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ET DE PSYCHOLOGIE NORMALE ET PATHOLOGIQUE EXISTENCE DU LIBRE ARBITRE

Râle limité de la responsabilité morale comme critérium de la criminalité et de la répression pénale. — Attributions de la justice humaine. — Fondements et but de la répression.

Par le docteur R. Pailhas, médecin législe, médecin-adjoint de l'asile d'aliénés d'Albi.

Au dernier Congrès d'anthropologie criminelle tenu à Genève (août 1896), au cours d'une séance où la question de libre arbitre et de responsabilité s'engageait, plus brillante que lumineuse, Féminent président van Hamel (d'Amsterdam) proposait plaisamment qu'un Congrès fût tout entier consacré à la discussion de ce thème, assuré même qu*on ne l'épuiserait point. C'est qu'en effet ce champ est vaste et se trouve encore élargi par le nombre considérable des doctrines et des convictions personnelles en cette matière obscure.

Il n'est point cependant, en dehors de ces côtés spéculativement attrayants, de sujet plus important au point de vue pratique^ puisqu'il constitue, encore de nos jours, la base du droit de punir et que ce vieux dogme, toujours vrai, du libre arbitre et de Timputabilité morale, se trouve menacé, combattu par l'Ecole anthropologique italienne, laquelle admet que l'homme n'est point libre dans Taccomplissement de ses actes bons ou mauvais.

En présence de cette évolulioa extrêmement importante s'indiquant sur le terrain criminaliste, tout observateur ami de l'humanité doit s'efforcer d'apporter sur ce poiut son contingent d'études et de réflexions : et tel est le but de ces quelques lignes.

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L'homme n*a-t-il point son libre arbitre ? A qui le demander sinon à Thomme lui-môme ? Or de par une aulo-observation dépourvue de tout apriorisme, il est aisé de se rendre compte que l'homme normal, en état de pleine activité mentale, a en lui-même l'impression, la conscience qu'il peut résister ou acquiescer aux sollicitations qui le portent au bien ou au mal, comme aussi au beau ou au laid, au bon ou au mauvais, etc. Ce sentiment de la liberté morale qui constitue chez l'homme un sens supérieur h côté du sens moral, qui fournit non plus comme le premier l'impression de sa liberté d'action en présence du bien et du mal, mais l'appréciation de ce bien et de ce mal, à côté aussi du sens esthétique d'où découle la notion du beau et du laid, des sens de vérité, de justice, etc., ce sentiment de la liberté morale, avous-nous dit, est un attribut naturel de l'organisation de l'homme, bien susceptible d'être développé par l'éducation, mais qu'il serait faux de rapportera l'éducation seule.

L'expérience, l'observation vulgaire démontrent suffisamment combien le sens esthétique et le sens moral restent réfractaires à toute culture, si déjà ils ne préexistaient point à l'état de germe naturel, comme cela se rencontre dans ce qu'on a désigné très justement sous le nom didiotie partielle du sens moral (Maudsley) et qui peut être de même appliqué à l'absence ou à la faiblesse des sens supérieurs et parmi eux au sens de la liberté morale.

Ainsi donc le libre arbitre fait normalement partie constituante des attributs naturels de la mentalité de l'homme, dont elle suit les progrès, les oscillations et les déclins. Nous le sentons agir en son entière indépendance, au milieu des sollicitations disparates qui le provoquent, des épreuves que notre raison lui oppose, faire à son gré prévaloir telle détermination consentie par avance ou toute autre différente ou contraire momentanément offerte par l'esprit.

Or, peut-il se faire que cette liberté morale dont l'homme a si

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