V. — Hypnotisme
M. P. Paloqoe (De la suggestion à l'état de veille ; Lyon, 4 896) après un exposé incomplet des faits connus et des travaux sur cette question discute la valeur de cette thérapeutique pour neutraliser les inconvénients résultant de Tagglomération des névropathes dans un même
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milieu, car on sait qae ces malades ont en général une tendance épidémique à la contagion de leurs divers symptômes. 11 admet qu'il est même possible, par une thérapeutique suggestive, de modifier le milieu à influence pathogénique et de le transformer en un milieu h influence thérapeutique. La suggestion dans un milieu composé d'hystériques, de névropathes et de neurasthéniques, y sera rendue facile eu vertu des lois de Timitation et de la suggestibilité spéciale aux agglomérations. On créerait ainsi des centres de guérison analogues à ceux où se trouvent réalisées les cures dites miraculeuses (Lourdes).
Le médecin devra agir d'abord sur des personnes très suggestiblos, de façon à assurer chez le malade la confiance en la guérison. Il ne devra pas promettre trop vile une amélioration complète, car le succès pourrait ne pas répondre à son attente, et il perdrait ainsi le bénéfice des suggestions indirectes.
M. L. MooTiN (Diagnostic de la suggestibilité; Paris, 23 juillet 1896) signale à l'attention des physiologistes et des médecins un phénomène encore peu connu, et qui, d'après lui, présente le plus grand intérêt non seulement pour la connaissance des fonctions du système nerveux, mais encore pour le traitement des maladies, principalement des maladies du système nervesx.
Voici, toujours d'après M. Moutin, en quoi consiste ce phénomène. Il suffit d'appliquer légèrement la main sur les omoplates pour développer, chez un grand nombre de personnes, en moins d'une ou deux minutes, une sensibilité singulière, laquelle se traduit non seulement par des sensations plus ou moins anormales, mais encore par des mouvements attractifs à peu près irrésistibles, qui forcent les personnes à suivre les mains de l'opérateur. Or, ce phénomène aurait une double portée.
Il permet d'abord d'établir le diagnostic de la suggestibilité, car tous les individus chez lesquels il se produit sont plus ou moins susceptibles d'être influencés par la suggestion.
Il permet, en outre, de développer, d'exalter la suggestibilité. Par l'application prolongée ou répétée de cette manœuvre, sans produire le sommeil, en laissant intacte la conscience et la volonté des sujets, on suscite chez eux un état tout à fait analogue à l'état hypnotique et qui les rend éminemment aptes à subir la suggestion et auquel l'auteur propose de donner le nom de préhypnotisme.
Ces prémisses posées, M. Moutin s'applique à démontrer qu'il existe un traitement suggestif de certaines maladies, une psychothérapie, et môme que la suggestion peut entrer comme appoint dans le traitement de presque toutes les maladies. Cela nous le savions, et, bien avant la venue au monde de M. Moutin, tous les médecins employaient cette thérapeutique psychique.
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Les chapitres suivants soot consacrés à l'étude des procédés qui peuvent servir à développer la suggestibililé chez les malades où suppléer, dans une certaine mesure, à la suggestion (hypnotisme, électrothérapie, etc.) et que Tauteur appelle les adjuvants et les succédanés de la suggestion.
Il montre ensuite Tutilité pratique d'un diagnostic de la suggestibilité et décrit en détail le phénomène qui permet d'établir ce diagnostic, en même temps que le procédé d'exploration qu'on peut en déduire et pour lequel il propose le nom de procédé neuroscopique. « Enfin, danà un dernier chapitre, il essaye de déterminer les causes de ce phénomène qui lui semble révéler l'existence, dans le système nerveux, d'une force encore mal connue ou du moins d'une propriété encore mal définie dont l'étude approfondie serait peut-être féconde en découvertes.
En résumé, il se dégage de cet intéressant travail deux choses : un fait que tout le monde peut expérimenter et dont l'existence ne fait aucun doute pour l'auteur; et une hypothèse en faveur de laquelle il apporte quelques preuves, mais qui aurait besoin d'être soumise au contrôle prolongé de l'expérience.