VOLUME III
Fos 1-2. — Requête de l’évêque du chapitre de San-Thomé, Dom Bernardo Zurzarte, demandant des missionnaires pour son île : Il fait l'éloge du Préfet Francesco da Monteleone, de ses vertus, de son zèle et de ses succès dans l’apostolat. San-Thomé, 30 janvier 1693.
(En portugais.]
F0 3. — Le P. Francesco da Pavia, arrivé à Gênes pour s’embarquer pour Lisbonne, est obligé d'attendre le moment propice. Il retourne à Milan où il renouvellera sa garde-robe.
Gênes, 26 janvier 1693.
F0 4. -— Même lettre du P. Andrea da Pavia. Il parle d’un naufrage où auraient péri deux capucins qui venaient du Portugal. On se demande s’il s’agit du P. Bernardino da Longueglia ou du P. Nicolo qui revenait en Italie (compagnon du P. Francesco del Porto-Mauritio) ou du P. Domenico da Brando qui rentrait d’Angola.
Gênes, 27 janvier 1693.
F° 5. — Le P. Aurelio da Genova, qui remplace le P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, déclare qu'il s’occupera de l’embarquement des PP. Andrea et Francesco da Pavia et du P. Eustachio d’Odelengo qui doit accompagner le P. del Mauritio.
Santa Margarita, 2 février 1603.
F0 6. —— Lettre du P. Paolo da Varazze, relative aux affaires en cours. Demande faite par l’évêque de Madère d’un missionnaire nouveau. En ce qui concerne la mission du Maranhäo, il est certain que sept missionnaires franciscains de la province de la Piété s’y rendront cette‘année. Toutefois, le P. da Varazze ne désespère pas d'obtenir la participation des Capucins italiens à l’entreprise. Le P. Porto del Mauritio, présent à Lisbonne, pourra être utile en cette matière. [l sera reçu par Sa Majesté.
Lisbonne, 3 février 1693..
F9 7. — Lettre du P. Domenico da Brando annonçant que, sur ordre des médecins et du Vice-Préfet, il rentre dans sa province pour y refaire sa santé. Il espère néanmoins retourner encore au Congo.
Lisbonne, 16 février 1693.
F9 7a. — Lettre du même [à un membre particulier de la Propagande]. Fos 8-9. — Lettre du P. da Varazze. La Propagande vient de donner ordre aux PP. Angelo-Francesco da Milano et Girolamo da Firenze, de rentrer en Italie. Le Vice-Préfecture du Congo est donnée au P. Luca da Caldanissetta. Le P. da Varazze est heureux de cette solution qui le délivre
de graves soucis. A la suite d’une intervention du gouverneur Giovanni d’Alencastro, à la junte des missions, le P. da Varazze eut une conférence avec Rocco Montero, fonctionnaire de la Secrétairerie d'État. Montero proposa : 1° de destituer le Vice-Préfet d'Angola et de le remplacer par un religieux mieux disposé pour la couronne de Portugal; 2° de ne pas autoriser le départ pour l’Angola de missionnaires sujets de la couronne d'Espagne et de faire rentrer à Loanda ceux qui évangélisaient le Sogno; 3° d'exiger le serment de fidélité de tous les missionnaires partants.
En ce qui concerne le premier point, le P. da Varazze se proposait d'atténuer autant que possible les griefs articulés contre le Vice-Préfet. I} fut imprudent en hébergeant, pendant deux années, le syndic poursuivi, mais la lettre au P. Andrea da Pavia, interceptée par le Gouverneur, n'avait pas les proportions que celui-ci lui donnait. Il priait le P. Andrea de revenir à Loanda pour traiter au sujet de la paix entre les Portugais et le Sogno.
Au second point, le P. da Varazze répondait que les missionnaires, sujets du roi de Portugal, ne suffisaient pas à alimenter les missions. Toutefois, on essayerait de donner satisfaction au Secrétaire d’État, en rappelant à Loanda, dans la mesure du possible, les missionnaires délégués à Sogno.
Le P. da Varazze ne voulait, en tout cas, pas entendre parler d’un serment de fidélité quelconque. Il serait injurieux pour les missionnaires de requérir de leur part une formalité semblable, alors qu’ils accourent de pays lointains se mettre au service de Sa Majesté et que le P. da Varazze, Ilcur procureur, réside expressément à Lisbonne pour recevoir ses instructions. Il a eu une conférence nouvelle avec le Gouverneur d’Alencastro, auquel il à annoncé le rappel des PP. Angelo da Milano, Girolamo da Firenze, la nomination de Luca da Caldanisetta comme vice-préfet et du P. Andrea da Pavia comme préfet. Le Gouverneur s’est déclaré satisfait et n’a pas insisté sur l’obligation qu'il préconisait de ne pas envoyer de missionnaires, sujets de la couronne d’Espagne. Il a également abandonné le « serment de fidélité ». Mais il a été convenu que des instructions en règle seraient adressées aux préfets et vice-préfets.
Le Gouverneur a promis de conférer avec Sa Majesté au sujet de la remise aux missionnaires capucins des chapelles des postes fortifiés. Jusque maintenant, le P. da Varazze n’a pu obtenir satisfaction sur ce point. Une solution favorable contribuerait singulièrement à étendre et à fortifier dans l’Angola la situation des missions italiennes. Une nouvelle entrevue aura lieu bientôt. Lisbonne, 9 mars 1693.
Fos 10 et II. — Instructions transmises au Procureur des missions, Paolo da Varazze, par le délégué du Secrétaire d'État, Roque Monteiro Paim, par ordre de Sa Majesté : Rappeler le Vice-Préfet d’Angola, faire
rentrer à Loanda les missionnaires du Sogno, autoriser uniquement le départ au Congo des missionnaires sujets de l’Église ou des Princes italiens indépendants. Lisbonne, 18 mars 1693.
[Original en portugais, traduction italienne.]
Fo 12. — Le P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio confirme les renseignements du P. da Varazze et fait l'éloge de son habileté diplomatique en ces questions délicates. Lisbonne, 23 mars 1693.
F0 13. —- Une conférence a eu lieu dans la maison de Roque Monteiro. Y assistaient, outre le P. da Varazze et Monteiro, l’ancien gouverneur d’Angola, Alencastro, le Secrétaire d’État et le Desembarga D. Sebastiano Cardoso. Ces fonctionnaires s’obstinent à ne vouloir point admettre en Angola des missionnaires sujets de l’Espagne et exigent des partants le serment de fidélité. Le P. da Varazze refuse de se soumettre à ces conditions, ce qui empêche le départ des cinq missionnaires napolitains.
Toutefois, le lendemain, Roque Monteiro a transmis au P. da Varazzele décret remettant aux missionnaires capucins l’administration des chapelles des postes fortifiés. Lisbonne, 24 mars 1603.
Fos 14-15. — Lettre du P. Angelo-Francesco da Milano, Vive-Préfet de la mission d’Angola. Aucun missionnaire n’est mort cette année. Un sova, qui veut se mettre sous la protection du Portugal, a demandé un missionnaire et désire recevoir le baptême. Il est difficile de donner suite à cette demande, vu le nombre restreint de collaborateurs. Du Sogno, on lui fait savoir que le roi d’Angoï ! est disposé à se convertir. Le Vice- Préfet ira faire une tournée de ce côté. Malheureusement, six des missionnaires présents ont accompli leur terme de mission et sollicitent la faveur de rentrer en Italie. Jusque maintenant, deux collaborateurs seulement sont arrivés depuis deux ans : le P. Pietro-Paolo da Valenza et le P. Francesco-Maria da Cortona qui, tombé malade à Bahia, a dû, sur ordre des médecins, se rembarquer pour l'Italie. Le Préfet [Francesco da Monteleone] n’est pas encore arrivé, non plus que le P. Giuseppe-Maria da Busseto qui est encore sur la côte du Bénin. Il importerait de nommer un autre préfet, si le P. da Monteleone était mort ou ne vivrait pas. Il rappelle de nouveau à la Propagande sa demande de dispense de copula illicita afinitahs au second degré. Loanda, 26 mars 1693.
Fos 16 et 17. — Lettres de Domenico da Brando annonçant son retour en Italie pour rétablir sa santé et se mettant à la disposition de la Propagande. Lisbonne, 26 mars 1693.
1. Angoi, N’coyo, royaume situé, d’après Ravenstein, sous 5° 6’ lat. sud, 129 3° long. est (enclave de Cabinda et rive congolaise au nord de Banana).
F0 18. — Le P. Bernardino da Longueglia a reçu ordre de la Propagande de rentrer dans sa province (Gênes). Une infirmité l’empêche de se mettre actuellement en route. Lisbonne, 5 avril 1603.
Fo 19. — Fra Lazzero da Fiorenza (lai) demande à se rendre au Congo. Florence, 4 avril 1693.
F0 20. — Lettre de Fra Aurelio da Genova, relative à des frais d’embarquement. | Gênes, 8 avril 1693.
F08 21-23. — Lettre du P. Francesco da Monteleone. Il a reçu une lettre de Rome (19 janvier 1693) le priant de ne pas abandonner sa mission et l’autorisant à déléguer au Congo un vice-préfet. Il a délégué, à cet effet, le P. Luca Siciliano et, à son défaut, le P. Vincenzo-Maria da Firenze.
Il laissera un vice-préfet à San-Thomé et s’embarquera pour le Bénin où il est appelé par le roi de cette contrée, mais, auparavant, il voudrait se rendre à Lisbonne pour intéresser la cour de Portugal à son entreprise à laquelle il se vouera corps et âme, avec la permission de la Propagande.
Il raconte les épisodes les plus marquants de ces derniers temps : mort inopinée d’un de ses pénitents, ce qui fait grande impression sur les indi-
gènes qui voulaient se livrer à la danse, admonestation à un de ses paroissiens vivant en concubinage, tornade horrible, le mercredi-saint; un homme a craché du sang, le jeudi-saint, père d’un chanoine dont la conduite laisse à désirer. Tous ces prodiges, dit le P. da Monteleone, ne suffisent point à frapper l'imagination des indigènes et à les faire rentrer en eux-mêmes. Ils se livrent parfois à des danses nocturnes dont le caractère moral est plus que douteux. Il est nécessaire d'envoyer ici quatre missionnaires-prêtres et, s’il se pouvait, prédicateurs, car on rencontre, à San- Thomé, une propagande active de protestants lettrés : hollandais, anglais, danois et brandebourgeoïs.
Nouvelles plaintes contre la lenteur apportée par le P. da Varazze dans l'envoi du matériel (vin et farine) destiné à la mission. La Propagande déclare impraticable son projet de se rendre en mission au Maroc, parce qu'un contingent de Franciscains y est envoyé. Il se déclare prêt à servir sous leur direction, mais en observant les règles de son ordre. D'autre part, il obéira aux instructions de la Propagande en cette matière. Il est prêt à se dévouer, à donner sa vie même pour installer les missions
du Bénin, mais il désire absolument se rendre à Lisbonne pour intéresser le Roi de Portugal à son entreprise.
Le P. Giuseppe-Maria da Busseto est mort en Overe, au mois d'août passé. Le P. Bernardino da Tavora, qui voulait revenir à San-Thomé et reprendre le chemin d'Italie, malgré l’avis défavorable du Préfet, est mort à l'embouchure du fleuve du Bénin (Niger) emporté par de terribles dou-
leurs d’entrailles. Le P. Protasio da Brescia, demeuré seul, a abandonné la mission, malgré les supplications du Roi qui s’est adressé alors, en toute diligence, au Préfet de San-Thomé (copie de sa lettre en annexe) D'autre part, les habitants de l’île du Prince demandent l'envoi d’un missionnaire, pour remplacer le P. Giuseppe Piemontese. Le préfet y enverra le P. Protasio da Brescia. Il garde avec lui le P. Bonaventura da Brescia.
Il reçoit au même moment une lettre dépitée du Vice-Préfet d’Angola, Fra Angelo-Francesco da Milano, qui lui fait un grief de n’être pas venu à Loanda non plus que le P. Giuseppe-Maria da Busseto.
San-Thomé, 4 avril 1693.
[La lettre du roi « Domingos » est datée du 22 août 1692.]
F9 24. — Requête de cinq missionnaires capuçins qui ont exprimé le désir de se rendre au Congo. Ils ont adressé à leurs supérieurs hiérarchiques, l’année dernière, une lettre collective qui s’est égarée ou a été interceptée, vu le petit nombre de religieux.
Ploaqueuse (?) Coenobium (Sardaigne), 9 avril 1693.
[Signée : Fra Bonaventura a Nului, préd.; Juan-Thoma a Savoy (?), préd.; Juan Maria de Nului, prêtre; Benito de Budduio, prêtre; Juan Masala, lai.]
F0 25. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio. Il accuse réception du bref le nommant supérieur du petit hospice créé à Lisbonne pour les PP. Capucins. Il attend avec impatience l’arrivée du frère lai attaché à son-service. Les cinq Napolitains sont prêts à partir et déjà embarqués. Le P. da Varazze s'emploie à négocier avec la Cour, au sujet de l'incident soulevé par le Vice-Préfet d’Angola.
Fos 26-27. — Lettre de Doña Agnese Maria de Vigliena, qui a légué aux PP. Capucins italiens le monastère de Santis. Elle supplie’ la Propagande de ne point renvoyer, en sa province, le P. Bernardino da Longueglia, son confesseur. Lisbonne, 21 avril 1603.
[C£. fo 18 où le P. da Longueglia prétexte une infirmité qui l'empêche de se mettre en route. L’original en portugais est au {0 27. Le f0 26 est la traduction italienne.]
F0 28. — Attestation signée par des religieux de divers ordres (carmes déchaussés, jésuites, etc.) que le sieur Leandro Rodriguez, natif d’Angola, est baptisé et a fait profession de Ia foi catholique.
Rome, 22 avril 1693.
F9 29. — Lettre du P. Paolo da Varazze annonçant le départ pour l’Angola des cinq missionnaires napolitains et d’un sixième, sicilien. Le départs’est fait sans présentation au Roi afin de ne pas réveiller l'incident
malencontreux. Les missionnaires emportent avec eux les ordres de la Propagande, relatifs aux PP. Angelo-Francesco da Milano, Girolamo da Sorrento et Luca da Caldanissetta.
Le P. da Varazze remarque la répugnance non dissimulée du P. da Longueglia à retourner en Italie. I] lui a cependant signifié les volontés de ses supérieurs.
Roque Montero espère faire participer les capucins italiens à la mission du Maranhào. | Lisbonne, 24 avril 1603.
Fos 30-31. — Lettre du P. Andrea da Pavia, annonçant l'avènement d'un nouveau prince au Sogno, Giovanni Barretto da Silva. Ce prince est très bien disposé pour les missionnaires, ainsi que ses deux frères, dont l’un remplit les fonctions de secrétaire et dont l’autre est capitaine général. Le moment paraît venu de conquérir à la foi tout ce vaste territoire. C’est le frère du nouveau chef qui a fait connaître l’événement au P. Andrea da Pavia. Gênes, 28 mai 1603.
Fos 32-33. — Lettre de Fra Angelo-Francesco da Milano, vice-préfet d'Angola et Congo. Le P. da Milano s’est rendu au Sogno pour examiner les moyens de baptiser le roi d’Angoi. Mais la réponse a été évasive. Le roi ne veut prendre aucun engagement sans avoir au préalable, consulté son conseil.
Le Vice-Préfet a également mis fin à un différend survenu entre le comte de Sogno et les missionnaires à propos d’un fétiche que Ie chef indigène refusait de livrer.
Rentré à Loanda après quarante jours de navigation périlleuse, il a trouvé une lettre du Préfet de San-Thomé, acceptant sa démission de vice-préfet. Le P. da Monteleone désignait le P. Luca da Caldanissetta ou le P. Vincenzo-Maria da Fiorenza. Mais le premier est en mission dans l’hinterland, à soixante jours de marche de Loanda,; le second ne veut pas accepter; de sorte que la mission se trouve privée de direction.
Le P. da Milano annonce la mort, en Sogno, du frère lai Marione da Frascati.
Il rappelle sa demande de dispense matrimoniale ex copula illicita au premier et au second degré et expose un cas spécial de dispense pour un religieux-profès, établi en Angola et marié.
Loanda, 17 juin 1603.
[Sur la nomination du Vice-Préfet d’Angola par le P. da Monteleone, cf. fo 21-23.] ï
F0 34. — Lettre du Nonce apostolique.
Les missionnaires destinés à l’Angola sont partis. Mais ceux qui doivent s’embarquer pour San-Thomé n'ont pas encore paru.
Suivant les ordres de la Propagande, le Nonce a expédié une lettre de
change à ses correspondants de Bahia pour y acheter le matériel nécessaire à la mission &e San-Thomé.
I] suggère à la Propagande d'envoyer à Lisbonne et de faire séjourner, quelque temps avant le départ de la flotte, les religieux qui partent aux missions africaines, afin de les initier à la langue portugaise sous la direction du P. da Varazze. En outre, on pourra éviter de cette façon les tracasseries des ministres royaux qui s’obstinent à exiger le serment de fidélité. Enfin, l'envoi d’un nombre plus considérable de collaborateurs permettra de faire une sélection et d’alimenter d’autres missions, par exemple, celle du Maranhäo au Brésil. Nous possédons d’ailleurs, à Lisbonne, un couvent distinct, bien aménagé et qui permettra d’héberger beaucoup plus de pensionnaires.
Lisbonne, 30 juin 1693.
[La Propagande a donné raison aux remarques du P. da Monteleone concernant l’envoi du matériel aux missions d'Angola et San-Thomé. Le matériel sera désormais expédié de Bahia. D'autre part, le ton de la lettre indique qu'un échange des vues s’est produit entre la nonciature et le P. da Varazze. Celui-ci portera désormais son effort sur la préparation des missionnaires et leur répartition dans les missions entreprises. C'est un essai de décentralisation à Rome et de centralisation à Lisbonne. Cette manœuvre a été dictée par l’adoption des mesures préconisées par le P. da Monteleone.]
Fos 35-36. — Le nonce apostolique transmet la note des débours pour achat de vin et farine destinés aux missions d’Angola et San-Thomé. Lisbonne, 7 juillet 1603.
Un baril de farine pour l’Angola (payé à Lisbonne) . . . 32,300 relis : Vin et farine acheté à Pernambouc. Um men ONE 60,000 » Baril de vin à Goa sur la demande de l'évêque . . . . 29,000 »
TOTATEE EAN 121,500 rels.
F0 37. — Lettre de Fra Paolo-Francesco del Porto-Mauritio, conçue dans le même sens que la missive du Nonce, analysée au {0 34. Lisbonne, 26 juillet 1693.
F0 38, — Lettre de Fra Teodoro da Pavia, frère d'Andrea, demandant à se rendre à l’île Madère en même temps que lui.
Alexandrie, 127 août 1603.
F0 39. — Lettre du P. Andrea da Pavia. Nous apprenons que la Propagande le charge de se rendre à Madère. Il demande à pouvoir emmener avec lui deux missionnaires, les PP. Dionysio da Romagnano, Prédicateur-lecteur et Teodoro da Pavia, prédicateur, qui l’aideront à organiser la mission et à fonder l’hospice. Il espère obtenir du roi de Portugal les
faveurs nécessaires. Il propose comme supérieur le P. Dionisio, car, pour
lui, il n’a plus les forces nécessaires pour supporter le poids de la direction. [Lettre sans date; juillet 1693.]
[La Propagande se décide donc à soutenir l’œuvre de Madère et elle désigne
dans ce but, le P. Andrea da Pavia, très bien côté à la cour de Lisbonne, à cause de son habileté diplomatique dans les affaires du Sogno.]
F0 40. — Lettre du P. da Varazze. Il attend, de jour en jour, l’arrivée des PP. Andrea et Francesco da Pavia. Mais une escadre française tient la Méditerranée et met obstacle à la régularité des communications. Le même motif retardera sans doute l’embarquement des capucins destinés à San-Thomé. Lisbonne, 17 août 1693.
F0 41. — Note du Saint-Office qui examine un dossier remis par la Propagande au sujet des superstitions découvertes au Congo. Demande d'explications sur un texte italien : Onde benche battezzati moiono da Gentili. 2 septembre 1603.
F0 42. — Lettre de Fra Aurelio da Genova. Il remet au P. Teodoro da Pavia la lettre destinée à l’évêque de Madère. Les six missionnaires partis au printemps sont arrivées les uns à Lisbonne, les autres à Cadix.
Avenzano, 8 septembre 1693.
[C£. fo 38.] |
F0 43. — Lettre du P. Paolo da Varazze.
Nouvelles du Brésil : mort du P. Giacomo da Firenze à Bahia. Le P. Bernardino da Empoli est tombé malade, mais il espère continuer son voyage. Aucune nouvelle d’Angola et San-Thomé. Le P. da Varazze a derechef entrepris Roque Montero Paim sur la question de la mission du Maranhào. Ce fonctionnaire l’a prié de patienter encore un peu, promettant de s’en occuper activement. Il demande à pouvoir jouir des faveurs spirituelles de deux provinces de l’ordre, promettant de faire célébrer chaque année cinquante messes par les religieux de ces provinces, en échange de trois messes qui seraient imposées, après sa mort, à chacun de ces religieux, et de trois rosaires, à chacun des frères lais. Le P. da Varazze insiste pour que, dans l'intérêt des missions, cette faveur lui soit accordée. Lisbonne, 6 octobre 1693.
F9 44. — Le P. Andrea da Pavia est arrivé à Lisbonne. Il demande à nouveau de pouvoir emmener avec lui à Madère les PP. Teodoro da Pavia et Dionisio da Romagnano. Lisbonne, 16 novembre 1603.
F0 45. — Lettre du P. da Varazze [incomplète]. a) Il annonce l’arrivée à Lisbonne des PP. Andrea et Francesco da Pavia avec deux. compagnons. A Madère, les PP. Stefano da Roma et
Giovanni-Battista da Compiano se mettaient déjà à l’œuvre pour établir un hospice privé, lorsque le P. da Varazze les a invités à suspendre leur projets jusqu’à l’arrivée du P. Andrea da Pavia. L’hospice de la Miséricorde doit suffire et 1l ne faut v ériger que quelques cellules.
b) Les cinq missionnaires napolitains sont arrivés à Loanda. Le P. Giocomo da Firenze est mort; le P. Bernardo da Empoli a continué son voyage vers Loanda, en compagnie du P. Francesco-Maria da Cortona qui, revenant en Italie, a rencontré à Bahia le P.da Empoli, son compatriote, et est retourné à Loanda en sa compagnie.
c) Nouvelles du Congo : Fra Marione da Frascati est mort au Sogno.
Les PP. Giuseppe-Maria da Busseto et Bernardino da Tavora sont décédés sur la côte du Benin.
[La suite fait défaut. Pour b et c, cf. lettres précédentes : il s’agit du P. Girolamo da Firenze et de ses compagnons. V. aussi f0 43. — Pour le c) cf. f95 29 et 21-23.]
F9s 46-47. — Lettre de Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé. Il décrit les lettres aigres-douces qu'il a reçues du P. Angelo- Francesco da Milano, Vice-Préfet d’Angola, qui lui a refusé deux missionnaires, qui a voulu écrire à Rome parce que ni le P. da Monteleone ni le P. Giuseppe- Maria da Busseto n’ont paru à Loanda. Recevant la désignation du nouveau Vice-Préfet, il s’est empressé de répondre que le P. Luca da Caldanissetta était trop éloigné et que le P. Vincenzo-Maria de Firenze n’acceptait point. Le P. da Monteleone a revêtu de ces fonctions le P. Eustachio da Corsica; en attendant l’arrivée du P. Luca da Caldanissetta. Quelques jours après, le P. Angelo-Francesco est mort, emporté par la fièvre. Il a été enterré le 19 juin. Le P. da Monteleone avait espéré, à la suite d’une lettre du Cardinal-Secrétaire, que les capucins napolitains, abordés en ces parages, étaient destinés à San-Thomé. Il n’en est'rien malheureusement : ces capucins se rendent à Loanda. Vives instances pour l'envoi de missionnaires à San-Thomé. La mission est fondée, il faut la soutenir; sinon, il demandera des Carmes déchaussés. Ce manque de personnel l’empêche de se rendre au Bénin. Il abandonnera la mission et rejoindra l’Angola, à moins que la Propagande ne lui accorde l’autorisation d'aller à Lisbonne plaider sa cause. Il y a vingt-cinq missionnaires dans l’Angola et pas un seul ne peut être envoyé à San-Thomé.
Le P. da Monteleone supplie la Propagande de ne pas faire de différence entre les décrets pour le Congo et les décrets pour San-Thomé.
Le P.Bonaventura daBrescia qui est à El Mina, réclame un compagnon. On lui enverrait le P. Domenico da Jucci, échoué à San-Thomé, cinq mois après son départ de Bahia. Mais celui-ci ne peut pas rester et s’obstine à réclamer son départ pour l’Angola.
San-Thomé, 18 novembre 1693.
F9 48. — Fra Paolo da Varazze transmet à la Propagande une note de Roque Montero Paim dans laquelle le fonctionnaire portugais insinue que Sa Majesté pourrait bien envoyer à San-Thomé un contingent de Carmes déchaussés. Le Gouverneur de San-Thomé se plaint, en effet, du nombre insuffisant de missionnaires installés en cette île. Toutefois, comme la mission appartient aux Capucins italiens, Sa Majesté préfèrerait cet ordre, si la Propagande était disposée à expédier quelques collaborateurs en ce pays. (Note datée du 27 novembre 1603.)
Le P. da Varazze à répondu que des missionnaires arriveraient sous peu à Lisbonne et qu’une partie d’entre eux pourrait éventuellement être dirigée sur San-Thomé. Mais que la Propagande recruterait également des collaborateurs pour la future mission du Brésil. Le fonctionnaire portugais a déclaré qu'il fallait au préalable alimenter l’Angola et San-Thomé. Le P. da Varazze demande des instructions à la Propagande.
Lisbonne, 24 novembre 1693.
F0 40. —— Fra Giuseppe-Maria da Macerata accuse réception des brefs désignant pour le Congo, les PP. Luigi da Termo, Paolo Maria da Recanati, Angelo Maria dalla Rocca Contrada et lui-même.
Gênes, 30 novembre 1693.
Fo 50. — Colombano da Bologna, prédicateur, accuse réception du bref le désignant pour San-Thomé. Gênes, 5 décembre 1693.
Fo 51. — Lettre de cinq capucins de Sardaigne, demandant à être envoyés au Congo. Pasari 22 [janvier?] 1604.
[Signée :’ Angelo di Pattada, Dominice à Jane (?), Bernardo da Osilo, Juan Maria de Nului (cf. fo 24). Benedetto da Budduso.]
F0 52. — Le P. Vincenzo Maria da Firenze décline la charge de vicepréfet d'Angola, lui conférée par le P. Francesco da Monteleone, et prie la Propagande d'arrêter son choix sur le P. Eustachio d’Ajaccio (Corse).
Loanda, 23 mars 16094.
[Le P. da Monteleone avait désigné en remplacement du P. Angelo-Francesco da Milano, le P. Luca da Caldanissetta et, à son défaut, le P. Vincenzo- Maria da Firenze. Il avait envoyé le sceau de la mission au P. Eustachio da Corsica; cf. {05 32-33, 46-47.]
Fo 53. — Le P. Paolo-Franceéco del Porto-Mauritio annonce la mort du P. Giovanni-Battista Campiano à Madère. Pourle remplacer la Propagande devrait arrêter son choix sur un religieux jeune, afin d’aider le mieux possible le P. Andrea da Pavia. Les missionnaires pour l’Angola sont partis depuis quelques jours, sauf six qui ne sont pas encore arrivés.
Les nouvelles d’Angola sont meilleures. Lisbonne, 12 avril 1694.
Fo 54. — Lettre du P. Paolo da Varazze (confirmant la précédente). Les missionnaires sont partis le 14 avril viâ Pernambouc. On attend encore l’arrivée de cinq missionnaires pour San-Thomé et un pour l’Angola. Ils partiront avec la flotte du mois de septembre.
Le P. Stefano Romano annonce la mort, à Madère, du P. Giovanni Battista da Campiano.
Sa Majesté a reçu avec bienveillance les missionnaires partants et elle a laissé entendre que les griefs allégués contre le P. Angelo-Francesco da Milano avaient été singulièrement exagérés. Le P. da Milano pouvait donc, à son choix, continuer son apostolat ou rentrer. Le Nonce est d'avis qu'il faut écrire immédiatement au P. Angelo-Francesco dont le nouveau gouverneur n'avait qu'à se louer.
Lisbonne, 28 avril 1694.
[Au moment où il écrivait cette lettre, le P. da Varazze ignorait évidemment la mort du P. da Milano, survenue six mois auparavant. À remarquer le con-
tingent appréciable de pionniers dirigés sur San-Thomé. Le P. da Monteleone avait eu gain de cause.]
Fo 55. — Lettre du nonce (incomplète et confirmant les deux précédentes). Embarquement des missionnaires et incident soulevé par le P. Angelo-Francesco da Milano dont le Nonce dit qu'il s’est livré à la prédication de l'Évangile «in modo que cola si e acquistato non solamente l’applauso di perfetto Religioso ma una popolare acclamazione, amato e singolarmente distinto da quel nuovo Governatore ».
F0 56. — Lettre de l’évêque de Madère. Il recevra avec la plus grande bienveillance le P. Andrea da Pavia recommandé par la Propagande.
Funchal, 5 mai 1604.
F0 57-58ab. — Lettres à feuillets mêlés et incomplets du P. Andrea da Pavia, annonçant qu’il a reçu avec l’appui de l’évêque de Madère, donation d’un nouvel hospice. 6 mai 1694.
F0 59. —- Lettre du même. Il est arrivé heureusement à Madère et a pris possession du nouvel hospice. Le vicaire général et deux prêtres séculiers, Don Cosmo Pais da Silva et Don Fernandes Correa, l’ont beaucoup aidé en cette matière. Il prie la Propagande de vouloir bien leur adresser des remercîments. Funchal, 22 mai 1604.
F9 60. — Lettre de Fra Giuseppe-Maria da Busseto (non signée), vicepréfet du Congo et d’Angola. Arrivant à Loanda, porteur des décrets de rappel destinés aux PP. Angelo-Francesco da Milano et Giacomo da Firenze, il a trouvé le premier décédé depuis quelque temps. Il a présenté les décrets au P. Eustachio d’Ajaccio, le nouveau Vice-Préfet. Il loue ouvertement le zèle et les grandes vertus du P. da Firenze. Aussi se
permet-1l d'insister pour que ce missionnaire demeure à son poste. À l’avenir,ilse montrera plus prudent et plus discret. Au surplus, le nombre des missionnaires est tellement réduit que le retrait de l’un d’entre eux constituerait une perte irréparable.
Dans tout le royaume du Congo il n’y a plus qu’un seul missionnaire. Sept religieux auront, cette année, fini leur terme de mission et ils sont en droit de rentrer en Europe. En outre, le P. da Monteleone, préfet, seul à San-Thomé, réclame des missionnaires que l’Angola ne peut lui donner. Le P. da Busseto demeure seul prêtre à Loanda avec la charge de vice-préfet, car le P. Eustachio d’Ajaccio est décédé et l’a désigné pour cette charge avant de mourir.
I] proteste encore de l'innocence du P. Angelo-Francesco da Milano
Loanda, 28 mai 1604.
Fos 61-62. — Lettre suppliante de Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé.
Il retrace d’abord l’histoire de la mission : de la Propagande il n’a obtenu encore qu’un missionnaire, arrivé à San-Thomé le 25 avril 1681 et mort le 29 janvier 1600. Le 13 janvier 16017, abordèrent huit mission- naires, dont trois moururent immédiatement. Trois autres furent envoyés à Overe, un à l’île du Prince; le dernier demeurant avec le préfet. Deux sont morts sur la côte du Bénin en 1692. Le troisième a abandonné la mission pour ne point se trouver seul. Le missionnaire qui évangélisait l’île du Prince s’est enfui aux Indes Occidentales sur un corsaire français. Il reste donc en tout trois missionnaires, y compris le préfet. Comment pourraient-ils faire face aux requêtes pressantes de l’île du Prince, du royaume d'Oere, du Grand Bénin? On a voulu fonder la mission, mais il va de soi qu'il faut la soutenir.
Depuis sa nomination de préfet, qui a eu lieu le 20 juin 1684, le P. da Monteleone soutient seul la mission à telle enseigne qu’elle disparaîtrait, s’il venait à mourir. Or, il est accablé de goutte, d’indispositions continuelles. Son âme seule est invincible. Il s'offre à se rendre au Bénin. Messis quidem multa, operarii autem pauci.
Il faut donc recruter des missionnaires en nombre suffisant pour San- Thomé. Afin de les habituer au climat meurtrier de la zone torride et d’enrayer dans une certaine mesure les ravages que la mort cause dans leursrangs, le P. da Monteleone préconise la fondation d’un hospice-modèle à Bahia. L'air y est beaucoup plus sain, les communications avec la côte de Guinée sont beaucoup plus rapides (un mois de navigation) et les missionnaires, venant d'Italie, y feraient un stage pratique et fructueux. Cette mesure est à conseiller d’autant plus que le ravitaillement de la mission se fait maintenant à Bahia.
Le P. da Monteleone a saisi de cette question le cour du Portugal et
se propose de se rendre à Lisbonne pour l’appuyer, puisque son terme de mission est achevé.
San-Thomé, 14 juin 1604.
Le P. da Monteleone a obtenu la protection spéciale du gouvernement portugais pour les hospices édifiés à San-Thomé et à l’île du Prince. Il demande lé privilège d’accorder la dispense matrimoniale ex copula illicita au second degré. f
Fos 64-65.— Nouvelle lettre pressante de Francesco da Monteleone, Il croitque ces lettres antérieures ne soient pas parvenues à destination etil renouvelle ses instances au sujet de l’envoi de missionnaires à San-Thomé.
Il préconise la fondation d’un hospice à Bahia sous la juridiction du préfet de San-Thomé. Il voudrait aussi que les décrets remis aux missionnaires africains mentionnassent San-Thomé au même titre que Congo ou Angola. Ils se prévalent, en effet, des instructions reçues, pour décliner les offres du préfet de San-Thomé. Le Roi de Portugal accorde une bienveillance toute particulière aux œuvres des missionnaires de San-Thomé. Il a recommandé au gouverneur, au conseil, à l’évêque, de prendre soin des couvents de San-Thomé et de l’île du Prince. Ce couvent fait l'admiration des PP. Augustins déchaussées envoyés ici par la cour de Portugal.
Il a entendu dire que la Propagande serait disposée à délaisser la mission de San-Thomé. Il proteste contre le projet qui ruinerait ses espérances. L'air de San-Thomé n’est pas aussi redoutable qu’on le croit. IL en est lui-même la vivante preuve. San-Thomé est un centre très important d'activité commerciale. Le port relie Bahia à la côte du Bénin, à l'Angola, au Congo. Il est fréquenté par des navires hollandais, anglais, brandebourgeoïis, danois qui s’y ravitaillent. Cette année, trois navires chargés d'esclaves en destination des Indes y ont fait escale. Un seul propriétaire a vendu : 100,000 bananes; 100,000 « spigne » de grain des Indes; 200 muids de farine de manioc: 100 muids de fèves, 100 muids d’ « andus » (épices (?), 50 vaches, de nombreuses chèvres, des agneaux, des œufs, des poules, etc. Tout cela lui a été payé seize mille écus. L'importance économique de San-Thomé n’est donc pas à dédaigner.
Il serait également peu digne de chrétiens d'abandonner à leur malheureux sort les noirs de la côte du Bénin.
[Sans date.]
F9 66. — Lettre du P. da Varazze. Il envoie à la Propagande copie de documents confidentiels qui lui ont été remis par Roque Montero Pacim.
19 Note de l’évêque d’Angola sur les nombre de couvents qui existent a Loanda, des religieux et des missions entreprises:
2° Lettre du Gouverneur Général Gonzalvo Della Costa à Sa Majesté sur la même matière (24 avril 1693);
Avis du Procureur des missions à Lisbonne à ce sujet ;
4° Relation des chefs indigènes du Congo, vassaux de la couronne “ Portugal;
5° Donation de l’hospice de Madère.
Il garde par devers lui deux notes, l’une, du gouverneur Della Costa, sur chacun des religieux en mission au Congo, l’autre, de l’ancien gouverneur Juan d’Alencastro.
Ces documents ont un caractère trop confidentiel pour que le P. da Varazze s’en dessaisisse. Il en garde copie au couvent de Lisbonne.
Le P. Andrea da Pavia demande trois ou quatre missionnaires pour Madère. Suivant le P. da Varazze, un seul suffirait. On attend à Lisbonne l’arrivée des missionnaires qui sont destinés à San-Thomé. Ils s’embarqueront en compagnie de l’évêque de cette île.
Lisbonne, 23 août 16094.
Fo 67. — Lettre de Fra Paolo da Varazze au sujet de controverses survenues dans l’administration de l’église italienne de Notre-Dame de Lorette. Lisbonne, 23 août 1694.
Fo 68. — Le P. Teodoro da Pavia, désigné pour Funchal (Madère), remercie la Propagande. Pavie, 13 septembre 1694.
F0 69. — Le P. Andrea da Pavia vient de rentrer de Madère à Lisbonne, sous divers prétextes. Il refuse d’y retourner si on ne lui donne pas un compagnon. En réalité, dit le P. da Varazze, il voudrait avoir auprès de lui son frère, le P. Teodoro da Pavia, pour lequel il nourrit une grande affection. Lisbonne, 26 septembre 1694.
F0 70. — Liottte du P. Paolo-Francesco del Porto-Mauritio. Lisbonne, 22 décembre 1604.
F0 %1. — Lettre de Fra Francesco da Pavia, nouveau préfet du ne au Cardinal-secrétaire.
Il est arrivé à Loanda, le 20 septembre 1604. Il a trouvé la mission en bon ordre et il se fait fort de prouver l'innocence des religieux inculpés (Angelo-Francesco da Milano et Girolamo da Firenze). Les PP. Angelo- Francesco da Milano, Eustachio da Jaci, Dionisio della Pieve, Basilio da Palermo sont morts, ainsi que le frère lai Marione da Frascati. Les PP. Giovanni da Mistretta, Stefano da Firenze et Girolamo da Firenze, partiront bientôt. Ils ont accompli leur terme de mission.
Il supplie la Propagande d'envoyer rapidement des renforts. Loanda, 17 décembre 1694.
Fo 72. — Lettre du même, officielle, conçue dans le même sens, même date.
Fo 73. Lettre de Antonio Teixeira de Mendonça, résident de Loanda, demeurant à être admis au nombre des missionnaires apostoliques de l’Angola. Loanda, 20 décembre 1694.
[Original en portugais.]
F0 74. — Note statistique des missions entreprises par le P. Antonio- Maria da Fiorenza, sous la préfecture du P. Francesco da Pavia, de l’année 1695 à l’année 1704. Le P. Antonio-Maria da Fiorenza a évangélisé le Sogno, l’Angoiï, le Loango Grande, Mingella, Massangano, Muci ma’ Calumbo, Obengo I.
Fo 75. — Lettre de Fra Paolo da Varazze. Il a transmis au P. Andrea
da Pavia les instructions lui intimant de retourner sur le champ à Madère, Les missionnaires destinés à San-Thomé ne sont pas encore partis, vu la lenteur des préparatifs. Roque Montero Paim se déclare favorable à l’installation d’un hospice pour Italiens et s’est même offert à délivrer au P. da Varazze la licence contresignée par sa Majesté.
Lisbonne, 25 janvier 1605.
F0 76. — Décret de Don Pedro II, roi de Portugal, ordonnant au tré-
1. Il est presqu'impossible d'identifier la plupart des localités citées par le P. Antonio-Maria. Ce sont des noms de villages indigènes, estropiés et fréquemment inconnus.
Les noms de lieux mentionnés dans la prima missione (Citha di Quimo, etc.), se rapportent, semble-t-il, au pays de N’Kondo ou Mucondo (Mucondo et Muconda figurent dans la nomenclature) situé, d'après Ravenstein, à 6° 7' lat. sud (et non 160 7’) et 140 1” long. est au sud-ouest de San-Salvador.
Deuxième mission. (Mabumba Banga Citta). Les villages indigèns paraissent situés le long du Coanza, de Tombo (90 1’ lat. sud, 13° 3° long. est) à Makunde (9° 6” lat. sud, 14° 2’ long. est).
Troisième mission (Banza Citta — Mbanza, résidence du chef) a eu pour théâtre la route de Kibangu (6° 9’ lat. sud, 14° 6’ long. est) à Mpemba (70 1’ lat. sud, 149 8° long. est).
Quatrième mission dans le Mpemba.
Cinquième mission dans le Bambala (109 6’ lat. sud, 14° 5’ long. est), non loin de Benguella.
Sixième mission, douteuse. Je présume Mutamu Kingengo pour Quicaccho? (7° 9’ lat. sud, 15° long. est).
Septième mission a eu pour théâtre le pays de Choa, Queôa ou Kiowa en Sogno, sur les bords de Zaïre, (69° 1’lat.sud, 13°long. est).
Le village Pambala est nommé Sambala par le missionnaire; le village Kitombo devient Quitomba (route de Sogno à Bamba).
Huitième mission a eu pour théâtre, semble-t-il, les bords de la Lufu, dans le Sonso (Quimosonza) aux environs de Mpangala (Quimpangala) au nord de San- Salvador.
: Neuvième mission : Massangano.
Dixième mission : le Bengo (8° 7 lat. sud, 13° 3’ long. est). Onzième mission : le Sonyo.
ARCHIVES CONGOLAISES I9I
sorier des missions du Congo, Antonio de Castro Guimar, de payer chaque année une somme de 40 milreis au Procureur des missions capucines, comme location du courant dos Santos où ledit Procureur héberge les missionnaires venant d’Angola ou s’y rendant.
Lisbonne, 14 mars 1605.
[C’est la reconnaissance officielle de la/nouvelle institution. L’original, en portugais, doit être aux archives de Lisbonne. Nous n’en avons qu’une copie avec traduction italienne.]
Fos 78-79. — Lettre-relation de Fra Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé.
Il a reçu, le 8 juillet r605, une lettre de la Propagande datée du 30 janvier 1695, et lui faisant savoir qu’un hospice pourrait être installé à Bahia et qu'il était autorisé à se rendre en cette dernière ville pour tout préparer, à la condition d’obtenir le consentement du roi de Portugal. Ce consentement, il se fait fort de l'obtenir à moins que le P. da Varazze ne fasse de l’obstruction.
Il rappelle encore la nécessité d'envoyer des missionnaires à San- Thomé, qui mérite les mêmes soins que la mission d’Angola.
__ En second lieu, 1l rappelle la demande faite autrefois par le P. Giovanni Romano de fonder un hospice à Bahia et à l’île de Madère, non seulement pour y instaurer le service de Dieu, mais pour les utiliser comme intermédiaires entre le Congo et Lisbonne. Le P. Vittorio da Pistoia fut même désigné pour Madère, mais les Capucins français de Lisbonne réussirent par leurs intrigues à la cour et à l'ambassade de France, à démolir le projet.
En troisième lieu, le P. da Monteleone déclare qu'il ne veut pas du couvent fondé par les Français pour faire pièce aux Italiens.
En quatrième lieu l’idée de fonder un hospice à Bahia sous la juridiction du préfet de San-Thomé est accueillie favorablement à Lisbonne et et à Bahia. L’archevêque de Bahia est notoirement favorable à ce projet.
En cinquième lieu, les PP. da Varazze et Paolo-Francisco del Porto Mauritio prétendent à tort que les Capucins français exigeront un nouvel hospice à Bahia, si on autorise en cette ville l'érection d’un couvent destiné aux missionnaires Capucins. Le P. da Monteleone croit pouvoir les rassurer à ce sujet. Il prie la Propagande de répondre en ce sens au Procureur de Lisbonne et de le prier de soutenir la pétition envoyée par le Préfet de San-Thomé à la cour du Portugal.
Il désire recevoir confidentiellement le décret le confirmant dans la préfecture de San-Thomé, augmentée des missions de la Guinée et de la direction du couvent projeté à Bahia. Le P. da Monteleone projette en effet, de s’embarquer pour le Bénin avec quatre missionnaires. S'il ne succombe pas à Bénin, il compte revenir, en Carême, à San-Thomé, et partir pour Bahia où il présidera à l'installation de l’hospice. Dans le
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cas où ce dessein ne réussirait pas, il partirait pour l'Italie et irait rétablir sa santé, fortement atteinte, aux bains de Pouzzoles. Des cinq missionnaires annoncés, quatre sont parvenus heureusement à San-Thomé; le cinquième est mort en mer. Deux d’entre eux sont à l’île du Prince, et deux à San Thomé. Ils sont en bonne santé de même que leur préfet dont la résistance au climat fait l'admiration des résidents portugais. Le P. da Monteleone attend les autres missionnaires annoncés. Le décret, confirmant la préfecture apostolique de San-Thomé pourrait mentionner : San-Thomé, Ile du Prince, Bahia au Brésil, et les royaumes de Guinée, Arda, Ayudaa, Bénin, Hcere et avoisinants.
San-Thomé, 20 août, 1605.
Fos 81-82. — Le P. Angelico da Pestineo, sicilien, annonce à la Propagande la mort du P. Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé. Il était parti pour la côte du Bénin et il est décédé à Gorto (?) après une forte indisposition. Sentant la mort prochaine, il a écrit une dernière missive, où 1l désigne d'autorité comme vice-préfet le P. Angeélico Siciliano, prénommé, et, à son défaut, le P. Francesco da Norsia, en attendant les ordres de la Propagande. La lettre est datée de Gorto, 18 novembre 1605.
Le P. Angelico Siciliano se déclare incapable de gouverner la mission. Il est venu à San-Thomé non pour commander, maïs pour servir. D'autre part, il croit prudent de ne désigner le P. Francesco da Norsia qu’à titre provisoire. Dans la vie privée, le P. da Norsia est un modèle, un saint, mais il ne semble pas posséder les qualités requises d’un préfet d’une mission si importante. Le P. Angelico supplie la Propagande de désigner au plus tôt le chef de la mission.
État de la mission : à Oveiro se trouvent les PP. Bonaventura da Brescia et Felice da Piagine Ce dernier était, il y a un temps, gravement indisposé. On n’en a plus aucune nouvelle. Le P. Bonaventura demande un prédicateur; le P. Angelico avait désigné Fra Francesco da Norsia qui s’est excusé, il a maintenant désigné Fra Columbano da Bologna, sans savoir s’il partira ou non.
A l’île du Prince séjournent les PP. Done d’Alcamo, Protasio Bexano et Columbano da Bologna. Deux d’entre eux ont fini leur terme de mission.
A San-Thomé résident les PP. Angelico Siciliano, Francesco da Norsia et Carlo da Cento. Le P. Angelico voudrait envoyer le P. Carlo au pays d’Arda dont le roi a demandé des missionnaires. La mission du Bénin est presque détruite par suite des guerres civiles qui règnent en ce pays. De nouveaux missionnaires seraient reçus à bras ouverts.
San-Thomé, 4 septembre 1606.
F0 83. — Lettre du P. Antonio Maria Bonveci S. J., à Pernambouc,
demandant à ce que le P. Girolamo da Firenze soit renvoyé en Angola, à la demande des résidents de Loanda. Pendant huit ans, il s’est acquitté de ses fonctions avec esprit de zèle et d'initiative dont pourrait témoigner l'archevêque actuel de Bahia, ancien évêque d’Angola.
Pernambouc, 22 janvier 1606.
F0 84. — Lettre de Fra Paolo da Varazze. Quatre missionnaires, dont le P. Antonio da Cremona, sont seulement arrivés des douze attendus à Lisbonne. Ils ne pourront s’embarquer sur la flotte qui part le 25 mars. Difficultés avec les armateurs pour le paiement desfret et frais de voyage.
Lisbonne, 21 février 1696.
F0 85. — Nouvelle lettre pressante du P. Angelico Siciliano annonçant le décès du P. Francesco da Monteleone et suppliant la Propagande de le décharger de ses fonctions de vice-préfet.
San-Thomé, 22 juin 1606.
Fo 86. — Lettre du Nonce apostolique, archevêque de Rhodes. La flotte du Brésil vient de ramener à Lisbonne deux missionnaires, dans un état de santé pitoyable. Les nouvelles sont mauvaises : la mort a fauché avec rage dans les rangs des pauvres pionniers.
Cinq missionnaires sont arrivés: première partie du contingent de douze attendu à Lisbonne. Le va-et-vient continuel de missionnaires rentrants et partants met l'administration de l’hospice dans une situation pécu- niaire parfois difficile. Mais les marchands italiens interviennent généreusement. Le Roi est de plus en plus satisfait de l’œuvre des missionnaires dans ses colonies. On pourrait sans inconvénient augmenter le contingent annuel. Lisbonne, 16 octobre 1696.
F0 88. — Lettre de Fra Paolo da Varazze remerciant la Propagande d'avoir pris en considération les instances faites par le Gouverneur d’Angola et même par le Roi de Portugal, pour recruter des missionnaires en destination du Congo et de l’Angola.
Lisbonne, 4 novembre 1606.
F9s 89-91. — Résumé d’un dossier présenté à la Conférence des Cardinaux.
Le 15 janvier dernier le Nonce a transmis la copie d’unelettre du Procureur Paolo da Varazze, au sujet de la situation des missions du Congo.
19 Décès du P. Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé. Le P. da Varazze propose, pour le remplacer, le P. Bonaventura da Brescia comme un des plus anciens et des plus expérimentés. Il s'était rendu au Bénin avec le P. da Monteleone pour décider le roi de ce pays à embrasser la foi chrétienne.
Seulement, il se pourrait que le P. Bonaventura, ayant terminé son temps de mission, se préparât à rentrer en Italie et fût même déjà en soute. Le P. da Varazze suggère alors de prier le P. Bonaventura à diriger sa mission jusqu'à l’arrivée de son successeur, ou de désigner, en son absence, le P. Angelico Siciliano.
2° Envoyer un autre frère lai en remplacement de Fra Paolo da Napoli.
3° Régulariser le montant des frais d’entretien des missionnaires d’'Angola et de San-Thomé. Jusque maintenant, ceux-ci reçoivent 40 écus et les premiers 50.
4° Le P. da Varazze estime que les vingt-quatre provinces des Capucins italiens pourraient aisément recruter tous les deux ans w» de leurs religieux pour les missions ouest-africaines, de façon à compléter chaque année le contingent de douze missionnaires exigé pour le maintien de ces missions. Ce système serait trop onéreux. Il vaut mieux s’en tenir au chiffre de huit par an, soit vingt-quatre en trois ans. Mais, l'expédition se fera en deux ans, par contingent de douze. La troisième année, les couvents italiens ne recruteront pas pour le Congo.
5° Le Vice-Procureur Général des Capucins suggère de retenir à Lisbonne un frère lai, Fra Carlo da Pasturo, qui devait être envoyé à San- Thomé et sera remplacé par Fra Paolo de Napoli.
6° Le Roi de Portugal désirerait avoir plus de douze missionnaires par an. Or, le 17 juin dernier, la Propagande a décidé l’envoi de quatorze missionnaires, dont sept pour le Congo et sept pour San-Thomé.
70 Le Vice-Procureur Général estime qu'aucune modification ne doit être apportée à la manière de répartir les subsisdes octroyés à chaque missionnaire par S. M. le Roi de Portugal et la Congrégation de la Propagande. |
F0 92. — Avis et considérations du Vice-Procureur Général des Capucins à Rome au sujet des mesures proposées ci-dessus.
a) Le Vice-Procureur Général a désigné comme supérieur du couvent de Lisbonne le P. da Varazze qui est, en même temps, procureur délégué de la Propagande pour les missions d’Angola, Congo et San-Thomé.
b) Il a désigné, pour le soin des malades, un second infirmier habile et expérimenté, Fra Carlo da Locarno (lai) qui pourra être remplacé par Fra Paolo da Napoli, à San-Thomé.
c) Même avis en ce qui concerne la préfecture de San-Thomé et le nombre de missionnaires prévu pour le départ prochain.
d) Il n’est pas d'avis de modifier la méthode à employer dans la répartition des ressources. On continuera à verser aux missionnaires la totalité des subsides. (Signé : Giovanni Battista da Sabbio).
F°S 94-05. — Lettre du Nonce qui, entre autres choses, informe la Propagande du renvoi dans sa province du P. Paolo-Francesco del Porto-
Mauritio, supérieur du couvent. Il demande les instructions de la Propagande au sujet du P. Bernardo Longueglia.
Afin de remplacer le frère lai qui servait le P. del Paolo-Mauritio et qui est parti pour Gênes en même temps que lui, le Nonce a retenu Fra Paolo da Napoli, en qualité d’infirmier. Il vante son habileté à soigner les maladies tropicales. Il sollicite l’envoi à San-Thomé d’un autre frère lai. La mort du P. Francsco da Monteleone, préfet de San-Thomé, exige la nomination immédiate d'un successeur. En attendant le résultat des délibérations de la Propagande, le Nonce a revêtu provisoirement de cette charge le P. Bonaventura da Brexa [Brescia] et, à son défaut, le P. Angelo da Petteneo [Angelico Siciliano].
Il attire l’attention sur les remarques présentées par le P. Paolo da Varazze au sujet de l’administration régulière des missions (choix des missionnaires en Italie, départ en temps opportum, etc.) et appuie la requête du P. da Varazze qui sollicite l'installation au couvent d’un ancien missionnaire du Congo, expérimenté et rompu à la vie africaine.
En ce qui concerne la répartition des subsides, le Nonce estime que le couvent de Lisbonne, dont les ressources sont maigres, ne doit pas être oublié. Lisbonne, 15 janvier 1607.
Fos 06-97. — Copie d’une note du P. da Varazze, remise au Nonce (cf. f95 94-95].
Le P. da Varazze estime que la nomination à San-Thomé, d’un préfet expérimenté s'impose en remplacement du P. Francesco da Monteleone : «l’apôtre de cette île ».
Il propose le P. Bonaventura da Brexa [Brescia] qui avait accompagné le P. da Monteleone au Bénin. Mais comme il a fini son terme de mission, on ferait bien de le prier de diriger la mission jusqu’à l’arrivée de son successeur, et, s’il était déjà embarqué, de désigner ad interim le P. Angelico da Petteneo.
Il propose aussi de retenir au couvent Fra Paolo da Napoli pour soigner les cinq missionnaires d’Angola, revenus malades, et ceux qui rentreront bientôt. Le P. da Varazze estime en outre que les missionnaires de San-Thomé et ceux du Congo ne sont pas également bien traités, les premiers ne recevant chacun que 40 écus pour frais de voyage et d’entretien, les autres recevant 50 écus. Il faudrait unifier le tarif.
Il pense enfin qu’une portion du subside annuel accordé par Sa Majesté aux missions africaines, soit 160 écus, devrait être réservée au couvent de Lisbonne qui doit couvrir des frais nombreux avec des ressources minimes. Il donnerait, par exemple, 10 écus à chaque missionnaire, soit 120 par an, et en garderait 40.
Enfin, si la Propagande ne peut pas supporter les frais onéreux de
l’envoi en Afrique de douze missionnaires par an, le contingent pourrait être réduit à huit, soit vingt-quatre en trois ans.
Seulement pour ne pas perdre le subside royal qui n’est versé qu’à la condition d'atteindre le chiffre 12, l'expédition se ferait en deux ans, par contingent de douze.
La Congrégation devrait aussi prendre les mesures nécessaires pour que tous les missionnaires se trouvent au mois d’août à Gênés et passent à Lisbonne pour s’embarquer sur la flotte du Brésil [février-marsl.
F0 08. — Lettre du P. Paolo da Varazze. Il annonce le départ de sept missionnaires avec la flotte de Pernambouc. Les autres attendent à Bahia. Lorsqu'ils seront tous réunis, ils se rendront dans leurs postes respectifs d’Angola et San-Thomé.
Il demande à la Propagande de confirmer sa nomination de supérieur du couvent par suite du désistement de Fra Paolo-Francesco del Porto- Mauritio. Il propose, comme préfet de San-Thomé, le P. Bonaventura da Brexa.
Il insiste sur la nécessité de réunir tous les missionnaires à Gênes, en août et en septembre, Rob assurer la régularité des expéditions.
Lisbonne, 8 février 1697.
[Note. Les pièces du dossier sont mal dspo rss Voici comment il devait être établi :
a) Lettre du Nonce (f95 04 et 95) avec copie de la lettre du P. da Varazze (f08 96-97).
b) Communication du dossier au Procureur Général des Capucins à Rome, avec prière de donner son avis. Cette communication a été faite par le billet suivant du Cardinal-Secrétaire : Monsignor Secretario rimette al Romo Padre Proc. Gen'e l’accluse lettere di Mons! Nuntio in Poriügallo, e di Monst V Megato d'Avignone, con pregarlo a considerare 1l contenuto di esse e sigmificargli il suo bDarere intorno alle medme (f9 93, date 15 mai 1697. J'ignore quelle est la lettre du Vice-légat d'Avignon);
c) Réponse du Vice-Procureur Giov. Battista da Sabbio (f° 92 ab);
d) Résumé fait à la Propagande (f°: 89-91). Nous assistons à un nouvel effort en faveur des missions africaines, en s'appuyant directement sur la cour de Portugal qui paraît maintenant se rendre compte de l'influence politique que lui vaudra la collaboration des missionnaires. C’est le triomphe des idées du P. Giovanni Romano. Ce résultat a été obtenu, sans contredit, grâce à l’habileté diplomatique déployée par le P. da Varazze en maintes circonstances.]
F° 99. — Lettre de dame Eufemia Grassi, de Jaci, demandant à la Propagande de dispenser son fils Domenico des deux ou trois ans de mission qui lui restent. Il est revenu à Lisbonne par suite de très graves maladies contractées au Congo. Elle est octogénaire et désirerait garder son fils auprès d'elle. ; Jaci, 22 mars. 1607.
Fo 100. — Le P. da Varazze recommande le P. Francesco da Collevecchio pour occuper la charge de coadjuteur du Procureur Général des Capucins à Rome, pour les missions d’Angola et Congo.
Lisbonne, 31 mars 1697.
Fo 1or. — Lettre de Fra Andrea da Pavia, préfet de Madère. Après trois années d'efforts, le couvent est enfin établi. Il attend la confirmation de la Propagande et demande l'envoi de deux autres capucins prédicateurs. Ils seront reçus cordialement par les habitants de l’île. Il sollicite l'envoi à Madère d’un frère lai de qualités éminentes, Fra Amancio da Mossogno de la province de Milan. Si la Propagande entrait dans ses vues, elle pourrait envoyer ce frère par la voie de Marseille qui est relié directement à Madère par une ligne de navigation. Il recommande spécialement cette ligne pour le transfert des missionnaires dans l’Angola. Arrivés à Madère, les religieux pourraient prendre quelque repos à l’hospice avant de se rembarquer. Les négociants marseillais recevraient gratuitement à bord les missionnaires ainsi désignés. La correspondance ne risquerait pas de s’égarer. Funchal, 1eT juin 1607.
F0 102. — Lettre de Fra Paolo da Varazze. Il a fait construire en son couvent une chapelle, avec sacristie et chœur. Malheureusement, les frais sont considérables. Des bienfaiteurs ont promis trois cents écus et Sa Majesté interviendra, selon toute probabilité, pour deux cents écus. Mais comme les dépenses dépasseront huit cents écus, le P. da Varazze se permet de recourir à la générosité de la Propagande.
Lisbonne, 14 juin 1697.
F0 103. — Fra Antonino da Letino, désigné pour les missions d'Afrique, demande à revoir son pays natal (Sant Angelo) et sa famille avant son départ définitif. Pesaro, 24 juillet 1697.
F0 104. — Fra Honorato da Napoli, désigné pour l’Afrique et bloqué à Gênes, se plaint des retards dans l’embarquement parce qu'il n’a point reçu le bref pontifical en temps utile. Le P. Giovanni-Battista da Napoli est dans le même cas. Gênes, 31 août 16097.
Fo 105. — Lettre d’Andrea da Pavia. Il renouvelle sa demande d’envoi de deux capucins prédicateurs par la voie de Marseille, plus sûre que celle de Lisbonne. Il attire de nouveau l’attention de la Propagande sur cette voie de Marseille pour assurer la rapidité des communications avec l’Angola. Il s’offre à pourvoir de vin de Madère les missions d'Afrique Méridionale, sans frais pour la Propagande. Le vin abonde en effet dans cette île qui, chaque année, exporte 24,000 bouteilles.
Il serait bon d’en écrire à ce sujet à l’évêque de Madère, actuellement à Lisbonne, Don Joseph de Soeza Castel Branco. Ile de Madère, 28 juillet 1697
[Voici un nouveau projet de « décentralisation ». Il consisterait à déplacer à Funchal l’axe de l’administration des missions qui est maintenant à Lisbonne. On abandonnerait en outre la longue voie maritime des flottes portugaises, Lisbonne-Bahia-San-Thomé ou Loanda, pour la voie, plus courte, mais d'entreprise privée, Marseille-Madère-San-Thomé ou Loanda.
On se rappelle que le P. da Monteleone avait fixé Bahia comme centre de ravitaillement des missions africaines. Le P. Andrea Pavia fixe Madère.]
F0 106. — Double de la pièce précédente (probablement arrivée par la voie de Lisbonne).
Fo 107. — Lettre de Fra Domenico da Montepulecino demandant à se rendre aux missions africaines. Livourne, 16 août 1697.
Fo 108. — Fra Stefano da Fiorenza, revenu du Congo et débarqué à Livourne, après huit ans d'absence, se met de rechef à la disposition de la Propagande pour les missions.
F° 1009. — Fra Girolamo da Fiorenza, rentré de mission après huit ans de séjour au Congo, annonce son arrivée à Loanda et demande audience au Cardinal-Secrétaire. Livourne, 20 août 1697.
Fos 110-113. — Lettre de Fra Francesco d'Amalfi, prédicateur capucin, à la Propagande. |
Fra Francesco, rentré à Lisbonne pour motif de santé, a ramené avec lui du Congo deux petits nègres âgés l’un de dix, l’autre de douze ans environ. Ils lui ont été donnés par un portugais de ses amis, ils sont libres et le P. Francesco a l’intention de les offrir à la Propagande pour qu'ils se consacrent au service de Dieu et de l’Église. Le P. da Varazze a refusé d'admettre ces deux négrillons au couvent de Lisbonne. Plaintes très vives du P. d’Amalfi à ce sujet. C’est une question de conscience et d'humanité.
Du reste, les missionnaires partants ou rentrants ont des griefs contre le P. da Varazze. C’est ainsi que le P. Giuseppe-Maria da Busseto lui a reproché de ne pas faire une répartition fidèle des subsides octroyés aux missions. D’autres préfets ont eu également à se plaindre de ses procédés à l'égard de leurs subalternes. En un mot, nec Deum timet, nec hominem reveretur. Il est réellement triste que de pauvres missionnaires, isolés en terre étrangère, dénués de tout, privés de tout secours, exposés à la mort sans sacrements et sans sépultures, accablés le plus souvent, l’un de la surdité, l’autre de la cécité, un troisième de la paralysie des membres,
rentrent à Lisbonne et ne reçoivent point au couvent l'accueil auquel ils pourraient prétendre.
Il supplie en conséquence la Propagande de vouloir bien recevoir à Rome les deux négrillons ou d'indiquer l’endroit où 1l pourrait éventuellement les conduire. Lisbonne, 3 septembre 1697.
[Une seconde lettre, datée du 9 septembre, reprend les mêmes griefs à charge du P. da Varazze (Giuseppe-Maria da Busseto, Francesco da Pavia,etc) ; il rappelle les récriminations du P.. Francesco da Monteleone, sur la rareté d’envoi du matériel : il le soupçonne de gaspiller l’argent des missions et de réserver à son couvent la meilleure part. C’est ainsi qu’il entretient deux laïcs à gages en qualité de portier et de jardinier, emplois parfaitement superflus. Il en vient ensuite à cette affaire des négrillons ramenés d’Afrique et que le Préfet ne veut pas recevoir en son couvent sous prétexte que les règlements défendent aux missionnaires de faire le commerce d'esclaves. Or, dit le P. Amalfi, ces négrillons sont libres et il en ades attestations signées du Préfet d'Angola. Il demande des instructions à ce sujet. Ces récriminations sont sujettes à caution; cf. par exemple f95 129-131.]
F0 114. — Lettre de Fra Bernardino d'Empoli, prédicateur capucin. Il prévient la Propagande de son arrivée à Livourne et comme sa para- lysie l'empêche d'écrire lui-même, il a dicté sa lettre à une personne qui a bien voulu lui servir de secrétaire. Il à contracté une paralysie totale des jambes au Congo, ce qui l’a obligé, après deux ans de mission, à rentrer en Europe. Il avait à son service un nègre infirmier qui le soignait avec dévouement. Il l’a ramené avec lui et prie la Propagande de ne pas lui enlever cet utile auxiliaire. Au cas où sa santé se rétablirait, il en ferait don au Grand-Duc de Toscane. Florence, 13 septembre 1697.
F0 115. — Fra Domenico da Brando annonce son arrivée à Lisbonne. Il a terminé son terme de mission (sept ans) et 1l a trouvé à Lisbonne le bref pontifical l’attachant au service du couvent des Capucins italiens de cette ville. Il se soumet aux ordres de la Propagande.
Lisbonne, 16 octobre 1697.
[Le P. da Brando déclare qu’on lui a appliqué pendant ce terme de sept ans plus de 360 sangsues ! Quel tempérament aurait pu résister à une hygiène aussi désastreuse?]
F0 116. — Nouvelle lettre du P. d’Amalf au sujet des négrillons ramenés d’Afrique.
Rentré du Congo, malade (on lui a appliqué 304 sangsues et il a reçu plus d’une fois les derniers Sacrements), il a ramené deux petits nègres, de 10 et 12 ans, qu'il avait reçus d’un Portugais, demeurant en Afrique, avec charge d’en faire don à la Propagande et de les préparer au sacerdoce.
Le P. da Varazze aurait voulu, bien qu'ils fussent libres, les inscrire comme esclaves, afin dé pouvoir les vendre ou les donner. Dans un cas analogue, en effet, le P. da Varazze à fait don à un Italien d’un nègre auquel il enleva sa carte d’affranchissement et qu’on retrouva mort peu de temps après. Le P. da Varazze a donc défendu au P. d’Amalf de conduire ces négrillons à Rome. Ne sachant comment en disposer, celui-ci s'est adressé successivement au Nonce et à plusieurs prélats portugais qui ont décliné son cadeau. Il renouvelle ses instances à la Propagande à ce sujet. Que doit-il faire de ses négrillons? Le P. da Varazze objecte en vain que le séjour de deux esclaves au couvent causerait du scandale. D'abord, ils ne sont pas esclaves, le P. d’Amalfi les ayant affranchis; en outre, tous les Portugais laïcs et clercs, font le commerce d'esclaves. C’est une question d'humanité que d’assurer un gîte à ces malheureux.
Lisbonne, 26 janvier 1698.
Fo 118. — Lettre du P. da Varazze, en appelant au Saint-Siège pour faire rentrer en sa province son ancien compagnon, le P. Bernardo da Longueglia. Lisbonne, 28 janvier 1608.
Fo 1109. — Le P. Bernardo da Longueglia annonce la mort du P. da Varazze, survenue le 16 mars, des suites d’une chute d'escalier (9 mars). Le P. da Longueglia a repris la direction du couvent jusqu’à ce que la Congrégation de la Propagande ait statué à ce sujet.
Lisbonne, 17 mars 1608.
Fo 120. — Lettre du Nonce apostolique. Il annonce la mort du P. da Varazze et fait savoir à la Propagande qu'en attendant ses instructions, il a désigné, pour le remplacer, le P. Bernardo da Longueglia. Il transmet en même temps une liste des missionnaires partis pour l’Angola ou revenus par dernier courrier, ainsi qu’une copie italienne du décret royal, relatif à l'érection du couvent de Lisbonne.
Lisbonne, 25 mars 1608.
[Voici ces copies intéressantes pour la statistique :
Missionarii Cappucini spediti in questo anno 1698 per le parti d’Angola, et Isola di S. Tomaso dalla sac. Congre di Propaganda Fide.
Per le missioni d’Angola.
I1 Pe Tomaso di Anghiari.
Il Pe Antonio di Gradisca.
I1 Pe Bernardino dal Gallo.
I1 Pe Carolo Maria da Massa.
I1 Pe Gio : Battista da S. Agata.
I1 Pe Carolo Filippo da Bizansone.
11 Pe Bernardo da S. Giovani di Piacenza.
Questi destinati per le Missioni d’'Angola, si sono imbarcati, eccetto it
ARCHIVES CONGOLAISES 20I
Pe Carole Filippo di Bizansonee il Pe Bernardo da S.Giovani di Piacenza che sono restati infermi in Cadice, esi conuenia aspettare la motione dell’ anno venturo, quando non succeda partire quale Nave di riserua.
Per le missioni di S. Tomaso.
Il Pe Onorato da Napoli.
Il Pe Gio : Battista da Napoli.
Il Pe Bonaventura da Occimiano Genouese.
Il Pe Francesco da Morro.
Il Pe Francesco da Monte Cassiano
I1 Pe Felice Maria d’Alessandria della Paglia.
Il Pe Francesco da Gaggia Bolognesse.
Questi si sono imbarcati per le missioni dell’Isola di S. Tomaso.
Missionarii che sono in Lisbona di ritorno dalle Missioni d’Angola perItalia.
I1 Pe Fra Francesco da Napoli.
I1 Pe Fra Domenico di Corsica.
Marckiani.
F0 123. — Lettre du Préfet des missions d’Afrique à Loanda. Il rappelle à la Propagande une demande de dispense matrimoniale faite, il y a plusieurs années, en faveur d’unfrère lai des Chanoïnes réguliers expulsé de sa Congrégation et marié à Loanda.
Il rapporte les succès considérables de la mission : nombreux baptêmes, nombreuses confessions et communions. Quatorze missionnaires évangé- lisent actuellement le Congo et l’Angola. Cinq d’entre eux rentreront bientôt après avoir achevé leur terme de mission. Des collaborateurs sont demandés.
Loanda, 2 avril 1698.
F0 124. — Requête de la Chambre de Loanda faisant l’éloge du P. Francesco da Pavia, préfet, et demandant que son retour en Italie soit différé. Loanda, 8 avril 1698.
F0$ 125-127. — Le P. Protasio da Brescia envoie copie de deux lettres de feu Francesco da Monteleone, préfet de San-Thomé à Giuseppe-Maria da Busseto, mort au Bénin et au P. Bernardino da Tavora.
Première lettre : Le P. da Monteleone annonce au P. Giuseppe-Maria qu'il l’a désigné comme vice-préfet du Congo et qu’il l’engage à revenir au plus tôt pour aller occuper son poste. Il a demandé deux missionnaires en Angola, pour pouvoir aller lui-même sur la côte du Bénin et à Calabar, mais le Préfet actuel lui fait des difficultés. Plaintes au sujet du matériel. Des deux barils de farine, envoyés par le P. Paolo da Varazze, un est arrivé «rempli de vers blancs et noirs, petits et grands » et totalement incapable de servir à la confection des hosties. Il en fait venir un autre d’Angola pour l’expédier au P. da Busseto. Il lui envoie en même temps un « rouleau de tabac » et quatre caisses de « marmelade ».
Ile de San-Thomé, 10 juillet 1602.
Seconde lettre : Félicitations et encouragements pour le travail apostolique. Désignation de Fra Giuseppe-Maria da Busseto comme vicepréfet. Détails sur le matériel envoyé : barils de vin, de farine, salaison, marmelade, sucre noir et rouge, fromage flamand, tabac, pilules purgatives, chandelles. Il est en négociation pour l’envoi d’autres denrées, viande, eau-de-vie, patisseries, épices, huile d'olive, biscuits. IL a envoyé aussi du matériel à l’île du Prince. San-Thomé, 8 juillet 1692.
[Le P. Protasio da Brescia transmet ces intéressants documents par lettre du 9 avril 1698, datée de San-Thomé.]
Fo 128. — Requête du chapitre de Loanda demandant que le départ du préfet Francesco da Pavia soit différé, à cause des services qu'il rend. Loanda, 18 avril 1698.
F0S 129-131. — Lettre du Nonce apostolique. Il rappelle que l’année précédente, le P. Francesco d’Amalfi, revenant d’Angola, avait ramené avec lui deux négrillons qu’il voulait transporter à Rome. Le P. da Varazze s’y opposa énergiquement. Avec son bon sens habituel, il esti- mait que les missionnaires se faisaient trop fréquemment accompagner . de jeunes esclaves, ce qui était de nature à nuire à leur réputation et à leur dignité. Le P. d’Amalfi prétendit qu'ils étaient libres. Mais le P. da Varazze maïntint sa façon de voir et autorisa seulement le P. d’Amalf à remettre ces négrillons à des personnes honorables de Lisbonne qui se chargeraient de leur éducation. Le Nonce hébergea un de ces nègres. Mais depuis la mort du P. da Varazze, le P. d’Amalfi a reussi à obtenir du Procureur Général des Capucins l’autorisation d'emmener ses progés à Rome. Le Nonce, personnellement, est ravi de cette décision qui le débarrasse d’une charge encombrante, car le nègre est de nature dépravé et enclin au mal. En tout cas, le Nonce a cru bon d’avertir la Propagande en temps utile. Lisbonne, 29 avril 1698.
[Suit une copie du « laissez-passer » accordée par le Vice-Procureur Général Giovanni Battista da Sabbio, datée de Rome, 7 mars 1698.]
F9 132. — Lettre confidentielle de Francesco da Pavia à la Propagande.
Il profite du départ de la flotte de Bahia, pour faire connaître à la Propagande la situation exacte de la mission d’Angola-Congo. Des quatorze missionnaires actuellement présents, cinq partiront prochainement après avoir accompli le septennium réglementaire. Deux missionnaires prêtres sont décédés récemment portant à quatorze le nombre des morts en l’espace de quatre ans.
Deux missions sont complètement abandonnées, faute de pionniers.
Le Préfet est atteint d'une infirmité chronique qui l’a mis plusieurs fois aux portes du tombeau. Cinq missionnaires ont quitté le pays
sans raison suffisante. Parmi eux, le P. Bernardo da Napoli qui avait séjourné dix mois à la mission de Cahienda, vint se déclarer incapable de continuer son ministère, parce qu’il éprouvait une répugnance invincible à vivre parmi les noirs. Il demandait, en conséquence, à retourner en Italie. Le P. Domenico da Jacci, son compagnon, avoua qu'il n’avait point confessé une seule fois, ni administré le sacrement de baptême, mais simplement organisé quelques vagues exercices religieux,comme la récitation du chapelet. Il était sujet à des attaques apoplectiques et les médecins leur ordonnèrent de rentrer en Europe. Arrivé à Lisbonne, il a déclaré vouloir terminer dans cette ville son sepiennium. D'autres missionnaires ont suivi son exemple. À peine arrivés à destination, ils se sont reconnus inaptes à leur ministère et se sont empressés de demander leur rappel.
Le P. Francesco da Pavia a cru bon d’aviser de ces faits regrettables la Propagande qui pourra en tirer parti à l’occasion. Toutefois, lorsque la Congrégation croira devoir informer le P. da Varazze de cette situation, qu'elle se garde bien de citer le nom du préfet qui ne veut pas être découvert. Loanda, 30 mai 1608.
[La présente lettre révèle un nouvel aspect de l’évangélisation du Congo et de l’Angola : la question du recrutement des agents. Il semble que le Pro-
cureur Général et la Propagande n’apportaient pas toujours à ce problème délicat tous les soins qu'il réclame.]
F0 133. — Le Cardinal-Secrétaire transmet au Procureur Général des Capucins la lettre du Nonce de Portugal (f°0 120-131, 20 avril 1608) relative à l'affaire des deux nègres ramenés d’Afrique par le P. d’Amalñ, avec prière de donner quelques renseignements à ce sujet.
Rome, 22 juin 1698.
F0 1336. — Réponse du Procureur Général. Les deux négrillons sont actuellement à Naples. Comme ils doivent être à la disposition de la Propagande, le P. d’'Amalfi attend des instructions précises.
[Note sans date.]
Fos 134-135. — Requêtes de Fra Costantino da Mudigliana, âgé de 40 ans, et ayant plus de 20 ans de mission, pour être admis parmi les missionnaires du Congo. Rimini, 25 juillet 1698.
Fo 136. — Lettre de l’Internonce demandant le rapatriement d’un missionnaire, Fra Giovanni Battista di San Agata, arrivé malade à Lisbonne à tel point qu'il ne peut songer à continuer son voyage.
Lisbonne, 25 novembre 1608.
F9 137. — Lettre du Préfet des missions du Congo et d'Angola, Francesco da Pavia.
C'est avec joie qu’il annonce les succès des vaillants missionnaires dans ies régions qui avoisinent l'embouchure du Congo. Le roi d’Ingobella ! s’est converti à la foi chrétienne avec ses notables et a été baptisé par le P. Luca da Caldanissetta, supérieur des missions du Congo. Le P. da Caldanissetta et le P. Bernardino d’Altri ont travaillé pendant presque trois ans, pour parvenir jusqu’à ce royaume très vaste, adossé à la mer et dont le roi, pour ce motif, est appelé Roi des Eaux [Manicongo]. Les deux missionnaires ont quitté momentanément le pays, sur les conseils du roi qui craignait pour eux les inconvénients d’une guerre qu’il s'apprête à soutenir contre un de ses voisins. Il les rappellera s'il est vainqueur.
Dans le royaume de Chi Congo (Chiluangu), voisin de celui du Congo, le nombre des baptisés a passé de 98 à deux ou trois mille, grâce à l’action des deux missionnaires qui y séjournent.
Des centaines de mariages ont été régularisés dans les royaumes d'Ingobella, Chibango, Congo et Sogno.
Trois missionnaires qui avaient achevé leur seblennium et un frère lai qui est depuis douze ans au Congo, ont accepté de proroger leur terme, à la demande du préfet. Ce sont les PP. Luca da Caldanissetta Bernardo da Mazzarino, ancien maître des novices en sa province, Marcelino d'Attri de la province des Abruzzes et Frate Giulio d’Orta, lai. Le Préfet prie la Propagande de leur adresser des félicitations afin de les encourager et de compenser le sacrifice qu'ils font de leur retour en Europe.
Le Préfet croit que le moment de lui choisir un successeur arrivera bien vite. Il ya actuellement cinq ans qu'il exerce sa charge et aucun des préfets antérieurs n’a atteint le septennium. Il se croit donc soumis à la règle commune. Il attend avec sérénité la mort qui le réunira à Dieu et couronnera sa vie de labeurs.
Loanda, 20 janvier 1690.
F0 139. — L’Internonce de Portugal informe la Propagande de la mort du P. Bernardo da Longueglia, qui avait succédé comme supérieur du couvent de Lisbonne au P. Paolo da Varazze. Il propose de désigner a sa place le P. Andrea da Pavia, préfet des missions à l’île Madère, comme supérieur du couvent et procureur des missions africaines.
Lisbonne, 27 janvier 1690.
F0 140. — Copie de quelques extraits d’une lettre écrite au Procureur Général des Capucins par le P. Francesco da Pavia, préfet des missions du Congo écrite à Loanda, le 22 février 1699 et arrivée à Rome le 22 février
Les missions du Congo et d’Angola comprennent vingt-et-un missionnaires dont deux frères lais. Quatre d’entre eux ont terminé leur sep-