‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 13 sur 70 · SCULPTEUR · texte numérisé non relu

SCULPTEUR

rBUMBUllBf par M. fiugèae CMsj.

Payem^ à Bertrand Picard scuipt' de 99* t. pour compiém* de 414 ^ à lui ordonnées par Philibert de Lorme abbé d Ivry» c^»aumon' et arcbil. do Roi, pour façon d*un carré en marbre blanc de 9 pieds 1/2 de long et de 8 pieds moins un pouce de large où sont représentées les 4 Saisons pour mettre en la cheminée de la cbamb. que Ton constniisoit à Fontainebleaiou 26 avril 1559.

Arch. du Roy*. Son histor. K 91 ; 63.

UEBCEBim n l'académie de peinture, sculpture et geatubi

DBMONVPILLIIft.

<!ommiiBlvié ci mamoté pmt H* Joie* Renowler.

K. de Chennevières a dît quelques mots de Jean Trey dant une note ajonlée à des doeoments communiqués sur plusieurs artistes de Montpellier {Archives, 1. 111, p. 137). Celte note, trop succincte,

m'a fait faire quelques invesligaiions dontvoici le résullal. Puisset-ii en provoquer d'autres et valoir à notre Toulousain Monlpélièrisé une place dans rinléressaute galerie de l^hislorien des Pêintrts provinciaux^ Degrefeiiille(l),Tliomas(2)»la Biographie tottloosaine(3}» laMoUce

{\)nistoirede Montpellier, (\eu\\bmc partie, in-fol., 1739,p. 393. «Depuis ce peintre célèbre (Bourdon), Montpellier a eu Jean Troy, frère de François de Troy, de rAcadômie royale. II devint comme naturalisé de Montpellier par le long séjour qu'il y fit durant vingt ou trente années, pendant lesquelles il fil eu cette ville plusieurs porlraiis très-eslimès. M. lo cardinal de Bon?! le fit nommer directeur d'une acad<^miede peinture que la province éiablilAMontpellier, et qui a produit des peintres renommés, etc. »

{2)Mémoires historiques sur Montpellier, 1827, in-S'', p. 203. En 1687, le cbapitre de la cathédrale fit choix de Jean Troy, peintre de Montpellier, pour l'exécuiion de deux tableaux de la même dimension que celui de Bourdon. On l'oblijîea à les composorsur 1rs dessins du fameux Nicolas Poussin, avec la faculté, cependant, de suivre ses idées dans Texécuiion. Le prix fut réglé à 1,700 livres. Jean Troy mourut le S8 ayril 1691, laissant un de ses tableaux terminé, U Faraty tique à l'entrée du temple; Tautre, Jésue- Christ den^ nant les clefs à saint Pien'Cy en était seulement à la première ébauche. Ces deux ouvrages, après contestation et instance devant le sénéchal, furent payés à sa veuve, Susanne Quinquirin, la somme de UOO livres. La toile qui n'ctail qu'ébauchée fui confiée à Antoine Ranc, qui la termina avec Taide de Charmeton pour le paysage, ainsi qu'il a été éiabli dans les documents précités. Thomas fait ensuite Téloge du talent de Troy et donne une noticesommaire de ses principaux tableaux.

(3) D'après ce livre, publié en 18â3, Jean de Troy ne quilta ja-

Si

du musée de Toulouse, la Ifolice des dessins de la Faculté de Mont^ pcllier, nous renseignent à peu près sur Jean Troy ou de Troy,né à Toulouse vers 1640, fils atné de Nicolas de Troy, peintre de Thôlei de ville, et établi à Moatpellier, oft il fonda en 1 679, sous le patronage des états de Languedoc, une académie de peinture , et où U mourut en 1691. Hais ees autorités toutes locales n*ont point empêché les biographes d'ignorer le nom de Jean de Troy, et les historiens qui rencontraient ses ouvrages de les mettre sur le compte de son frère, François de Troy, que la fortune avait mené à Paris et à la réputation. Le dernier et le plus exact de ces autours, M. Robert Dumesnil, est tombé dans la même méprise, bien qu^il eût sous les yeux un ouvrage d origine toute provinciale; il a confondu le peintre officiel des étals de Languedoc avec le peii^ tre favori des dames de la cour de Louis XIV.

Toici deux pièces qui mettront dans tout son Jour le fait capital èè la carrière de Jean Troy, rétablissement de TAcadémie de peinture de Montpellier. La première, écrite sur une feuille séparée, n'est ni signée ni datée, mais elle est authentique et confirmée d'ailleurs par la seconde, exlraiic des procès -verbaux des assemblées des états de la province de LangucdoCi qui août coalarvés aux archives de la préfecture de mérauli*

mais sa Tille natale, maia le peu de précision des faits qui composent rartide et le petit nombre d*ouvrages cités du peintre, indiquent que Fauteur était mal renseigné. Nous lisons d ailleurs, dans 1 article Rivalz, du môme ouvrage, que Pader et Troy avaient échoué dans le projet d établir à Toulouse une école de dessin ; trouvant pour obstacle principal Fborreur qu'inspirait aux Capitottls la nécesdtè d'admettre dans cette école des modèles vivants. — Dupuy du Gres attribue & d'autres causes Finsuccès des deux maîtres. «Ce fut par le défaut d'unité de lieu, dit-il, que celte interruption arriva, et parce qUe les deux peinires oposez, Pader et Troye, faisoient tenir le modèle à même temps. » Traité sur la piintwê, Toulouse, 1699, p. 116.

Èêquiête du s' Troye, directeur de r Académie des pêirUm de MùiapêUiêl'.

A Nosseigneurs^

Nossaigneors tenans Ub états génératii aiMmblii

par permissioa du Roy en la ville de Pesenas»

VoQa ramontrant trèa<-kuinbletneDt lei ptintreif sculpteurs et graveurs Je celte province» qu*il seroit advantagaux au public d eatablir dans cetu viile laia académie de peinture, sculpture et graveure a l*exem*i pl# de callas da Paris» ïboulousa» Bourdaau, Lyon al atttfas grandaa villas da aa royatdma* Las supUans sa fondent sur deux raisons pour demander cet esta* UiSsamant t la pramiara ësk prisa da rintantioii du Roy» quy estant de raudre sous son règne la France aussi renommée par la perfection des arts que par la gloire des armes, il est juste que toutes les proyin-» csi et toutes les villes aoncoitfent à l'azéeution d*iifl si glorieux dessain ; la seconde est prise de rexceilencS des arts dont les supplians font profession» dans las^ quels il est impossible de se perfectionner, sy ceux qni sy appliquant nont un lieu publie ou ils poissent conférer à certains jours de ce qui concerne les priu-^ cipalas règles qoils doivent observer» pour en acquérir nna aannoiàsance parfaite, en se communiquant lâs uns aux autres les diffieultés quils peuvent rançon* trer» on les découvertes quils peuvent fliifi* Lu irtl

que les supplians professent ont esté de tout temps en une telle recommandation parmy les peuples les plus renommés de la terre» et ont esté honnoré de tant de priuileges, qu'ils espèrent que ceux qui TeiKlent à Tauantage et à lambellisscment de cette ville, ne fairont pas de difficulté de favoriser un sy juste projet, surtout lorsqu'ils coasidéreront qui sy jamais. Ion a eu occasion dans ce royaume de remettre la peinture» la sculpture et la graveure dans leur ancien lustre, c'est prindpallement dans ce temps quune heureuse paix aiant succédé à une guerre triomphante, on ne pense de tous cottés qu'a eslever des menu-, mens et des trophées à la gloire du plus grand Roy que la France ayt jamais eu, et dont les actions lieroiques demande que les peintres les scufpteurs et les graveurs déployent toutes les forces de leur art pour instruire la postérité des merveilles de son reygne. La raison qui oblige les supplians a demander que Testablissement de cette académie soit faite dans la ville . de Montpellier, c'est quelle est non-seulement le . séiour de toutes les puissances de cette province et le lieu ou s'assemble ordinairement vostre auguste as«semblée, mais Ion y voit toujours grande affluence . d'étrangers, en sorte que le public a intherest quU sy , rencontre d'exellens maistres dans leurs arts , parce . qu'il y a de temps en temps occasion a travailler a . douvrages publics et pour la gloire du Roy et pour « rhpnneur de la province*

Et dautant quil y a quelque fraix a faire annuellement pour Testablissement et pour lentretenenient dune telle accademie»les suppUans espèrent qu'en ordonnant led* establissement vous leur ferez aussy la graca « Nosseigneurs , d'ordonner qu il sera imposé iùuted les années le fonds que tous jugerez a propos pour y subveuir et vous ferez chose agréable à TintentionduRoy» convenable au temps, advantageuse à la province 9 et quy servira à lornement de la ville de Montpellier.

Du jeudi 14 décembre 1679.

Monseigneur le cardinal de Bonsy archevêque de

Narbonne président a dit que le s^ Troye peintre habitant de Montpellier a un si grand désir de se perfec* tionner dans sa profession et de se rendre utile et agréable au publiq» quil propose destablir dant la d* ville de Montpellier une académie de peinture, sculpture et graveure» pour y eslever des bons suiets et les rendre capables de servir dans les villes de la province, ce que non seulement leur seroit d'une grande comodité mais leur donneroit encore occasion dy faire des embellissemens ; et comme le sieur Troye ne peut en* treprendre destablir ceste académie si les estats nont la bonté de lui donner quelque secours, parce qu'il •engagerait en des despenses qui sont au delà de ses

fiieultés» S. a dit quelle croloH que pou* doBuer

du courage au dits^ Jvoye et de i*amulation aux peiatresy soulpteursa graveurs et archileotes de la proviaee qui ont quelque talent, il estoit de la dignité de las- •ein})lée de contribuer a ee nouvel establisgenenl, dautant plue quelle se cenformoit en eella aui isteiitiens de S. M. laquelle na rien cbœis pour (aire fleur rir les spts dans son royaulme pour le bien de ses suiets et lavantage du commerce, sans que les grandes guerres quelle a esté obligée de soutenir laye^t fait relascher de son appliquation. Sur quoy les cstats, entrant dans les sentimens de Monseigneur le cardinal deBonsy et persuadée que rien n'est plus capable dexciter la jeunesse a cultiver les arts que de traiter avec quelque distinction ceux qui se distinguent par leur zèle et par leur attachement au service du publiq» rat aecordé au s^ Troye le somme de quatre eent livres chaque année et pendant trois années seulement a eommeneer la présente, pour layder a estabtir une académie de peinture graveure» sculpture et arcbitec* ture comme il Ta proieté ; les estats se réservant de prandre, les dites trois années estant escbues» de nouvelles résolutions après quils auront feniiu le succès de cet establissement et qu ils en auront vu le fruit.

Entre tous les auteurs loeai|x <{uî qntpari^ de fea^ Troy,je n*§i point encore nommé celui qui a le plus fait pour sa gloire : Xavier itger, amateur de Montpellier, Mon «eana par son lèle pepr les

trtistet du Midi, par son admiration pour Bourdon (1) et par la donation qu'il fil do ses collections à la faculté de niédecine, ATait formé un volume des dessins et des estampes de Jean Troy, ^\ écrivit ea téle de ce recueil une notice qui contient des faits euriêUK •! nouTeaav sur la vie de cet artiste. Il lei avait neeueillls sans doote 9ûmm% pm fu*il % impriiiéa auv BQvrdoa, data tflt cpnvçrsfttigDS d*un peinlr^ efto^^^ilftif tèP^if ïiWi 9^ poorinattre dans son enfance et qui était jpi-méine él^e de Antoine Rane, le successeur de Troy dans la commande du chapitre delà cathédrale. Celte notice mérite d'être repreduite.

im.

pef roy peintre ha^e de }Ioet|^ellieit qiigip^rft 4fi

(1) ConsidéraUans phUûiùphiqveSt rem^rqnfs.oiuertmtionM^aMf^ iméi particulières sur (a vie et les ouvrages ae Sébastien Bourdon; Paris, 1 828, in-S". Cet opuscule,plus riche en considérations esthétiques et philosoplii((ues quVn renseignemcnis historiques, contient cepeodaut des taiis intéreasanls sur d autres peintres daHontuellier comme Boisaière et les Loys. M. KûvhoXiz; Samuel Muière^ peintfê de Uantpeilkf em dlx^sepU^me iiêcle^ 1845, in-S", a dAjà tiré bon parti de ces reoseignements, en y ajoutant de son cru def détails ndmbroux et piquants ; mais tout n'est pas dit peut-être encore sur ce pauvre peintre. Ce lut un méchant écrivain, et il no mérite pas tout à fait les termes de son épilanhe : Pictor eximtiit, etc. ; maia il a été trop eniellemeut îmau>lé h la gloire de Soordon. Celui-ci étaitde l'Académie, Boissiére était de la corpora* tlon de Saint-Luc, comme Tindique son tombeau placé dans la chapelle de Saint-Luc de l'église des Augustins, et il épousa Tanimosilé de ses confrères contre TAcadémie. Là est le tm mot de la querelle. Du re^te, la légende en a brodé le récit. Bourdon, qui fouissait de toute sa réputation quabd il est venu à ttoulpeUierien 1857 et non é son retour dUtalie» comme Tavanccnt quelques atileurs), ne se sera point autant ému qu'on veut bien le dire des critiques envieuses d'un peintre provincial ; il revint à Paris, non par suite de ces tracasseries, mais parce qu'il y fut rappelé pa^ les loltres de ses amis et la proposition de noufeaux ouvraf^. Le lut «•teoasigoé par liuilletde aaiii|-6eoi^0ea»qQl ne dit point un mot de la querelle avec Bolesiére» Mémoires inédits, U h p* B7.

Toulouse; il étoit le cadet de la famille (1), ses frères 8*établirent à Paris et pour déterminer celui-ci à se fixer à Montpellier, on lui cédd le bien patrimonial, j'ai toujours eu peine à croire que la jalousie eu eut été le motif ; il est mi de dire que notre de Troy de Montpellier étoit doué de plus de talent que ses frères ; quoi qu'il en soit» il est inconnu à Paris et aucun dictionnaire des arts ne fait mention de lui. C'est à ce sujet que, jeune» me troa?ant à Paris» ayant retrouvé dans un des recueils d'estampes de l'école françoise, au cabinet d'estampes du Roy, la gravure à Teau forte du mausolée de la reine Marie-Thérèse d'Autriche que firent élever les états de Languedoc dans l'église N.D. laquelle estampe M. de Joly, garde du cabinet du Roj, attribuait à de Tro^ de Paris» je ae pus le per^ suader et le convaincre qu*en lui portant un jour le dessin original dudit mausolée» à la plume et lavé à Tencre de la Chine» que je fis venir de Montpellier où je l'avais laissé dans mes recueils de dessins. J*en fis hommage à M. Joly pour qu'il voulut bien le joindre à Testampe gravée par notre de Troy de Monlpcllier portant son nom et la date 1 683 (2) et afin de conserver son nom dans l'histoire obil est digne d*ètre distingué autant que bien d'autres peintres célèbres françois.

(1) Il était Talné, suivant la notice du mus^e de Toulouse, dont rautfîiir,plus près des soiirceSi parait mieux informé.

(3; On peut voir ce dessin au cabinet des estampes; il Tient d'dtre rétabli dans rœuTre des Troy, mais on n*y trouve pas ans seule pièee de Jean.

Notre de Troy fit le voyage de Rome avec le révé* rend père Lagreffe gardien du couvent des CordeKers grand amateur des arts et son intime ami. Ce père Lagreffe étoit d*une famille noble et considérée à Montpellier.

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