QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LR CONGRÈS DE GENÈVE
tout cela je voudrais qu'il soit bien entendu que je ne m'oppose même pas tant à la dénomination d'anthropologie criminelle, quoique je ne la considère pas comme rigoureusement exacte» qu'aux découvertes et aux théories qu'on a fait passer sous ce titre.
Il est très naturel que j'aie soulevé au Congrès de Genève les colères des fondateursde la «nouvelle école ». C'est eux qui dominaient là. La claque de l'assemblée et des tribunes leur donnait de Tentrain. Et ils étaient arrivés à Genève avec l'intention évidente de reprendre d'assaut par Taudace les positions scientifiques perdues dans les luttes de la polémique. La majorité des juristes de tous les pays écoutaient observant, comme on l'a remarqué justement, une réserve quelque peu boudeuse, et ne parlaient pas. Donc, ce sont les fondateurs de la « nouvelle école » qui avaient beau jeu. Et ils ont profité pour anéantir, aux yeux de leurs adeptes, tout commencement d'opposition scientifique.
Mais ce qui m'a paru excessivement piquant c'est la philip. pique dont j'ai été l'objet de la part de l'abbé de Baets. Ce que me voulait ce révérend ecclésiastique — j'avoue franchement que je ne l'ai pas bien compris. Quel est l'anthropologie criminelle qu'il a défendue contre moi avec tant de zèle? Si j'avais affirmé l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, la présence du libre arbitre dans Thomme, — je comprends qu'alors l'abbé de Baets, avec son engouement pour la « nouvelle école » qui fait si bon marché de tout le passé philosophique de l'humanité, eût eu pleinement le droit de m'attaquer à grands mots et à grands gestes, comme cela s*est passé maintenant sans raison suffisante. Mais je n'ai touché à aucune question abstraite. Je parlais au nom d*un positivisme réel, qui ne base pas ses doctrines sur quelques observations superficielles et sur des prétendues découvertes, et au nom de la logique scientifique qui s'égare dans ce dédale de conceptions et postulats puisés à différentes sources sans aucun lien synthétique propre à toute science.
Mais peut-être l'abbé de Baets tient-il à accomplir les fonctions de son auguste ministère plus souvent que cela ne lui arrive maintenant, sous l'empire de nos idées juridiques surannées qui admettent trop de tendresse, comme l'affirme la « nouvelle école », pour les malfaiteurs? Peut-être veut-il