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II. — MÉDBaNE LÉGALB

M. Baclibs {Des lésions traumatiques du crâne en médecine légale; Lyon, 4896) montre l'importance qu'il y a, pour le médecin légiste, à savoir poser le diagnostic des lésions crâniennes.

Les blessures du crâûe par instruments piquants, tranchants ou contondants sont d'ordinaire le résultat de crimes. D'ailleurs, ces

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instramoBts laissent souvent sur l'os des empreintes caraetéristiques. Aussi on appelle ces fractures : fractures à signature.

Néanmoins il est toujoui*s difficile et pai*fois même impossible de différencier une fracture par chute d'une fracture due à un coup porté.

Si les lésions par précipitation se diagnostiquent sans peine dans la plupart des cas, la difficulté commence lorsqu'il s'agit de dire s'il y a eu crime, suicide ou accident. L'auteur donne à ce sujet quelques indications utiles.

Quand la fracture du crâne n'intervient que secondairement dans la production de la mort, il est du devoir de l'expert de signaler le rôle simplement déterminant de la lésion céphalique.

Enfin, en présence d'un traumatisme crânien, le médecin légiste réservera toujours son pronostic, quelque légère que soit la blessure. Ce pronostic doit s'établir d'après les soins antérieurs, d'après la présence ou l'absence d'une communication avec l'extérieur, d'après le siège de la lésion, son étendue, d'après l'état général du blessé, et diverses autres considérations secondaires.

Salim Fabiï (Etude médico-légale de la strangulation par un lien; Lyon, 4896), s'appuyant sur l'opinion de Tardieu, déclare que la strangulation à l'aide d'un lien constitue à elle seule un genre de mort violente à part, et qu'il ne faut plus la confondre comme autrefois avec la pendaison.

La mort, dans ces cas de strangulation, peut survenir par asphyxie, apoplexie ou syncope, ces différents mécanismes agissant isolément ou simultanément. Toutefois c'est à l'asphyxie que revient le rôle prépondérant dans la plupait des cas.

L'auteur expose ensuite les signes caractéristiques de ce genre de mort, puis les lésions qu'on constate à l'autopsie : écume dans les bronches, congestion pulmonaire avec ecchymoses sous*pleurales, noyaux apoplectiques et emphysème ; piquetés écarlates de l'estomac ; face et cerveau congestionnés ou anémiés.

Enfin, il montre comment l'expert arrivera à dire si la strangulation est le résultat d'un homicide, d'un accident, d'un suicide, et, si elle a été incomplète, s'il ne s'agit pas d'une simulation.

M. H. Getsem (De la mort inopinée ou rapide chez les épileptiques; Lyon, 1896) recherche d'abord par quel mécanisme se produit la mort inopinée chez les épileptiques. £n se basant sur quelques observations qu'il rapporte, il montre que la mort est le plus souvent amenée, soit par exagération des phénomènes physiologiques de la crise (rupture en un point du système cardio-vasculaire pouvant produire une hémorrhagie mortelle, arrêt ou tétanisation du oœur)^

soit par une succession rapide de crises subintrantes ou état de nicil, soit encore par accident. C'est la mort par état de mal qui s'observe le plus souvent.

Dans la seconde partie de son travail, l'auteur envisage la question au point de vue médico-légal. Les signes qui permettront à l'expert de porter le diagnostic de mort pendant une crise épileptique sont inconstants. Voici les principaux : déformations et cicatrices anciennes et récentes qu'on rencontre souvent sur le visage de Tépileptique et qui sont produites par les chutes répétées ; morsures de la langue et des lèvres; traces d'une perte d'urine ou de matières fécales, pertes involontaires qui se produisent souvent au cours de la crise, présence de petites taches ecchymotiques sur le cou et la partie supérieure du thorax ; piqueté des conjonctives et de la bouche ; position du pouce qui est souvent convulsé à l'intérieur de la main ; la température qui peut atteindre 39* ou 40* après la mort. Enfin l'autopsie complète révèle une congestion généralisée de tous les viscères, congestion qui peut aller jusqu'à l'hémorrhagie.

M. H. Lb Même (Fréquence du suicide chez les aliénés ; Paris, 42 février 4896) se demande quels sont les aliénés qui se suicident, comment et par quels moyens, et comment on peut les en empêcher. Il répond assez nettement aux deux premières questions, mais il ne fournit aucune solution pour la dernière. Du travail incomplet et sans originalité de M. E. Thibàod (Les aliénés devant la justice ; Paris, 25 mars 4896) il ne ressort rien de nouveau. Même remarque pour M. H. Lbmbslb (Les irresponsables devant la loi ; Paris, 27 février 4896). Des statistiques et des observations de M. J. Sbiré (Des crimes et des délits dans le délire alcoolique aigu ; Paris, 2 juillet 4896) il résulte que plus des 2/5 des alcooliques délirants se rendent coupables de crimes et de délits. Reconnaissant que les alcooliques n'arrivent à délirer qu'à la suite d'une série souvent très longue d'excès volontairement consentis, il est d'avis qu'on doit les déclarer responsables de leur folie et les punir. Rien n'est plus juste.

Toujours sur cette grosse question des responsabilités, M. A. Dàrnal dans un travail un peu maigre et pas très nouveau (Dégénérescence et responsabilité pénale ; Paris, 22 juillet 4896) montre que les dégénérés ne réagissent pas comme les sujets normaux à l'égard des événements extérieurs ; chez eux, la tendance à l'acte est immédiate, le phénomène d'arrêt n'existant souvent pas, et leur libre arbitre est entaché d'impuissance. Leur responsabilité doit donc être considérée comme partielle et la peine atténuée. Toutefois, il ajoute avec juste raison : < Chez les sujets anormaux, dégénérés, déséquilibrés, instinc-

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tifs, la crainte du châtimeut est souvent le seul facteur ou du moins le facteur le plus puissant qui entraîne dans le sens du bien ou du mal. Aussi ne devra- t-on pas hésiter à leur infliger une punition qui sera souvent le seul élément aju moyen duquel on pourra agir sur leur détermination, les autres mobiles qui agissent chez les normaux (sentiment du devoir, crainte du déshonneur) étant généralement absents chez eux ou rudimentaires. On ne peut non plus juger le dégénéré aussi sévèrement que celui dont les facultés intellectuelles ont pu arriver à leur épanouissement régulier. Malheureusement, au tribunal, quand le médecin légiste conclut à une responsabilité atténuée, le jury s*empresse d'acquitter le prévenu. Ce n'est pas ainsi qu'il faudrait procéder... La société est, à l'heure actuelle, très mal protégée parce que Ton se base toujours, dans l'application des peines, sur le vieux principe métaphysique de la responsabilité morale, et la société, qui ne châtie que pour se défendre contre les criminels, semble au contraire vouloir se venger d'eux. On oublie ou l'on fait semblant d'ignorer que l'homme n'est qu'un organe passif qui obéit toujours au mobile le plus puissant. Les hommes étant différents par nature, c'est par des moyens différents qu'on les conduira au but qui est l'observation des lois sociales. »

M. R. Làlanne (Les exhibitionnistes ; Paris, 30 avril 4896^ ne me semble pas avoir bien compris ni la nature ni l'origine de l'exhibitionnisme. Il est souvent à côté du sujet et plusieurs observations qu'il cite ne sont pas des cas d'exhibitionnisme. Le travail de M. L. ScHWAHTz (Contribution à l^ étude de l'inversion sexuelle ; Montpellier, 1896) n'est guère plus sérieux. On n'est autorisé à toucher à ces sortes de questions que quand il y a nécessité. Ce n'est pas le cas de l'auteur, puisqu'il n'apporte aucun fait nouveau, ni aucune idée nouvelle.

M. A.-A. Roux (Persistance de V hymen après i accouchement ; Paris, 22 avril 4896) nous présente un bref résumé de cette question. Si, au point de vue gynécologique, ce n'est qu'une curiosité rare, au point de vue médico-légal, cela devient d'une grande importance, comme on sait.

Bien que d'ordre clinique, la thèse de M. J. Labordb (Contribution à Vétude de la vulvo-vaginite des petites filles; Paris, 24 juin 4896) intéresse cependant au plus haut point tous les médecins légistes. L'auteur affirme que les trois quarts des écoulements vulvaires des fillettes sont spécifiques, de nature gonococcique. 11 montre comment se fait l'infection dans la plupart des cas.

M. L. Fatrb (Ladocimasie pulmonaire ; Paris, 24 juillet 1896) soutient que la putréfaction gazeuse ne saurait ôtre une cause d'erreur en docimasie pulmonaire.

Il résulte de ses recherches que les poumons de fœtus n'ayant pas respiré ne se putréfient pas, au sens propre du mot, mais qu'ils tombent en deliquium. Ces poumons ne surnagent donc pas, quel que soit l'état de décomposition du cadavre. Les poumons de fœtus ayant complètement ou incomplètement respiré se putréfient toujours dans un lemps variable avec la température elle milieu.

Cet état, caractérisé par le développement de bulles gazeuses sous- I Jeurales, doit être considéré comme la conséquence de la pénétration, dans l'appareil respiratoire, de l'air et des germes qu'il contient.

Ainsi, la putréfaction du poumon, loin d*étre une cause d'erreur dans la docimasie hydrostatique, vient au contraire en confirmer les résultats, puisqu'elle ne peut être déterminée que par la pénétration de Tnir dans les poumons.

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