hauteur, s’élève un tuyau dont le diamètre varie d’après le cube du silo lui-même. L’espace autour de ce tuyau central, également en tôle piquée, est occupé par le grain, qui est .ainsi aéré sur deux faces à la fois.
« Si le blé est emmagasiné en bon état, la ventilation naturelle par la paroi extérieure et par le tube suffira pour l’y maintenir; si, au contraire, il est rentré humide ou échauffé, on insuffle de l’air par ce tube que bouche à la partie supérieure un clapet mobile. L’air insufflé s’échappant sans beaucoup de frottement à travers les couches perpendiculaires de grains de faible épaisseur, entraîne l’excès d’eau ou de chaleur, ainsi que les matières animales ou végétales déposées à la surface. Quelques heures d’insufflation permettent de refroidir du grain assez échauffé pour qu’on ne puisse pas tenir la main contre la paroi en tôle du silo.
« Dans les greniers de ferme, un ventilateur à ailettes suffit pour créer une insufflation convenable; dans les docks greniers, on a recours à des ventilateurs puissants mis en mouvement par des machines à vapeur. »