‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 10 sur 70 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

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m T^IEO, LES GOCUH ET LES BELLE

OBAVEURS ET PBIMTRBS

Daniel Horthemels, originaire de Hollande et fameux libraire de Paris dans le dix-sepiième siùcle, eut, de son mariage avec Marie- Anne Cellier, trois ûls el trois ûiies. L'un des fils, Frédéric Horlhemels,se distingua comme gntTeor.Pour les trois sœurs Horlhop melsydont TespritètaU très-oméf elles se partag^renlentre la coltare des lettres et la pratique des arts. L*alnèe épousa Nioolaa- Henry Tardieu, graveur ordinaire du roi ; la seconde, Gbarles-Nw colas Cocbin, graveur du roi; la troisième , Alexis-Simon Belle, peintre ordinaire du roi. Ce sont donc ces trois sœurs qui, artistes elles-mêmes, sont le lien entre les artistes des noms de Tardieu, de Cochin et de Belle. On s'est proposé de réunir, dans la présente notice, les documents qui se rapportent à ces noms; on l*a fait pour conserver quelques notions biographiques, qui tendent à s'effacer chaque jour, sur des existences modestes dont plusieurs sont néanmoins parvenues à la célébrité par de persévérants travaux. On y a été principalement engagé par cette singularité de quatre familles n'en formant qu'une seule, qui a vu se rattacher à elle par des alliances plusieurs autres noms bien connus: les Chéron, les Rousselct, les Duvivier, les Aveline, les Saint-Aubin, etc., el qui s'est vouée aux arts pendant deux cenisans.

L'auteur commun des graveurs du nom de Tardieu est Nicolas Tardieu, qui, de soa mariage avec Narie Hénin, eut, dans la seconde noilié du dix septième siècle, quatre ûU; savoir: Charles,— Claode, — Jean, — * Nisolas-Henry. De chacun des quatre frérti tint deseendua plaatenrs artistes*

pRtMitRE BRAïfCHiî. — Charles Tardleu, père de Jacques-Charles. Celui-ci eut pour fils un graveur; pour pelU fila et arriére -petit* fiU, deux archiiecies. On eût dôsirA avoir des renspîgnemenlspliis précis et ne pas s*ea tenir à une indication si abrégée.

SacoNDE BRANCHB. — Ciaudd Tardieu, père de Pierre-Joseph. Celui-ci fut marié deux fois et eut vingt-six enfants ; cinq du premier lit* vingt et un du second.

Parmi les enfants du premier mariage de Pierre-losepb, trois furent artistes : 1* Jean-Baptiste -Pierre Tardieu « né à Paris en ' i746,mort le 18 septembre 1816, et qui fut le premier de son nom à porter le titre de graveur géographe, qui s'esl si honorablement transmis dans celle ligne de la famillp ; i' Pierre-Alexandre Tar^ dieu, graveur; 3° Aoloinc-François Tardieu, ou Tardieu de TEstrapade, graveur géographe (Nous allons revenir sur ces deux derniers). Parmi les vingt et un enfants du second mariage de Plcrro-^oseph, deux furent artistes : 1* lean-BaptIsIe Tardiea, gmmr fféographe;îl était nàen 1768 et mourut le 34 décembre 1837; 8* Louis Tardieu, graveur, qui, incarcéré en 1783» péril dans les prisons lors des massacres de septembre.

PUm^AkxMdn Tarais», graveur dliisloire et de portrait (flls di Pierre- Joseph), né à Paris le 1 mars 1788, mon * Paris 1è 8 août 1844, membre de Tlnsiitut. Cel artiste a éié le dernier à conserver, dans noire temps, la ira liiioa (qui éiail pour lui une tradition de famille) de la brillante écule de gravure des dix septième cidix-huiiième siècles. Ses travaux embrassent une périude de près de soixante et dix ans, et il est à remarquer que plusieurs de ses plus beaux portraits sont antérieurs de plus d'un demMièelo 8 sa mort. Après avoir signalé la diversité de seé œuvres de losto nalurotll.llaottl Bocbetie (éloge historique prononcé le 8 mai 1847 dans la séance publique des cinq académies) se résume en disant que les grandes planches de ce maître sont de très-bons ouvrages, §t que presque toutes les petites piëcea sont des chefs-d'œuvre. Parmi les travaux d'histoire dans lesquels Pierre-Alexandre Taréieo.a surtout montré le talent qu*il avait de s'identitler avec cba* que peintre» de reproduire le caMlèiOt lo aiyio 81 Jaif8*4 foM

pIlidM^^é d0 1& eoMpOsHfoh ôriginale , les eohnftlssèili^ iê H^^ pellenl notammeat le saint Michel diaprés RaphaGl, le saint léféiftê dn Dominiqnin, U ludilh d*Allori, Rath et Boos d'Hersent. Parqui les pièces de moindre dimension ^ les portraits rfprèsentant Henri IV, Voltaire, le comte d^Arnndel, Christine, Charles Stanislas^ Napoléon r sont cités par M. Raoul Rochelte comme les plus célèbres.

D abordélèvedeson oncle Jacques-Nicolas Tardicu, Pierre-Alexandre le fut ensuite de Wille ; il eut pour élève, à sou tour, M. Boucber- Heanoyers. Pour les détails de cette longue vie, que le travail a ititplie loflieitttère» on peut se reporter à la notice eîiAe plus hMiidioa laquelle M* Raoul Roebette a rendu èloquemment jns* tiee et à Pierre-Alexandre Tardien et aux artistes de son Bom' qui favaisnt devancé, et à cette espèce de noblesse héréditaire qui a été le privilège d*uD certain nombre de famiUes dans ies arts.

Ântè^-Phmçoîi tardîên, ovt fardieu éê tBslrapade, sftili H^-

pelè du nom de la place où il avait son domicile. Né à Paris le 17 février 1737, mort à Paris le U janvier 1822. C'est lui surtout qui donna à Tart tout spécial du graveur géographe une graade noubil|té(l).

Les deua fils d'Antoine^ranfois ont snivi la carrière de leur père. L*alné,ll. Pierre- Antoine Tardien, est auteur de nombreuses planches de' géographie et de divers autres travaux dbtingués.Ila épousé otie deitidiselle Saintr Aubin qui appartieat àla fluRitti ia

graveur de ce nom.

Le second fils d'Anloine-François fut Ambroise Tardieu, qui a beaucoup produit, tant comme graveur géographe que comme graveur de genre et d'histoire. Ké à Paria le 2 mars i7M> U est mort à Paris le 17 Janvier 1841.

(i) Il était filleul de son onde Pierra^Fra&«oia Tardieu, graveur,

dont il va être |)arl<^, et pendant «^a jeunesse il signa nombre de ses

Taoïsiivi BRANCHB. — Jean Tardieu. 11 eut pour fils rarliste d-tprès :

Pierre-François Tardieu^ graveur d'histoire et de genre. Né vers 1714, mort àTàge d'environ soixante ans. Il était élève de son oacle, Micolaa-HeDry Tardieu ; les biographes le mentionnent notamment comme auteur de deux belles gravures d'après Rubens : le lugeinent de Pâris, Persèe et Andromède. 11 a beaucoup travaillé aux gravures des Fa^la de ta Pontainê d'après les dessins d*Oudry«

Marie^Anne RùutêàUtt femme de Pierre-François Tardieu (laquelle était de la famille de Gilles Rousselet, graveur^ et de Jean Housselet, sculpteur, tous deux académiciens^, a fait plusieurs gravures d'histoire et de genre. Elle était née à Paris en 1733 et est morte en 1826 à quatre-vingt-treize ans; son saint Jean-Baptiste, d'après Vanloo, est daté de 1756.

La sœur de Marie-Anne Rousselet s'occupa aussi de gravure; elle a signé Magéeiaine Th. RtmueUt un grand nombre de planches d'histoire naturelle.

QuATaiiMi MANCBB. — Nicolas-Hcnry Tardieu. A cette branche se rattachent les artistes^ graveurs et peintres qui ont porté les noms d'Horthemels, de Cochiny de Belle. C'est par les Horthemels que nous commencerons.

Frédéric Borlhemélê^ graveur, fils de Daniel Horthemels et de sa femme Marie- Anne Cellier, frère de H"** Tardieu, Cochin et Belle (dont il est indiqué comme le cous'n par Bazan, comme lo

pére par Watelet). Il naquit à Paris en selon le dictionnaire de LevesquC; vers 1680 selon Feller. Il a beaucoup et habilement gravé d'après les Vénitiens. La date de sa mort est restée inconnue.

Marie-Anne Horthemels, graveur. Née à Paris en 1682, elle était veuve de Germain Lecocq^ écuyer, lorsqu'elle épousa, le iO octobre 1712, Nicolas-Henry Tardieu.

Cest elle qui était Falnée des trois sœurs. Le plus souvent» elle si-

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gnait ses planches Jlfane Borlhenuls. Sur trois de ses meilleurs portraits, ceux du cardinalde Bi8sy,du cardiual deRohan etdu Régent, éliea sigDé le premier Marie-Hyacinthe, les deux autres Marie seulemeDt. Ce qui a dû jeter du doute sur rattribotion à faire à telle ou telle des trois sœurs, des gravures signées Marie Horthemels sans antre désignation, c*est que le prénom Marie appartenait non-seulement à M*" Tardtea, mais à sa sœur M<"* Belle, et que son autre sœur M'"^ Cocliin, comme pour ajouter à la confusion, a sou\ent pris sur ses gravures ce môme prénom de Marie. Aussi, plusieurs biographes ont-ils donné laniôt à M"'" Cocliin, tantôt à M"" Belle, des gravures qui étaient Tœuvre de H'°*' TarJieu. A ce sujet, on fera remarquer que le portrait du Régent diaprés Santerre, signé Marie BarUieméls^ 1716, porte au bas qu*il se vend ehe% elU^ rm Sainl'Jacguest au Mwcenas; le portrait signé Marie-Hyacinthe, qui fut gravé à la même époque, est également indiqué comme se vendant au Mœcenas. Or, il est constant qu'à cette date de 1716, la maison du MsBcenas éiail le domicile commun de Nicolas-Henry Tardieu et de Marie-Anne Horihemels sa femme. Cette circonstance est donc de nature à trancher la question : c'est bien à M'"** Tardieu qu'appartiennent les pièces signées Marie ou Marie-Hyacinthe Horthemels.

Le 24 mars I7i7, M.-A. Horthemels est morte à Paris, à Tége de quarante-cinq ans. Voici son acte de décès extrait des registres de Saint-Benoist :

a Le 25 mars 1727, dame Marie-Anne Horihemels, âgée de quarante-cinq ans, épouse en secondes nopces de M. Tardieu, graueur du roy, décéUée le jour précédent rue Saint-Jacques, au Msecenas, a été inhumée aux Charniers en présence de Germain-Jacques Lecoeq son fils, et de messire Denys Bizot, prêtre, docteur en théologie de la Faculté de Paris, son cousin, qui ont signé, et aultres. « Signé Germain Jacques Lecocq (t), Bizot, Frédéric Horthemels, CemiainLecocq,Cbarles-NicolasGochin,Tardieu»GeUier,Pouparl.»

(I) Germain-Jacques Lecocq, peintre, était né é Paris le 9 fé^ Trier 1709; la date de f^on décès est incounne. Un tableau de aainte Marguerite, peint par lui» a été gravé par Gochin fils.

lQiiÊ(m»1MÊlÊki$M9rUÊimiU, graftvf^ nAt I Paris to IfH. I|e

10 août 1713, elle épousa le graveur Charles-Nicolas CocUinj suivaDt acle dont voici les termes :

u Extrait du registre des actes de mariage de la paroisse Saint- BCQoist pour Tannée 1713.

« Le 10 août 1713, ua ban publié sans opposition dans ceUs psloisia SI eells de Saioi-Eosiacbe, vu la dispense des deoi suivis tsco|4At en rsrebeoéehè en dslte dn 7 dn présent insinvés ledit jeuri et après gue les témoins loussîgnés noos ont eerlifies qae les snsnoHiinés sont libres à contracter mariage , les fiançailles eélélirées le jour précédent, ont été mariez Charles-Nicolas Cochin, graueur, fils de Charles et de feue Mane-Marlhe de la Forge, demeurant rue Monimartre, paroisse Saint-Euslache , et Louise- Uadclaine Horthemels, fille de feu Daniel et de Marie- Anne ÇelUer, de cette paroisse, rue Saint- Jacques; ont été témoins pour k marié son père déclaré» rue ]loplmsrtre«et Claude de la FqrgOi nia|tre peintre, son oncle, demeurant rue du Four, paroisse Ssiut- Sttlpiee (1), et Charles Ducbesne, peintre de H"** la docbesse de Çerry, demeurant rue Boyale, paroisse Salut-Roch ; pour la mariée, madame sa mère, Nicolas Tardieu son bcau-fiére,griveur en taille doure cl agréé de l'Académie royale , paroisse Sainl-Severin, et l^aniel Uorihemels, libraire^ demeurant rue Saiut<Jac(lue& de celle paroisse, et ont tous signez :

« Charles-Nicolas Cochin, Madelaine*Louise Horthemels, Charles Coebin (S), de la Forge, Varie- Anne Cellier, D. BonhemeU, Nicolss Xardîeo, G. Cellier, Marie-Nicolle Horthemels, Frédério PorUtemels. »

La plupart des gravures de Louise-Madclaine Horthemels sont ^g^^es Marie-Madelaine ^ d'autres sont siguées Madflaim seule-

(I) Maître peintre t c*est-à-dire reçu dans la communauté des peintres et sculpteurs, qui était la démocratie de Tari comme Içs académiciens en étaient raristocratîe*

{%) Charles Cochin èiait peintre. 11 figure avec cette qualité dans Vacie de bapiSme de Charies-liicoLas (;ochiu his, dfcwè itt Trier

ment. Voiei Tindicalion de quelques-uns de tes ouvrages: Mereure SDnonc4int la paix aux Muses, plafond du balon de la roine à Vevv sailles, Miche) Corneille filius pinxii; M.-Magd Horlhemels^Spontt Ch.-N. Cochin,sculp. — Entrée de TAmour et de la Richense dans le Mlet des Hooet de ^mteliej Car« Coypel pimil; Magd. Bor» (beineU Cocbin seulp. — Pénélope an milieu de ses fenimee. mm Aapaaie disputant avee les nhiloaophet. «—Saint-Philippe tMtpUsant Tennuque de la reine Candaee. — Iphis^énie. — Le Triomphe de Flore d'après le Poussin. — La Francho-Gomiù conquise pour la seconde fois» Le Brun pinx.; M^gd. Horlliemels se. — Don Quichotte, la Charmante Calin^ le Chanteur de cantiques, d'après trois dessins de Cocbin fils. C'est M*»^ Cochia qui a terminé au burin la grande gravure exécutée à Teau-forte par son fils> diaprés le tableau de Pannini: Feu d*artifice tiré en 17i9 à Rome sur la plaeo Havone. C^est elle également qui a terminé au burin plusieurs d^ grandes pièces commencées par son mari d*après les peintures de Téglise des Invalides. Placée par le jugement de ses contemporains au nombre des bons graveurs français, M'»'' Cocliin joignait à la science du dessin une louche hardie et spirituelle. Elle mourut le 3 octobre i767, dans son logement aux galeries du Louvre* Nous donnons ici son acte de décès extrait des registres de Saiot- Germain-rAoxerrois :

« Le dimanche 4 octobre 1767, dame Louise Madelaine Horthemels, âgée d'environ quatre-vingt un ans, veuve du sieur Charlea Nicolas Cochin graveur du roy cl de son académie royallede peia* ture et sculpture, décédée d avant-hier à sept heures du soir aux galierios du Louvre, a été inhumée en cette église en présence de Charles-Nicolas Cocbin, écuyer, chevalier de Tordre de Sainl» yiehel, aecretaire de VAoadènûe royaile de peinture et sculpture» aea filt^ de sieur Clément Louis Marie Anne Belle» peintre de ladite eeadémie, de M* Antoine Alexis Belle avoeat au psriement» eoii» aeiller du roy, commissaire au chfttelel de Paris, de sieur laoqneu Mieolas Tardieu, graveur du roy et de ladite académie, et de M' Charles Benoi^t Bareau procureur au parlement de Paris, ses aeveux.

«BifièCeelifaiyTlvileu, Belle, Bavera il Bette, a

MarU'îiicoUe BorihmelSy gravenr et peintre, femme d'Alexis- Simon Belle, née à Paris le 17 octobre 1689 Nous reproduisons, à cause du nom du parrain, Tacle de baptême exlraii dea regiairei de Sainl-fieDoist :

« Maria NiooHe, fille de Dtniel Hortbemels marchand libraire à Paria et de Marte Aoae Cellier sa femme» née le 17 octobre îW^^ a été bapiisèe le 19 dodit mois; a éié parain Hyadntbe Rigand

peintre du roy, et Maraine NicoUe Chaud, fille, a Sigaé Rigaud, Nicoiie Chaud, D. Horibemels. »

Bn i7iS, Marie-NicoUe Horthemela épousa Alexis •Simon Belle* La date de sa mort est inconnue. On sait seulement qu'elle vivait encore en 1745.

Comme ses sœurs, Maric-Nicolle Horthemels gravait. Elle signait ^ habilucllemenl de son nom de dcnioiselle avec les iiiili .les de ses -prénoms (M. N.) en monogramme. C'est ainsi qu'elle a signé notammenlles porlraiis de Jacques lil et de Tabbé François Gaultier, gravés par elle d après des ublcaiii de son mari. Elle-même, depuis son mariage, s*occupa de peinture et se distingua dans le portrait.

Nous devons maintenant passer à ce qui concerne les maris de ces trois sœurs.

Nieolas*Henry Tardieu, graveur oréînsire du roi (quatrième fils de iNicolas Tardieu), né a Paris le 18 janvier 1074, élevé de Lepautre, puis de Gérard Audran cl de Beiioil Audran.

Dans une note manuscrite de C. N. Cochin fils, qui a dû être rédigée vers 1775, nous lisons : «Nicolas-Henry Tardieu naquit à Paris, en 1674, d'une famille bonnéte ; son père se nom mail Nicolas Tardieu> et sa mère Marie Hènin. N.-H. TArdieu s'appliqua de bonne heure aux arts^ premièrement dies M. Le Pautre, graveur d'architecture qui lui donna les premiers principes de son talenL Be là it passa dans Técole de VM. Audran^ où il prit le bon goût de gravure qui se trouve dans tous ses ouvrages. Il se fil estimer de ces messieurs, et ce fut l'un d'eux qui le retint auprès de luy àL\0Q Icsqu'il ^tait en chemin pour aller en Italie se toriiiier dans son art par l'étude des eiLceiienls morceaux, de peinture et de scuJp-

In

tore qui s*y trouvent , et particulièrement à Borne. M. Tardien ayant travaillé à Lyon quelquea années sous les yeux de M. Aa« dran, reviot à Paria* où ii grava nue Appariiioo de Jétua à Madeleine d*apr68 M. Berlin. Cet ouvrage le fit cooDallre de Coypèl, alors premier peintre du roy et de H. le duc d*0rléans Ce peintre lui eonila à graver plusieurs morceaux de la grande gallene qii*il a peinte au Palais-Royal; ces ouvrages méritèrent à M. Tardicu a'ôire agréé à l'Académie royale en 1713. 11 y fui reçu en 1720 sur le portrait gravé en grand de M. le duc d'Antin d'après M. Rigaud. M. Tardiea fit voir, par cet ouvrage, qu il était égalemeot capable de graver le portrait et riiiaioire; cependant» il grava plus ordinalremeot dans ce dernier genre.

« Cet artiste eut part aux travaux considérables qui se sont

faits de son tems: tels furent le grand ouvrage du sacre de Louis XV qui fut gravé pour le roy, la gallerie de Versailles de l'histOire de Louis XIV, qui parut il y a environ trente ans, et le recueil îles tombeaux historiés des hommes illustres d'Angleterre, d'aprôs des dessins italiens et français. M. Tardieu fut aussi recommaudable par ses vertus que par ses talens. Il travailla jusqu'au dernier moment de sa vie avec une assiduité et une promptitude qui ont peu d*exemple8. M. Tardieu n*a pas eu d*aulre titre que eelnl d'académicien. 11 est le premier de son nom dans les arts. »

En i 708, Nicolas -Henry Tardieu avait épousé Louise-Françoise Aveline, de la famille du graveur de ce nom, et qui était veuve de Laurent Baron. Dans son contrat de mariage avec N.-H. T.irdieu, Louise-Françoiie Areline fit insérer une dauae qui mettait à la charge de la future communauté deux enfants nés de son premier mariage, et il fut ijoaté : a Promet ledit futur époux de montrer et enseigner anxdiis Bernard et Laurent Baron ton métier de gru'^ «eaf. » Cet engagement, pris avec bonhomie pardevant notaire, fut tenu à l'égard de l'aîné, le second étant mort fort jeune. La noie de Cochin citée plus haut porte que « Bernard Baron acquit le talent de la gravure par les leçons de son beaupére^et mourut à 1 âge de soixante ans (vers Tan 1704) à Londres, oU il s'était distingué par plusieurs bons ouvrages^ notam-

ment |>ar un portrait à cbevol d'un roy d'AQgleterri à*^fH Vta-

Dyck(l). »

N.-H. Tardieu, devenu veuf en 1708, avait contracté, le 20 octobre 1712, un second mariage avec Marie-Anne HoribemeU. U mourut k P«rU le $7 jeovier t74d. Se» pleocbee loni epprédéco WPloot pour la vari6i6 des travtox, U liberté de le touebo et Telf liaoce savante de la pointe ayee le burin« oe qol doaneit, aulvaiil Vexpresslon du sièele dernier, tant de ragoût à aet protlucliona. Ou retrouve tout l'esprit cl [ resque la couleur de Waiieau dans la pièce principale qu'il a faite d après ce mattrectqui est h\ connue •uus le nom du Grand embarquement pour CyllUre, Celle gravure est sans date. L'immense gravure en quatre pièces qu'il a exè^ Ctttée d*aprè» le plafond de Coypel (galerie du Palaia-Royalj est dat^ de 1717. Une nowcbelature asseaèieadoe des «uvrea les ploe îoiportantea de N. H. Tardlou est donnée dans le Mmnd des Ci^ HaijB et des Amateurs^ par Huber et Rost.

A l'époque où vivait N.-H. Tardten, les rues Saint-Jacques, Saint- Etienne du Mont, des Noyers, du Plâtre, de la Harpe, des Mathorins, du Four, étaienl comme le quartier général de la gravure. C'est là qu'à la faveur d'une enseigne plus QU moins achalandée, Il plupart des artistes vendaient eoa* mêmes leurs produits, naU naage auquel des maîtres très -éminents se conformaient. &n méato temps, quelques graveurs étalent logés aux Gobelins, ce qui fut notamment accordé à Gérard AuUran dans lea demiérea années de sa vie, et à Gérard Edeliock. 11 y avaii, en outre, sur Tautre rive delà Seine, les logements aux gakrks du Louure^ dont quelquesuns étaient donoès à des graveurs, et la liste dos artistes qui avaient Thonneur d'être ainsi logés par le roi, s appelait, comme on sait^ Liste des illustres. Voir celle de 177S publiée an tone 9e|e 10), éMÀnkim de VàH français (flecweiito).

(1) Sur Bf'rnard Baron, voyez le Manuel de l'Amateur 4VftaM«

Ses de Charles Le Blanc, 1, iSO- 1; mais nous coyons que les noms es peintres Germain Jacques Lecoeq« Charles Cochin, Claude de -la Forge, qui ont été cités dans le présent travail, tt*ootpaa éléjo^ MUkh mrésAiàt mABtÎMBéft lier les bioeraDhe^

»ii4«|it i^f«« 4ê qmaM tua* Tmp^Im 4IMi m ftff%-

ges rue Saini Jacqiies, au Nœceoas^ sous les auspices du elassique iprolecteur des Ulcnls au siècle d'Auguste, ^vant d'ôlre réuni aux illuslres des galeries du Louvre, Cochin père demeuraii rue Saint' Jacques, à renseigne de Cbarlemagne, avec U légende : QuU imt- Jor €ar0ki wui$no! C'est aussi rue Saint- Jacques qu'l^abiu QètuA Andfaa, à reatelfne à jemais glorieuse des Deux PiUm 4Vr«

lf.*V. Terdieu signait ses grawres HIe. o« H. Ttrdieo, oo Tavdieu père. Au uombre de ses élèves, on cite J.-N. Tardieu seo fils, P. -F. Tardieu son neveu, Laurent Cars el Ph. Lebas. Le portrait de Nicolas-Henry Tardieu, peint par J.-B. Vanloo,el qui est dans les galeries historiques de Versailles, a été gravé par Tardieu Als. Nous eonuplètons ce qui concerne Nicolas>Henry Tardieu en donnant ses lettres de réception à l*Àcadémie :

• ^Uendemie rayais 4$ iMinftire n ^ aptilplinv » établit par lettres patentes du roy vériiées en parlement, étant à présent aous |a protection de Monseigneur de Gondrin, duc d*Antin, gouverneur de i Orléanais, surintendant des batimens , jardins de Sa M^esté, arts et manulaclures de France,

« A imiê ctM«f ni eespréêe/Ues UUrei verront, salut. Le roy TOUr* lant assembler en un oorps eeux qui exeellent le plus dans kaarts de peintofêet seulptnre» a fait pluskura graeas àTAcadémit pour y attirer les plus habiles de ees professions ; mais, comme ees arls sont d*une grande étendue et que tous ceux qui s*y appliquent ne les professent pas dans toutes leurs parties, quelques-uns s'addonnans à des talens particuliers, lesquels il ne serait pas juste de priver des sssemblées où ils peuvent beaucoup profiter, même aider de leurs avis et exemples, TAcadémie a bien voulu y admettre eem qui réussissent le mieui dans les talens dont ils ont fait oboix. i m caiue$^ V Académie eonnaissant la eapaeité et anfHsanee éu tlenr H ieelaa Tardieu, gravour, né à Farls, pour les diveie on^rafèa a Ibita et spéoialemeni par le portrait de monseigneur, le dae d'Antin, quMl a gravé d'après Toriginal peint par M.Rigaud.qui luy avait été ordonné pour sa réception^ elle a reçu et reçoit ledit sieur Tardieu en qualité d'Académicien, pour avoir séance en ton- Ha laa aitambiéeii publiqueaatpartitttUéfas» y a&araar lea obacges

mqaellet il pourra être ey-après admis, et jouir des privi1ë{res, honneurs, pensions et préroj^alives allachez à cette qualité, à la charge d'observer inviolablemcnl les statuts et ordonnances de la compagnie, d'obéir et se soumellre à toutes les délibérations qui feront prises dans les assemblées : ce qu*il a promis en prêtant serment entre les mains de M. Coypel, premier peintre du roy et de S« A. monseigneur le doc d*Orlèans régent do royaume, direeteor et présidant aujourd'hui. En foy elle lui a fait expédier les présentes, signées des officiers en eiercice et contresignées par son secrétaire. A Paris, ce 29 novembre 1720.

a Sigué: Coypel, Van CJcvc, de Boullongne, Hallé.

« Par l'Académie, Tavernier. »

( Scellé en cire, du sceau de l'Académie, à i'efiigie du duc d*Aniin. )

Charlei'NitoUu Cœhin (habituellement appelé Coebtn pére), graveur du roi, mari de fiOuise-Madelaine Horthemels. Il était né à Paris en 1688, fils, comme il a été dit, du peintre Charles C.o-

chin. Apr6s s'élre or.cuj)ô d'abord do peinture, Charles- Nicolas Cochin se fil graveur el fui reçu acad^micion en 1731. Arlislc irèslahorieux,il avait un vif sentiment de rt-lTel et saisissait trèshabilement l'esprit de chaque maître. 11 traduisit souvent par la gravure les dessins de son fils. Au nombre de ses pièces les plus grandes et les plus belles, on cite le Bal maitqué de la galerie de Yersailles en 1745^ diaprés Cochin fils, et 1% Mariée de vitiage d'après Waitèau. Gh.-N. Cochin fut logé aux galeries du Louvre. C'est là qu'il mourut le 5 juillet I75i.

Au dix-seplième siècle, avaient existé deux graveurs du nom de Cochin, antérieurs à Charits-Nicolas. C élaienl Nicolas Cochin et Koël-R. Co bin, tous deux bés ù Troyes, en Champagne. Nicolas, né en 1619, mourut, à ce qu*il parait, à Paris, en tiMQ, NoOi R. Cochin (date de naissance inconnue) mourut à Venise en 168S. Il était Grére ou fils de Nicolas, et proche parent du peintre Charles Cochin. Pour Tindication d*un certain nombre de gravures de Nicolas et Noêl-R. Cochin, voir le Catalogue de la calcographie du Louvre. Voir égalementsur eux VAbecedario de Marieiie, I, 38â-3.

AUxis^'Simn BeUe^ peintre ordinaire du roi, portait aussi le tl^

tre de peintre du roi de Pologne et du roi Jacques III d'Angleterre. Il était fils du peintre Jean Belle et originaire d'une famiUe noble d^Ecosse. Alexis-Simon Belle naquil à Paris en 1674. U se mariâ deux fois, la première à Anne Cbèroo, habile peînire en minialnre, qui était fille do peintre Henry Gbèron et sœur d*Elisabelh«Sopliie Chérou«8i célèbre pour roniversaitté de ses talents (i ). Ce mariage eot lieu en 1701 , et le marié figure dans Tacte avec les prénoms Alexis Siméon. Dans l'acle de son second mariage, en 1722, Al.-S. Belle prend les prénoms Alexis-Simon ^ par lesquels il a continué d être désigné (2). Voici Tacte de mariage de Belle avec Jlarie- NieoUe Horihemels :

Eitrait du registre des aetea de mariage de la paroisse Siinl- Benoist pour Tannée 172i.

« Le huitième januier mil sept cent Thigt-deux, les trois bana publiés sans opposition dans eette paroisse et celle de Saint- Sulpice, vu l'extrait mortuaire d'Anne Chéron et après que les 16moins soussignés nous cm répondu de la liberté, du domicile et de la majorité des parties présentes, les fiançailles célébrées le jour précédent, ont été mariés Alexis-Simon Belle, peintre de S. M. britannique, de. r Académie royale de peinture et sculpture » veuf de Aune Chéron, demeurant rue du Four, paroisse SalnirSulpice, et larie^Nicolle Horibemels, fille majeure de feu Daniel et de Marie- Anne Cellier, demeurante rue Saint-Jacques. Ont été témoins pour le marié M* Pierre Lancesseur, avocat au parlement et aux conseils du roi, de cette paroisse au cloître, et M. Nicolas Vleughels, peintre du roi, demeurant rue des Fossés Saint-Victor, paroisse Saint-

(1) Elisabelh-Snphie Chéron se distingua dans la peinture, la gravure, la poésie et la m isique. Elle étaii membre de 1 Académie de peinture et sculpture. D*ArgenviUe, qui Tavait connue, disait en parlant dVUe et de M*** Dacier : « Qu*on voyait pour ainsi dire, dans ces deux illustres femmes, les traits de deux grandi

lioinmcs. »

(2) Toutefois, il existe encore une autre variante. La note sur Alexis-Simon Belle, publiée au tome II des Mémoires inédits sur Us numtm Ue tAcMmiit rappelle que les registres de ce corps don» aent à Belle les prénoms M ieolas-Simon-Alexii*

Vrédérie-Cuiuebê , Denjt Horlbemek, tons deut IH f1^ei« d« <stit« paroisse ei de celle de 5aiiifc-S€verm » c[ui oui toui signé et autres.

t Signé À.'ft. Belle (A. S. en monogramme), Marie-If icoUi Uorihemcis, Lancesstnr, N. Vleughels, Marie-Anne Cellier TtttVè dt 0. Morlbtinels» Prédérie Horlhenels, Denys Horihemëls, MioB^ las f ardl«Q, GharlM-lfloolas Coebili, G. Gellieri L A?eë» Qermàli

Klêvede deTroy père , Alexis-Simon Belle fut surtôtit renommé

dans le porirail. Reçu académicien en 1703 , il mourut à Paris le 21 novembre 1734. Son propre portrait, qu'il a peint en 1730 et qui est dans les galeries historiques de Yeisailles, a été gravé par Tardieu fils.

Vordre ctaroaologiqne mqs eoDddU ietoellemeiit I |»Hef dit troii tnlitea qui, à la seeoiide génêralioli, ontporiètODmmatIttM pèrei, le litre de graYenrs du roi ai de t»eilitre du roi, el tèlll tfoia siégé également à TAcadémie.

iacques-NicoUu Tarcf/ru, graveur ordinaire du roi.iils de Nicolas- Ëenry Tardieu et de Marie- Anne fioribemels, naquit à Paris le f septembre i1rl6. 11 fut nommé académiden ea 1749» ainsi qa^U résulte du brevet que voici :

« L*Acadèmie royale de peinture et de sculpture établie par lettres patentes du roy, vérifiées en parlement étant à présent sous la protection immédiate de Sa Majesté,

a A tous ceux (}ui ces présentes verront, salut. Le roy, qui dans rétablissement deTiicadémie de peinture et de sculpture s'est proposé ravancementde ces arts, considérant que la gravure est un des princâpaai moieoa etdeaploa utiles pour neltiplier et perpétuer les oiimgesde8habi1i»pelntre8etBeulptenndeeetteeomptgfile,abie& foulil y donner entrée par Tarticle 15 des statuts de t9$À aux esoellens graveurs, sur le jugement qui en doit être fait par les officiers de ce corps, à qui Sa Majesté a remis d'en examiner le mé** rite. A ces causes, l'Académie connaissant la capacité et suffisance du sieur Jacques-Nicolas Tardieu, de Paris, graveur^ par les divers

oavcagea qui! a Dûié et ipédalemeiit pat k$ poriraité.de MM* dft

ImnoBgoe t'atflè et le Lorrain, lesquels In! traient été ordonnée pear et réef ptioû, doat il t fourni lee planchée et ensemble let êpreuf ee, elle i reçu et recoU ledit tieor Ttrdiea en qualité d*ft* eadèmteîen pour tvoir sétbee en toulet tes ettenbléee palNi(|M' el ptrtîculières, et joQir des privilèges, bonueert et pr^rogeiiref aliribués à ladite qualité , à la charge d'observer inviolablemeot les slntuis et ordonnances de la compagnie etd*obëir el se soumet* Ire à toutes ses délibérations; ce qu il a promis el a prélé serment entre les mains de M. Coypel, éGuyer* premier peintre du roy, directeur et recteur de TAcadémie, en présence de rtttem* blèe. En foi de quoi elle lui a fait expédier ces présentée lettrée dgnéee dee oflUciers en exercice, scellées de son sceau et contresignées par ton teeréttire. Fait à Parie le vingt-cinquième jour dWebre de rannée mil tept cent quartnte-neuf.

« Signé Co^pel, Gallocbe, PigaUe. Visa Ctzet. « Par ràcadémie, Léplcié. a

( Scellé en cire du sceau de l'Académie, à Tedigie du roi Louis XV (1).)

. 9et fTAvaree de Iteqnee-Ifleolae Tardleo eont eitdee ea aalei grand eombre daae le JMStmiel én OteHetur il âa AmaieMn^ par la* béret Rott, et eette nemenelatore comprend dee mereeatix d*ltie«

toire ou de genre* gravés nolamment d'après le Guide, Le Brun, Resloul, Teuiers. La supériorité de J.-N. Tardicu fui peut-ôire en-* core plus marquée dans les portraits, soit de grande, soit de petiie dimeosion. Parmi les seconds, on indiquera notamment ceux dt ton |ière» d'Alexit-Simon Belle, da président Pierre ieanuiBf 4e ip* Ouboeafe. Ba tête des premiers» il faut placer le betd po^'.

(1) Nous avons reproduit ce brevet ^ cause des différences de têdtetion qui le distinguent de celui de Tardieu père. Parmi eee dUlérencet, nos leeteiim auront pu remarquer colle-ci ; dans le

t)remier brevet, il est qursiiun «tes privilèges, liouut'urs, pensioné et prérogatives de MM. les académiciens Dans le second, sur cCS

Quatre subsianiit's, il y eu a un i^uia Uisparui et ee a'était le misa sul)staAliel : Ica pcQâiUJis.

trait de la reine, diaprés J.-M. NaUter. — Jaequet-HiMlu Ttrdta

mourut le 9 juillet 1791 (1). Il signait ses gravures Jacques ou J. Tardieu, ou Tardicu fils. Voici quelques détails sur ses deux fem* mes» qui furent artistes toutes les deux :

Jeanne-Louûe-Françoise Duvivier, graveur, première femme de Jacques-Nicolas Tardieu. Elle est mentionnée par les biographes comme ayautgra?é plusieurs pièces. La date de sa naissance est iocoDiine. Elle est morle à Paris le 6 avril I76S. Son père et son frère, graveurs en médailles, membres de FAcadèmie et graveurs du roî, ont rendu le nom de Dnvivier célèbre. An siget deBnvivier père, voir la notice insérée au tome I*' des Mémoires inédiU sur Ut membres de L'Académie,

Bliiabethr4:tetir0 Tammay , graveur, seconde femme de laeqnee^

Nicolas Tardieu, naquit à Paris en 1731. Elle mourut à 49 ans, le 3 mai 1773. Parmi ses gravures on cite: Le Concert, d'après J. -F. de Troy ; la Marchande de moutarde, d'après Ch. Hulin; la Dame de Chariié, le Prêtre du Caiéchisme et la Vieille Coquette» daprèa Dumesnii fils; le Joli Dormir, d'après Jeaurat*

Ce ne sera probablement pas pour le lecieur une particularité insignifiante que ce nombre de femmes que noua avons en oeca» sion de ciier comme 8*élant dislingnéea dans les aria à oOlé de leurs maris. Noua en aurions pn augmenter encore la liste» car

(1) Extrait des registres de la paroisse Saint S^verin pourtTOl : «Le dimanche 10 juillet 1791, Jacques-Nicolas Tardieu, gravpur de l'Académie royale de peiulure ut sculpture, veuf de Louise- Françoise Duvivier en premières noces, et d'Elisabeth - Claire Tonmay en secondes noces, &gë de 75 ans, décédé d'hier rue du Plâtre, de cette paroisse, a été inhumé dans le cimetière de celte église en présence de Jacques Henry Tardieu fils atné, bourgeois de Paris, demeurant à Chaillot, passage Saint Pierre, de Jean- Charles Tardieu, aussi fils, peintre, élève de l'Académie de peinture et sculpture, demeurant rue du faubourg Saint-Houoré, paroisse de la liadi*laine de la Ville-Levesque, et de Jacques Delavi* gne, député à TAssemblée nationale, demeurant même maison dn derunt, et autres soussignés. Signé J.-H. Tardieu, J.-C. TamjUeUy

Deiavigne» B« Duvivier, Duvivier, DuviYier lils. »

Mi là une tmdlfioD Yemarqiiableiii«nt penistaiite dans les dl«>' Teraes hranchea de la fiuniÛe à laquelle cetio notice est consacrée.

CharleS'NieoUtt Cùchin fiUw lechewtUer CaeMn^ dessioaleur et gravear du roi, secrétaire perpétuel et historiographe de TAcailé* mie de peinture et sculpture. Il naquit ï Paris le 32 février 1715» du mariage de Charies-Nicolas Gochin avec Louise VadelalneHpribemels.

Cochin fils, célèbre par la ferlililè de son invention comme dessinateur, par son travail facile et par le nombre de ses œuvres, commença de très-bonne heure à graver. On connaît de peiiies pièces qu'il fit h. douze ans. Laborieui dans son cabinet, brillant dans le monde, écrivain exercé, le chevalier Cocb|n fat» jave^ Chardin, rinspirateur habituel des connaissances techniques de Diderot. Les appréciations de Cochin et de Chardin étaient prises en grande considéralion par Tingénieux critique ; il avait foi eni leurs opinions, et, lorsqu'il jugeait à propos de se les approprier, il n*avait plus qu'à les parer de l'éclat de son slyle imagé. Cochin avait élé chercher dans un rapide voyage en Italie ce qu'il lui fallait de science de vùu pour discourir agréablement sur les grands maîtres. A son retour, il avait publié ses notes en trois vola-> mes in-tS. C*est en majeure partie à cette source que Lalande a puisé rérudition qu*il déploie dans son grand ouvrage sur Tltalie^ relativement aux œuvres d*art, et il a constamment soin de s'appuyer, à cet égard, sur Tautorité alors décisive de Cochin (1). Au« jourd'hui celte manière de juger ne serait plus de mise, de môme que la manière dont Cochin composait et dessinait les sujets d'histoire neserait plus sans doute fortgoûiée; mais néanmoins, au milieu des erreurs et des préjugés de son temps, Cochin fils fut un artiste remarquable. Son ceuvre restera comme aidant puissamment à et^

(1) V. ce qui est dit de Cochin fils dans l'introduction des Mém, inédiu des membres de C Académie, V. aussi ce qui a été publié de Cochin an tome 11 de ces Mémoires, p. 409» et au tome 1*' des Àf*

rtflèriaer Ttrt fruftit 4êm !• di» b«Uî««i« iMt. BU« fens^ ai Caliio«l det elUm|iM« sis grof tokindi in folio con^mol cati* roD quinze cents pièces, parmi lesquelles abondent les portrnll% les ▼îgtteite«; cnls de lampe, frentispices, fleurons, ornements et tuirùâ m(^nus ouvrages toujours emprcinU d'une èlonnaote faci* lîlé el lôuchéâ avct infinimenl d'csprii; mais on y voil aussi de grandes pièces en nombre considérable. C'est Cociiin fils qui Mail le plus assidumCDl employé pour dessiner ou graver les événements de cour, baptêmes ou mariages , bals ou funérailles. Le CûUlogui Oi Vaum de Coanin /lu pat Umba t et celui de la calco- |Mpbit dn LôuYre lAdiqnetti beaucoup de tes grandes grivtiMi il dissembUblei pkr le <u)et« monumenu de Joie ou de douléuf» lliftlft tiui, InViflablemêtot, ponenl atl baA eetlt mention que In eèréfnofiie, ftoU i^nic, soil ifiste, ti à èlè condolle plir tt. Iltitendani ôl contrôleur général de rargcuierie, menus plaibirs cl affaires do 64 Majesté. »

t)aQ8 un temps où la conversation était un art qui pouvait, à lui Mal, mettre en belle position un babilc homme, Cocliin ôls fut rortde da salon dé H^^^ Ceoffriu etTftme des soupers quelle don^ Dàil àla àieilleure compsgttie de Paris, soupers si rechercbès plut pour 6e qui sV disait qi>c pour ce qu^on y mangeait* Cocbin fat annobit par teitrcs patentes du roi , dèoorè de l*ordre de Satn^ llicbel et logé aux ^[alcriesdu Louvre. Habituellement il signait ses ttuVrès Cocliin Ëques 11 mourut le 29 avril 1790 , sans avoir été mafié. Ses lilrcs divers (sauf celui d'bisloriograjiiie de l^Académie, qui lut avait èlë conféré en 1 «Soj «ont relatés dans son acte de décès que void:

« fixtraU du registre mortuaire de la peroisie 8iîoM2eniia2B-fAuxerrois pour Tannée 1790.

« Le vendredi 30 a\ril mil sept cent quatre-vingt-dix, Charles- Nicolas Cochiu, écuyer, chevalier de rorJre du roi, graveur et dessinateur de Sa Jli^iei4é en «on acadénie de pcifiiure et eeulp* ture, garde des dessins du cabinet du roi aux galleries du Louvre»

e i it i taift perfièittHdie I Académie de peinture et Mlpturg, eemirar Ngral H Membre de plusieun «eadèmiee» ganseat llgê d'catireâ toixania el dix-sept ans , décédA niir 4 ik iMim ék iMft mm

gtU^ries da lùvm » a ôté inliom^ w oeiio égUM en préienc» ta lieur Clàmnt-Uuis Harie-Aooe Bt Ile, peiolrc du roi,recleor tn 800 AeiMlèiuie royale de peioiurt e(sc«lplurc,8ttrio8pocleur dei oa* Trayee do la eooroDiie aax Goblios, ol de M« Aotoioe^Alcxit Belle,

avocaien parlcineni, conseiller du ru^, coiumi&&aire honoraire att CbAielet de Paris, ses cousins.

« &igoé Ci. BeUe, Boiie ei Tardiao. »

CLément-Liuis-Marie-Anns Belle, pcinlre du roi, né à Pans le

10 novembre 1722, fils d'Alexis-Siinon Belle el de Maric-Nicûlle Horlliemci:', élève de sa mère, puis de Letuoioc.Ea i743^Cl(^meot Belle tii le voya^îc d l4alie,el il resu dix ans dap& ce pays, où il se livra à Tétude la plus assidue des matires. Eu venu d*une auiori« saiîon spéciale du pape BcdoU XIV, Il prii an Vatican le calqua des l^les peintes par Raphadl dans les fiesques des Sian%e.S6n fila a fait graver et a publié un certain nombre de ces foc simiU ixt^ curieux.

En 1761, ClémenlBclle fui reçu membre de l'Académie, nommé professeur en 1765, reclcur en \l6b. Pendanl plus de Ircnie ans,

11 fut surinspecteur des travaux d'art aux Gobelins. Il est mon à Paris le 29 septembre 1806. Du de ses meilleurs tableaux, la Aéparation d^onc profanation des saintes bosties, a été Dût pour 1*6glise Salnt-Verry, où il est encore.

A la génération suivante, les noms de Belle et de Tardieu sont perlés par les anisies que vuici :

Augustin Louis Belle, peintre d'histoire, né à Paris en 1757, fds de ClôiMenl-Louis-Maric-Aiine Belle. Il fut élève de son père v.i de Yien. En 18ÛG, A-L. Belle succéda à son père dans la place quo celui-ci avait aux Gobelins. 11 est mort à Paris le 12 janvier 1841

Jean-Charles Tarrf/>i/, peintre d'histoire et de genre, habituellement appelé Tardieu- Cocliin.^à à Paris le 3 septembre 17G5, iils de Jacques-Nicolas Tardieu et d'Eiisabetb Claire Tournay. 11 lut élève de Regnault et profita des conseils comme de la bienveillante amitié de son parentle cbevalier Cocbin, dont il était eu quelque sorte le papille. 11 «si morlà Paria le 8 avril 1830. Àrtialo panioané pour

ce

■on art» ingèDiein dans aéi eompotitioiis, Jean-Charlet Tardiea exposa, a divers Salmis, des lableaax qui obiinreot on franc sac-

cès. La plupart de ces œavres sont dans les collections publiques; parmi celles qui ont été le plus remirquéeson peut citer : La Halle en Egypte, Jean Bart à la cour, la Conversion du duc de Joyeuse, TAveugle au marché des Innocents. Après ces quelques mots sur le talent du peintre^ rappeler les excellentes qualités de rbomme ee serait s*écarter du but de ce iravail, où Ton a Toula seulement rassembler des renseignements sur nn certsin nombre dVtistes. et sur leurs onvrages.

L*auteur de la présente notice n*a donc plus rien à ijonter, sinon quMl regrette de n*a?oir pas été encore plus succinct. Mais an besoin, c^est son nom môme <(ui lui servirait d'excuse. Se renfermer dans une rigoureuse concision n'est pas cho.'-e facile quand on évoque certains souvenirs, quand on retrace certains faits auKjueUOA est directement intéressé, iim$sUca facto.

Alemidie Taawe.

BISTES miOUES

EàNVOYÉS DE ROME AU CONNÉTABLE DE MONTMORENGT.

En même temps que le roi et les grands set goevrs oceopaient les srltstes iialiens, ils ne sinqoiélaient pss moins des œavres de Tan-

liquiié, et los extraits suivants en font une nouvelle preuve. Us sont pris du tome CCCXXl de la coUeciion de Gaigni^rcs, renferma'it des lettres du rarrimal d'Armaguac au connétable de Montmorency, celui qui iil bâtir Ecouen.

A la fin d*une lettre du cardinal en date du SO novembre IttM» on trouTO cette première mention de bustes antiques :

Monseigneur, le frère du feu conte Segond»

evcsque de Pavie,à présent gouverneur de cette ville» estant menioratif des biens qu ii a reçeus de vous et d'une promesse qu'il vous fisl estant en voslre maison, vous faict présent des deux bien grandes et belles testes de marbre: Tune de Sevenis.et Tantre de Caracalla» et les a mis entre mes mains pour les vous faire tenir, ce que je me délibère faire au premier retour des galleres à Marseille, si je ne puys mieulx par autre voye. Ledit s' evesque vous en escript et sa lettre sera cy enclose (p. 33 j.

Dans une autre Iettre,au8si écrite de Rome le dernier avril 1553 (1556), le cardinal d'Armagnac ajoute eo post-seriptnm:

Monseigneur, voyant que Mons^ deMonlluc prenoit

son chemin par la mer» avec une des galleres de Montteor le maréchal Strozy, j*ay pensé qu*il pourca donner bonne adresse à vos marbres qui sonl par deçà. C'est ce qui les me fait envoyer & Civilla-Veccliia et adresser à Marceille à Mons' le comte de Tende, pour après en fère ce que vous lui ordonnerez. Vous trouverez cy enclos un înventère des pièces cl de ceux qui les vous envoyent.S*il s*en trcuve d'autres, par don ou ^chapt, je mettrai tousiours peine d*y (ère ce qu9 je cognoisteray vous estre agrcabie (p. 57).

k cette lettre est joint rioveataire suivant :

Les marbres envoyés k Civirta-Vecrhia pouf meetre

en la gallere qui portera Mons' deMonlluc à Marseille en buict caysses, clouées et cordées» ayant dessus ung grand C laict avec ung for cUault, pour fera tenir a Monseigneur le connétable :

Une tesiû de Septimius Severus, avec son busl de tte8quio(l).

Une tesîe tl\\n(onius Caracalla.

Ces deux testes ont été données par Mona'^ Teve»- ' que de Pavie.

Une ieste de Geta» frère dudii Caracalla*

(1)11 faut comprendre que la lôle seule ^laît an'ique, et qu'an Tavait, ce qui fui fait •onvenl eoniplêtôe par an buste en marlire d'une au ire couleur ; eVst ce qu'il fout cou^readre ëe la tetii de lemme avec aa baat d*alelMuire.

Geste teste est envoyée pour accompagner les susdites par le s*" Jehao Bianguet Bologaois*

Une grande teste de femme, avec le bust d*ale-* bastre.

Une teste de Marc Âurello jeune.

Ces deux ont esté donuées par Mons' le cardinal Sermonetia.

Une teste de Yilçllius,

Par Mona^ i evaaqaa de lioBtdaata» il y a imm tM*

Une tesle d'un jeune Hercule.

Une teste à Oio.

Par ledit s» evesque de Mondenis,

Faict a Rome le dernier Jour d avril 1555(1556).

lliiateiiftQt,qqe soQi Revenu» fiea m^rlirmi, qiit ont 4A s*i{j^oter w% richesses d*Pcooen? rpiit éire ces t^^^ sont* elles allées au ehltêto de lllehelieo eomme les esclaves de MieheUAnge; maUon lariuidoUpemQ à le savoir d upe mauièrs poiiiivo.

KoncE sm u TU El us cnticis u i, rn. mua

rarrii ni tuin.

CwiBatyiéc par H. Ei. VvMlenu

Aq directeur des Archiver de CArl français.

Hon cher ami,

le TOQS envoie la irès-curicuse sottce de Jacques Philippe Fernod, peintre en émail ; elle vient, eomme celles des autres mem* bres de TAcadéinte royale de peinture, des manuscrits do l'Ecole des Beaux-Arts. i*en réservais la primeur à ma seconde édition des AnUtes français à f étranger^ que je prépare en ce moment; mais comme elle lardera encore un peu à paraître, je crois que nous ferons bien d'offrir aux lecteurs des Archives la vie Ue Ferraud. Je a ai pu découvrir quel en étaii Tau leur.

Tout à vous a

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