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LOCAUX POUR LA CONSERVATION DES LÉGUMES

Les légumes (racines, tubercules, etc.) ne peuvent se conserver frais qu’un certain laps de temps, et encore faut-il les mettre dans un milieu où ils soient à l’abri des variations de température, de l'humidité, de la gelée et même de la lumière, qui exerce sur eux une action desséchante.

Aussi des caves, des celliers ou des locaux situés dans un sous-sol sec et aéré conviennent assez pour la conservation des légumes en petites quantités, surtout pour ceux qui sont destinés à l’alimentation de l'homme. Mais quand il faut conserver une grande quantité de racines pour la nourriture des animaux ou pour les besoins de l’industrie, il faut les entasser dans des caves où ils puissent être tout à fait à l’abri de l'humidité et de la gelée.

Silos. — Les silos assurent fort bien la conservation des légumes racines, on en fait de beaucoup de genres. Les uns en effet consistent à creuser en terre une fosse peu profonde de lm,50 de profondeur environ, dans laquelle on entasse les racines, on en fait ainsi des tas de forme conique ou prismatique qu’on recouvre de terre sèche. Au centre de ces silos, on fait passer un ventilateur.

On emploie aussi pour la conservation des légumes des anciennes carrières, des grottes creusées dans le flanc d’un coteau ou d'une montagne.

Dans les exploitations d’une certaine importance, on creuse des fosses de 2m,50 de largeur sur autant de profondeur qu’on subdivise par compartiments. Ces fosses sont revêtues de murs en maçonnerie. Après les avoir remplies de légumes, on recouvre les racines de bonne paille et d'une couche de terre en forme de talus. Pour ventiler l’intérieur du tas, on ajoute quelques drains au sommet du talus; on a soin de boucher ceux-ci pendant les fortes gelées.

Souvent aussi, on place ces fosses à légumes sous des hangars, ce qui met les silos à l’abri des pluies et dé la gelée.

Enlin on emploie d’anciennes glacières, ou l’on construit des silos en maçonnerie affectant la forme de glacières (voir plus loin les types que nous donnons pages 357 et suiv.), ou de fours à chaux de forme conique.

Fruitier. — Le meilleur des fruitiers est sans contredit une cave bien sèche, et assez profonde pour conserver une température assez constante variant entre 8 et 1D degrés centigrades, sans descendre au-dessous de 4 degrés. On peut facilement obtenir ce résultat au moyen de soupiraux bien

DES CONSTRUCTIONS ANNEXES DE LA FERME

établis et pourvus de volets ; afin de pouvoir fermer la cave pendant les grands froids.

On peut aussi faire usage d’un sous-sol ou d’un rez-de-chaussée assez lias et assez obscur, pourvu que les murs soient assez épais et que le local soit voûté ; dans de pareilles conditions on obtient une garantie suffisante contre les impressions de la température extérieure. 11 est bon quand les fruitiers sont à rez-de-chaussée, de les munir de doubles portes et fenêtres pour obtenir le même résultat. Mais ce qu’il faut surtout combattre dans une fruiterie, c’est l’humidité ; et dans ce but les uns ont proposé d’établir dans les fruiteries des cheminées de ventilation, d’autres ont combattu cetle idée. Nous pensons qu’il est mieux de n’en point établir et de combattre l’humidité qui règne dans les fruitiers avec de la chaux, de la potasse caustique , ou, ce qui est préférable, avec du chlorure de calcium (sel marin).

L’humidité des fruiteries provient surtout de ce que, après l’emmagasinement des fruits, ils rendent une eau, ils suintent.

Aussi trouvons nous, que les meilleurs fruitiers sont ceux qui ont deux pièces, dont la première est consacrée à la dessiccation première des fruits et l’autre à leur conservation.

Quel que soit le local choisi, le fruitier doit être garni de tablettes, sur les quelles il soit possible de ranger les fruits sans qu’ils se touchent.

Ces tablettes sont droites ou inclinées. Leur espacement varie entre 0m,40 à 0,mo0.

Le bois qui convient le mieux pour construire ces tablettes est le bois de chêne, mais on emploie aussi le peuplier et surtout le sapin, rouge ou blanc. Sur ces tablettes, on étale de la paille, ou, ce qui vaut mieux, du papier provenant des rognures de livres qu’on trouve à bon compte chez les relieurs, car le papier ne communique pas aux fruits une odeur particulière de moisissure, comme le fait souvent la paille.

D'aucuns prétendent que la mousse sèche et la graine de millet peuvent aussi rendre de bons services ; mais qu’on emploie la paille, le papier, la mousse, il faut avoir soin de les renouveler chaque année, au moment de la rentrée de la récolte.

Dans certains fruitiers, les tablettes sont à tiroir; ce qui permet de visiter facilement les fruits. Les tablettes sont généralement placées contre les murs du fruitier, ce sont le plus souvent des échelles de bois ou de fer qui supportent des planches, et quand les fruiteries sont assez larges pour le permettre, on peut placer dans leui milieu un corps soit simple soit double de tablettes et légèrement incliné en forme de pupitre. Le milieu des fruitiers est garni de cercles en bois suspendus aux plafonds qui servent à

TRAITÉ DES CONSTRUCTIONS RURALES

porter les grappes de raisins qui se conservent fraîches pendant plusieurs mois de cette façon. Comme le raisin est un fruit qui se vend assez cher et par conséquent d’un bon produit, certains cultivateurs construisent des fruiteries spéciales, où chaque grappe de raisin porte un bout de cep qui plonge dans l’eau. On construit des appareils spéciaux pour la conservation des raisins. Ce sont des tubes de fer blanc d’un fort diamètre qui ont 4 et 5 mètres de longueur; l’une des extrémités porte un entonnoir et l’autre un robinet, ce qui facilite le renouvellement de l’eau. Ces tubes sont percés de nombreux trous portant tubulures, dans lesquelles trempe le bout de cep. On conserve ainsi d’une année à l’autre des raisins très-frais ; mais il faut avoir beaucoup de soins et exercer une grande surveillance pour supprimer de temps en temps les grains écrasés ou moisis. On fait des fruitiers, dans le sol, à mi-sol, à rez-de-chaussée, à un et deux étages : on fait même des caisses pour conserverie fruit qu’on nomme fruiteries portatives.

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