CONGRÈS DU MÉDECINE LÉGALE DE BRUXELLES
phénomènes varie d'après les saisons et en moyenne un jour d'été équivaut à cinq jours d'hiver. Si le cadavre est celui d'un individu ayant succombé à une maladie infectieuse, il y aura accélération dans la marche des phénomènes de putréfaction de l'œil.
M. le D' Vleminckx cite un cas où les données que vient d'exposer M. Descoust ne pourraient pas amener à des conclusions certaines. Un homme s'empoisonna, probablement avec de l'acide prussique, sans qu'on prît aucune précaution pour retarder la putréfaction, celle-ci ne s'établit qu'au bout de vingt-huit jours et l'on était au printemps. L'autopsie ne donna absolument aucun résultat.
M. le professeur Dallemagne rappelle qu'il a fait d'une façon systématique l'examen de la flore du tube digestif des cadavres. 11 fut amené par ses expériences à établir les trois conclusions suivantes :
1* Chaque partie du tube digestif possède, chez le vivant, une flore différente en quantité ; il n'y a presque pas de microbes dans l'estomac, un peu plus dans l'intestin grêle, beaucoup dans le gros intestin. Il attribue ce fait à la qualité des sucs gastriques et entériques. A la mort, la sécrétion cesse et immédiatement un nivellement quantitatif de la flore microbienne tend à s'établir. Dans bien des cas cependant la différence va au contraire en s'accentuant après la mort;
2* Après la mort, il y a modification qualitative au bout de deux ou trois jours, le baclérium coli l'emporte habituellement sur les autres espèces ;
3* Cette règle n'est pas absolue et parfois d'autres microbes l'emportent. Cela se rencontre surtout dans les cas où le sujet a succombé à la streptococcie. Le streptocoque domine alors toutes les autres espèces microbiennes.
LA DOGIMASIE PULMONAIRE
Hésumé du rapport du D"" Dallemvgne, professeur de médecine légale à l'Université libre de Bruxelles
Les résultats obtenus à Taide de la docimasie pulmonaire restent malgré leur caractère de très grande généralité soumis à certaines réserves. I. L'épreuve négative doit tenir compte :
a) Des faits de vie avec respiration insuffisante ;
b) Du fait que des poumons ayant respiré, flottant, laissés au contact de l'eau, peuvent gagner le fond.
Nous avons laissé dans l'eau des poumons ayant respiré et flottant. Au bout d'un certain temps ces poumons avaient gagné le fond ; leurs caractères avaient quelque ressemblance avec le poumon fœtal ; ils étaient toutefois décolorés.