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VII. — Hygiène pênitentiaub

M . J.-B. Sévin (Etude sur Chygiène des prisons, Paris,4 6 juillet 4 896) présente, sous ce titre un peu prétentieux, quelques statistiques sur l'état sanitaire de la maison d'arrêt du Havre. H remarque que, grâce à quelques précautions hygiéniques élémentaires, on a pu constater dans cette prison un état sanitaire excellent. C'est là, selon lui, un grand progrès philanthropique ; il aurait pu ajouter que l'Etat réalise ainsi une économie considérable en évitant les frais de maladie et en tirantdes détenus un travail plus rémunérateur.

EMILE Laurent

La marque des quatre, roman anglais de A. Conan-Doyle. Paris, Hachette.

La race qui a mis au monde la toujours énigmatique figure d'Hamlet, Tédifiante cohorte des esthètes, le clown, cette forme si onginale du burlesque ; la race qui avec une force toujours renou-

velée lance dans le monde de l'esprit et des choses de hardis explorateurs et d'infatigables pionniers, a un bien étrange génie.

Le rêve y coudoie Faction.

L'imagination se transforme en une activité, en une ténacité invincible que rien n'arrête, que les obstacles ne font pas fléchir et qui ne consent à désarmer que lorsqu'elle a définitivement triomphé.

Ce sont ces réflexions qui assiègent Tesprit le moins prévenu à la lecture de certain roman anglais dû à la plume de M. A. Conan- Doyle où la science la plus exacte est mise au service d'une donnée iroaginative enserrée dans l'étroite limite d'un fait-divers, disonsle tout de suite dans la simple histoire d'un crime.

Un trésor renfermé dans une cassette est apporté, à Londres, par un sholto (officier de l'armée des Indes) qui l'a arraché à de fieffés bandits retenus dans un bagne de la Malaisie. Furieux de se voir frustré, un des bandits s'échappe du bagne et jure de se venger du ravisseur.

Aidé d'un horrible petit gnome de Malais qui joue de la sarbacane et envoie h ses ennemis des dards strychnisés qui les tétanisent instantanément, il s'empare du trésor en employant des ruses exquises à faire rêver un Peau-rouge.

L'auteur a accumulé à plaisir autour de cette conquête un ensemble de faits si étranges, si mystérieux, si intrigués, qu'à la lecture on a la sensation que donne le prestidigitateur qui, avant d'escamoter un objet, l'entoure de mille liens qui dans un instant vont être dénoués tout à coup, faisant éclater l'habile dextérité de l'artiste.

Bien habile, en effet, est celui qui pourra dépister les criminels. C'est M. Holmes, le détective amateur que la chasse à l'homme captive au point qu'il souffre lorsque son cerveau n'est pas taquiné par quelque problème de médecine légale.

C'est une figure bien géniale, chimiste, physicien, sociologue, graphologue, psychologue doué d'une telle force d'induction qu'en inspectant une montre il pourra nous révéler le caractère moral, les habitudes et l'âme de son propriétaire et cela avec des preuves indiscutables.

Véritable Robinson Crusoé de la médecine légale, armé de cette faculté de pénétration ayant comme support une constitution physique que rien ne retient, il s'élance presque seul à la recherche des coupables qu'il poursuit avec une furie incessante qui donne la fièvre. On est haletant et lorsqu'on a ouvert le livre on ne pourra s'en arracher, tant l'action est captivante, que lorsque le bandit sera sérieusement ligoté.

Eh quoi ! dira le lecteur, pas une bribe d'amour dans un roman, fùt-il anglais ?

Rassurez-vous.

Au milieu de cette fantastique histoire plane la douce figure d'une héroYne, véritable figure de keepseake (miss Morstaw), légitime propriétaire du trésor tant poursuivi. Cette âme d'une si rare beauté, si riche de vertus ne gagnerait rien à rentrer en possession de ces douze millions de pierres précieuses.

Aussi le lecteur se console-t-il bien vite de ce fait que la précieuse cassette ne renfermait rien du tout (le bandit traqué avait tout jeté dans la Taniise).

Il se console d'autant plus que cette richesse inattendue aurait empêché un délicat compagnon du rusé détective, le D' Watson, de demander la main de Thérolne, encore plus épris de sa beauté que de cette troublante fortune.

Quant au détective amateur tellement empreint de philosophie, il laisse triompher sa pure raison.

Le mariage, cette fin banale de tout roman, le désespère et il se prépare, en attendant un nouveau crime à débrouiller, à s'injecter sous la peau une bonne dose de cocaYne.

Tel est le roman scientifique que tous les lecteurs de la Revue anthropologique liront, et mieux garderont dans leur bibliothèque.

ly Gros

Sur un cas de mort par un coup db foudrb (Zur Casuisiik des BUtzsihlages nebat Bemerkungen ûber den Tod durch Eleciricitœe) par H. DuRCK, Mûnch. med, Woch. 4895, n* 31, p. 746.

Pendant le violent orage qui éclata à Munich dans la soirée du 4" juillet 4895, la foudre tomba dans une tuilerie des environs, frappant sur son passage et d'une façon toute différente trois individus. L'un atteint directement par la foudre sur le front tomba à la renverse foudroyé à mort. L'autre fut projeté sur le sol sans connaissance et garda une hémiplégie droite. Enfin le troisième, bien que projeté par le choc, put se relever lui-même sain et sauf.

L'autopsie du foudroyé pratiquée vingt-quatre heures après la mort fit constater les lésions suivantes : plaie contuse de la région de la bosse frontale gauche. Hémorrhagies méningées étendues au-dessus des lobes pariétal, frontal et temporal gauches. Consistance molle et friable de la subtance cérébrale. Présence dans le cœur et dans les veines d'un sang fluide non coagulable. Hypérémie de tous les organes abdominaux.

L*au^ur passe en revue toute la littérature de la question et arrive au^ conclusions suivantes : une décharge électrique d*une tension suffisamment élevée agit stir le corps, en paralysant d'une façon passagère ou définitive les centres de la respiration ou des mouvements du cœur. Comme expression an atomique dé Taction de décharge électrique sur Torganisme, on trouve ; 4* le ralentissement, voire même la suppression de la coagulabilité du sang; ^ les ruptures circonscrites, parfois même étendues des vaisseaux sanguins sur le passage du courant ; 3* parfois destruction totale des organes particulièrement frappés ; 4* les lieux d*entrée et de sortie du courant sont ordinairement marqués par des plaies superficielles ou profondes.

La signification des soi-disant « figures » qu'on trouve sur la peau des foudroyés n'est pas encore claire. Quant à l'action photographique, à l'influence curative de la foudre, etc., ce sont de vieilles légendes, dépour\'ues de toute base scientifique. (Extrait de la Revue de Neurologie,)

Un cas de suicide chez un épilepiique, par le professeur Mig. Bombarda, A, Medicina coniemporana, 4896, n^ 44.

Le malade, qui souffrait d'une bronchite, avait dû rester à la maison par le conseil de son médecin^ Mécontent et irrité de cette prescription, que sa famille ne permettait pas de transgresser, le malade prit une bouteille et se frappa plusieurs fois à la tète. La blessure ainsi produite était affreuse : la peau se présentait en lambeaux très déchirés et un morceau de Fos (le pariétal droit) était détaché et s'était enfoncé dans le crâne. On l'enleva avec des pinces. La plaie était en voie de guérison, lorsque le malade arriva a échapper à la surveillance à laquelle il était soumis et à détacher le pansement. Il introduisit alors par la plaie un morceau de bois, se déchira la dure-mère et broya une grande partie du cerveau. La mort survint deux jours après.

n n'y eut pas d'accès convulsifs chez le malade. Mais quelques détails de l'observation font croire à Tépilepsie (amnésie relative à la première tentative, anesthésies, paralysies de courte durée, etc.). {loc. cit.)

Des lésions du cerveau dans Fèpilepsie et chez les criminels, Arch. di psychiatria^ vol. XVII, fasc. I.-II, 1896, par Roncoroni.

L'auteur s'occupe de la question de lésions fines du cerveau dans répilepsie et de sa pathogénie. Après avoir passé en revue les travaux antérieurs, et donné la description des lésions qu'il a trouvées dans vingt cas d'épilepsie, dans onze cas de criminels-nés et dans huit cas de criminels d'occasioD, il admet dans le cerveau six eouches de cellules :

\ * La couche moléculaire ;

2<* La couche superficielle de petites cellules ou couche granuleuse superficielle ;

3' La couche de petites cellules pyramidales ;

4* La couche de grandes cellules pyramidales ;

5* La couche des petites cellules nerveuses ou cellules granuleuses profondes ;

6« La couche des cellules polymorphes.

Dans la plupart des cerveaux d'épileptiques examinés, il a trouvé une diminution ou une disparition des cellules de la cinquième couche, lésion qu'il a retrouvée plus ou moins atténuée dans le cerveau des criminels. En outre, il a trouvé que les cellules pyramidales, chez les épileptiques, sont plus nombreuses ou plus volumineuses. L*auteur se demande ensuite si les lésions qu*il a eu l'occasion de constater constituent le substratum anatomique des attaques épileptiques. Il conclut à la négative. En effet, dans l'épilepsie on doit admettre : 4' une prédisposition héréditaire; 2' une cause lointaine constituant la prédisposition acquise (alcoolisme, intoxications diverses) ; 3* une altération du chimisme des éléments ner\eux du cerveau qui résulte de la mise en jeu des deux facteurs précédents et qui constitue le substratum indispensable pour la production des accès épileptiques, or, la disposition morphologique que l'auteur a trouvée dans le cerveau des épileptiques constitue pour lui l'expression anatomique d'un trouble héréditaire. Dans répilepsie congénitale et chez les criminels-nés, il existe une disposition atavique qui fait que certaine partie du cerveau s*est arrêtée dans son développement et correspond à celui du fœtus arrivé à un certain développement. En ce qui concerne les modifications chimiques du système nerveux capables de mettre en branle la cellule nerveuse, la fonction épileptogène de la cellule nerveuse, l'auteur se rattache en principe à la théorie soutenue par Marucesco et Sernieux (/oc. cit).

La Revue d'anthropologie^ ^ethnologie et des sciences préhistonques, (Cenlralblatt fur Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte ) publiée par le D' med. et phil. G. Buschan à Breslau (éditeur Kern-Max Muller à Breslau) a pour but de donner, rapidement et d'une manière objective, un résumé de tous les travaux intéressant ces sciences, ainsi qu'une bibliographie s'y rapportant. La revue a un caractère international ; à côté des travaux allemands, on y trouvera ceux de langue française, anglaise, russe, bosniaque, tsèque, danoise, finnoise, grecque, hollandaise, italienne, espagnole, norvégienne, suédoise, hongroise, polonaise et américain^.

Chaque numéro renferme en outre un article original, d'nn intérêt général, traitant alternativement d'un sujet emprunté à Tune des trois rubriques auxquelles la revue est destinée.

Enfin le Centralblatt donnera de courts comptes rendus des réunions des sociétés anthropologiques des divers pays et des renseignements sur les . questions et les personnalités à Tordre du jour.

Sous la rubrique « Anthropologie » la Revue traitera :

La place de l*homme dans la nature, le transformisme, Torigine de lliomme, l'hérédité et l'atavisme, la consanguinité, les déformations, les rapports proportionnels du corps humain, les anomalies du squelette, les méthodes d'examen, les théories de la crâniométrie, l'anthropologie criminelle et de dégénérescence, en un mot, tout ce qui est du ressort de l'anthropologie somatique.

Sous la rubrique «< Ethnologie » elle comprendra la connaissance des peuples en général, spécialement l'étude des races et de leurs caractères physiques, puis la physiologie des peuples, leur psychologie et leur pathologie. L'ethnologie spéciale, c'est-à-dire la sociologie, la technologie, pa linguistique,la légende (^folklore), etc., n'entrent pas dans.le programme de la Revue,

Sous la rubrique « Urgeschichte » elle s'occupera des recherches préhistoriques en généra], spécialement des découvertes qui seront faites dans ce domaine et de la paléoethnologie.

Le Centralblatt parait tous les trois mois en fascicules grand in-8^ de 6 feuilles d'impression. Le prix pour l'année (4 fascicules) est de 12 marks 80 pf., franco, port compris pour l'Union postale.

J.-A. Kkiin (Max Muller), éditeur. Breslau, Feichstrasse , 8.

Le SocuLisME rr le Congres de Londres. — Le Congrès socialiste de Londres a été un événement historique d'une importance mondiale. Il était donc utile, nécessaire mêmt, qu'un document complet fût publié sur ce sujet. M. A. Hamon, dont on connaît les nombreux et importants travaux de sociologue, a compris ce besoin et vient de livrer au public un nouveau livre sous ce titre : le Socialisme et le Congrès de Londres, Ce volume qui fait partie de la bibliothèque sociologique éditée par la librairie P.-V. Stock, est un exposé impartial de ce qui s'est passé avant, pendant et autour du Congrès. Il est précédé d'un examen documenté de la situation du socialisme dans les différents pays du monde et suivi de conclusions où M. A. Hamon dégage les enseignements qui ressortent de ce Congrès.

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