AFFAIRE DE LA BUE TAVERNIER
elles présentent des éraflures et empreintes parcheminées, ainsi que cela se produit pendant la période agoniqueou pendant les quelques instants qui suivent la mort.
Donc si Badoil n'avait pas été étranglé dans la malle, les blessures dont nous venons de parler n'auraient pas pu se produire avec ces particularités si nettes.
On objectera peut-être que Badoil enfermé dans la malle a pu en se débattant, en luttant contre Tasphyxie, déterminer ces différents traumatismes. Nous répondrions d'abord que Badoil est mort très rapidement, que la malle étant aux deux tiers remplie d'objets divers les mouvements}* étaient fort difficiles, et que dans tous les cas, il paraît impossible qu'en se débattant, il ait pu produire des blessures dans les points où nous les avons trouvées. Un homme ainsi enfermé s'aide de ses mains, emploie ses doigts pour soulever le couvercle. Comment se fait-il que les onglesou les doigts n'aient présenté aucune écorchureou éraflure que ses vêtements n'aient pas été en désordre, la chemise et le gilet non ouverts pour lutter contre une asphyxie si prolongée (car c'est M. le D' Jainin qui a déboutonné le gilet pour pratiquer la respiration artificielle),que dans les nombreux mouvements qu*il avait pu faire en s'agitant, en remuant la tête, celle-ci n'ait pas détruit la toile d araignée qni se trouvait dans un angle du couvercle, au-dessus même de la tête du sujet? D'ailleurs nous devons à la vérité de dire que Badoil a été introduit dans ia malle avec une certaine violence. On l'a pressé fortement, ainsi que le prouvent ces deux ecchymoses situées dans les flancs droit et gauche. Une seule, celle du côté gauche, avait laissé à la peau une tacbe rouge brun de quatre centimètres de long. A droite, le tégument était intact, mais au-dessous de la peau se trouvait une infiltration sanguine marquée. On nous a demandé si ces parties n'avaient pas pu être en contact avec les souliers de Badoil déposés dans la malle et placés de chaque côté. Nous avons répondu qu'il ne pouvait en être ainsi, parce que ces ecchymoses n'étaient pas situées sur le dos en arrière mais bien sur les côtés dans les flancs.
Nous croyons plutôt que ces traumatismes ont été produits par deux mains appliquées vigoureusement dans les flancs audessus des hanches.
£n résumé, si rien ne s'oppose à admettre que les violences pratiquées sur le cou. et qui ont déterminé la strangulation n'ont pas été très fortes, il n*en a pas été de même des pressions exercées sur les flancs et des manœuvres d'adaptation du corps
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dans la malle. Il est possible de soutenir que tous ces trauma^ tismes ont été le fait de Tintervention d'une seule |>ersonne.
C, Le corps a passé, aussitôt après la mort, de huit à dix heures sur le dos, dans la malle fermée. Nous venons de montrer que Badoil a été étranglé dans la malle. Il est nécessaire maintenant de faire voir qu'après la mort, lecadavre de Badoil, placé sur le dos, est resté dans cet espace clos, enfermé jusqu'au lendemain matin.
Après la mort, il se produit aux parties les plus déclives des taches rougeatres, brun foncé, de couleur rouge brique. Le cadavre étant le plus souvent sur le dos, c'est en arrière, à la partie postérieure du thorax et de l'abdomen, des membres, que Fou rencontre ces colorations que Ton appelle lividités cadaoé' riques ou décubitus, ,
La coloration de ces lividilés est d'autant plus intense que la mort a été plus rapide, le sang par conséquent plus fluide et qu'il y a plus de sang dans le cadavre. Elles sont au contraire pâles, si la mort a été lente ou s'est accompagnée d'hémorrhagies abondantes.
Lorsque la circulation s'est arrêtée, le sang obéit aux lois de la pesanteur, s'accumule dans les vaisseaux capillaires et y produit ces tachés. Celles-ci ont bientôt acquis droit de demeure dans les endroits où elles sont survenues et malgré un changement de position du corps, on ne peut les faire disparaître pour les produire ailleurs. Tourdes, dans l'article « Cadavre » du Dictionnaire encyclopédique et MM. Vleminkx, Laroche et Stienon (Rapports médico-légaux relatifs à l'affaire Peltzer, Bruxelles 4884) ont avancé que ces taches cadavériques apparaissent de 4 à 7 heures après la morL Elles atteignent leur maximum d*intensité au bout de 12 à 45 heures. Ces traces d'hypostase peuvent être modifiées par les changements de position du cadavre. Si le corps est déplacé au bout de 4 h. 4/2, les lividités s'effacent et on les fait apparaître dans les points devenus déclives par celte nouvelle position; mais après 42 à 45 heures, le changement affaiblit les lividités sans les faire disparaître. Après trente heures, dit Tourdes, après vingttrois ou vingt-huit heures (selon les médecins légistes belges) il ne s'en forme plus de nouvelles.
Les nombreuses constatations de nos autopsies nous permettent de dire, que ces expériences faites sur des cadavres de sujets morts à l'hôpital de maladies chroniques donnent des
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résultats approximatifs. Il n'en est pas tout à fait de même sur les sujets qui ont succombé à une mort violente. Dans ces cas, s*il n'y a pas anémie des tissus par suite d'hémorrhagies, le déçu* bitus se produit en trois ou quatre heures et après sept un huit heures les lividités sont permanentes et on ne peut plus les faire disparaître. Tout au plus les affaiblit-on.
Lorsque nous avons pratiqué Tautopsie de Badoil, trente-huit à quarante heures après la mort de celui-ci, et que nous avons trouvé le décubitus marqué en arrière, dans tonte la région du dos, nous n avons pas hésité à dire, malgré les constatations des témoins et de M. le D' Jamin et les dénégations de la fille Piot, que le corps de Badoil n'avait pas passé la nuit sur le ventre, mais sur le dos ; que la position dans laquelle le corps avait été trouvé était de date plus récente, à une époque où les lividités cadavériques avaient définitivement pris droit de demeure dans la première attitude imposée au cadavre. On sait aujourd'hui par les aveux que nous a faits la fille Piot qu'elle a elle-même, le lundi matin entre 6 à 7 heures, mis a bouchon le cadavre de Badoil qui se trouvait depuis la veille sur le dos.
L'inculpée a encore raconté que lorsque Badoil a été dans la malle, elle a fermé le couvercle, puis : « non seulement j'ai
mis la boucle machinalement, mais j'ai aussi enfilé dans la
boucle celle du cadenas. Je n'avais pas osé vous dire cela l'autre fois. » Nous n'avions pas besoin de cet aveu tardif pour affirmer que le corps de Badoil avait pass^ la nuit sur le dos, dans la malle close. L'on se rappelle les premières constatations du témoin Nugier et les résultats des expériences faites sur des chiens, soit qu'ils aient été étranglés avant d'être mis dans la malle, soit que l'on les y ait fait mourir par suffocation. Dans l'un et dans l'autre cas, on a constaté que les cadavres conservaient longtemps leur chaleur. Après la strangulation le corps de Badoil était encore une source de calorique, un foyer qui s'éteignait sans doute, mais dont la chaleur émise se trouvait parfaitement conservée par un espace clos et comme matelassé dans le bas. Il y avait là des conditions qui rappellent à peu près Tappareil dit marmite suédoise.
De plus, les vêtements de Badoil s'opposaient encore à la perte de la chaleur. Dans cette longue station sur le dos, la sueur agonique et les liquides qui transsudent sur le cadavre peu de temps après la mort ont imbibé le dos de la chemise, le gilet, le veston et lorsque le corps a été retourné le matin par la fille Piot, il y a eu évaporation, de là cette buée ou ce IS-AnnAb, NM. 6
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givre qui mouchetait les*véteraents ^et dont a parlé le témoin Nugier.
Disons encore un mot de Tétat de la face. Elle était pâle. Gomme pour les pendus et les noyés, il y a des étranglés blancs ou bleus selon que la mort a été produite par la syncope ou par l'asphyxie, suivant que la mort a été rapide ou plus ou moins lente.
D. — De r heure probable de la mort de BadoiL Cette discussion sera terminée et nous aurons répondu à toutes les questions posées, si nous abordons maintenant Tétude de l'heure probable de la mort.
Nous rappelons que dans les dires de la fille Piot, l'introduction de Badoil dans la malle a eu lieu vers 6 heures 1/2. D'autre part la femme Badoil nous a appris que son mari avait mangé vers 2 heures 1/2 et nous savons qu'au café cet homme a bu du vin, du café et mangé un œuf dur.
L'autopsie de l'estomac nous a permis de dire que la mort avait dû survenir de deux à trois heures, quatre heures au maximum après le dernier repas, soit entre 6 et 7 beures.Nous ne pouvons admettre que la niortse soit produite vers 8 heures 1/2, lorsque les dames habitant le n"6 de la rue Bouteille ont entendu des cris désespérés paraissant venir de l'appartement de Matillon. Nous avons assisté aux expériences de la soirée du 13 mars et nous rappelons que les deux dames ont dit devant nous que le soir de l'événement à 8 heures 1 /2 les cris leur ont paru plus nets.
Il nous paraît impossible, alors que des chiens dont la résistance à l'asphyxie est plus grande sont morts de suffocatiçn en trois heures ou trois heures et demie, qu'un homme enfermé dans la malle puisse pousserdes cris désespérés et aussi distincts que ceux qui ont été perçus.
D'ailleurs l'état de la digestion aurait été plus avancé, l'estomac probablement vide ainsi qu'il l'est six heures après le repas.
Conclusions. — 1* Le nommé Badoil Etienne a succombé aux suites d'une strangulation par les mains.
2* La mort est survenue entre 6 et 7 heures, soit deux à trois heures, quatre heures au maximum après le dernier repas.
3* La mort a été très rapide. La strangulation a été faite dans la malle. Le corps a passé, aussitôt après la mort, de huit à dix heures sur le dos, dans la malle fermée.
Lyony le 24 mars (896.
AFFAIRS JDB LÀ RUE TAYERNIER S9
(In Brpuardel : La Pendaison. La Strangulation. La Suffocation. La Submersion, un vol. în-8% Paris, 4896)
t Un enfant Agé de 8 à 9 ans disparaft. Son père s'était remarié et la belle-mère, qni ne passait pas dans le quartier pour être très tendre pour son beau-fils, fut accusée de Tavoir fait disparaître. Au bout de six jours de recherches, on retrouve le cadavre du petit garçon blotti dans une malle (h). Alors on se demanda comment il avait pu être enfermé dans cette malle, s'il s*y était placé lui-même ou s'il y avait été placé par une autre personne. L'enquête se continua et l'on apprit que le jour de sa disparition, cet enfant avait joué à cache-cache avec ses camarades. Ceux-ci ne s'étonnèrent pas de ce qu'il n'avait pas reparu, ils pensèrent qu'il s'était retiré du jeu. Nous avions fait sauter le pêne du couvercle de la malle : une fois le corps retiré, il fut impossible de la refermer. On a dit alors : t Quelqu'un a donc fermé cette malle quand l'enfant y était blotti. »
t Le cadavre était en putréfaction; le bois avait joué sous l'influence de l'humidité; il a suffi que cette malle fût placée, à la morgue, dans un lieu sec, pour qu'elle se refermât très bien au bout de quelques jours.
t Tardieu estime qu'un enfant peut vivre environ une heure et demie ë deux heures dans une caisse, si cette caisse contient trois fois son volume d'air. Il est possible que ce temps soit plus long, d'après les expériences d'Harvey.
< L'autopsie faite le 26 septembre 1885, par M. le professeur Brouarde], donna les résultats suivants :
< Dans une malle en bois peinte en vert, cerclée de fer et mesurant 73 centimètres de longueur, sur 34 centimètres de largeur et 31 centimètres dans sa plus grande hauteur, nous trouvons le cadavre d'un enfant placé en S. La face située dans l'angle antérieur gauche regarde le fond de la malle. Les membres supérieurs sont repliés sur le cou et la partie supérieure de la poitrine ; les cuisses sont fléchies, la jambe gauche repliée sur elle-même est placée au-dessus de la droite. Nous faisons photographier l'enfant dans la position qu'il occupe dans la malle, sans le déplacer. Après avoir retiré le cadavre de cette malle, on constate que l'angle antérieur gauche du fond de la malle et du couvercle est maculé de sang; par rintdrstieô qui sépare le couvercle de la caisse, il est sorti un peu de sang qtii a
(I) Nous, devons la comn^unication de la photographie à l'oUigeance de ao^re ami. If. le professeur firouard^].
taché la face externe de la malle. Cette malle fermait primitivement par deux serrures, mais il ne reste plus que celle de droite, la sejrrure de gauche a disparu. Les deux gonds fixés au couvercle dont la saillie en pénétrant dans la serrure opérait Tocclusion de la malle sont intacts. Il y a dans cette malle un certain nombre de feuilletons provenant du journal Le Siècle et portant la date du mois d'octobre 1849.
< Le petit cadavre est habillé d'un tablier en cotonnade à carreaux bleus et blancs, d'un petit veston en drap bleu marine, d'une culotte en drap noir décousue à la partie inférieure, d'une chemise blanche tachée de matières fécales, de bas rouges et à raies et de souliers brodequins. Aucun de ces vêtements n'est déchiré. Les boutons sont intacts.
t Le cadavre est celui d'un enfant du sexe masculin, mesurant 4 m. 43 de longueur. Il est dans un état de putréfaction gazeuse avancée, marquée surtout à la tète, au cou et à la partie supérieure du tronc. La tête infiltrée de sanie putride a un volume d'un tiers supérieur à la normale. La peau de la face et celle du cou ont une couleur verte.
< Les orifices du nez et de la bouche, la face et le cou sont couverts par une couche abondante de matière sanguinolente, qui s'est écoulée après la mort. (Pas de coagulation sanguine.)
« Sur les diverses parties du corps, notamment sur la peau des épaules et du dos, on ne distingue pas de pointillé hémorrhagique, mais la putréfaction est trop avancée pour pourvoir affirmer qu'il n'a pu exister et disparaître. Il n'y a pas d'ecchymoses sous-conjonctivales.
« Dans diverses régions on trouve quelques érosions ou ecchymoses. Ce sont :
« a) Au niveau de la commissure droite des lèvres, une petite plaque parcheminée, noirâtre, mesurant \ centimètre de diamètre. 11 n'y a pas d'épanchement sanguin dans le tissu cellulaire sous-cutané.
« b) Sur la région antérieure du cou un peu à droite de la ligne médiane, une petite ecchymose mesurant environ 2 centimètres de diamètre, doublée par une suffusion sanguine noirâtre. Cette ecchymose correspond à un bouton de métal de forme spbérique qui fermait la première boutonnière du veston que portait l'enfant.
t c) Sur la face interne de la cuisse gauche à 3 centimètres audessous du genou, une ecchymose mesurant 3 centimètres de diamètre et doublée par une suffusion sanguine noirâtre.
< d) Sur la face interne de la cuisse droite, presque symétriquement placée par rapport à la précédente, une ecchymose semblable mais plus nette.
Observation de M. le Professeur Brouardkl
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« e) Sur la peau de la fesse gauche, une petite ecchymose linéaire, mesurant 2 centimètres sans etfusion dans le tissu cellulaire.
La langue est placée entre les arcades dentaires.
« Sous le cuir chevelu, il n'y a pas d'épanchement sanguin. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Le cerveau est complètement putréfié et s'écoule dans le plateau sous forme de bouillie.
« Les cavités pleurales contiennent un peu de liquide teinté en rouge par la transsudation de la matière colorante du sang.
« 11 n'y a ni adhérences, ni ecchymoses sous- pleurales.
« Les poumons sont congestionnés à leur partie postérieure, il n'y a pas de tubercules.
« Les bronches contiennent de la spume teintée en rouge. Par la pression du poumon on fait sourdre un peu de spume dans la trachée.
< L'œsophage contient quelques matières alimentaires provenant de vomissements.
t Le cœur est absolument vide. Les valvules sont saines. « Le péricarde contient un peu de liquide de transsudation. Il n'y pas d'ecchymoses sous-péricardiques.
< L'estomac contient environ SOO gr. de matières alimentaires, parmi lesquelles on distingue des haricots et des choux. La muqueuse stomacale est saine.
« Le foie est sain.
t La rate est un peu grosse, mais elle paratt saine; elle n'est pas diffluente.
t Les reins sont sains et se décortiquent facilement.
t Les intestins paraissent sains.
« La vessie est vide.
c L'anus est très dilaté. 11 n'y a pas d'érosions de la peau, ni de la muqueuse.
c Discusêion. — La mort de cet enfant a eu pour cause une asphyxie. 11 ne porte sur le corps aucune trace témoignant qu'il ait subi des violences, notamment qu'une tentative de strangulation à la main ou h l'aide d'un lien ait été pratiquée.
t La question qui se pose est donc celle-ci : L'enfant a-t-il été enfermé par surprise dans la malle? A-t-il pu en jouant se cacher dans cette malle et celle-ci se refermant d'elle-même l'enfant a-t-il été incapable de*sortir de cette prison accidentelle?
« Au moment où nous'avons retiré le cadavre delà malle, il fallait pour la fermer appuyer fortement sur le couvercle. En laissant tom. bar c«lui-ci, le pêne du couvercle restait au-dessus du trou de la
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serrure. Nous avons pensé que sous Tinfluence de la putnéfaction humide qu'avait subie le cadavre, le bois du couvercle avait pu être gonflé et que Texpérience tentée dans ces conditions prétait à Terreur,
Nous avons placé la malle dans une chambre sèche et répétant la même expérience trois semaines plus tard, nous avons constaté que chaque fois que le couvercle tombait de son poids sur la malle, le pêne du gond s'engageait dans la serrure, de telle façon que pour ouvrir la malle, il fallait nécessairement commencer par dégager le pêne de la serrure, la traction du couvercle ne suffisant pas pour ouvrir la caisse.
« Dans ces conditions, tenant compte de la position occupée par le cadavre dans la malle, position très naturelle pour un enfant qui se blottit, mais très difficile à donner à un cadavre, tenant compte de l'absence de toute lésion sérieuse sur le corps de Tenfant, nous pensons que celui-ci s'est probablement caché lui-même dans cette caisse, qu'il est mort asphyxié, ne pouvant par ses efforts soulever le couvercle retenu par le pêne du gond tombé dans la serrure.
« Conclusions. — 1^ La mort de cet enfant est le résultat d'une asphyxie ;
« %* Toutes les constatations médico-légales concordent pour faire admettre que cette asphyxie est accidentelle. »
(Analyse, due à l'obligeance de M. Tourdes, de l'observation publiée dans les Mémoires de la Société de Médecine de Nancy, 1893, par MM. Ed. Lallemand et Al. Giraud.)
Le 9 février 4872, deux enfants, l'un âgé de 6 ans, l'autre de 4 ans, furent trouvés sans vie dans un coffre de bois blanc, à Laxou (près Nancy). La mère déclare qu'étant sortie le matin, elle avait laissé les deux enfants seuls, dans la chambre où se trouvait ce coffre; à son retour, cherchant les enfants, elle les trouve couchés, pâles et inanimés, l'un à côté de l'autre, au fond de la caisse, celle-ci était fermée, le couvercle était maintenu par un fermoir engagé dans l'anneau latéral de la caisse.
Le 9 au soir, un premier examen des enfants est fait par l'un des docteurs. Le petit garçon et la petite fille avaient leurs vêtements. Us ne présentaient aucune trace de lésions extérieures. La rigidité cadavérique commençait.
Le coffre en bois blanc, de forme rectangulaire, avait les dimensions suivantes : longueur 0"792 ; profondeur 0"458 ; largeur 0"484» 11 •