Des ventilateurs. — Dans certains emplacements
ou localités, dans lesquelles le sol présente un peu
1 Fig. 511. — Ventilateur
d humidité, lorsqu’il n’est pas possible de s'en débar- pour glacière, rasser, on aère la partie supérieure de la glacièbe au moyen d'un ventilateur particulier [flg. 5 H), qui permet la sortie des vapeurs qui se dégagent des parois de la glacière sans que l’air extérieur puisse atteindre la glace. Dans ce but, on perce la partie supérieure de la toiture; dans ce
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trou, on établit soit un tuyau en poterie, soit un tube de bois formé de quatre planchettes assemblées. Ces tuyaux ou tubes s’ouvrent à l'intérieur de la glacière, mais entre le comble et le faux-comble ils sont eux-mêmes recouverts d’un chapeau ou petit abri. Les portes des glacières munies de ce ventilateur sont percées de trous. Un tirage s’établit de ces trous à la cheminée d'aération ou ventilateur, et il débarrasse ainsi la glacière de l’humidité qui pourrait entourer la caisse de glace.
Quoique les ventilateurs de glacière puissent en bien des circonstances rendre d’utiles services, nous recommandons néanmoins la plus grande prudence dans leur emploi, on ne doit les appliquer que dans le cas d'insuccès par les méthodes ordinaires.
Nous croyons avoir examiné tous les systèmes de glacières, nous avons décrit en effet les glacières ordinaires, les glacières américaines, les glacières anglaises, nos lecteurs peuvent voir qu’elles peuvent se diviser en trois catégories :
a, glacières construites dans lesôl.
b, — — à mi-sol.
c, — — hors du sol.
Ces divers systèmes présentent chacun des avantages et des inconvénients suivant les localités où l’on doit les appliquer; c’est au constructeur, nous nous plaisons à le répéter, cà choisir de préférence parmi tous ces modes, celui qui lui paraîtra avoir le plus de chance de réussite ou le plus économique.
Nous terminerons ce que nous avons à dire sur les glacières en faisant les recommandations suivantes :
1° Éviter l’humidité et s’en préserver par tous les moyens, car c’est elle qui est la pierre d’achoppement dans la construction des glacières;
2° Ne pénétrer que le matin et le soir dans les glacières et une seule fois pendant le jour;
3° Quand on pénètre dans une glacière, on ne doit ouvrir la seconde porte qu’ alors que la première aura été fermée;
4° Lorsque le temps est sec, on fera bien d’ouvrir quelquefois les glacières, afin de renouveler l’air intérieur ; néanmoins il faut user avec prudence de ce moyen ainsi que des ventilateurs.
8. Des précautions a. prendre pour enfermer la glace. — La glace doit être déposée dans, la glacière par un temps sec et froid. Il ne faut jamais oublier de nettoyer et d’aérer la glacière avant de la remplir. Le fond de la glacière sera formé d’un clayonnage en bois, ou couvert de fascines ou de paille longue. Ces lits ont l’avantage de préserver la glace de l’humidité du sol. Ces précautions sont d une importance capitale et leur inobservation
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cause de nombreux déboires et insuccès aux constructeurs de glacières, et font perdre tout au moins une grande quantité de glace.
Quand on remplit pour la première fois une glacière neuve, on perd généralement la glace qu’on y a introduite. Cette perte est causée par la fraîcheur de la maçonnerie; aussi conseillons-nous de construire la glacière à la fin du printemps, afin delà laisser sécher tout l'été et l’automne.
Nous conseillons en outre, quelques jours avant d’introduire la glace, d’allumer des réchauds à l’intérieur de la glacière, afin de sécher le plus possible la maçonnerie.
En prenant ces minimes précautions, on s’épargnera de graves désagréments. Que de bonnes glacières sont condamnées comme mauvaises et abandonnées comme telles, parce que leurs constructeurs n’ont pas voulu suivre la sagesse des prescriptions que commande nne saine raison !
SÉCHERIES ET SÉCHOIRS.
Sécheries. — Les sécheries diffèrent des séchoirs, en ce que dans les premières la dessiccation s’opère naturellement par la seule influence de l’air atmosphérique, tandis que dans les séchoirs on a recours à des moyens artificiels, pour obtenir un résultat prompt et rapide.
Les sécheries servent pour la dessiccation des tiges et feuilles des plantes et plus spécialement pour celles du tabac; elles doivent être ventilées et suffisamment ajourées, car chacun sait combien la lumière aide à chasser l’humidité.
Les sécheries doivent, autant que possible, être rapprochées du lieu de production, sur un terrain élevé si on le peut, mais en tout cas isolé de tout bâtiment. Si l’emplacement choisi était d’une nature humide, il faudrait le drainer ou tout au moins l’entourer d’un fossé, afin de l’assécher.
Quant aux dimensions à donner aux sécheries, cela dépend, bien entendu, de la quantité de plantes ou de feuilles que l’exploitation a besoin de sécher.
Souvent, quand on a peu de produits â sécher dans une exploitation, on se contente d’agencer les combles des bâtiments pour en faire une sécherie.
Les granges et les magnaneries servent aussi dans le même but, de même que les remises et les hangars.
Cependant le tabac demande des sécheries spéciales, car il faut beaucoup de soin pour opérer sa dessiccation-; en effet, les feuilles desséchées dans l’obscurité restent vertes, celles qui sont soumises à l’action d’une trop vive lumière et des rayons du soleil deviennent pâles et blanchâtres, or les vendeurs de feuilles de tabac ont tout intérêt à livrer leur produit possédant
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une couleur brune, ni trop noire ni trop claire, c’est avec une demi-lumière qu'on obtient cette couleur qui indique une bonne dessiccation.
L’administration des tabacs recommande aux planteurs d’adopter pour sécherie un hangar à deux travées, à toitures très-rampantes et ayant de chaque côté des rangées de perches en sapin. Les guirlandes de tabac restent suspendues sous le hangar sur des gaulettes de trois mètres, les jours de mauvais temps, et quand on peut les sortir, on les expose à l’air libre.
Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet, pas plus que sur les autres industries agricoles ; car nous ne devons nous occuper dans le présent traité, que de la ferme et de ses bâtiments annexes. Mais nous renverrons nos lecteurs qui voudraient des renseignements complémentaires et plus étendus à notre ouvrage sur les grandes industries agricoles.
Cages a maïs. — On peut considérer les cages à maïs comme un genre de sécherie.
Nos lecteurs savent parfaitement que les épis de maïs après la récolte, même lorsqu’ils sont dépouillés de leurs spailies, conservent dans la râpe spongieuse ( panouille ) qui porte le grain, une très-grande humidité, qui ne disparaît que fort lentement dans les pays du nord.
Dans les pays chauds et dans le midi de la France les grains de maïs sèchent relativement assez vite. On les met en petits tas, soit dans une chambre sèche, dans la cuisine de la ferme, soit dans un grenier ou dans une sécherie quelconque, et le maïs finit par mûrir et sécher en quelques jours (20 à 30 jours en moyenne); mais dans le nord, dans les pays pluvieux, si on opérait ainsi, la moisissure ne tarderait pas à attaquer les épis; il faut donc opérer tout autrement.
Voici comment on fait: on commence par passer dans le four ou dans une étuve (séchoirs) les épis de maïs et on les égrène, ou bien on suspend les épis réunis en paquets à des perches, qu’on place sous des hangars et des combles de bâtiment ; mais ce dernier procédé exige une grande maind’œuvre pour les remuer, les déplacer, les rentrer avec le mauvais temps, les sortir avec le beau. Aussi dans beaucoup de localités, on emploie des cages à maïs.
Ces cages sont faites en charpente, elles sont très-étroites, elles mesurent à l’intérieur 1 mètre de largeur, 2 de hauteur, sur 10 à 12 de longueur. Les parois latérales de ces cages sont faites avec des châssis en lames de persiennes, de sorte que l’air peut y circuler largement; mais afin que les mulots, rats et souris ne puissent pénétrer dans les cages, elles sont portées sur des poteaux de un mètre à lm, 50 de hauteur qui sont munis d’entonnoirs renversés faits en zinc, pareils à ceux dont nous avons parlé aux supports pour meules. On fait les cages à maïs en rapport avec le rendement
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des récoltes d’une ferme, mais les cages ne doivent dans aucun cas avoir plus de un mètre de large.
Yoici les données que Mathieu de Dombaslo a indiquées dans ses Annales de Roville comme suffisamment approximatives : « Si on observe, dit-il, que le maïs en épis occupe environ trois fois autant de volume qu’après avoir été égrené, et si on suppose que le terrain doit rendre 30 hectolitres à l’hectare, on aura à loger pour cette étendue de terrain 90 hectolitres ou 9 mètres cubes. Une cage ayant 1 mètre de largeur sur 2 de hauteur, la récolte de chaque hectare occupera donc 4“, 50 de longueur. »
Séchoirs. — Les séchoirs sont le plus souvent des pièces fermées dans lesquelles on allume des poêles, des cheminées ou des fourneaux. Ou les désigne alors sous le nom de chambres chaudes. Quand on a peu de récolte à sécher, les fours à pain et les étuves de ces fours peuvent très-bien suffire.
Les séchoirs servent à dessécher les châtaignes, les prunes, les pommes, les cerises, etc.
Nous donnerons bientôt un projet de séchoir que nous avons fait pour un propriétaire deTonncins près d’Agen, mais auparavant nous décrirons d’après Parmentier un séchoir pour les châtaignes.
Yoici ce qu’il a écrit dans son Traité de la châtaigne. « La claie (c’est ainsi que dans le pays on nomme ce séchoir) des Cévennes est un bâtiment carré à quatre faces dont le côté extérieur est d’environ 5 mètres : on établit à la hauteur de 2m,25 un plancher composé de six fortes poutres, à des distances égales et bien mises de niveau ; on attache sur ces poutres des morceaux de bois d’égale longueur, rendus plats au-dessus et aux deux bouts : le dessous est en dos d’âne, afin qu’ils reçoivent mieux la fumée. Ces morceaux de bois sont cloués à chacune de leurs extrémités sur le milieu des poutres et à la distance d’un gros tuyau de plume. Le bâtiment est ordinairement de 6 mètres de hauteur; on le place autant que possible à l’abri du mauvais vent. Vis-à-vis de la porte d’entrée, on pratique au rez-dechaussée une ouverture de 0“,15 de large sur 0m,30 de hauteur ; elle sert à éclairer et à donner au feu l’activité nécessaire. On fait, en outre, une porte au-dessus de la claie et dans le milieu d’une des faces du carré, puis une ouverture de 0m,20 de largeur sur 0m,40 de hauteur environ de chaque côté de la porte. Dans la face opposée, à environ 1 mètre au-dessus de la grille, on pratique trois ouvertures, savoir : deux qui correspondent à celles de la face où est la porte et une troisième vis-à-vis la porte 0n,,(J0 plus haute que les autres et à 1 mètre au-dessus de la grille ou claie. Enfin on fait près du toit et dans chacune des quatre faces, une ouverture de 0ra,15 de côté pour donner issue à la fumée qui perce le lit des châtaignes étendues sur la claie et
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qui les sèche. Ces ouvertures doivent être pratiquées les unes vis-à-vis des autres, dans les faces opposées. Le toit ne doit pas être fait en planches jointives, toute planche peut servir a cette destination : on y pratique de chaque côté deux lucarnes de grandeur médiocre. On voit bien que toutes les ouvertures ménagées dans la partie supérieure de la claie sont destinées à donner un libre cours à la fumée à mesure qu’elle s’élève, sans cela elle se rabattrait sur les châtaignes, les roussirait et leur donnerait un goût de fumée. On place toutes ces ouvertures en opposition, afin que le vent trouve une issue qui soit dans sa direction, et qu’il entraîne et chasse sans obstacle, la fumée. Si on plaçait la claie au milieu d’un bâtiment qui ne pourrait avoir des ouvertures sur les quatre faces, il ne faudrait en pratiquer que sur les faces libres et opposées et en augmenter le nombre. »
Fig. 512. — Séchoir-étuve pour la fabrication des pruneaux (sous sol).
Légende :
a, a, caves à charbon ; b, chambre des générateurs à vapeur; c, générateurs; d, entrée.
Fig. 513. — Séchoir-étuve (rez-de-chaussée). Légende :
e, manipulation et entrepôts des prunes; f, étuve préparatoire ; g, étuve.
Échelle de 0m,005 pour mètre.
Malgré ce que cette explication donnée par Parmentier a d’embarrassé, on peut avec un peu d’attention comprendre l’économie de cette étuve à châtaignes, et nous n’en dirons pas davantage.
Séchoir-étuve pour la fabrication des pruneaux. — On doit établir ces sortes de séchoirs, dans un bâtiment isolé. Les plans-types que nous donnons dans nos figures 512 et 513 ont été exécutés d’après un programme rédigé par un propriétaire. Gomme ce programme est très-bien compris, nous le donnons, alin que nos lecteurs puissent y trouver les meilleurs renseignements sur ce genre de construction.
Celle étuve à prunes sera établie dans un corps de bâtiment isolé, de 4 mètres carrés environ; elle se composera d’un sous-sol, dans lequel se fera le service du foyer et d’un rez-de-chaussée divisé en trois compartiments, savoir : une étuve proprement dite, une étuve préparatoire contiguë à
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la précédente. Celle-ci sera garnie d’étagères. Elles seront précédées l’une et l’autre d’une grande pièce, dans laquelle se fait la manipulation des prunes.
Le foyer en sons-sol aura un générateur à vapeur et deux prises d’air sur deux faces différentes du bâtiment, cet air étant destiné à passer dans des tuyaux en fonte traversant le foyer arrivera à l’aide de tuyaux recourbés se répandre dans l’étuve préparatoire.
Une plaque de fer séparera la pièce du foyer de l’étuve proprement dite qui servira à la dessiccation complète de la prune.
Le sous-sol devra avoir une porte à laquelle on arrivera par une tranchée, deux soupiraux d'un côté pour éclairer les caves à charbon et deux d’un autre côté pour la pièce au foyer et celle qui la précède. Le dessus du rezde-chaussée sera un petit grenier sous comble Le tout ne devra pas coûter sans l’aménagement et les machines plus de 3,000 à 3,400 francs.
En jetant les yeux sur nos figures 512 et 313 nos lecteurs s’expliqueront nos plans qui sont la fidèle interprétation du programme qu’ils ont lu.
La figure 312 est le sous-sol, et 313, le rez-de-chaussée.
Serres. — Enfin aujourd’hui, c’est avec raison que dans une exploitation bien tenue il y a toujours à côté de la maison du cultivateur une petite serre, qui sert à conserver des plants de légumes ou de fleurs ou à faire des semis. La serre permet de pouvoir repiquer au printemps des plantes qui sont de beaucoup plus avancées que si le cultivateur avait attendu le beau temps pour faire ses semis. Le complément indispensable de la serre, ce sont les châssis de couches.
Nous ne parlerons pas de la construction des serres puisque aujourd’hui on en trouve dans le commerce toutes sortes de modèles, absolument comme de simples châssis de couches; mais nous dirons d’adopter pour les pays froids un petit modèle en bois de serre hollandaise, qui est en contrebas du sol de lm,40 environ.