‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 9 sur 70 · SŒUR DE NICOLAS POUSSIN · texte numérisé non relu

SŒUR DE NICOLAS POUSSIN

' Flèce «•miwlnwée par lOl. Ch«— ant eC B. Bordeaax.

« Emux, ce 17 mars 18S5.

a Mon cher confrère,

« Voici une découverte qui vous intéressera sans doute, car elle parait jeter quelque lumière sur la parenté si mal connue du Poussin. Un de nos paléographes , M. Alphonse Chassant, connu par d^esUmables publications, est en ce moment chargé de classer les archiYes derhôpilal Saini-Jacqnes d'Andely, et en paroourant une liasse d'environ eent-vingt profeseions des religieases de ee prienrè, a remarqué Tacte de Toeux d'une religiense nommée Antoinette Poussin. Copie de ee document original m^ayant été communiquée, j*ai aussitôt son^;6 à vos Archives de l'Art français^ et M. Chassant, qui y songeait de son côté , me charge de vous transmettre sa découverte. Il est persuadé que ce parchemin ne peut se rapporter qu'à une sœur du Poussin, car ce nom assez répandu en deçà de la Seine, ne se rencontre jamais/dans le Vexin, et M. Giiassant n'a point trouvé josqnloi de traces de familles homonymes» autres que celle du grand peintre. Je dos ces détails.

que M. Chassant me donne comme annotation de la plAee en qoe»> tien, en yoùs transoriyant ci-dessons ce doenment, et en toqs priant d*agr6er la nonvelle assurance de mes affectueux sentiments.

« Baymond Bomiâns* »

Je, Antoinette Poussin, ditte du Saint-Ësprit, voue et promets à Dieu tout Puissant» à la glorieuse Vierge Marie» à Saint Jacques» patron de cette église^ à tous les Saints et Saintes » et à vous nostre Révérende Mere» Prieure de céans, et a celles qui vous succéderont» de vivre en ehasteté » pauvreté et obéiss<^^ selon la règle de nostre père Saint Augustin et les constitutions de cette Maison» et d'estre toute ma vie» pour Famour de Jesus-Ghrist, servante des pauvres malades» tant comme à moy appartient faire et tenir ius* ques à la mort» en tesmoignage de quoy i'ay signé la présente de ma propre main» le trente-uniesme iour d'aoust» mil aix, eens cinquante neuf.

ANTHOniETTB PoUSSIH.

(Arehhres de l*hospîce Saint-Jacques d*Andely, section* F, professions des religieuses bospitalières. — Original en parchemin.)

iNTOIHE FESHE

DoQurnenu oommuniqués pu* M. le baron da Hoohsohtld.

Les hisCoriem de la peiotan française ODt renvoyé aux historiens allemands le soin de raconter la vie et les travaux de ce peîa« trOt dont Thonneur intéresse pourtant de si près la France. Nos

lecteurs trouveront, dans les Arlistes français à l't Lranger, de noire ami et collaborateur M. Dussi2ux,les meilleurs et les plus complets renseignements sur Ânl. Pesne, fils du fameux graveur et peintre delà cour de Prusse.

Madame»

Je me flate que Votre Âltesse Royale voudra biea me permette de lui envoyer ci joint un petit compte des copie que j*ai fait et livré par ses ordres. II me reste eneorre deux copie du portrait en domino jaune de V. A. R. dontfignore leur destination et jatens la descus les ordres de V. A. R. pour les remettre aux personnes qu'elle mlndiqura.

Qu*il me soit permis Madame de me rejouir avecla Suéde et la Prusse de la naissance du beau prince que V. A* R. vient de donner à son auguste époux et en me recommandant à sa haute protectioUf j*tirhoanetir d'être avec un profond respect Madame

De Votre Âltesse Royale Le très humble» très obeisant et très dévoué serviteur.

Pesne.

Berlin, ce 5* mars 1746.

Note des ouvrages que Son Altesse Royale Madam la Prineem Royale de Suéde m'a ordonné avant son départ.

1744, iuUlet d«.

Livré à S. Â*. R. une copie de son portrait en habit de cour dont elle a fait présent a Son Ex<^ Mon-* sieur le comte de Tessin qui a resté à payer au dé-* part de S. A. R Risd. 70

1745, juillet W.\

Envoyé une copie du même portrait à S. À.

R. Madame la duchesse de Bronsin^ich. • * 70

Septembre 9.

Envoyé une même copie à S. A. R. Madame k de Scheved 70

174e, fèvtrié 17.

Envoyé à S. Ex^e Mons' le feld maréchal comte de Chvrin une grande copie en pied avec tout les ornemens convenable aux dit porterait ordonné de la part de S. A. R. par Madame de Blaspiet(î) iW

Total. ... 360

Pesivb*

ENCORE SUR LES FAMILLES CLOUET ET FOULON (i)

Paru, le28mar8lKfô.

Mon cher Sabnoiif

KODsIeiirle comte de Laborde nous a fait Thonneur de nom citer, dans ses Âddilions au loiiie 1*" de la Renaissance des arls à ia cour de France (2), et de nous emprunler: à vous, Tacle intéressant que vous avez publié dans les Arcliives de l'Art français (3), eloù figurent Jehannet Glouet et sa femme, Jehanne Boucault, OUe d*iin orfèvre de Tours; à moi, diversef pièces, éditées dans les mêmes Arehim^ entre autres, les lettres -patentes de François 1% reUti?es à ce même Jehannet et à François Clouet, son fils (4). Laissez-moi vous eommuniquer lesréfleiions c|ue m*a sufgérées cette partie du nouveau volume de H. de Laborde; quitte à vous à m'expédier les vôtres par le prochain courrier.

1*» J'ai loué riieureuse conjecture à l'aide de laquelle M. de Laborde a réuni, par le lien de la paternité, un peintre flamand du nom de Jehan Cloët, aux peintres français Jehannet et François Glouet. J*ai loué cette conjecture, et j*y crois, bien que je sache qu*il serait facile de trouver, au quinzième et an seizième siècle* nombre de familles françaises du nom de Glouet, sans rapports de parenté avec les Gloét de Flandre (3) ; j'y croîs, non comme à une pure inspiration, le lyrisme n*a rien à faire ici, mais comme à nne induction suftisamment autorisée par le caractère de la peinture des deux Glouet de France.

(1) y. ArcMv. de CArt firançaU {Documents) ^ t. III, p. 07, 287, t90 et suiv.

(2) Paris, L. Potier; 1853. In-8».

(3) Tome III des DocumenUf p. 290 et suiv.

(4) Id., p. 98.

(5) Dans son nouveau volume (p. 565, note 3), M. le comte de Laborde parle de deux de ces familles d*après le Trésor des chartes. Autant que je m*en puis souvenir, elles appartiennent au Perche.

M. le comte de Laborde me paraît dépasser les limites d'une sage réserve, quand il veut tirer, de Taete que j*aî publié, la eoufdnsiott que le flamand leban CloCt 8*est établi ebez nous. « J*ai

« supposé, dit M. de Laborde, que Jehan Cloët ayant quitté les o Flandres, où il avait reçu ses leçons et fait ses premières armes, « vint à Tours, vers 1480. Un acte, que je cite plus loin (1), con- « firme celle conjecture, et donne à croire que son fils, Jehan (Jett hannet) Clouet, le second des Glouet, était déjà né alors, puis* « qu*il ne peut tester, puisque son fils, François Glouel» le troi- « siéme des Clouet, est obligé de recourir à la protection du rai V pour recueillir sa succession (S). » La dernière partie de cette phrase mûntient ce que j'ai fait obsenrer^an sijet de Jebannet,dans les Rensei^ements nouveaux mr les trois Clouet (3) ; quant à la première, j'avoue ne la pouvoir comprendre. En quoi l'impossibililé de tester, reconnue pour Jehannet Clouet, implique-t-elle que son père présumé, Jehan Cloët, vint habiter Tours eu 1480 environ ? J'en inférerais bien plutôt le contraire. Si, en effet, le flamand Jehan Gloét était mort à Tours, son fils Jehannet aurait éprou?é tous les désagréments que donnait alors la succession des aubains, et, afin d*éviter pareil malheur à ses descendants, il eût sans doute requis de François pour lui-même, des lettres de naturalisalion. De la sorte, le fils de Jehannet, François Clouet, aurait été français de naissance; or, c'est précisément Tinverse qui est la vérité (4).

La supposition gratuite de rétablissement de Jehan CloCià Tours une fois retirée, que devient la seconde hypothèse de M. de Laborde, à savoir que le peintre anonyme, habitant de Tours, par qui la reine Anne de Bretagne fit restaurer, en 1485, «c un tabl^u au- « quel a une belle fille, » devait être Jehan Cloét? C*est une question sur laquelle je crois inutile dlnsister, car, aussitôt après cette

(i ) Ce sont les lettres patentes publiées dans les Ârch, dfi ^àrt frànçoû (DoeumenUU t. m, p. 98.

(2) Additions, p. 565 et 578.

(3) Archives de l'Arl français {Documents), t. III, |i. 100.

(4) V. les leiires patentes de François 1<"^ en faveur de François Clouet, précitées.

ii6

iMOBde hypotlièM, le uitaA tuttiir le damandt tt oa m la trouvera pat « par trop témAraire (1). « S* rai eiié, dana les BaueigtuminU mumên» sur îm M$

Clouet (â), un passage do Glénent Harot où Jebannot est Bommè

• et comparé au « granl Miquel-rAnge. » Ce n'est pas de Jehannet qu'il s'agit, d'après M. de Laborde, mais de son fils. « En i541, il « «st vrai, Jehannet Clouet vivait encore, mais il éiait vieux, retiré «loin de la cour, et son fils François Clouel, le troisième des Ja* » not, peintre an titre dnroi depnia vingt ana»ooeppait soni Tatteii- » tion (3). »

Toid ponrqooi je anie d*an antre aentiment que M. le eomte de Laborde. lebannet Clouet peignait encore vera iVS? ; je Fai pronré par on extrait des rôles des aeqnits an oomptant, attrait où figure

la femme de Jehannet, Jehanne Boucault (4). En la même année, Jehannet est porté, comme peintre du roi, sur les rôles du trésorier de l'Epargne; il est mort, en 15 il, revôiu des titres de « painctre « et varlet de chambre du Roy (5) ; » titres desquels François Clouet liërita et dont il avait probablement la aurvivanee. Lea eboaea étant en cet état» comment Clément Marot aurail-il osé mettre en parallèle avec le grandMichel-Ange, François Clouet, déjà fort bon peintre si Ton veut, mais illustre peintre seulement en espérance, et dont le père vivait encore? J'ai toujours considéré Jehannet Clouet comme le peintre de François L", et François Clouet, qui ne succéda à son père que peu d'années avant la mort de ce prince, comme le peintre de Henri liet des derniers Valois; je crois donc, jusqu^a preuve contraire, que lea vers de Clément Marot a*appliquent à lebannet Clouet.

a* D*aprè8 le contexte dea lettrea patentée de Françoia I*' en fttvenr de Françoia Clouet (6), voua avez pensé comme moi, mon

fi) Additions^ p. 566.

t) Archives de VArt français {Documents)^ t. III, p. 104.

(3) AddilUms, p. 581 . — V. les vers de Cl. Marot dans lea ÀftM9* de l'Art français [Documents)^ t. III, p. 104.

(4) Archives de l'Art fronçait {DocwtmU)^ t. lU» p. lOi.

(ttj id., p. 98.

(6) là,, ibid.

cher Salœoii, qae cet artiste était fils uniqoe de Jebannet (i). M. de Laborde est dVis qu*U a eu uq frère, dont le prénom n^est pat connu et qui serait mort avant le mois de noTembre 1541 (2).

Celte nouvelle conjecture s'appuie sur la lellre suivante, publiée par M. Génin, dans Tédilion que la Société de THistoire de France a donnée des lettres de Marguerite d'Angoulôme , sœur de François i" :

À Monsieur le chancelier d'Àlençon.

u Monsieur le cbancelier, le roy de Navarre et moy avons déU- « béré prendre le peintre, frère de lannet, peintre dn Roy, à not-

c tre service ; ei luy baille le dicl seigneur cent livres sur son esa tat et moy cent. Et pour ce que nous avons nécessairement c affaire de luy, pour quelque chose que nous voulons faire, je « vous prie incontinent le nous envoyer et qu'il soit icy lundy* c pour le plus tard; et vous prie luy faire délivrer quelque argent « pour commencer, pour luy donner couraige de bien besongner. « Priant Dieu, monsieur le cbancelier, voua avoir en sa saincte c garde. A Fontainebleau, le xxje jour de juillet (1539 environ).

« Votre bonne maîtresse ; Maroussits (3). »

Je regrette de me trouver encore ici en dissentiment avec M. le comte de Laborde ; mais il serait, je pense, plus juste de soutenir que le « frère de Januet, » nommé vers 1529 (notez bien celte date) peintre de Marguerite d'Angouléme, était le frère du second des Glouet, c'est-à-dire de Jebannet Clouet, et non son fils.

4* Au sujet de Benjamin Foulon, a nepveu de feu M* (le nom « de baptême est en blanc) Jamet , » j*ai dit que H. de Laborde avait renoncé à Tidée d*en faire un neveu de François Glouet (4). L'opportunité Ue ce revirement d'opinion m avait semblé bien sai-

(II Archives dê VAri français {Documents), t. III, p. 294*

(2) Addilîons, p. 388.

(3) Lettres de Marguerite d'Angoulcme, 1. 1, p. 24i, n*» 70.

(4) Y. le Sommaire des recherches sur les familles Clouet et Foui- Um, dans les Archives de l'An français {.DocumenU)^ U Ul, p. 28$.

sic par noire savant adversaire, et je m'étais complu à lui ouvrir toute grande la porte de retour, vers laquelle il paraissait se diriger, dans son ariicle sur les documents tirés des gargousses de nos arsenaux (1). Je me trompais ; et, ce qu'il y a de pis, c'est que j'ai peut-être contribué, sans le vouloir, à confirmer H. de Laborde dans la faniae direction ot il s'est engagé. Voici comment. Ponr expliquer nn on denx passages des comptes de nos rois, dans lesquels le prénom deJehannetClonetest écrit /omet, j'ai proposé de fiiire on i do premier jambage de Ym et de lire Jainei, Hais cette proposition ne saurait infirmer en rien l'existence d'une ou de plusieurs familles du nom de Jamet. Ne connaît-on pas Lyon Jamet, l'ami de Clément Marot, Tun des secrétaires de Rénée de France, dacbesse de Ferrare, et, je crois, tourangeau de naissance} Or« n*e8tH» pas d*un nom de famille qu'il s'agit ici,et ne peuUil avoir existé» pendant le cours du seizième siècle» un peintre de nos rois nommé lamet? M. de Laborde a signalé de nombreuses lacunes dans les documents qui remontent à cette époque» et ces lacunes» ajoute-t-il, portent principalement sur les personnages que nous recherchons aujourd'hui, sur ce qu'on appelait alors « les gens de « mestier (2). » Mon savant adversaire voudrait-il bien me permettre d'appliquer au cas présent cette remarque trés-jusle, et, nonobstant ses objections (3)» de conclure à l'existence, avant Vannée 1583, d'un peintre du nom de Jamet? Je n'ai pas toujours été de cet avis» c*est vrai» mais je n*ai pas non plus fait difficulté dévouer mon erreur dés qu*elle m*a été montrée. Je suis toujours dans ces dispositions, et j*y suis, pour H. le comte de Laborde» au* tant ou plus que pour personne.

Recevez, mon cher Salmon , etc.

E. nn FRiYULB.

(i) Revue de ParU^ année 1854, p. 346, à la note. (S) JMUUm^ p. 888 et 918.

(3) Id.» p. 8é0» note 3.

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