‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 26 sur 70 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

Ecrite par Coligny à M. d$ UèmauU amioëMdâur du rai de France auprès du rot d[ Angleterre^ emservée aux archives du département du Clier, fonds de MeneUm^Sahn.

J'ay dernièrement prié à Monsieur de Lansac s'en-

quérir de milort Guillaume sy se vouidroit aquiter d*une promesse de pinture du Roy d'Angleterre (1) qui m*avoit promise. Je vous pry que si je n'an ay par ce moien men hire faire une par quelque bon paintre et me Tanvoyer et je satisffere de ce quelle auracouste.

Vostre entièrement bon allie et amy Châstulor.

5 fev. 1530.

A Mon^ de Chemault ambassadeur pour le Roy en Angleterre.

A la court d'Angleterre.

(1) Le roi d*Ani(lcterre, c^esl Henri YUl, et il esleurienx de voir Coii^ny sMoquièler d*nii portrait, sans doute pour ajouter à une

collection comme il y en avait alors dans tous les grands chftteaox. Nous remarqiK TOUS aussi que MM. Bourqucloi et Mévil s'occupent dans le moinenl do réunir, pour rimpriincr, la COrrespondauce de Coligny, où ce peiil billet devra trouver place.

A. oa U.

JOSEPH mmm

niCES ET NOMS POUR SERVIR A LmTOlRB M SES TARIXAIIX

D£S PORTS DE FRAKCE.

A» êm MontalgtoM»

Noos sommes heureux de pouvoir réunir sous ce litre une série de pièces relatives à Tentreprise dont J. Vernet fut chargé par Louis XV, la reproduction des principaux porit do mer de la France.

(Test d'abord YUMraire dressé par M. de Varigny, dont la récente notice des tableaux du Musée impérial du Louvre a donné

quelques fragments, el qne nous publions dans son intégrité.

Viennent ensuite les notes de journal et les dépenses relatives à ces tableaux, extraites des papiers manuscrits de J. Vernet, que possède la bibliothèque d'Avignon^ communiquées et annotées par M. Léon Lagrange.

Enfin, deux lettres de I. Vernet et deux de M. deMarigny tron-^ veront leur place dans ce travail. Ces quatre lettres, ainsi que Titinéraire, ont appartenu à M. deMoniaiglon, qui les tenait de son oncle et qui les a donnés depuis après en avoir conservé des copies. Il les destinait depuis longleinps à notre recueil, et elles ne pouvaient y mieux paraître qu'accompagnées des curieux docu* ments recueillis par M. Lagrange.

P. DE Ch.

PROIET D'lTIIi£&Al&E FOUft M. V£EN£T, f SUiTRS DU BOT

POUR LES MAKHŒS.

Oelobre 1753. IHrtction générale, n° 05. — Affaires généralu.

M oelobre 1736.

VoNACO. — - Quoyquc cette place soit hors du royaume, elle peut être regardée, en quelque manière, comme en faisant partie, puis* que sa dèlense est confiée aux troupes du roy.

La place de Monaco, située sur un rocher fort élevé et presqu'inaccessible, ne peut que former un bel effet sur un tableau. Le port n'est qu'une petite anse fort ouverte; c'est une relâche ordinaire des galères du roy, et Ton peut caraetériser le tableau de ee port par une escadre de quatre galères qui viendroit y relascber dans un mauvais tems. On peut y ajouter quelques tarlannes, bateaux pêcheurs et bateaux coraîtleurs.

Nota. On observe que le mauvais tems pour des galères doit être seulement une mer houleuse cl non une icmpesle. Les galères ne pourroient essuyer une Icmpesle sans risque de périr, et il n'y en a pas d'exemples, parce qu'elles ne s'y exposent pas. — Néant,

Ahtibbs. — Ce port n*a rien de remarquable et ne sert que pour des petits bâtiments; cependant, comme c*estle port frontière du royaume do côté de ritalie, il paroist susceptible d*uQ tableau. Ce

qui peut le caraclériser indépcndamnicnl de la silnalion de la ville et du fort quarré, c'est d'y porter la partance d'une escadre de quatre galères, telle que celle qui y est actuellement pour passer à tiônes Madame infante. Il faudra y porter un plus grand nombre de tartannes et de pinks qu'à Monaco. On peut aussi placer dans ce tableau une ou deux felouques, de celles qui servent de paque* bots pour la correspondance avec Tltalie. — Jton; un tableou.

Entre Antibes et Toulon, il n'y a d'autres ports qne ceux de Fréjus et de Saint-Tropez qui ne paroissenl pas mériier d'attention. On pourroit cependant former un tableau de la rade du Gourgean ou golphe Juan, en y comprenant ri.sle Sainte-Marguerite et Tisle Saint-Honoral. Pour donner d'ailleurs un caractère à ce tableau, on peut y établir quelques petits bâtiments italiens qui iroient se réfugier sous le canon du fort Sainte-Marguerite pour éviter la poursuite de chebeks barbaresques.

Toulon. — Ce port, avec la petite et la grande rade, peut former plusieurs sujets de tableaux, et il paroit qu'il en faudroit au moins trois, l'un qui comprendroit avec quelque détail les deux darces, en mettant dans une partie le lancement à l'eau d'un vaisseau de guerre, et dans l'autre l'équipement d*une escadre, et en observant Texactitudo du local autant qu*U sera possible pour les

emplaceineiits des vaisseaux désarmés et des bâtimeDls civils de rAreenal. Un antre tableau seroit pour une escadre de vingt vaisseaux, preste à partir de la petite rade avec quelques galères, flûtes et autres bâtiments. Enfin, un troisième tableau seroit pour représenter la ronlrôe d'une escadre en gr;\ndp rade par un mauvais tems; daus ce tableau, on peut comprendre les isles d'iiyèrcs pour mieux caractériser la grande rade de Toulon.

K. Vemet trouvera à Toulon chez divers particuliers plusieurs tableaux de marine peints par le feu s' Rose peintre de la marine» ^e Ton prétend avoir excellé dans ce genre de peinture, surtout pour Texaclitude des proportions des vaisseaux et de rétablissement de leurs agrets. — .Bon; trois tableaux,

MAasBiLLx. — Le département def^ galères du roy étoit cy devant dans ce port; mais, comme elles nV sont plus depuis quatre ans^ il paroit que M. Yemet doit s*en tenir, pour ce port, à ce qui concerne les bâtiments de commerce, même en faisant peu d'usage, quant au local, des bâtiments civils de l'arcenal des galères, lesquels ne subsisteront pas longlems dans l'élal où ils sont encore. Marseille est au reste susceptible de deux tableaux au moins, l'un concernant le port avec la quantité considérable de bâtiments de commerce, de toutes espèces et de toutes nations qui s'y trouvent continuellement, et Fautre pour la rade, avec les Isles du chaieau d*If, de Pommegues et de Ratonneau. Outre plusieurs vaisseaux , polacres et autres bâtiments arrivant dans la rade de Marseille, on doit ne pas oublier d*y mettre une grande quantité de bateaux pescbeurs.

Entre Marseille cl le Languedoc , il n'y a que le port de lîone, qui est en mauvais état. Cependani, si on souhaite multiplier les tableaux, on y trouvera des sujets disliuctifs qui caractériseront cet endroit de la coste de Provence. L*un seroit Taffluence de petits bâtiments catalans et italiens qui viennent à la foire de Beaucaire par les Bouches du Rhône et le canal des Launes, lesquels seraient protégés par des galcres et chebeks contre les corsaires barbaresques qui paroiiroient dans le lointain. Un autre pourroit être une peschc par les balimenis pescbeurs des Mariigues. La seule peâcbe du Ihou à une madrague peut former le sujet d'un

us

tableau, ei, i>i celle pcscbe n'est pat comprise dans quelques-uns des ubleavx don! il est parié ey-deasuStOD peut en établir le local ee Tefte du château de Bandol« qui est entre Toulon et llarseille. — > Bont 4iUM UUtUmi^t pbu la paehê du Oni d Baudot. ïïoa; mi

GaxTi. — Le Languedoc n*a aocnn bon port; mais» dans nue suite de tableaoxi Ton ne doit pas omettre d*y comprendre cdui de Cette qui est le seul de cette proTince. Si, dans le tableau de ce

port, on y comprend, (l*ira costé la plus fn^nde partie de Tétanf du Tliau jusques à llalaruc cl Fiontignan, et de l'autre côté le commencement du canal de la jonction des mers, il aura un caractère dislinclif qui n'est point à négliger. D'ailleurs il ne laisse pas que d'arriver à Cette beaucoup de bâtiaieDts étrangen«aiigUMS, bollandoia et de la mer Baltique, — Bmi im loéiiMi.

Le Port*Vendre et CcUionre an Rouasilloo ne paroissent polnl susceptibles dTaucun tableau.

BvU tatUauximu la MééUêrmUe.

BATomis. — Les jeiiëes, que Ton a commencé à établir pour resserrer les eaux de TAdoury affin que par leur courant, elles rompent la barre de sableàTembouchure de cette riTÎére, doivent former le principal sujet du tablesu de ce port, et on peut y établir une mer fort orageuse. Comme dans la dernière guerre, ce sont les corsaires de Bayonne qui ont fait la course avec le plus de succez, on croit que, pour faire honneur à ce port par un caractère disliuctif, il faudroU y porter quelques corsaires rentrant avec plusieurs prises. «Bon; tm] uM/tau^ du corsaires rentroiU avec tUsprisu,

Bordeaux. — Ce port est susceptible au moins de deux tableaux, l'un seulement pour représenter, avec la ville, la prodl* gieuse quantité de bâtiments de toutes espèces et de toutes nalions qui viennent y cberoher nos vins, et Fautre pour rentrée de la riviéra oaiictériaée par la tour de Cordouan. Si Ton n'établit pas une BMf orageuse dans ce dernier tableau, il conviendra d^y comprendre un gnad noMbre de bateaux peacbeurs* « Bon; dus»

tabUaux.

IKoCRPORT. — > Comme ce port est sur la rivière de Charente à

cinq lieues de la mer, ii n i si susceptible d'un tableau de marine qu'en ce qui concerne lus détails du local ; ce qui doit le caractériser principalement, ce sont les formes où Ton radoube U% vais*seaux du roy. — Bon; un tableau.

Hais la rade de Tile d*Aix«qui est celle des vaisseaux de Roche* fort, peut, avec les isles de Ré et d*01éron9 où sont les tours des Baleines et de Ghassiron, former le sujet de plusieurs tableaux ; au moins de deux, Tun en beau tems avec des vaisseaux du roy partant pour les colonies, convoyant une lloite marchande, et i autre un mauvais temps qui represcnleroit quelques naufrages. — Bon; un tableau de la rade de fide d'Aix avec vue des isles de lilié et d'OUrand et un depail de vameaux du roy convoyant une (lotte marchande,

La Rochelle. — Il paroisl que c'est le port à choisir pour former le tableau de bâtiments ccboués de mer basse. Ce tableau sera SQSceptible de toutes les opérations de radoubs, calfatage et carcn- Ms de vaisseaux. Son caractère distinctif, indépendamment du local du port, sera formé par les deux parties qui subsistent encore 4e la digue du cardinal de Richelieu. — Bon ; un tableau.

Entre la Rochelle et le Port-Louis se trouve la rivière de Loire, oîi la V lie de Nantes est située, mais l'on ne croit pas qu'il y ait lieu (le choisir Nantes pour le sujet d'un tableau parce qu'il ne s'y trouve rien qui puisse y former un caractère distinctif.

Mais, entre Nantes et le Port-Louis est située Tisle de Belle-lsie avec les petites iles d^Houac et d'Hédic, et, comme la peftche de la sardine est un objet de commerce assez considérable, on pourroit y former un tableau de ce sijet. — Boit;tin tableaa pour la pesehe de ta sardine,

iM Poftff-Loou et Loamrr.—Iié sujet du tdileaupovreee ports doit être eu entier pour ce qui ooneeme la compagnie des Indst,

et il peut être pris dans le lems de la vente, où il y aborde m

assez grand nombre de bâtiments étrangers. — Bon; un tableau fait dans le tems de la vente de LorierU.

BatST. — Le port et la rade de Brest sont susceptibles de for*

mer divers lalileaiix. Je loiiles espèces et en louis genres de marine. Les desseins el ^'ravures du sieur Ozanne, dessinateur de la marine, ne peuveot qu^étre très-utiles an sieur Yernet. — Son; éâux tabUttux.

Saint-Halo.— Le port de Saînt-Valo formera un beau tableau,

deearaclère dîstinctif par la position de différents rochers sur lesquels on a établi des forts pour la drffense du port. D'ailleurs on pense qu'il doit ôire peint de mer basse comme celui de la Rochelle. — Bon ; un Uibleau.

Entre Saint-Malo et le Havre sont les ports de Grandville et de Cherbourg et la rade de la Hougue. Les ouvrages que Ton fait à Grandville et à Cherbourg ne sont pas encore assez avancés pour donner lieu à en faire les sujets de quelques tableaux. La rade de la Honguc en seroit plus Susceplihic, d'autant plus que ladeffaile de Tarmée navale en formeroit un grand objet; mais Ton ne pense pas qu'un peintre travaillant pour la France doive représenter un semblable désastre.

Lb Havrs. — Le tableau pour ce port aura un caractère db-

tinctif en le fermant de basse mer, les portes du bassin fermées

pour contenir à lloi un assez grand nombre de bâliments. Ce port est d'ailleurs susceptible de loiiies sortes de sujets de marine marchande cl de pesche. Les estampes concernant le voyage du roy au Havre seront utiles À M. Vernet. — Bon ; un UibUau.

Calais. — Les paquebots ou yachts qui servent à passer et à repasser d*Angleterre formeront le sujet distinctif du tableau de ce

port; il faudra que H. Yernet s*attaehe aussi au local pour la position dQs forls, des jcllées et du Paradis. Quoyque ce port assèche comme Saint-Malo et la Rochelle, il paroist devoir être représenté de haute mer. — Bon; un tableau,

DumsaQui. — Dans Tétat où est aetnellement ee port, il est peu susceptible d*un tableau de marine ; mais les andens établissements sont gravés et peints en tant d*endroits que M. Yernet peut

aisément y trouver un sujet distinctif. — Attendre» Douze lai^ eaux pour l'Océan, Total vingt tableaux.

VlUnâratre de V* de Marigoy porte la date d*oetobre 1789. h Veraot part attssilôi pour commencer son entrcprue.

(t« cahier, page 94).

Nous arrivament le 16" octobre 1753 a Marseille. Nous entramment chez M. Salvat le 18* octobre au soir.

Le perruquier a commencé de raser mon beau-pere

et moy le 20® octobre.

Livio a commencé d'aller a l'école le 5* novembre

Qu'on me pardonne de donner dans toute la naïveté de leurs détails domestiques ces notes de journal. Chez J. Vcrnet Tartisie ne se sépare jamais de Thomme de ménage. On le voit ici tel qu*il i*est peint dans la Vue 4e Ventrée du port de MaruiUe^ entoaré de ta famUlc. Elle le suivra désormais partout où rappellent ses trip

YSQZ.

Lîvîo e9i le fils atnè de I. Veniet, né, selon toutes les apparences en Italie. Son éducation, promenée de ville en ville, suivant les exigences de ïllinévaire, n'est pas un des faits lei moins curieux à relever dans ces noies.

Les tableaux du port de Marseille sont au nombre de deux. En Toici les titres, d'après le livret du Louvre : Tue de Centrée du pari ie MarseiUe, prise de ta montagne appttée Tête- de More, — Vue de titttérieur du port de Marseille^ pme du paottton de l'Uortoge du père, — Tous deux sont si<»nès et datés de 1754.

A la page 36 du mOaic cahier se trouvcut les reçus non datés :

P' le Roy deux tableaux du port de Marseille. 2400

Il faut enlendre 2i00 ècus romains. On lit en cfTel, quelques pages plus loin» sous le litre ; « Depuis que je suis & Bordeaux » ,

T. iV. 10

« Les sommet de celte nouvelle notte sonl ftittes en monoye de France. » Or»l. Vernet prend soin de nous indiquer Ini-mémeail:lenrs la valeur de îfteu romain en livres françaises; 2400 èeos romains représentent ISOO livres, soit 6000 livres pour chaque tableau.

(Page 05).

J'aj commencé a travailler a fmr le tableau de la Pèche du thon vers les premiers jours de janvier 1754 auquel j avois travaillé ciiYiroo six jours pour Té» bauche.

(Page 44).

Nous arrivament à Toulon le 29^ septembre 17{t4.

Nous avons resté dans la maison de Mad^'^'' Madeleine quinze Jours» et quinze jours au château de Bandol.

Le tableau de la pôche du thon n'csl autre que la Vue du golfe de Bandol y datée de 1755. Il résulte des notes précédentes que J. Vernel Tavail ébauché et même lorl avancé au mois de janvier 1754, bien avant de quitter Marseille. Or, il n'a vu le golfe de Bandol qpi*aa mois d'octobre de la même année. Il est probable qu'ayant 616 témoin d'une belle pêche de thon à Tune des madragues de la irnde de HarseiUe^ J. Vernet avait dés lors dessiné et peint cet épisode qui occupe presque tout le champ de son tableau, et que plus tard il y a ajouté seulement, comme toile de fond, et pour se conformer aux instructions de M. de Marigny, la vue du golfe de Bandol. — La date^ inscrite sur ce tableau avec la sig^nature, indique qu'il ne fut achevé que Tannée suivante, à Toulon, où J. Vemel retourne s'établir pour peindre les trois tableaux marqoés inrfl^Mratrf.

Nous allamment habitter le logément de Mr Dau-

benton le 29^ octobre le soir» mais laccord que j

fait avec luy est de commencer le premier de novembre 1754 à cents livres le mois.

Mon fils a commencé d*aller à Técole chez M. Tabbé Rambert le onziesme novembre 1754 jour de la St Martin*

Snivenl les payameoti par trintitm de la penalon de Lifio, qae jemia inaiile de eiten

Partiasimo da Tolone per andare a Pariggi la iig^

Verginia et me alli 15 Luglio 1755.

Siamo tomati da Pariggi in Tolone a di cinque octobre 17S5 (1).

Ce petit voyage de trois mois coincide trop bien avec Texposition faite au Louvre le 28 août 1755 pour ne pas croire qu*eUeea fat le motif et le but. J. Veraet en profita sans doute pour porter lai-oéme à Paris les deux vues de Matseille et celle da golfe da Bandol, qui figurent au li?ret du salon de 1785.

(Page 94).

J'ay commencé a finnir le tableau de la rade de Toulon le 1K décembre i7S5 auquel J'avois travaillé pour le dessein et Tébauche environ quinze ou vingts jours.

J'ay commencé à finir le tableau du port vieux de Toulon le it mars 1756 second jour de carême.

J'arrivay a Avignon le 3* juillet 1756.

(1) C'est ici qu'il faut rapporter la lettre de Yernet publiée dans ks ifdiives par H. Mantz (l^mevito, tome I, p. 804-6) ^ et relatilt à la aeaiptnre dm cadres des ports de France.

I. Veniet t iMmé à Toulon dix-hnlt mois on tout. Ce ii*ettpii Irop poar les quatre lableaex qu*il a peints, t* Vui du port neufâ»

Toulon, prise ét Vangle du pare itmiiUeriê, — 9* Vue de la tHUe et de la rade de Toulon. — 3° Vue du vieux port de Toulon, prise du côté des magasins aux vivres. — El cufm, 4" Vue de In rade d'Antibes {en Provence)^ prise du côté de la terre. Ce dernier tableau porte, comme les autres, la date de 1756. Bien qu'il ne soit fait ancaoe mention d'Antibes dans les notes précédentes, comme Veroet par la suite n*est jamais rcveou en Provence, c'est évidemment sur ces dix-huit mois quHI faut prendre le temps de son séjour à Antibes et de Téluiuclie du tableau, terminé plus tard à Celte.

Voici maintenant les reçus, y compris celui de la vue du golfe de Bandol.

P" le Roy deux tableaux celuy de larcenal et la madrague 2400

le Roy deux tableaux celuy du port vieux et celuy de la rade de Toulon 2400

U s*agit toujours d*é€U8 romains.

(Page 94).

J'arrivay a Avignon le 3<> juillet 1756 et j'avoitdeux mille moins quelques livres.

J*ay commencé a occuper le logement de M. Razi* bus a Avignon le septième juillet 1756 accordé a trois louis d'or par mois.

J'ay commencé à prendre des livres chez M'

libraire a Avignon le 15 juillet 1756.

Nous verrons plus bas que J. Vernet quitta Avignon au niois d*octubre de la môme année : il y est donc resté quatre mois. Osi peut- être pendant ce séjour qu*ii a peint Vaedela ville d'Avi-

gnon, fnrtvée en 1782 par Martini, diaprés le tableau appartenant

au cabinet Auberl.

De louie la correspondance écliangôc enlr*^ J. Vcrnelcl le marquis de Marigny au sujet de celle grande affaire des ports^ M. de MoDtaiglou a eu entre lea maina qualre lettrée qu*il veut bien oons permettre dMnaérer dana ce travail. La première, de i. Vemel^dap tée d^Avignon, trouve naturellement aa place ici : lea deux qui auivent portent la aignature du marquia de Marigny. Tontea troia aont rdativea au port de Celle.

Monsieur^

Je reçu hier scullement la lettre que vous m*avez fait llionDeur de m'écrire du 10* aoust; elle et oit adressée a Ânlibe, de là a Toulou^ et de Toulon icy ; ce qui a été cause que je ne 1 ay pas reçue plus tôt.

Vous m'ordonnéz, Monsieur, d envoyer incessamment les deux derniers tableaux que J'ay fait a Toulon pour le Roy, et vous les adresser ; je vay les faire partir. Je vous prie de vouloir bien les (aire tendre sur des châssis dès qu'ils seront arrivés, le suis bien impatient de savoir comment vous les trouveréz, et si j'ay eu le bonheur de réûssir dans mes intentions qui tendent toujotu's à mériter les bontez du Roy et les vôtres.

Mr Peilhon m'a donné avis, il y a quelques jours, que TOUS aviez eu la bonté de donner ordre à Mr son fils de me compter 6000^ pour pavement du sixième tableau que j*ay fait pour le Roy ; j'ay tiré sur luy une lettre de pareille somme, ce qui avec les 1000* que vous avéz la bonté de m'anoncer après que vous aurez

fait mettre en règle le mémoire des omrrages que j'ay fait pour Sa Majesté la somme de 36,000^ en ayant deja reçû 35*000.

J ay toujours observé, Monsieur, lexactitude avec laquelle j*ay été payé des ouvrages que j*ay fait pour le Roy ; je pense être le seul qui le soit aussy exactementt et je sçay que c'est Teffet des bontéz que vous vouléz bien avoir pour moy, à quoy je suis reconnoissant autant qu'on puisse l'être. Je voudrois. Monsieur, pouvoir vous ei^primer mes sentiments là-dessus» et combien je suis sensible à tout ce que tous daignez faire pour moy.

.Selon l'itinéraire que vous eûtes la bonté de m'envoyer, je dois peindre le port de Cette, étant le seul du Languedoc. Je me propose, pour proûtter de la belle saison, de m*y rendre vers le huit ou le dix du mois prochain, puisque, selon les plants que j'en ay vu, le plus beau point de vue sera du côté. de la mer; ainsyj'auroy besoin du calme pour en faire les ettudes. J'auroy là occation de faire sur le devant du tableau une mer un peut en mouvement et peut-être fairoy-je une tempête, ce qui produiroit un effet asséz rare dans le nombre des tableaux que j'ay a faire pour le Roy, peignent ordinairement Tinterieur des ports et par conséquent la mer tranquille ou bien du coté de la terre.

n me semble qu'après avoir fait touttes les études nécessaires pour le port de Cette, surtout si je le

prends du coté de la mer» qu'il serait asséz inutile de m*ettsblir dans cette petite méchante yille, où je serais mal a mon aise pour y peindre ce tableau, et, si je ?ois que la chose n*exige pas ma rasidenee sur le lien, je pourrois Taller exécuter a Bordeaux où je trouverais plus de secours pour les parties accessoires qui doivents orner le tableau de Cette; mais j'atlen-dray vos ordres la dessus » ne voulent agir et ne le devent faire que pour eux.

Je travaille toujours au tableau d*Ântibe ; j*espère que le port, quoique peu considérable» ne ftira pas an movais effet en peinture.

Je vous demande pardon de la longueur de ma lettre; je n*ay pas sçeù la faire plus courte, et je trouve bien plus difficile de vous exprimer toutte la reeon- Doissance que je vous doit et le très respectueux attachement avec lequel je suis

Monsieur

Votre très humble et très obéissant serviteur

A Avignon le 6^ septembre 1756.

A Fontainebleau» le 9 octobre 1756.

J*ay reçu» Monsieur, votre lettre du 6 du mois pissé» dans laquelle je vois que tous toqs proposés

de partir dans le 8 ou le 10 octobre pour Cette; vous me marqués que, suîvaot les plans que vous avés vus de ce port, le plus beau point de vue étant du coté de la mer» vous auriés besoin du calme pour en faire les études, et que vous comptés (aire sur le devant du tableau une mer un peu en mouvement, et que peutêtre même y peindrés-vous une tempête, attendu que, peignant ordinairement Tinlerieur des ports et par conséquent la mer tranquille, ce tableau du port de Cette auroit celte singularité qui produiroit un eiïet assez rare. Vos tableaux doivent réunir deux mérites, celui de la beaulé pittoresque et celuy de la ressemblance. Je trouve bien Tun dans le projet que vous me proposés; mais je crains que ce ne soit aux dépens de l'autre, et Je doute que le port de Cette représenté en vue du coté de la mer soit reconnu par le grand nombre de ceux qui ne 1 ont vu que du coté de la terre. La tempête que vous avés dessein d*y ajoutter rendroit encore votre tableau moins ressemblant, atandu qu'il est rare de voir la mer dans un port agitée de la tempête. 11 faudroit que le devant de votre tableau fut la pleine mer, et par conséquent que le port (ut reculé dans le lointain, ce qui vous enipecheroil de le détailler d'une façon caractéristique. 11 me semble que le projet de ce tableau, tel qu'il est dans Tilineraire que je vous ai remis^ rempliroit mieux l'objet que vous de* vés vous proposer. D'un coté la plus grande partie de rétang de ïhau» de l'autre coté le commencement du

us

canal du Languedoc donneroient à votre tableau un caractère distioctif qu'il n'auroit point suivant votre

nouveau projet; consultés-vous avant de vous décider, et surtout ne perdés pas de vue Tintention du Roy» qui est de voir les ports du royaume représentés au naturel dans vos tableaux. Je sens bien que votre imagination se trouve par là gênée ; m^h avec votre talent on peut réunir le mérite de rimitation et celuy de rinvention : vous en avés donnés des preuves.

Quelque envie que j*aye de vous procurer dans vos traveaux tous les agréments possibles, je ne puis consentir au désir que vous avés, après vos éludes fautes de ce port, finir votre tableau à Bordeaux, et je crois devoir vous faire observer que le Roy paye vos tableaux de façon à exiger de vous que vous leur donniés toute la perfection possible et que vous ne sauriés mieux les finir que sur les lieux. Àinsy je compte que vous achèverez votre tableau du port de Celle à Cette même» d autant que ae tous les ports du royaume, c'est le seul dont le séjour ne soit pas agréable, et vous u'aurés que quelques mois à vous priver des commodités que vous n*y trouverés pas.

Je suis. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Le marquis de Marigky.

La réponse de J. Vernet manque, n parait qu*U insistait pour son projet de tempête par raisons pèremptoires , car le marquis de Marigny lui écrit de nouveau quelques jours après.

 Versailles le 21 novembre 1756.

J'ay reça» Monsieur, Totre lettre do 11 de ee mois. Je me rends à votre avis sur le projet de votre tableau du port de Cette, quoiqu'il soit opposé à celuy de Filinéraireque je vous aj remis, et j'approuve toutes les réflexions qui tous ont engagé à faire votre nouveau plan. Ainsi vous pourrez suivre vos idées et ▼eus livrer à votre génie dans le tableau de ce port.

Le secret que vous avez crû me découvrir par votre même lettre m'etoit très bien connu et si je n'en avois pas été instruit, et que je ne Tensse pas pénétré avant de vous charger de faire les tableaux de tous les ports de mer du royaume, je ne vous aurois point employé pour procurer au Roy cette collection. Je sçavois que la gloire vous animoit dans cette entreprise, qu'elle vous conduiroit dans chacun de vos ouvrages et que ce motif seroit beaucoup plus puissant que les honnoraires qui y ont été attachés. Ainsi ce n'est point un secret que vous m'avés dévoilé par votre lettre; mais je persiste dans mon sentiment et je pense qu'étant sur les lieux, vous serés bien plus assuré de votre réussite, et en effet toutes les idées ne naissent pas à la fois chez les plus grands maitres ; • elles se succèdent les unes aux autres : de là vient qu'ils rectiffient aujourd'huy ce qu'ils croyoicnt hier avoir porté au point de perfection.

J'avois écrit des le 25 octobre dernier à le garde des sceaux pour le prier de vous procurer t Cette

toutes les facilités que vous avés eues à sa recommandation à Toulon et à Marseille. J'apprends avec te^ gret que ses lettres n'etoient point encore arrivées à Cette. Je loy écris une seconde fois aujourdliuy pour le prier de vouloir bien employer ses bons offices dans ce port pour que vous y ayés toutes les commodités nécessaires à votre objet. Je suis, Monsieur, votre très bumble et très obéissant serviteur.

Le marquis de Maiugny.

ReyeDons ao journal de J. Verset.

(Page 04;.

J*arrivay a Cette le premier novembre 1756. Je

vint loger chez M'^ Bonjean le trois et je commeoçay a

occuper l'appartement de M' Ledreu le quatre accordé

a 40^ le mois ; j*ay commencé a me faire raser par le

garçon de Gontrastin le 2% j'ay commencé a tra*

vailler le onze, etj'avois en arrivant 720^.

J'ay commence a travailler pour finir le tableau du

port d'Ântibe le 19' novembre 1756.

iMVuedu fwt âe Cette («» Languedoc) prUe d» eOti de la iimt, derrière ta jetée isolée^ porte la date de 1780. lUe iigiiiay ainsi que las trois taUeaux de Toulon et oelui d*Antibes» au aalon de I7S7.

Le reçu est antérieur au séjour à Bordeaux.

P le Roy deux tableaux le port d'Antibe et celuy de Cette 2400 (^oiis romaine).

(Page 93).

Je partis de Cette le 18^ rnsy 1787 • Tarrivay a Toup

louse le 16 ou je restay cinqs jours et j*arrivay a Bordeaux le 14 et j*avoift3o0^.

J'entray chez M. Pitard le 26 niay au soir 1737. Moo fils a commencé a prendre laisson du ialia de Tabbé de Montesquieu le 9^ juin veille de la Fête* Dieu*

Mon fils est entré en pention au collège des jesuistes le 5® octobre 1757.

J*ay commencé i travailler pour finir le tableau de

la vue du Charlroû faubourg de Bordeaux le 7 novem* bre 17S7.

(Page 94).

J'ay commencé a travailler pour finir le second tableau de Bordeaux le lo« fev. 1759.

J. Vernct n'a peint que deux vues de Bordeaux, et il y a passé plus de deux ans. Vue de la ville et du port de Bordeaux^pmeda eôlé d$i êalinièm^ datée de 175S. — Vue de la mile et du port de Bardeaux, prUe du château TrmpstU^ dalée de 1759. — Toutes deux figurèreol au salon de I7S9.

Voici les reçus correspondaots :

Pr le Roy un tableau de la vue du port du coté des Chartrons faubourg de Bordeaux. • • • 6000^

Pr le Roy une vue du port de Bordeaux prise du château Trompette 6000^

Mais ce long séjour ne fut perdu pour personne. Les reçus mentionnent dix-neuf tableaux peints à Bordeaux pour des pariiculiera, dont le total s*èiéve à la somme de 13,9U0 livres. D'autr9 part, c*esl le 14 août 17S3, à Bordeaux, qu^est né Carie Vemet, le teeond fils de notre peintre de marine.

(Ptge 61).

J'arrivay a Bayonne le 9® juillet 1759 a septs heures dn matin, Tavois en arrivant 1520^ et j'ay com«mencc a occuper lelogemeut de Mad^ la veuve Duler le 10 au soir.

Ces lignes sont placées en tôle de la page ei sous le titre : c IMpentes générales. » — Ainsi c*est à Bayonne, eu 1750, que J. Vernet commence à tenir un compte exact ét journalier de tout Fargent qui se dépense dans son ménage, tant pour son usage ou ses

plaisirs que pour Tenlrelien de sa femme et de ses enfants, habitude d'ordre que raugmenlalion de sa famille et de sa fortune a rendue nécessaire, cl qui, continuée pendant plus de trente ans, nous a conservé sur la vie privée d'un artiste au dix-huitième siè» cle les détails les plus précieux. Voici quelques extraits qui se rapportent au séjour à Bayonne.

19 juillet 1759. Une partie au Boueaut (1) pour

dessiner 2^12

Donné à une Basquaise que j ai dessinée. • 1 04

21 septembre 1760. Quant j'allay voirie

nauflrage au Boueaut 4 10

Octobre 1760. Le second nauflirage au

Boucau 3 00

Mais n anlicipoDs pas. Vernet est à Bayoaae depuis le 9 juillet

(i) Boucau. — Le dictionnaire de Massclin donne: Boucau (vieux), bax, Landes ^Gasgogne), et le Diethunaire des communes de France : « Boucaud, villaitedes Landes, eomm. de Tarnos. canton de Bayonne. » — Evidemment, le nom du village est emprunté d*une ancienne bouchf du l'Adonr^ située prés ducapBreiou^à 30 kilom. feuvirou au nord de Bayonne.

J'ay commencé d'occuper le logement de M' Labat le premier octobre 1780.

Ma femme et ma famille arriva le dimanche au soir tl octobre 1789.

(Page 94),

J'ay commencé a travailler pour finir le tableau de Bayonne pria de la citadelle le 9^ juillet 1760«

VlUnéraire n'indiquait qu'un tableau pour Bayonne. J. Yernet en a peint deux : !<> Vue de la ville et du port de Bayonne, pHse à mi-côU sur U glacis és Us cUadeOê, — 2« Vue du pari etdsia viUf és Jtoyonne, prise de VaUis de BoufflerSf pris de la porte de MaussO' rôle. Toutes deux portent la date de 1761, toules deux ont figuré au salon de cette année même. Mais déjà, avant de quitter Bayonne, J. Vernel avaii fait de ces deux tableaux et d'autres sans doute une exposition publique. Car on lit aux a Dépens générales » '

Soldats des tableaux 1 .04

Au soldat qui a fait la garde aux tableaux* 3.1S

17' jmn. Aux gardes des tableaux. . . 43.00

Puis vient le détail du voyage.

A M. Grepin pour 3 chaises.

Aux auberges jusqu a Bordeaux P le bateau de Blaye. ... »

Aux oberges de Blaye a la Rochelle.

P' trois voitures de Blaye a la Roch(^lle

QuBt à b longueur du léjour de J. Tenet fcBajr«iiie(dewi entiers), elle noae ett en partie expliquée par .ne noie qni e l^rantege de fixer nn point dontenx de la Uograjpliie de Carie, et

que je donnerai à pan vu son imporiance.

(Page 74).

rarrivay à la Rochelle le V juUlet 1761 et j'oeeu-

pay la maison de Mad* la veuve Morancy dont le loyer qui est 1200^ raoaée a commencé le 1^ juillet 1761 •

(Page 95).

Tay commencé a travailler pour finir le tableau de

la Rochelle le 28 décembre 1761.

Mais,avaDt de terminer le lableau de la Rochelle,!. Vernetavait entrepris celui de RocheforL On lil anx Dépenses généraUs,

Voyage de Rocbefort lo 2" novembre 1 761 .

Depences que ma femme a fait lorsque j'eltois a Rocbefort du 2* au 12* novembre 1761 •

Et plus loin.

Depuis le 26 fev. 1762.

2* voyage à Rocbefort.

Ce deuxième voyage ne paraît pas avoir duré plus d*un mois.

C'est à la i;ocbellc que fut terminée la Vue du port de Rœhefùrî, prise lia mafjasin des Colonies^ aussi bien que la \ue du port de la Boclielle, prise de la petilerive. Toutes deux datées de la même année 1762, et exposées ensemble au salon de 1763.

Je n'ai pu trouver les reçus relatifs à ces deux tableaux, ia note suivante indique que le payement s*en fit attendre.

Et ne reste plus que 3000^ p'^ que les taUeauz de

Rocbefort et de la Rochelle soient payés.

En effet, c*est à k fia de 1765 seulement, c'est-lHlire Irokani

après les tableaux terminés, que furent payées ces 8,000#, aiotl que le prouve une lettre de J. Yernet, communiquée aussi par M. de Montaigion.

MoDftiear,

Je 8uis très sensible a la bonté que vous avez eue d'ordonner qu*il me fut conlé lrots*mille livres, pour acbever ie payément des deux tableaux pour le Roy du port de Rocbefort et de celuy de la Rochelle. J*ay l'honneur de vous en faire mes très humbles remercimenls et suis toujours plus» avec le plus respectueux attachement,

Monsieur

Votre très humble et

très obéissant serviteur

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