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LE SECRET PROFESSIONNEL DANS LES DÉCLARATIONS DE NAISSANCE

Le Journal de médecine de Paris, dans son numéro du 4 "novembre dernier, publie Topinion du professeur Hubert, de Louvain, sur le secret professionnel dans le cas des déclarations de naissance, sans lui opposer la raison que Le Médecin, de Bruxelles, et M. Kuborn, de Seraing, ont fait valoir pour la thèse contraire. Voulez-vous me permettre d'énoncer celle-ci.

En principe, d'accord avec tous les légistes et les sociologistes, Laurent, Dumas, etc., j'admets que la loi doit à l'enfant désignation de sa mère; c'est-à-dire la recherche de la maternité. Au nom du Médecin et de la Société de moralité publique, de Belgique, je prétends, en outre, que la loi, faisant droit aux revendications féministes légitimes, doit admettre, dans l'intérêt de l'enfant, la recherche de la paternité. Alexandre Dumas ne serait-il pas aussi de cet avis ?

Mais le médecin n'estpas un agent de police, ni un agent de la police secrète ou de la police des mœurs ; il est tenu au secret absolu à l'égard de la femme parturiente qui réclame des soins en exprimant la volonté de rester inconnue, anonyme pour tous ; ou bien il faut qu'il refuse de l'assister. Pas de milieu. Que les fonctionnaires chargés d'appliquer les lois se débrouillent sans son intervention. Il me paratt même exorbitant et illégal de violer le secret de la mère en dénonçant à Tétat civil la naissance d'un enfant. C'est une demiviolation.

Au surplus, je suis de l'avis de M. le professeur Yernaux, de Bruxelles, lorsqu'il déclare que le médecin doit être juge, dans sa conscience, des circonstances qui peuvent le décider à garder le secret médical dans toute son intégrité ; ou à le violer, par exemple s'il s'agissait, pour lui, de se faire le complice, par accident ou par contrainte, d'un acte criminel. A cet égprd, les praticiens peuvent se trouver parfois dans des circonstances très délicates. Trompés par un faux commémora tif, les spécialistes, qui se livrent si facilement au curetage de Tutérus, ne peuvent-ils, par leurs manœuvres, occasionner des avortements dans les deux premiers mois de la grossesse alors que le diagnostic positif de cet état est encore si incertain ? Supposons qu'un fait semblable arrive h l'un de ces spécialistes ; et que des racontars le dénoncent ensuite au parquet comme auteur de

RBVUB DBS JOURNAUX ET SOCIÉTÉS SAVANTES 12S

l'avortement. Doit-il se retrancher derrière le secret professionnel et refuser catégoriquement toute explication, s'il a été de bonne foi? Le fait est patent s'il y a eu autopsie : il n'y a pas moyen de le nier. Il vaudrait infiniment mieux, alors, sans aucun scrupule professionnel, dégager sa responsabilité dans Facle criminel ou incriminé, en déclarant tout ce qui s'est fait et dit ; et en démontrant son absolue bonne foi et sa regrettable erreur. (Journal de méd. de Paris.)

D' flUBBRT BOBNS.

Société de médecine légale

11 janvier 1897

ErUPTIOH PfiRI-AllALB SIMULANT DBS STPHUJDBS MUQUBUSBS

M, Georges Brouardel fait une très intéressante communication sur ce sujet, il s*agit d*un jeune homme de dix-neuf ans, entré à Thôpital Saint-Louis, dans le service du professeur Fournier. Ce malade, issu d'un père alcoolique et d'une mère hystérique, a présenté des manifestations strumeuses dans son enfance ; c'est, de plus, un inverti sexuel : les femmes ne lui inspirent que du dégoût ; il n'a jamais pu se désider à pratiquer le coït ; mais en revanche, la pédérastie et l'onanisme sont ses passions favorites : il s'y adonne par plaisir et sans aucune intention de lucre.

Le jour de son admission à l'hôpital, toute la région péri-anale était le si^e d'une éruption qui simulait à s*y méprendre des groupes de plaques muqueuses syphilitiques ; mais, en l'absence de toute autre manifestation de vérole, M. Fournier se borna à porter le diagnostic d'éruption herpétiforme. Cette réserve fut d'autant plus sage que, sous l'inlluence de simples soins hygiéniques, les lésions se dissipèrent rapidement, sans laisser de trace. En somme on avait eu affaire à une éruption banale ayant revêtu un aspect anormal et pris une extension considérable par le seul fait de la malpropreté du malade, qui était réellement repoussante.

M. Brouardel termine sa communication en attirant l'attention de la Société sur la rareté de ces sortes de lésions et sur leur importance, au point de vue de l'expertise médico-légale.

M. Vibert estime que les faits de ce genre sont moins rares qu'on ne le croit généralement ; lui-même a eu l'occasion d'en observer plusieurs exemples remarquables ; il a même vu de ces éruptions banales simuler de véritables chancres infectants.

126 BKVUI DES JOURNAUX BT SOCIÉTÉS SAVANTBS

Sur un singulier mode de pendaison

M, Motet lit une observation adressée par M. Dufour et relative à un individu âgé de quarante-deux ans, qui sVst donné la mort en enroulant autour de son cou une corde dont chaque extrémité était fixée aux parois opposées d*une petite chambre de forme carrée. Pour arriver à son but, cet homme, un solitaire mélancolique, après être monté sur un escabeau, et avoir fait, avec la corde, qui n*était pas tendue, mais flottante, deux tours autour de son cou, s'était élancé dans le vide.

M, Briant a observé un fait assez analogue à celui de M. Dufour, et concernant une jeune mélancolique ; pour se donner la mort, cette jeune femjne avait, à laide d'un fil de fer, modérément tendu, entre les deux parois d'une chambre, fait un tour autour de son cou et s'était étranglée elle-même en appuyant ses bras sur le fil de fer, qui se trouvait à la hauteur de son cou.

M. Gamier fait remarquer que ces exemples sont fréquents dans les asiles d'aliénés, où Ton voit pas mal de ces malheureux s'étrangler au moyen d'une cravate ou d'un chiflbn, fixé au pied même de leur lit. J. Barozzi

Société médicale des hôpitaux Séance du 28 octobre 1896

HéMORRRHAGIBS dans la YULYO- vaginite des PEflTES FILLES

M. Comby. — Parmi les vulvites et vulvo-vaginites des petitesfilles, les unes sont dén*uées de toute spécificité et relèvent d'un microbe banal comme le streptocoque, le staphylocoque on le colibacille ; les autres sont spécifiques et reconnaissent pour agent pathogène le gonocoque. Les premières n'ont aucune gravité ; les secondes sont tenaces et fertiles en complications. En efl*et, elles ne restent pas cantonnées à la vulve, elles progressent par Turèthre vers la vessie, et par le vagin vers Tutérus, les trompes, le péritoine. Trois fois, cette année, j'ai été appelé à soigner, à l'hôpital, des filliettes de 2 ans \ /2, 6 ans, 8 ans, qui présentaient des hémorrhagies vulvaires inquiétantes.On avait d'abord fait le diagnostic de métrorrhagie ou de menêtruation précoce. Mais un examen attentif permettait de redresser cette erreur. Et d'abord, l'hémorrhagie avait succédé à une vulvo-vaginite, avec pus épais, empesant la chemise. Ensuite, quand on çcartait les grandes lèvres, on voyait que l'hymen

était intact, que le sang ne venait pas du vagin. On apercevait, au niveau du méat urinaire, des bourgeons charnus, très vasculaires, qui saignaient au moindre frottement. En enfonçant une sonde au milieu de ces bourgeons, on pénétrait dans la vessie. Il s'agissait donc d'une métrorrhagie compliquant la vulvo-vaginite. Des irrigations au permanganate de potasse à 4 p. 4000, des cautérisations au nitrate d'argent (solution à 4 p. 50) permirent de guérir rapidement et la vulvite et rhémorrhagie. L*accident n'eut aucune suite fâcheuse.

Sous le nom de prolapsus de Vurèthre chez les petites filles^ mon collègue M. Broca avait signalé des faits analogues, et, dans quelques cas, les cautérisations n*ont pas suffi ; il a fallu intervenir chirurgicalemenl pour remédier à un prolapsus volumineux et irréductible.

iiftctOLOGiB. — M. le docteur l.-M. Gwosdew, professeur émérite de médecine légale à la Faculté de médecine de Kasan.

NOMINATION. — M. le D' Beline est nommé professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de l'Université de Varsovie.

LB GRAND JURY DR NRW-TORK

Le grand jury de New-York vient d*étre saisi de révélations scandaleuses sur le trafic de cadavres qu'auraient organisé les fonctionnaires de la Morgue. Ceux-ci tirent, paratt-il, 50.000 dollars par an de la vente, aux médecins, des corps non réclamés. Les corps étaient expédiés sur tous les points des Etats-Unis, et telle est Textension qu'avait prise ce funèbre négoce que de véritables ateliers d'emballage étaient annexés aux bureaux des fonctionnaires accusés.

{Le Temps.)

BXBRaCS ILLÉGAL DR LA MfiDRQNR

On se rappelle qu*un sieur G..., directeur d*un institut curatif à Marseille, avait été poursuivi pour exercice illégal de la médecine et escroquerie. Le tribunal correctionnel Tavait acquitté sur le second chef et condamné sur le premier à 3 mois de prison et

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500 francs d'amende. La cour d'appel d'Aix vient de le déclarer coupable sur le chef d'escroquerie. On s'attendait à voir par là la peine augmentée. Hélas ! c'est une des surprises de la justice ! Reconnu plus coupable^ il bénéficie de l'amende et n'est plus condamné qu'à la prison !

Relevons encore le jugement du tribunal de Confolenç. Une matrone condamnée à 4 mois de prison et 400 francs d'amende pour avoir estropié une de ses clientes (inversion utérine en extrayant le placenta)! (Gas. hebd.)

LBS CAIAMàN-CHIMAT £T LB TZIGANE BIQO

Dans un entretien avec un reporter la princesse montre à celui-ci son bras déjà tatoué d'un serpent qui semble s'y enrouler comme autour de celui de Gléopàtre. Grande mode anglaise et américaine. Symbole aussi, comme elle prend la peine de l'expliquer. « C'est l'emblème de mon amour éternel pour mon Jancsy ! »

Au-dessus du serpent un autre tatouage reproduit la couronne ducale des Caraman-Chimay.

« J'ai reçu des nouvelles de mon mari, a dit encore la princesse. Ces jours derniers, comme chaque année, il a donné à Chimay une très belle fête. Et savez-vous qui en faisait les honneurs à ma place ? Ma mère I Oui, ma mère ! Ne vous étonnez pas. Ma mère est une excentrique I » Textuel. (Le Temps.)

im MÉDECIN BNCTCLOPfiDISTB

Il n'y a pas fort longtemps qu*est mort à Ostende un médecin encyclopédiste, peu connu en France, mais dont le nom ne doit pas être oublié, M. le D' Ernest Faligan, originaire de l'Anjou.

Licencié en droit, docteur es lettres, docteur en médecine, — n'ayant qu'un doctorat, sinon une licence, de moins que notre maître Alglave — il avait étudié 'en outre l'histoire et les langues étrangères. Sa thèse de doctorat es lettres, en français, a pour titre : La légende de Faust chez tous les peuples et dans- tous les siècles; sa thèse latine, Marlowe, n'était pas beaucoup plus facile à mener à bien ! Il les soutint toutes les deux à «cinquante-cinq ans I — Il a écrit aussi des romans, dont le Cadavre de la Maison blanche, publié par le Soleil, et une foule d'articles d'histoire, de philosophie et de finances. — Il n'avait qu'un défaut : il était fou. — Avis aux modernes encyclopédistes. (Progrès méd.) M. B.

Le Gérant : A. STORCK

LYON. — IMP. A. STORCK, 78, RUB DE l'HOTIL-DB-VILLB

DE CRIMINOLOGIE

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