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III. — Intoxications

M. F. PiBRi» (Valcoolisme en Basse-Normandie ; Paris, 9 juillet 4896) se borne à répéter ce qui a déjà été dit surles causes socialeset psychologiques de l'alcoolisme. Tout cela n'est pas bien nouveau et nous aurions préféré quelques chiffres.

Admettant que l'abstinence totale ne va pas sans un certain héroïsme, il se montre partisan de l'usage modéré. Parmi ses recommandations quelques-unes nous ont paru au moins puériles : détermination des jours ou des repas où Ton boira de Teau-de-vie — l'ivresse périodique — engagement de ne pas provoquer ses hôtes à boire pendant le repas (voila une bonne précaution pour ne pas avoir trop d'amis à dîner !) ; en6n engagement de ne pas entrer au cabaret, toutefois avec cette restriction curieuse de l'auteur : au moins dans ceux de son propre village.

La thèse de M. Chonnaux-Dubisson (Contribution à l'étude de Palcoolisme en Normandie ; Paris, 2 juillet 4896) est mieux documentée. L'auteur a fait des recherches statistiques curieuses dans un canton normand.

Le nombre des débits de boissons a augmenté de 4800 à 4892 dans une proportion considérable.

L'ivresse devient plus agressive et plus dangereuse, par suite de l'usage des alcools d'industrie et de l'absinthe.

Le chiffre de la population a diminué dans cette même période de 92 années de plus d*un tiers. S'il n'est pas Tunique, l'alcool est au moins une des causes de cette dinûnulion.

BIBLIOGRAPHIE li3

La darée moyenne de la vie a subi une baisse considérable, principalement chez riiomme ; elle tombe de 62 à 39 ans.

Les décès manifestement dus aux suites de Tivrognerie ont augmenté dans une proportion également considérable ; il en est de même des décès causés par accidents, accidents souvent amenés par l'ivresse.

La folie, autrefois inconnue dans le canton observé, a subi un accroissement directement proportionnel à l'accroissement de Talcoolisme.

L'alcoolisme engendrant la débauche et la prostitution, lechiffredes naissances illégitimes a augmenté. En 4800 il est indiqué par cette proportion : 4/26 ; en 4874 : 4/4; en 4892 : 4/3.

La criminalité a augmenté parallèlement et dans une proportion effrayante, surtout les violences criminelles : blessures ayant ou non déterminé la mort, viols, attentats à la pudeur.

L'effet de l'alcool s'est répercuté sur la race. On a vu augmenter le nombre des enfants mort-nés, des enfants scrofuleux, rachitiques, syphilitiques.

Le nombre des exemptions du survice militaire a augmenté dans une proportion encore plus élevée : défaut de taille, faiblesse de constitution, infirmités congénitales ou acquises.

< L'alcool, dit l'auteur, devient une plaie, une maladie sociale. Il est grandement désirable que les autorités se décident enfin à prendre des mesures énergiques contre ce fléau qui fait des progrès de plus en plus rapides. »

M. Ch. Vau {Contribution à Véiude de quelques indications sura^ joutéeêà la morphinomanie ; Paris, 6 novembre 4895), attire surtout l'attention sur les intoxications par. l'opium, l'éther, le chlorai, la cocaïne et toutes les substances qui, à la longue et par habitude, deviennent irrésistibles pour l'organisme en produisant une euphorie, un bien-être passager et une excitation factice. Il a oublié le tabac. Mais M. F. Lb Cobrb [Contribution à l'étude des accidents du tabagisme ; Paris, 5 décembre 4895), dans un travail de mise au point, conçu avec des idées assez justes et assez raisonnables, nous dit ce qu'est la Société contre l'abus du tabac et surtout ce qu'elle pourrait être.

M. P.-J. Beunat (iff/uû?e sur C empoisonnement par V acide phénique ; Paris, 47 juin 4896; montre que, dans l'empoisonnement suraigu, la mort n'est que le résultat d'un choc nerveux. Dans l'empoisonnement aigu, la mort est la conséquence des lésions pulmonaires et rénales produites par le poison ; elle peut être aussi attribuée à l'aité-. ration du sang; l'acide pbénique agit alors comme poison héma tique.

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Ii4 BIBLIOGRAPHIE

M. E. Lucàs (De Vempoiaonnement par V hydrogène arsénié; Paris, 49 décembre 4895) a pu observer deux cas de celte intoxication chez deux de ses amis. Il a réuni les autres observations éparses dans la littérature et en a tiré une étude d'ensemble très sérieuse.

M. J. BouLLiBR (Etude clinique des intoxications produites par le sous-nitrate de bismuth employé à r extérieur ; Paris, 4 décembre 4895) étudie les symptômes de cette intoxication : liseré gingival, plaques noires violacées dans la cavité buccale, présence du bismuth dans la salive, dans Turine et les matières fécales.

M. J. MoRBiRA (Dystignésies arsenicales, Bahia (Brésil), 47 avril 4896) montre que Tarsénicisnie, outre les symptômes bien connus et déjà analysés, peut provoquer une cérébrasthénie spéciale transitoire ou permanente suivant les idiosyncrasies et les sujets. Ce côté psychiatrique de la question est étudié avec un soin tout particulier.

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