Luiz Lobo da Silva, gouverneur d’Angola de 1684 à
[Cette lettre qui condense les deux précédentes paraît être la missive officielle. Les deux lettres analysées (f08 297 et 300) sont sans doute des lettres privées adressées au Cardinal-secrétaire de la Propagande. Elles sont toutes trois, parvenues par le même courrier. L'origine de ce conflit entre le P. da Monteleone et le P. da Busseto ne doit pas uniquement être cherchée dans une question d’amour-propre personnel : le P. da Busseto avait, en effet, eu sous ses ordres le P. da Monteleone, en sa qualité de vicepréfet des missions d’Angola et du Congo. Ce conflit résulte de deux méthodes diamétralement opposées : celle du P. Giovanni Romano et de son école, qui consiste à créer sans cesse de nouveaux postes de missions, en pénétrant avec audace dans d’hinterland et en s'appuyant, s'il le faut, sur le bras séculier; l’autre, celle du P. da Busseto, qui consiste à conserver et à améliorer les missions existantes, sur la côte ou à proximité du rivage, et qui estime que c’est assez. Voilà pourquoi le P. da Busseto n’a jamais approuvé la fondation d’une mission à San-Thomé et ne se résigne qu’à contre-cœur, à évangéliser la côte du Bénin.]
Fo 303. —- Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, annonçant entre autres la désignation pour Madère de Giovanni-Battista (de) Campiano. Gênes, 2 mai 1697.
Fos 304-305. —— Lettres du même, relativement à l’embarquement de missionnaires pour Tunis. Elles font allusion à l’embarquement prochain de Giovanni-Battista (de) Campiano. Gênes, 21 et 26 mai 1697.
Fo 307. — Lettre de Giovanni-Battista de Campiano remerciant le cardinal-secrétaire de l'avoir désigné pour Madère et demandant la faculté de confesser. Gênes, 26 mai 1691.
Fos 308-309. — Lettres de Paolo-Francesco del Porto-Mauritio informant la Propagande du départ de Fra Giovanni Battista de Campiano pour Madère. Fra Francesco da Bitti, venant de Lisbonne, est parti pour Rome. Gênes, 2 et 16 juin 1691.
Fo 310. — Lettre de Fra Paolo da Varazze, procureur des missions à Lisbonne. Il vient d'apprendre avec satisfaction l’envoi à l'hôpital de Madère d’un religieux-infirmier. Il insiste à nouveau sur la nécessité d’expédier un contingent de missionnaires au Maranhào (Brésil).
Trois des missionnaires désignés pour l’Angola en décembre 1690, sont arrivés à Lisbonne. Le P. da Varazze en a donné avis aussitôt à la Secrétairerie d'État. Il a été reçu par Sa Majesté qui a exprimé son étonnement de voir si peu d'unités pour les trois missions d’Angola, San-Thomé et et le Maranhâo (18 à 20). Il faudrait,a-t-Elle dit, dix missionnaires en Angola, cinq à San-Thomé et 10 au Brésil. Le P. da Varazze ayant exprimé quelque crainte de ne pouvoir loger en son couvent des Franciscains
un nombre si considérable de pensionnaires, le roi a prié son interlocuteur d'inviter la Secrétairerie d'État à s'occuper aussitôt de cette question. Lisbonne, 26 juin 1601.
[On s'aperçoit aussitôt des résultats produits par l'institution d’un procureur à Lisbonne. Les relations avec la cour, tendues auparavant, sont devenues bien plus cordiales. D'autre part, le roi de Portugal s’appuie davantage sur les missionnaires italiens.]
F0 311. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto Mauritio, revenant sur la question d'accorder au P. Giovanni-Battista de Campiano la faculté de confesser. Gênes, 14 juillet 1691.
F0 312. — Fra Paolo da Varazze remercie la Propagande de l'envoi à Madère du P. Giovanni Battista de Campiano. Celui-ci est actuellement à Cadix et se dispose à gagner Madère. Rocco Montero, fonctionnaire de la Secrétairerie d’État, lui a fait savoir qu’en attendant la solution de la question de l’hospice, les missionnaires capucins arrivant d'Italie pourraient se retirer dans un monastère sis vers le milieu de la ville, à deux milles environ du couvent des Français. Le nonce éprouve quelque appréhension à accorder cette autorisation, vu les instances continuelles faites par le supérieur du couvent français pour obtenir la rentrée des capucins italiens en leur couvent. Le P. da Varazze prie la Propagande d’en écrire au Nonce. D’Angola, on annonce la mort du P. Zaccaria da Milano. Lisbonne, 17 juillet 1601.
F0 313. — Acte par lequel le P. Francesco Monteleone délègue Fra Giuseppe-Maria da Busseto comme vice-préfet de la mission du Bénin et comme préfet de la mission de San-Thomé, en cas de mort du préfet actuel.
(Original, daté du couvent de Saint-Antoine de Padoue à San-Thomé, 25 juillet 1691. Texte latin. Le P. da Monteleone s'intitule « Praefecitus missionis divi Thomae Insulae et Regnorum Benini, Artae et Overii locis que (sic) adjacentibus ».] .
F0 314. — Requête du P. Felice dalla Cava, capucin de Naples, pour se rendre au Congo. Naples, 10 août 1691.
F0 315. — Lettre de Fra Michelangelo da Napoli, prédicateur capucin, pour aller au Congo. L'auteur nous apprend qu'il a créé à Naples, avec le P. Girolamo da Sorrento, le chanoine D. Antonio da San-Felice, un fonds de caisse destiné à subventionner les missions du Congo. Les fondateurs s'engagent à recruter chaque année trois missionnaires pour l'Afrique méridionale. La demande analysée au folio précédent émane de cette institution, ainsi que celle du P. Michelangelo da Napoli.
| Naples, 10 août 1691.
ARCHIVES CONGOLAISES I67
Fos 316-317. — Lettre du chanoine Don Antonio de San-Felice, relative au même objet. Son but est de réunir les ressources nécessaires pour fonder, à Naples, un collège, dans le genre de ceux qui sont dirigés par la Propagande. On y ferait l'éducation et l'instruction des jeunes gens qui se destinent aux missions. On s’efforcerait d’en fournir deux ou trois chaque année. Le P. da San-Felice se chargerait de trouver des professeurs dont l’enseignement serait gratuit et les ressources nécessaires pour l'entretien du collège (280 écus par an). On y admettrait des novices de tout ordre religieux et des jeunes gens de toute nationalité.
Naples, 18 août 1691.
Fo 318 (numéroté faussement 320 dans le codex). — Lettre de Fra Girolamo da Sorrento annonçant la constitution de la fondation précitée et demandant à repartir pour le Congo. Naples, 18 août 1601.
F9 319. — Certificat (joint à la lettre précédente) du P. Provincial des Capucins de Naples, attestant que P. Girolamo da Sorrento et D. Antonio Felice della Cava, désirent se rendre au Congo, et qu'ils y rempliront à la lettre les fonctions qui leur seront assignées.
Naples, le 6 août 1607.
F0 320. — Lettre du P. Paolo da Varazze, procureur des missions à Lisbonne. Il remercie la Propagande de lui avoir envoyé un nombre sufisant de missionnaires et d’avoir accordé au P. Giovanni Battista de Campiano le privilège de la confession auriculaire. Le P. de Campiano s’embarquera pour Madère à la fin de septembre. Les trois autres missionnaires qui l’accompagneront s’embarqueront peut-être pour l’Angola, à la fin du mois de décembre. Lisbonne, 28 août 16901.
F0 321. — Le P. Bernardino da Empoli, prédicateur capucin, rentré du Congo, informe la Propagande de ce qu’il ne peut garder à son service le nègre chrétien qu'il avait emmené avec lui. Il attend des instructions à ce sujet. Livourne, 2 septembre 1607.
F0 322. — Note de l’archevêque de Damas, Nonce apostolique. Dans un entretien, le secrétaire d'État à Lisbonne avait insinué qu’il exigerait des missionnaires italiens se rendant en Afrique, le serment de fidélité à la couronne de Portugal. Le P. da Varazze lui a donné par contre, à ce sujet, tous ses apaisements. La question pourra être éludée. Le serment demeure exigible en théorie, mais ne le sera pas en fait.
Lisbonne, 6 octobre 1691.
F0 323. — Fra Francesco d’Amalfi, prédicateur capucin, de la province de Naples, demande à partir pour le Congo en compagnie de Fra Girolamo da Sorrento, Michelangelo da Napoli et D. Antonio Felice.
Naples, 27 octobre 1691.
Fo 324. — Requêtes et nouvelles de Fra Paolo da Varazze.
a) Il sollicite pour son compagnon une charge de confesseur de la chapelle de Sainte-Apolline, afin de pouvoir le retirer du couvent franciscain où il se trouve actuellement ;
b) Il demande un frère lai pour « faire la cuisine et assister les malades ». Son nom est Antonio da Trebiano.
c) Les trois missionnaires désignés pour l’Angola et le P. Giov. Battista da Compiano, désigné pour Madère, partiront en janvier 1692, avec la flotte du Brésil. Le P. Andrea Pavia vient de rentrer du Congo, accablé d’infirmités. Il annonce la mort de trois missionnaires à San-Thomé et du P. Zaccaria da Milano, dans l’Angola. Le P. Giorgio da Casal Pissolengo, revenant de Bahia, débarquera à Oporto et continuera directement à pied vers l'Italie.
Lisbonne, 3 novembre 1691.
[Pour le dernier paragraphe, cf. les f05 297, 301-302.]
F0S 325-327. — Lettre du P. Alexis de Josselin, prédicateur capucin, à Lisbonne, à un de ses confrères, actuellement à Rome, avec prière de renseigner exactement le Procureur général de l'Ordre sur le conflit survenu entre Capucins français et italiens à Lisbonne. Lisbonne, 5 novembre 1601.
[Original en français, ci-dessous reproduit. Copie en italien pour les archives de la Propagande.]
Mon Reverend Pere,
Dans la pensé que vous estes encorre auprès du tres Rév. p. procureur general, je prends la liberté de vous escrire cette lettre pour vous prier de. donner advise à sa Reverendissime paternité, comme les peres italiens se sont Retiré au nombre de six dans une maison seculière ou ils font une petite communauté ayant une oratoire ou chapelle où Ils disent la messe : Ils ont pris et donné l’habit à deux donats ou f. (?) chapeaux qui vont à la queste pour eux, et qui les accompagnent en ville; et à l’arrivée de la flotte du Brasil, le p. André de Pavie qui s’en est revenu de sa mission d'Angole, où Il n’a esté que quatre ané s’estoit Retiré dans ñre hospice ou Il a esté prez de trois semainnes, protestant qu'il n’en sortiroit que pour s’embarquer pour son voyage de Rome, qu'il prétend faire, mais enfin par des solicitäons, et la crainte qu’il a eu que le p. procureur ne Luy nuisit à Rome, est allé demeurer avec les autres peres Italiens, ce qui a scandalizé monseigneur le nonce qui avait esté très edifñé de l’assurance qu'il lui avoit donné devant le p. supreieur de demeurer avec nous, et de ne point se joindre avec les autres pp. italiens. Cette division de Capucins cause un grand scandal à fire Religion dans l'esprit des Religieux et des seculiers de Lisbonne. Le bon p.ere procureur en a toute la faute
aussi bien que son compagnon le p. Bernardin qui s’est Introduit Il y a prez d’un. une comunauté de filles et femmes Renfermés contre nos constitutions, sans ordre de Rome. Car s’ils avaient executé l’ordre qu’ils ont eu de la Sacré Congrégäon qui les Rappelloit dans Leur province et qu'on a signifié au p. procureur en presence du p. gardien des Cordeliers du Couvent de Saint-François, ou Ils demeuroient pour..., cette division n'auroit pas donné le scandal quelle fait presentement, et ces pp. missres qui se sont joints avec Luy seroient venus dans l’hospice. Le p. procureur dans sa Conscience scait fort bien que le p. sup’ qui est Icy depuis la... juin a uzé en son endroit de toutes les manieres h(onnêtes?) et engageantes pour l’obliger à Revenir à l’hospice, l’engager à venir disner à fre Refectoire comme Il a fait quelques fois et allant aussi disner avec Luv et ses Compagnons. Nous ne scavons par quel ordre Il s’est Retiréet oblige les pp. Italiens à se Retirer avec Luy dans cette maison, Car le Roy a déclaré depuis peu au p. Sup' qu'il Luy avoit permis de se Retirer seulement dans le Couvent des français de la ville et dans l’aultre de St-françois hors dela ville en cas qu'ils fussent plusieurs Religieux. Nous ne pouvons croire que la Religion lui ait donné cet ordre ou cette permission. Il faut qu’il l’aist eu de quelque ministre de la Sacré Congrégaon Lequel n’estant pas bien Informé soustient Lep/procureur dans une conduitte er(ronée)?.contraire à nos Constitutions et à fire Règle et si scandaleuse pour fire Religion. Je vous supplie, mon R. père, de prendre v'e temps pour comuniquer ceste lettre au T. KR. KR. procureur general, que nous supplions de Repre- - senter à la Sacré Congrégation combien il est Important que les Capucins vivent dans un mesme hospice puisque le Roy a asseuré depuis peu au p. Sup’ qu'il ne vouloit pas en accorder un aux pp. Italiens et obliger moy aussi de nous faire scavoir ce qui a esté Resolu dans la definition generale touchant ceste maison de Convalescence qu’une dame de ce pays nous a Laissé par testament. Si n'e KR. pere provincial est encore à Rome je vous prie de luy presenter mes humbles Respects, nous souhaittons qu'il aist bonne Issue et son affaire d’out despend la paix de nostre province qui est brouillé depuis un si Longtemps, et qui commençoit à se remettre ‘sur un bon pied, etc.
[Plusieurs des allégations du P. Josselin sont contredites comme nous l'avons vu, par Fra Paolo da Varazze.]
F0 329. — Nouvelle requête du P. Michelangelo da Napoli pour se rendre au Congo avec le P. Girolamo da Sorrento et D. Felice della Cava. Naples, 9 novembre 1891.
F9 320. — Lettre de Fra Girolamo da Sorrento, remerciant la Propagande de l’avoir accepté pour la mission du Congo. Les lettres patentes devront s'adresser à quatre religieux seulement, les fonds recueillis ne permettant pas d’en envoyer davantage, Naples, 21 janvier 1692.
Fos 331-333. — Lettre de Maestro D. Francesco, du royaume de Sogno au P. André da Pavia, religieux capucin, récemment rentré du Congo... en réponse à une lettre antérieure de ce missionnaire. Le comte de Sogno, D. Antonio Baretto da Silva, est mort le 12 juin 1691. Son fils Don Giovanni Baretto lui succède. Au Congo, les affaires vont mieux. Un autre duc, Don Aloysio Alfonso, a chassé du duché de Bamba D. Pietro Valle dos Lagrimas. Au Congo, on espère que le nouveau roi Don Manoël Alfonso sera pacifique. D. Francesco a confiance dans l’habileté du P. Basilio da Palermo et du P. préfet. Remercîments et salutations des notables du SOgno. Sogno, 15 janvier 1692.
[Original en portugais. Traduction italienne.] ù
F0 334. — Lettre de Fra Giuseppe-Maria da Busseto, préfet d'Ouveiro. Il se trouve isolé sur la côte du Bénin, l’évangélisation n’avance guère parce qu’elle n’est pas soutenue par le bras séculier. Les vivres et les médicaments font défaut. Le P. Bernardino da Tavora a dû repartir pour San-Thomé par suite de maladie. Les rois de Bénin et d’Arda ne manifestent guère l'intention de se convertir. Le P. Giuseppe Maria demande d'être renvoyé en Angola après l'expiration de son terme de mission à San-Thomé. 12 janvier 1692.
F0 335. — Lettre de Fra Paolo da Varazze. Il s'étonne de ne point encore avoir vu les missionnaires destinés à l’Angola et au Maranhào.
Le P. Andrea da Pavia est rentré à Lisbonne. Durant son séjour en Angola, il a obtenu la conclusion de la paix entre les Portugais et le chef indigène de Sogno. Il a contribué puissamment à l’élection d’un nouveau roi du Congo, Don Manoël Alfonso, deuxième du nom. Il a fait si bonne impression à la Cour de Lisbonne qu'on avait songé à lui pour la direction de la mission du Brésil. Mais, un nouvel échange de vues entre la nonciature et la secrétairerie d'État a modifié les premiers projets. Andrea da Pavia retournera à Rome où il rendra de plus grands services comme assistant des missions des Capucins. Lisbonne, 16 janvier 1691.
F9 336. — Lettre de Fra Giuseppe-Maria da Busseto. Il faut abandonner la mission du Bénin, resserrer les liens qui unissent Angola à San- Thomé. Demande à partir pour l’Angola. Ouveiro, 20 janvier 1692.
F9 337. — Lettre de Fra Paolo Francesco del Porto Mauritio, déclarant qu’il se rendra à la mission du Brésil ou que le P. da Varazze prendra la direction de cette mission.
Il donne les noms de plusieurs religieux qui seraient disposés à s'expatrier et prend les dispositions nécessaires pour l’organisation d’une nouvelle mission. Gênes, 26 janvier 1692.
Fo 338. — Lettre de Fra Urbano da Napoli, prédicateur capucin, remerciant la Propagande qui lui a permis d'accompagner au Congo le P. Girolamo da Sorrento. Naples, 31 janvier 1692.
F9 339. — Requête de Fra Filippo d’Arienzo, prêtre capucin, demandant à accompagner au Congo lé P. Girolamo da Sorrento. Naples, 1eT février 1692.
Fo 340. — Fra Girolamo da Sorrento recommande chaudement les PP. Urbano da Napoli et Filippo d’Arienzo à l’attention de la Propagande. Les provisions et le matériel nécessaires pour le départ seraient fournis au premier par sa famille, au second par une personne privée. S'ils étaient acceptés, un frère lai, Fra Felice da Nola, pourrait les accompagner. Naples, 2 février 1692.
F0 342. — Lettre de Fra Urbano da Napoli répondant à un questionnaire de la Propagande. Il est sexagénaire, sujet à des fluxions de tête, à des accès d’hypocondrie, etc. ; il est prêt à en donner des certificats authentiques, signés par des médecins. Il persiste néanmoins à vouloir partir pour le Congo. Naples, 14 mars 1692.
| F0 343. — Lettre de Fra Francesco da Monteleone accusant réception
. d’une missive de la Propagande qui lui conférait la préfecture d’Angola et Congo, mais le laissait libre d'accepter ou non. Il préfère ne pas accepter parce qu’il voit sur les côtes du Bénin, l’apostolat à entreprendre. Les rois des tribus indigènes de cette côte lui envoient des présents et se déclarent prêts à entendre sa doctrine. Il a demandé deux missionnaires à Loanda et entreprendra, en leur compagnie, le voyage projeté. Que la préfecture soit plutôt accordée à Fra Giuseppe-Maria da Busseto que ce retour dans l’Angola, mettra au comble de ses vœux.
Le P. Francesco da Monteleone se plaint du P. Paolo da Varazze qui ne lui a pas envoyé la quantité de farine nécessaire et ne lui a pas expédié de vin. Il pense que le moyen le plus pratique serait de faire expédier le . matériel par l'intermédiaire de Bahia. Il faudrait un procureur aussi bien à Bahia qu'à Lisbonne. Des plaintes semblables proviennent de l’Angola. Le P. da Monteleone en a écrit au Nonce apostolique à Lisbonne. Les aumônes sont aussi mal réparties. Il serait préférable de faire les envois au procureur des missions de la Compagnie de Jésus, à Bahia, le P. Giu- seppe Azevedo Baptista. Il vaut mieux aussi, prendre le vin à Bahia qu’à Lisbonne parce que le vin portugais se gâte trop vite. Par suite de l'erreur du P. da Varazze, le P. da Monteleone est obligé d’acheter le vin très cher aux trafiquants hollandais. San-Thomé, 19 mars 1602.
[La deuxième partie de cette lettre a été insérée par erreur dans le manuscrit au f° 363b.]
F0 344. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto Mauritio relative à son embarquement prochain. Gênes, 29 mars 1602.
F9 345 et suiv. — Le P. Paolo da Varazze présente à la Propagande une justification en règle, contre des accusations dont il a été l’objet.
19 Certains missionnaires italiens lui reprochent d’avoir négligé la mission de San-Thomé et de ne pas lui avoir prêté tout l'appui nécessaire.
Le P. da Varazze détaille toutes les provisions qu'il a envoyées au Préfet Fra Francesco da Monteleone (hosties, biscuit, semences de toute espèce), un crucifix précieux donné au P. Bonaventura da Brescia, etc. Le P. Bonaventura da Brescia a aussi emporté les objets laissés par le P. Basilio da Varezze au P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio. H a également fait une juste répartition des aumônes recueillies. Il a conscience d’avoir en tout rempli ses devoirs de procureur.
29 Les Capucins français continuent à prétendre qu'il doit rentrer à leur hospice et ne pas demeurer en un couvent particulier. Le P. da Varazze déclare que la maison où se tiennent les missionnaires italiens n’est pas un couvent, puisqu'il n'y a ni chapelle, ni portier, ni cloche, ni cloître. Il conteste que le Roi de Portugal lui ait ordonné de rentrer au couvent français, qu’il a à sa solde des frères mendiants. Il ne voit, par contre, aucun inconvénient à ce que le P. Bernardino da Longueglia soit retiré du couvent qu'il occupe en qualité de confesseur.
La secrétairerie d'État fait demander quand arriveront les missionnaires destinés au Maranhäo. L’hospice qui doit les abriter est déjà construit. Elle voudrait également connaître le préfet de la mission.
Lisbonne, 24 mars 1602.
[Les reproches formulés dans la première partie de cette lettre justificative proviennent de Fra Francesco de Monteleoue, préfet de la mission de San- Thomé (cf. fo 343). Quant à la deuxième partie de la lettre, elle répond, sans nul doute, à la missive du P. Josselin au Procureur général à Rome. Nous publierons à titre documentaire la liste des provisions emportées dans leurs voyages par les missionnaires du Congo à la fin du xvrie siècle, avec, en regard, les dépenses correspondantes calculées en milreis. On y rencontre du biscuit, du vin, de l'huile, des salaisons, des légumes, du riz, des poules, des œufs conservés, de la charcuterie, de l’eau-de-vie, de la vaisselle, des conserves, du tabac, des vêtements, des médicaments, des filets de pêche, des ornements sacerdotaux, etc. Les DOVE STE d’un missionnaire n'étaient point à dédaigner, comme on pourra s’en apercevoir, et plus d’un missionnaire du xx°® siècle les aurait enviées.]
F0 354. — Lettre du P. Urbano da Napoli dont la Propagande a rejeté la demande faite par lui de se rendre au Congo. Naples, 28 mars 1602.
F0 355. — Le P. Andrea da Pavia annonce son heureuse arrivée à
Gênes, où il refait sa santé ébranlée en Afrique et où il attend les instructions de la Propagande. Gênes, 28 mars 1602.
F0 356. — Lettre du F. Paolo -Francesco del Porto Mauritio. Gênes, 29 mars 1602.
F0 357. — Fra Girolamo da Sorrento annonce que les PP. Francesco d'Amalf et Bernardino da Napoli-partiront dans un mois pour Gênes et que lui, Girolamo da Sorrento, partira aussitôt que possible avec les PP. Michelangelo da Napoli et Felice da Nola. Le chanoïne Don Antonio di San Felice a remis les deux cents ducats nécessaires pour envoyer, chaque année, deux capucins de la province de Naples au Congo. Le P. Girolamo da Sorrento voudrait porter son effort principal sur leroyaume de Cacongo, voisin de celui du Congo. Il désirerait qu’on écrive en ce sens au prince de Sogno, parent du roi de Cacongo.
Castellamare, 3 avril 1602.
F0 358. — Lettre de Fra Angelo Francesco da Milano, vice-préfet de la mission d’Angola. Il a appris avec joie la nomination de Fra Francesco de Monteleone comme préfet de San-Thomé, mais il n’ignore pas que ni Francesco de Monteleone, ni Giuseppe-Maria da Busseto n’acceptent la charge qui leur est confiée. Il serait prudent de désigner dès maintenant leur remplaçant éventuel. Il a reçu avec plaisir le bref de la Congrégation le priant de retourner à Sogno.
Tous les missionnaires sont en bonne santé, sauf le P. Giovanni da Belluno qui se plaint de paralysie des membres. Les résultats de leur apostolat sont satisfaisants. Les conversions sont nombreuses. Mariages nombreux. Le nouveau duc de Sogno se montre favorable aux missionnaires. Au Congo, l'anarchie continue. Le roi de Portugal devrait intervenir et assurer l'élection définitive d’un roi digne de ce nom.
Le P. da Milano rappelle à la Congrégation sa demande de dispense matrimoniale pro gradu affinitatis. Accordée aux missionnaires du Brésil, elle devrait l’être aussi à ceux du Congo.
| Loanda, 15 avril 1692.
Fo 359. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, relative à l’'embarquement des missionnaires destinés au Maranhao. Gênes, 26 avril 1692.
Fo 360. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, en réponse à une missive de la Propagande. Cette missive signale le relâchement observé dans les missions du Congo, la propagande des hérétiques et les difficultés avec le gouverneur de Loanda.
Le P. del Porto-Mauritio est d’avis que les missionnaires devraient
intervenir pour empêcher le commerce des indigènes, surtout ceux du Sogno, avec les hérétiques hollandais et anglais. Ils pourraient surtout intervenir efficacement à Loanda, mais ils devraient se garder d'indisposer contre eux le pouvoir civil. Gênes, 3 mai 1602.
Fo 361. — Lettre du même. Il demande que la Propagande fasse une critique sérieuse des témoignages et « avvisi » reçus du Congo contre les missionnaires italiens, s’ils émanent de religieux ou de séculiers, etc. Il ne se persuade pas de la réalité de ces insinuations. Renseignements relatifs à la mission du Maranho. Gênes, 10 mal 1692.
Fo 362. —— Lettre du même. Même sujet. Il relate une conversation avec le P. Girolamo da Sorrento qui raconte comment les missionnaires de son temps réussirent à extirper l’hérésie du Sogno, malgré les accointances du chef indigène avec les Hollandais et les Anglais.
Gênes, 17 mai 1602.
F0 363. — Lettre du même annonçant l'embarquement pour l'Espagne, des PP. Francesco d’Amalfi, Bernardo da Napoli, Girolamo da Sorrento, Michelangelo da Napoli. et Raffaele da Correa (lai). — Les nouvelles reçues d'Angola confirment les suppositions du P. del Porto-Mauritio. Les difficultés envisagées proviennent de l’inhabileté du vice-préfet, qui n'a d'autre mérite que celui de l'ancienneté. La Propagande devrait prendre les mesures nécessaires à son remplacement.
Gênes, 24 mal 1692.
Fos 364-365. — Relation de Fra Francesco de Monteleone. Il rappelle sa lettre précédente (f05 343 et 363b) par laquelle 1l accusait réception du décret le nommant préfet de la mission d’Angola. Il supplie derechef la Propagande de l'envoyer au Maroc.
On ne possède aucune nouvelle concernant le P. Giuseppe-Maria ds Busseto, parce que la barque qui l’a transporté à Hoere [Overe] n'est pas encore revenue, à cause des nécessités du commerce actif qui règne Sur ces côtes.
Toutefois, il a transmis immédiatement copie du décret au P. da Busseto, avec prière de rentrer aussitôt qu’il pourrait.
Le P. da Busseto acceptera certainement la préfecture d’Angola, car il désire vivement retourner en ces régions. Quant au P. da Monteleone, il souhaite de pouvoir se rendre au Maroc. Il reçoit des lettres d'invitation des princes indigènes de la côte : Calabar, Farahu, Poos-Poos, Alcharaa !.
1. Le Calabar ou Calabari entre le golfe de Bénin et la baie de Biafra (aujourd’hui Oed Calabar). — Farahu = Foetu (?) ou Futu (côte des Ashantis.) — Alcha-
raa — Aeara (?) ou Accra (ibil.) — Poos-Poos = Popou à l’est du Château de la Mine. ;
Il réclame des collaborateurs d’Angola. Mais ils ne sont pas encore venus.
Il insiste de nouveau pour que la farine, le vin et le matériel ne passent plus par les mains du procureur de Lisbonne, mais que le nonce expédie le matériel directement à ur syndic à Bahia. Ce syndic les ferait parvenir au préfet du Congo et à celui de San-Thomé. Quant au vin et à la farine, il vaut mieux les prendre à Bahia.
19 Il est beaucoup plus facile de commander par lettre le vin et la farine, et de les faire acheter dans les factoreries des marchands italiens Genosti, Ghezzi, Bolta et Manzoni, à Pernambouc et à Bahia, que d’envoyer de Lisbonne les barils de marchandises, exposés à se détériorer.
2° Cela coûte beaucoup moins cher, puisque le frêt de Lisbonne à Bahia ne doit pas être payé et qu’à l’époque de l’arrivée des flottes, les marchandises sont en telle abondance que le prix d’achat n’est pas plus élevé à Lisbonne qu’à Bahia. De plus, le frêt Bahia-Angola ou San-Thomé est pouf ainsi dire nul.
3° Le vin de Portugal se gâte vite et devient amer pendant cette longue traversée. Le vin du Brésil n’est pas exposé à ces inconvénients et la traversée est bien plus courte. Il en est de même de la farine. Des récrimi-
nations continuelles sur le mauvais état de la farine arrivent d’Angola.
4° Le vin venant de Lisbonne s’évapore en partie par suite de la longueur de la traversée. Il n’en est pas de même s’il est recueilli au Brésil.
5° Il vaut mieux recevoir, par partie, et chaque année, une petite quantité de vin et de farine venant du Brésil que d’attendre et de réclamer bien longtemps à Lisbonne. Il suffit que le bon de commande soit prêt au moment du départ de la flotte. Il faut absolument que le matériel mis par la Propagande à la disposition des missionnaires en ces climats redoutables leur parvienne en temps utile. Or, le procureur de Lisbonne n'est procureur que de nom. C’est au Brésil que les Capucins des missions d'Afrique devraient trouver un point d'appui. Les habitants de Pernambouc et de Bahia désirent vivement qu’ils s’y installent et y fondent un couvent. Il n’y a pas à compter sur le couvent français dont les reli- - gieux n'ont aucun rapport avec leurs confrères italiens.
San-Thomé, 24 mai 1602.
[Le P. da Monteleone prêche ici la décentralisation qui, sans nul doute, gênait l’action des missions africaines. Lès mesures préconisées ici sont excellentes. Toutefois, leur adoption ne devait pas entraîner la suppression de la charge de procureur de Lisbonne qui a obtenu, au point de vue diplomatique, des succès dont le P. da Monteleone ne paraît pas se rendre compte. Il joint à sa lettre, copie (avec traduction italienne) des lettres que lui ont adressées les rois de Calabar et de Farahu (f° 366ab) au sujet de l'envoi éventuel de missionnaires dans leurs territoires. Les chanoines de l’île du Prince lui ont envoyé uñe lettre du même genre, signée Gaspar Alvares d’Aveiro, Fernando Alvares de Torres, Domenigo do Rego de Lourero, Girolamo de Andrada,]
Simone de Souza Tavera, Giorge Dias Pires, Antonio Coeglio, Antonio Vas Massiel, Domissiano Alvares, Manoel Poderoso da Silva.]
F9 367. — Lettre de Fra Andrea da Pavia donnant avis à la Propagande de son arrivée à Milan. Milan, 28 mai 1602.
Fo 368. —— Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, s’excusant de ne pas venir à Rome faire ses adieux à la Propagande, avant d'aller finir ses jours en mission. Gênes, 14 juin 1602.
Fo 369. — Lettre du Nonce. Le serment de fidélité n’a pas été exigé des missionnaires. Lisbonne, 16 juin 1692.
Fo 370. — Lettre de Fra Paolo da Varazze. Il expédie à Rome une copie légalisée de l’acte par lequel la Coadjutrice du monastère Royal des Chevaliers de Saint-Jacques fait don au procureur des missions africaines à Lisbonne de la propriété où réside actuellement le P. da Varazze (avec jardin, entouré d’une sorte de cloître, mansardes aménagées en cellules, etc.). Il est ainsi délivré du supérieur du couvent français avec lequel il entretient du reste des relations assez courtoises. Il dîne chez lui et maintenant encore, il a demandé, en ce couvent, l'hospitalité pour quatre des religieux napolitains qui viennent d’arriver à Lisbonne. Il a gardé avec lui le cinquième.
Il a écrit au P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio d'arriver à Lisbonne aussitôt que possible. Il prie la Propagande d'inviter les PP. Andrea et Francesco da Pavia à se rendre à Lisbonne avec un collègue milanais, afin de se mettre à la disposition du nonce et du P. Paolo- Francesco.
L'évêque de Madère a choisi le P. Giovanni-Battista da Campiano pour confesseur et sollicite l’envoi d’un autre religieux capucin pour le remplacer. Lisbonne, 5 août 1692.
[La copie de l’acte est au f0 371-372.
F0 793. — Lettre du P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio. Gênes, 9 août 1692.
F0 374-378. — Lettre du chapitre de l'Ile du Prince, réclamant des PP. Capucins pour leur mission. Ils ont vu à l’œuvre le P. Francesco da Monteleone et le P. Giuseppe da Venasca qui fut envoyé dans leur île et qui entreprit aussitôt la fondation d’un couvent.
San-Thomé, 24 août 1692.
[Original en double, signé par les membres du chapitre. Traduction italienne.]
F9 379. — Lettre de Fra Francesco da Monteleone. Il attend de jour en jour le P. Giuseppe da Busseto pour l'envoyer en Angola.
Le P. Giuseppe da Venasca, piémontais, qui avait fondé la mission de l’île du Prince, y avait bâti une église, dédiée à Saint- Antoine un couvent. Il s’est embarqué sur un corsaire français qui venait de capturer, sur la côte de Guinée, des vaisseaux hollandais, anglais et portugais et a déclaré se rendre à Lisbonne pour se plaindre du gouverneur de l’île et de son conseil. Il prétend ne pas avoir à sa disposition les choses nécessaires à l'entretien de la mission. Il est parti le 20 juillet 1692. Le P. da Monteleone estime qu’il a encouru l’excommunication majeure, en quittant son poste sans autorisation du préfet. Il prie la Propagande de trancher définitivement la question des pouvoirs du préfet sur ses subalternes.
Demande d’indulgences plénières pour les églises de l’évêché de San- Thomé : Eglise de l’Immaculée-Conception, le 8 décembre; église de l'évêché, le 21 décembre (fête de Saint-Thomas) ; église de Notre-Dame de la Bonne-Mort, le 13 août; église de Saint-Joseph à divers autres jours.
Quatre pères Augustins sont arrivés ici. Ils étaient envoyés du Portugal pour s’adonner aux œuvres d'enseignement. Ils sont entrés en conflit avec le chapitre, le gouverneur et le peuple à telle enseigne que personne ne voulait leur envoyer les enfants.
Ils songent à retourner à Lisbonne.
San-Thomé, 28 août 1692.
Fo 380. — Nouvelle lettre pressante de Fra Francesco de Monte- - leone. Il expose, en détail, comment la mission de San-Thomé qui comptait d’abord neuf missionnaires a été réduite à quatre (mission d’'Oveiro, de l’île du Prince, départ de Giuseppe-Maria da Busseto pour l’Angola, départ de Giuseppe da Venasca pour les Indes occidentales). Il dépeint les vastes travaux d’évangélisation qui pourraient être entrepris sur la côte du Bénin ! Il se plaint par contre de ce que la Propagande et la Cour de Portugal paraissent négliger la mission de San-Thomé, pourtant si intéressante. Il n’hésiterait pas, pour sa part, à sacrifier l’Angola et le Congo, qui sont « le tombeau des capucins italiens ». Il lui paraît néces- - saire de venir en personne, à Lisbonne, convaincre le roi de Portugal, et lui faire adopter ses vues en matière coloniale. San-Thomé, 28 août 1692.
[Cette lettre paraît adressée personnellement à l’un des cardinaux de la Propagande. La précédente était une lettre officielle.]
F9 381. — Lettre du P. Constantin Nannet à la Propagande. Il réclame à cor et à cris la réintégration des capucins italiens dans le couvent français. Cette division fait un tel scandale que les capucins napolitains se rendant en mission n'ont pas voulu l'hospitalité du couvent distinct dirigé par le P. da Varazze, mais se sont retirésspontanément dans l’éta-
blissement des pères français. Au surplus, le P. Constantin tient pour certain que Sa Majesté désire mettre un terme à ce conflit et rétablir l'union entre confrères de nationalité différente.
Lisbonne, o novembre 1692.
[Cette lettre est en latin. Il s’agit du P. Girolamo da Sorrento et de ses compagnons. La version du P. da Varazze diffère sensiblement de celle-ci. Cf. {0 372, du 5 août 1692 et le f0 suivant.]
F0 384. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio. Il donne quelques détails sur le paiement du passage des missionnaires, annonce son départ pour Lisbonne dans une vingtaine de jours, sollicite quelques faveurs de la Propagande et désigne à son attention le P. Aurelio da Genova comme son remplaçant éventuel.
Gênes, 20 décembre 1692.
Fos 385-386. — Nouvelle lettre de Fra Francesco de Monteleone. Il rapporte encore le départ inopiné de Fra Giuseppe da Venasca pour la Martinique sur un corsaire français et insiste pour que la Propagande délibère sur son cas. Il n’a pu opérer la conversion des pays de Calabar et de Bénin parce que le vice-préfet d’Angola, Fra Angelo-Francesco da Milano lui a refusé deux missionnaires demandés à cet effet. Le vicepréfet estime que son personnel suffit à peine aux nécessités de sa mission et que, d'autre part, la mission d’Angola à l'inverse de celle de San-Thomé est solidement établie.
Le P. da Monteleone répond qu’une jeune plante réclame plus de soins qu’un arbre développé. Il conteste d’ailleurs que la mission d’'Angola soit plus florissante que celle de San-Thomé. Malgré les efforts des missionnaires, le féticheur y a gardé toute son influence, la sorcellerie y est pratiquée presque au grand jour, bien que le clergé soit fort nombreux (Jésuites, Carmes, Tiers-Ordre de Saint-François). Mais chacun travaille pour son compte et au mieux de ses intérêts, sans se préoccuper de ses collaborateurs. Le zèle et l’unité de direction font défaut. La mort des PP. Giovanni Romano et Tommaso da Sestola et la nomination du P. da Varazze comme procureur à Lisbonne ont porté un coup désastreux à ces missions. Exemple : Par lettre du 23 mars, le P. da Varazze annonce l'envoi d’un baril de farine et il écrit au P. Stefano da Roma, à Madère, qu'il expédie à San-Thomé un baril de vin. Or, il ne fait aucune mention du gouverneur de San-Thomé qui vient de quitter Lisbonne et qui aurait pu convoyer le matériel, après avoir promis, l’année dernière, d'agir de la sorte. j L
Il supplie la Propagande d'envoyer chaque année à San-Thomé deux missionnaires avec la flotte du Brésil.
San-Thomé, 29 décembre 1692.
[ On remarquera par cette lettre que le P. da Monteleone saisit parfaitement le défaut d'organisation des missions de l’Angola. Il rappelle les noms héroïques de Giovanni Romano et Tommaso da Sestola dont nous avons décrit plus haut la méthode « colonisatrice ». Homme pratique avant tout, il ne comprend pas la manière du P. da Varazze qui, il faut bien le dire, pensait plus à son couvent de Lisbonne et à ses disputes avec ses rivaux français qu'à la marche régulière des services qui lui étaient confiés.]
Fo 387. -— Pièce (isolée) contenant les prescriptions du gouverneur de Loanda dans les rapports entre le pouvoir civil et les religieux capucins envoyés en mission par la Propagande. Cette pièce stipule les services que le gouverneur peut exiger des missionnaires et leur défend toute ingérence en matière politique.
F0 388-389. — Requête des notables de San-Thomé, sollicitant l’envoi de missionnaires capucins. Cette pièce répète les détails donnés par le P. F. da Monteleone (arrivée de huit capucins, missions du Bénin et de Calabar, départ du P. da Venasca de l’île du Prince, etc).
| San-Thomé, 24 août 1692.
F9 390. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, annonçant son arrivée à Lisbonne où il a trouvé presque terminé le couvent des PP. Capucins italiens sous la direction de P. da Varazze. Il estime également qu'un couvent séparé mettra fin aux discordes survenues et ramènera l’union désirée. Lisbonne, 14 décembre 1602.
F0 391. — Lettre de Fra Paolo da Varazze, annonçant le débarquement à Lisbonne de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, et remerciant la Propagande de n'avoir point donné suite à la requête du supérieur du couvent français, qui sollicitait la rentrée du P. da Varazze en son établissement.
L'évêque de Madère lui a dit tout le bien désirable des PP. Stefano Romano et Giovanni Battista da Compiano qui occupent l’hospice de la Misericordia. Il a demandé un troisième collaborateur. Le P. da Varazze propose à la Propagande, pour lui éviter des frais, d’y envoyer son compagnon, le P. Bernardino da Longueglia.
h Lisbonne, 25 ocotbre 1602.
Fos 392 et 303. — Lettres de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio dont la dernière est datée de Cadix, 30 novembre 1692 et devrait donc
précéder le fo 390. L'autre est datée de Lisbonne, 23 décembre 1692. Fo 3094. [Ces deux feuillets a et b sont isolés. Le premier constitue le
commencement d’une lettre du Nonce apostolique à Lisbonne. Le second fait partie d’une lettre du P. Paolo da Varazze, au f° 394b et 395a.]
F0 394. — Le Nonce informe la Propagande de l’arrivée à Lisbonne du P. Domenico da Brando et d’un de ses collègues, tous deux gravement malades. Il rend compte d’une lettre du vice-préfet du Congo, le P. Angelo-Francesco da Milano. Celui-ci a envoyé en Sogno trois missionnaires qui paraissent réussir au-delà de leurs espérances. Les baptêmes sont fort nombreux. Le P. Giacinto da Firenze, en quarante jours, a baptisé 1,750 personnes. Le P. Giovanni da Mestretta a décidé un sova indigène à se convertir avec toute sa famille et à briser ses idoles. (incomplet). |
F0 304 ab. — Lettre du P. Paolo da Varazze. Il accuse réception des lettres de la Propagande, approuvant d’une part, la donation faite aux capucinsitaliens à Lisbonne et avertissant, d'autre part, les PP. Francesco et Andrea da Pavia de se tenir à la disposition de la Propagande pour un prochain départ. Le P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio a aussi reçu le bref l’autorisant à se rendre à Lisbonne avec un collègue de son choix. Bien que la question de la mission du Brésil (Maranhâo) soit encore en suspens, les PP. Francesco et Andrea de Pavia pourraient être éventuellement envoyés à une autredestination. Le gouverneur et son conseil, ainsi que l’évêque de Madère ont demandé au roi de Portugal l’érection d'un hospice, à leurs frais, pourvu qu'il soit administré par les capucins italiens. Toutefois, le P. da Varazze a recommandé la prudence au P. Giovanni da Compiano. Lisbonne, 4 novembre 1692.
F0S 304c-304b-305a. — Lettre du P. da Varazze. Le P. Domenico da Brando vient de rentrer à Lisbonne avec la flotte du Brésil. Son compagnon le P. Giovanni da Belluno, paralysé des pieds et des mains, est mort pendant le voyage. Quant au P. da Brando, il avait perdu la vue et l’ouïe et ne pouvait plus rendre service à la mission
d'Angola.
Le P. Francesco da Monteleone, nommé préfet d’Angola, ne s’est pas rendu à Loanda, pas plus que le P. Giuseppe-Maria da Busseto. Le vicepréfet d'Angola, dans une lettre privée, invective le gouverneur d’Angola D. Giovanni d’Alencastro, rentré en Europe avec la même flotte. Celui-ci, de son côté, fait de violents reproches au P. Angelo-Francesco da Milano.
Ses griefs sont les suivants : ;
19 Le P. da Milano aurait donné asile en son couvent à deux Juifs poursuivis pour crime de lèse-majesté; or, l’un de ces Juifs, est le syndic des missions du Congo.
2° Le gouverneur a intercepté des lettres du vice-préfet au P. Andrea da Pavia et au P. Giovanni da Mistretta, dans lesquelles il dénigrait les Portugais. |
3° Le gouverneur ayant ordonné à tous les religieux d'enseigner la
doctrine chrétienne aux nègres de Loanda, seul, le P. da Milano refusa, sous prétexte que le devoir principal des missionnaires était d’évangéliser les indigènes de l'extérieur de la ville.
4° Le vice-préfet, voyant cela, aurait expédié à l’intérieur tous ses prédicateurs pour ne pas se soumettre, Des incidents pareils sont profondément regrettables, dit le P. da Varazze, surtout au moment où celui-ci négocie l'affaire du Maranhäo et demande des navires spéciaux pour transporter les missionnaires au Congo. D'autant plus que D. Giovanni d’Alencastro est neveu d’un cardinal et influent à la Cour. Le P. da Varazze l’a prié de n’en rien dire et lui a certifié que des instructions seraient données aux préfets et vice-préfets au sujet des égards qu'ils doivent aux représentants du pouvoir civil. En matière si délicate, le zèle seul ne suffit pas : la prudence et la souplesse doivent le tempérer et le modérer.
Lisbonne, 10 novembre 1602.
[C'est évidemment à ces incidents que se rapporte la pièce analysée au fo 387.]
F0 396. — Lettre du vice-préfet d’Angola, Fra Angelo-Francesco da Milano. Il a profité d’un courrier se rendant à Bahia pour faire savoir à la Propagande que ni le P. Francesco da Monteleone, ni le P. Giuseppe- Maria da Busseto n'ont encore paru à Loanda. Et les difficultés de navigation sont telles que leur arrivée ne peut être attendue pour l’année en cours. En tout cas, il supplie la Propagande de nommer un vice-préfet car, personnellement, il préfère se rendre en mission. Il n’a pas accédé à la demande du P. Francesco da Monteleone qui réquisitionnait deux missionnaires pour San-Thomé, car, il ne suffit pas de boucher un trou, pour en ouvrir un autre. Les missionnaires ont des travaux aussi importants au Congo qu’à San-Thomé. Que la Propagande veuille bien le fixer à ce sujet. Loanda, 29 mai 1692.
F0 397. — Le P. Bernardo da Napoli renouvelle sa demande pour aller au Congo.
Naples, 25 décembre 1692.
Fo 308. — Lettre du P. da Varazze. Les négociations relatives à la mission du Maranhäo traînent en longueur. Le P. da Varazze craint que la cour de Portugal ne préfère aux capucins italiens des missionnaires franciscains portugais. Le P. da Varazze prie la Propagande de disposer des PP. Francesco et Andrea de Pavia.
Lisbonne, 24 décembre 1692.