‹ Archives de l'art français (volume 2)Chapitre 27 sur 70 · V£RN£T · texte numérisé non relu

V£RN£T

À Paris, ce 13^ novembre 1703

J. VerDet dut quitter la Rochelle vers le 10 juillet.

Bazile a été payé de ses gages jusqu'au X* juillet

(Page 70).

J'arrivay a Paris le 14® juillet 1762.

Cependant sa mission, comme on dirait aujourd'hui, était loin d'ôlre lermiiK^o. L'ilinéraire de M. de Marigny indiquait huit tableaux dans la Méditerranée et douze dans l Océao. Or, si daosla Méditerranée le peintre avait fidélemcol rempli son programme, dans VOcéan il était loin de compte. Il est vrai qu*il avait peint à Bayonne deux tableaux au lieu d^un. Encore est^il qu*il lui restait à peindre une vue de Belle- Isle, une vue de Lorient, deux vues de Bresl, une de Saînt-Walo, une du Havre et une de Calais. Le retour de Vernet à Paris eut pour elfel de modifier les conditions de ïlUnêmire, Ce n'est qu'après plus d'un an de séjour, après son

installation aux galeries du Louvre (l),que J. Veniet reprend Tœn* Yre interrompue, et, laissant de côté les indications de VlUaérairêt c*e8t par la Vtte du port de iHeppe qii*il cl6t la série des ports de mer de la France, réduite ainsi de vingt tableaux à quinte.

(Page 86).

J'arrivay aDieppelelS® septembre 1763; j'ay resté a l'auberge de TEsperanoe jusqu'au 15'. Le 15 je suis

veau coucher chez M. Yiliy.

Les Dipeiuet ^énênk» confirment le journal et le complètent :

Depuis mon départ pour Dieppe le 11* septembre

dessiner du poisson. . ..... 0.12

Ou j'ay dessiné le port de Dieppe. • • • 6.00

• Port de mes bardes de Dieppe à Paris. • 30.00 Fiaeredu26oetobre. •••••• 2.10

De retour à Paris le 26 octobre, J. Vernet n'a donc passé à Dieppe que six semaines environ. La Vue de la ville et du port de Dieppe fut achevée à Paris, ainsi que le prouve la date 1765, et fui exposée an salon de la mémo année.

Ainsi^ la grande entreprise de Yemet, commencée le 16 octobre 1753, se trouve terminée de fait en octobre 1763, c'est^-^re en ëBL «18. Bbt ans lu! ont suffi pour peindre, d après nature et sur les lieux mômes, quinze tableaux de 1 mètre 65 cent, de haut sur une largeur de 2 mètres 63 cent. Chacun de ses tableaux fut payé

(1) Yoy. Archives de l'Art français^ vol. 1, p. 203. Le brevet de logeînent de I. Yemet au Louvre est du 11 octobre 1761 •

•,000 liTretf ce qui donne 90,000 li? res pour le total do la eoUee* tion, estimée, sons la Reslaoration, 378,000 fir. En entre de ees Immensee travatii, pendant celte période de dix années, I. Teraet a exécuté pour des partfeuliers soixante et qnfnse tableaux men-

liounes aux Rcçus^ dont ia somme totale s'élève à 65,422 livres.

Les dessins originaux des ports de France ont élé donnés au musée d'Avignon par M. Horace Vernet, aussi bien que les papiers d*où nous avons extrait les détails qui précédent. Us sont au nombre de quinze. Les deux vues de Marseille manquent, mais les deux vues de Bordeaux s'y trouvent en double. Ce sont de vastes croquis de S métrés et |dus de long» tracés au crayon, lavés à Tencre de Cbine, quelquefois arrêtés à la plume, et semés de notes le plus souvent en italien, indiquant les tons fugitifs dont le peintre voulait garder le souvenir, ou les différentes espèces de cultures, les variétés de terrains qu'il ne pouvait marquer par le dessin, souvent même la première idée de ces épisodes pittores« ques que J. Vernet a su jeter, pour les animer, sur les premiers plana de ses tableaux*

• Né en I71é> Joseph Yemet , ea 1703, à Tisane de ces travaux,

n*avait que quaranle-neuf ans.

J. Vernet a-t-il exécuté seul les tableaux des ports de France ? Je vais essayer de résoudre cette question à Faicle des documents que j'ai sous les yeux.

On lit, page 96 (l"" volume manuscrit) : « Pour six toiles pr U. Yolaire mon élevé » — et page SO, aux adresses :

« Addresse de M. Volaire a Toulon.

A M. Auban chirurgien de la marine pr rendre a Mr Jacques Volaire a Toulon. »

Cest dans une commande de 1758 que ce nom se rencontre pour la première fois: « Pr Mr de S. Hicbel de Marseille eh** de 8. LoOis un tablean en toile d*empereura ma fantaisie, ordonné par H. Volaire le fils au mois de octobre 1755. Le prix est de mille

livres. »

On retrouve Mr Volaire à Bordeaux, à Bayonne, à La Rochelle ; et c'est toujours à propos de dépenses faites pour son compte par J. Vernet et enregistrées à ptri. En Toîei un exemple : « •••• Tay donné a M. Volaire a Bordeaux dans le mois de juillet 1759 en quatre loiii. ^ 9*it

Donné a Bayonne le même mois six lottit.. ' • • • • 144

A Bordeaux donné 300

Le 29* septembre je restois débiteur a Mr Volaire de. . 1046

Enfin, M. Volaire quitte son mettre en 1768, alors que celui-ci^ de retour à Paris, n*a plus à peindre que le port de Dieppe; il va s'établir à Bome, d*où il continue de correspondre avecl. Vernet pour envois de couleurs, de livres ou d'estampes.

Quant au genre de collaboration à prêter à M. Volaire, il me semble précisé par cel article, reproduit dans trois comptes différents : « Pr etuit de mathématique, 24#00. » Or, Tarchitecture, on le sait, tient une grande place dans les tableaux des ports de France : les vues de Bordeaux et de Rochefort, notamment, présentent de longues files de eonstnictièns en perspective. Dana les dessins originaux, ces édifices ne sont pas dessinés en entier, mais seulement d'une façon sommaire : une fenêtre, un pilastre, et le reste en blanc.

Faut-il conclure que J. Vernet a employé M. Volaire aux tracés de perspective et d'architecture de ces tableaux, ou faut-il lui faire aussi une part dans Tébauche? Les dessins ne portent pas trace de mise aux carreaux; mais ils sont couverts, je Tai dit, de notes écrites en italien et en français qui indiquent les différents tons des objets. En supposant que ces notes du mettre aient servi à l'élève pour préparer le travail en couvrant la toile par de légers frolliSy on connaît trop les procédés de peinture de J. Vernet, j'allais dire des Vernet, pour attribuer à M. Jacques Volaire une part sérieuse dans l'exécution proprement dite des tableaux des ports de France.

EsKATUM. — P. 141, ligne 27, au ii^u de : UporLdeBone^W&ti : le portée Bouc,

JOSEPH YERHET

Payêmenla de $e$ labkamdesporU de France.

Pour compléter les notes qui précèdent, nous ne croyons mieux faire que de placer ici les extraits suivants pris par M. Lacordaire dans les Comptes des bâtiments du roi.

6 novembre 1756.

Au S' Veraet, 100(h^, pour faire avec 23000^ à

luy ordonnez à compte, sçavoir, 12000^ sur Texercice 1754, le 1"^" juin et 31 décembre, au dit an, et UOOO^ sur Texercice de Tannée dernière» les 24 juin et 31 décembre de ladite année, le pariait payement de 24000^, à quoi montent quatre tableaux représentant, l'un, l'intérieur du port de Marseille, le 2«, l'entrée du même port, le 3% le port neuf de Toulon, et le 4% la pêche du ton, qu'il a faits, pour le service du Roy, pendant les années 1753, 1754 et 1755, suivant un mémoire certifié, cy. • • • 100(K (Comptes des bâtimens du Roi. Année 1785* Registre E 9544. Fol. 330, v'.)

14 juillet 1757.

Au S' Yeraet, peintre» dOOO«^ à compte des ta-

bleaux qu il a faits pour le service du Roy» des ports

d'Antibes et de Cette, cy 6000^

(Comptes des bàtim. du Roi. Année 1757 \ re-gistreE9M6.F'356,vo.)

Du 10 décembre 1760.

Au Vernet, peintre, 2000^, eu contracts, à 5 p' 0/0, sur les Etats de Bretagne» pour faire, avec 34000^, à luy ordonnez à compte, savoir, 6000^ sur Texercice 1755» le 17 décembre 1756; 6000^ sur rèxercice 1756, le H aoust dudit an ; 6000^ sur 1757, le 14 juillet de ladite année» et 16000^ sur 1788, dont 4000^ comptant, le 21 juillet de la même année et 12000^ en contracts sur les aydes et gabelles, à 4 p'^ 0/0, le 1 1 septembre 1759, le parfait payement de 36000^ à quoy montent 6 tableaux» dont 4 des Tues du port d'Antibes, du vieux port, des ville et rade de Toulon^ et du port de Cette en Languedoc, et 2 des vues des ville et port de Bordeaux, faits pour le service du Roy» estimés, chacun 6000^» et livrés, les 4 premiers, en 1757 et les â autres en 1759» suivant 2 mémoires certifiez, cy. . . . 2000^

(Comptes des bàtimens du roy. Année 1759. Registre E 9548. 302.)

39 juin 1763.

Au S"* Vernet, peintre du Roy» 3000^, pour faire.

avec 9000^ k luy ordonnez à compte, aça?oir,

flOOO^ sur 1760, le 10 décembre de ladite année, et oOOO^ sur 1761, le 29 novembre 1762, le parfait payement de 12000^^ à quoy montent deux tableaux, représentant deux vues de Bayonne, qu'il a faits pour le service du Roy, pendant 1761, suivant un mémoire

certifié, cy 3000^

(Comptes des bâtimens du Roy. Année 1761. Re« gistreEQoSO. F^349, v°.)

7 déeembre 1763.

Au S*^ Vemet, peintre, 2400^, pour faire, avec pareille somme, à lui ordonnée à compte sur rexereice 1762, le 12 aoust, aud'an, le parfait payement de 4800^» à quoi montent quatre tableaux représentant

les quatre heures du jour (1) qu'il a faits pour être placés dans la bibliothèque de M. le Dauphin, tu chft" teau de Versailles, Tannée dernière, suivant un mémoire certiûé, ci S400«^

(Comptes des bâtimens du Roy. Année 1762, regUtreË9S51.F'â27.).

7 novembre i768, j

Au S*^ Vernet, peintre des marines du Roy, 3000^,

(1) Ces quatre tableaux sont décrits dans lo livret du mut^du liouvre (ta55), sou» les auméros 608 à OiS,

pour faire, avec 9000^, à luy ordonnées à compte sur Texercice 1763» les 4 décembre 1764 et 36 may 1765, le parfait p^ de 12000^, a quoi montent deux tableaux, Tun représentant la vue du port de Rochefort, et l'autre celle de la Rochelle, qu'il a faits pour le serfice de Sa Majesté, pendant Tannée 1763, suivant un mémoire certifié , cy 3000^

(Comptes des bâtimens du Roy. Année 1763. Re-*gistre E. 9So2. FMH,v\)

t! décembre 177S.

Au Veruet, peintre, 4600^, pour faire, avec 6200^ à lui ordonnées à compte, savoir, 3200«^ sur 1764, les 13 may et 18 septembre 1766, et 3000^ sur 1774, le 17 mars audit an, le p. p* de 10800^, à quoy montent cinq tableaux, savoir, quatre représentant les 4 parties du jour (1) et le la vue du port de Dieppe, qu'il a faits pour le service du Roif pendant 1765, suivant deux mémoires certifiés. 4600^

(Comptes des bâtimens du roi; année 1774; registre Ë. 9567.)

(1) La deuxième série des qmtre parties du jour , qui figure du» cet article de par&it payement, avait élè commandée à 1. Vemet,

pour le château de Gboisy. EUe parut, avec ce titre, au salon de 1765. Deux des tableaux qui la composaient sont décrits dans le

livret du Musée du Louvre (i855ji sous les numéros 6id et 614,

JEAI rOUQUET. DE TODBS

Notre collaborateur, M. Salmon, publie, dans les Annales de la Société archéologique de Touraine, une descriplion laliue de celte ville, inédite jusqu'à présent et adrenée yen 4477 par nn Italien établi en France, Franeesco Fiorio, à aon ami Jacopo Tarlatt, de Castiglione. Le passage qui se rapporte fi .l^an Fouquet et qui, avec la phrase écrite par Robertot sur le manuscrit de Josèphe et avec le passage de Jean Brèche,se trouve être, en dehors des comptes, le troisième passage contemporain qui se produise sur ce grand artiste, est trop important pour ne pas être mis sous les yeux des lecteurs de notre reeneil. C'est dans la deseription de Téglisede Notre-Dame la Riche :

Hic tum imagines sanctorum prisci temporis comparo cum modarnis, et quantum Joannes Fochetua cseterorum muUorum saeculurum pictores arte transcendât mente pertracto. Est autem hic» de quo loquor, Foclietus, vir Turonensîs, qui facile, pingendi peritioFt non solimi sui temporis, sed omnes antiques superavit. Laudetvetustas Polygnotum, extollant alii Âpellem ; mihi autem superque satis tributum esse opinarer, si digna ejus ac egregia in pingendo fadnora congruis verbis assequi valerem. Ne vero poemata me fingere arbitreris, in sacrario nostro in Mi' nerva (l'église de la Minerve à Rome)poteris de hujus ▼iri arte aliquid praegustare» si ibi in tela pictum Eugenium pontificem (Eugène IV, qui fut pape de 1431 à 1447) advertere curaveris, quem, tamen in ipsâ adhuc juventâ exislens, sic vere transparenti visione voluit in talem efiBgiem deducere : ne dubita,nam vera scribo^potensesthic Focbetusvivos penicillo effingere Yultu8> ac ipsum pene Prometheum imitari.

mmm coysevox

DE LTOV.

Marché passé en 1704 entre lui et Louis de Lorraine,eomte

(THarcourt, pour le tombeau de son père.

Tous les biographes de Coysevox ont parlé de son tombeau du comte d'Harcourt, fait pour Tabbaye de Royaumont, entre Beaumont sur Oise etLuzarches.La notice anonyme, publiée daasles Mémoires inédits des Académiciens ijâ, 37)» en parle déjà dans ces termes : « A Tabbaye de Koyaumont, à huit lieues de Paris, le tombeau de M. le comte d*Harcourt, grand ëcuyer de France, composé de la figure couchée et mourante entre les bras de la Victoire, figure de six pieds de proportion en marbre blanc avec un bas-relief de bronze représentant une bataille; toute celle composition a trente pieds de hauteur. » Dans la notice, que Fcrmelhuis a publiée sur Coysevox Tannée qui suivit sa mort, il en est parlé plus longuement : «Hais quelle beauté de génie il découvrit dans le tombeau de Henry de Lorraine» comte d*Haroourt^ grand écnyer de France, posé en Tabbaye de Royaumont. La figure mourante est couchée entre les bras de la Tictoire, dont Fexpresslon est telle par sa beauté, sa noblesse et sa douceur, qu'on peut juger qu*elle luy présente un autre objet que ceux où elle l'avoil fait triompher dans les autres actions de sa vie, et qu'il s'agit de combattre des ennemis plus redoutables et d'obtenir une couronne d'une gloire immortelle. Les figures de marbre blanc sont de six pieds de proportion» avec un ba»-relief de bronze d^une bataille, dont la vivacité du dessein et des expressions témoigne bien que le feu de rouvrier n^avoit point été affoibli par la violente attaque d'apo* plexie dont il avoit été frappé quelque temps avant de le faire. 9 (Paris, 172i, in-8°, p. 18-9.)

Le marché suivant, que nous avons trouvé au cabinet des es*-

tampes de la bibliothèque impériale, dans les papiers de Tarcbitecte Robert de Cotte, est celui môme de ce tombeau» et, dans la eoUection de la Topographie de la France, Von en pourra voir les destins, lavés d*aquareUe, conservés en même temps que cette pièce. Thtisde ces dessins sont des projets de Tautelqui faisaitface au tombeau ; Tun d^eux porte Tapostille : Paraphé au désir du marché de ee jourdhmj 27 juin 4705, c esl-à-dire sept mois après le marché du tombeau. Pour le tombeau lui-même, il n y en a qu'un projet, dont certains détails ont été modifiés dans rexéculion. Ainsi, dans le soubassement, il ne doit pas y avoir d'inscription sous le bas-relief. IiO groupe principal a en plus, k droite, une figure d'enfant en pleurs; la Renommée, au Heu d*étre à genoux et de profil, est plutôt assise, et ses jambes nues, qui pendent à moitié sur le cénotaphe, ont, môme dans ce dessin assez grossier, une élégance charmante ; elles auraient eu la finesse de celles de la duchesse de Bourgogne en Diane; mais c'est sans doute pour éviter dans un sujet funèbre cette trop adorable mondanité que Coysevox a pris un autre parti. L'arrangement des armoiries et du manteau tendu sur le mur est différent aussi. Du reste. Ton juge de ce que le tombeau était dans son état définitif par la planche de Desmaisons pour les AnikiuUéê nalUmaUs de Millin à Tarticle Rayau" monl, qui est chiffré du XI. Ce que cet auteur dit du tombeau, pages 6-7, est nécessaire à donner ici, parce qu'on y trouve , avec une description, les inscriptions qui se trouvaient sur le socle :

« La figure d*Henri d*Hareourt estde marbre blanc ; elle est couchée sur une tombe de marbre porter. Cette figure est bien drapée ; la téte a de la noblesse et de Texpresslon , mais la perruque énorme qui l'ombra^ est d'un très-mauvais effet. Henri expire dans les bras de la Victoire, qui est aussi en marbre blanc ; elle a sous ses pieds des faisceaux, symbole de la Force, et derrière des Uropbées.Le tout est appuyé sur une grande draperie de marbre blanc parsemée de croix de Lorraine en or, soutenue par des génies de marbre blane et des aigles de mémo m«tiére,ayani une couronne d*or. Tous les autres ornements sont de plomb doré. Au-dessous de la tombe, sur le coussin, on Ut : Àn0ine Cçywiox

F. 1711 (1). Sur le flode est un bas-relief qui représente la prise de Turin, et au-dessous, on Ut eette épitaphe dans un eamueho de marbre blanc : « Celsissimo prineipl Eenrieo a Lotharingia^ Harenrii eomtti, summo regii stabali prafeeto, Ludorieus filius,

tituîorum hseres, laudum œmulus, posuit. » Au-dessous on lit, sur une table de marbre noir: « Qui maximos inter aovi sui bellatores, fide, foriitudine prœceliens, Lerinensibus iosulis toloque mari Gailico Hispanos extenninavit; eosdem Gasale eircumyallentes castris exuit et fudit; Taurinun, obsessor Idem el obsessus, csteris ter csenSffectiosis ejectis^legllimo principi restttuil, Querium (S) in Pedemontio, Laurentinm in Gatalaunia vicloriis insignitity Normanniano in officio, Fiandriam in melu continuit; in Aquitania denique majestatem regiam slrenue ultus, oblit in hoc secessu, palmis et annis gravis, aetalis LXVI, anno Domini M.DC.LXVI. »

Par les inscriptions, on a bien vu de quel Harcourt il était question. G*était Henri de Lorraine, comte d*Harcourt, d^Armagnae et de Brionne, second fils du duc d*Elbeuf, et connu sous le nom de Gadet à la Perle, surnom qu*a immortalisé Hasson par Tadmirable portrait qu'il en a gravé et qui est toujours désigné par ce seul nom. Sans parler de ses campagnes, il suffira de dire que, né le 26 mars IGOl, il mourut d'apoplexie le !à3 juillet 1666, à l'abbaye même de Royaumont, dont Tun de ses fils, Alphonse-Louis, dit le eberalier d'Harcourt, qui était chevalier de Malte , fut abbé comme&dataire. i^uant au prince d*Armagnac, qui fit faire le tombeau deson pére et de son frère, e*était Louis de Lorraine, comted*Armagnae et de Brionne, grand écuyer de France, et plus connu sons le nom de chevalier de Lorraine; il mourut le 13 juin 1718.

Puisque celte pièce nous met sur le sujet d'un tombeau du comte d'Uarcourt, il ne sera peut-être pas inutile d'en rappeler ici

(1) Le volume de Millin porte ici, par erreur d'impression, 1721; elle est d'autant plus évidente, que quelques lignes plus haut, Millin a dit que la date de cet ouvrage était 1711. On se rappelle, d'ailleurs, que Goyse? ox est mort le 10 octobre 17t0.

(2) Guerhnn» dans le texte de Millin; mais c^est aussi une faute dwpression; car il 8*a(U de la tiUe de Quiers prés dèGisal,

un autre, plus heureux que celui de Coysevox, cerlaînement disparu dans la destruction de Royaumont. C'est le tombeau commémoratif qui foi élevé au comte d'Harcoart dans Téglise des Feuillants de It rne SaiiiWHonoré ; on en peut voir la description et les inscriptions dans Brice» I, S97; Piganiol, II» p. 453*55; Heurtant et Magny, III, p. 9-10, eVdans les ÀnUquUés luUknudesàe Millin, article des Feuillants, qui porte le numéro Y. Le groupe principal existe encore cl a passé du musée des PeliLs-Augustins à l'église de Saint- Roch, où il figure dans la première chapelle du bascdlé droit. C^est Touvrage d'un sculpteur de Mancy» Nicolas Renard (1), qui Ta signé n anuao luthar in fbcit. Sans avoir été élevé aussi tardivement que le mausolée de Royaumont, il fut fait longtemps après la mort da comte d^arcourt et par les soins d*un serviteur reconnaissant, comme le témoignait cette touchante mention :J.B. du Uignon^ principi à mathematicis olim^ deliinc a secrelis, mœrori justissimo obscquenSy opus absoluendum curavil 1695. Il était consacré à la fois au comte d'Uarcourt et à son fils Alphonse Louis, qui, né en 1645, mourut en 1689, et qui a été enterré à Paris dansFéglise du Temple à Paris en sa qualité de chevalier de Tordre de S. Jean de Jérusalem. Ce groupci conservé à S. Roch, n^est, au reste, qu*une partie du tombeau dont Fensemble a été gravé par Hasquelier pour Touvrage de Millin, Y, planche 3, figure 3. Le bas-relief en bronze placé dans le socle représentait la Victoire présentant son héros à la religion, allégorie aux succès du comte d'Harcourt contre les protestants; mais Lenoir (Hvksée des MonuwunU firançaU^ éd* de 1810, page 365), nous apprend qu*il a été fondu. Cependant, quoiqu*il soit heureux d'avoir conservé la plus importante partie de Touvrage de Renard, il est trop secondaire et trop maniéré pour consoler de la perte de celui de Coysevox (S)*

A. DB M

(1) cf. sur lui Dom Galmet,Ri6(io2AÀ7tt«torraifK,coL 803-5; Du* rival, 11,49-73, etTabbé Lionnois. HisL de Nancy, 11,1811, p. 550,

(2) On se rappelle, à Notre-Dame de Paris, le tombeau, ouvrage de Pigalle, élevé en 1776 à Henri-Claude, comte d'Harcourt, maréchal

de France, mort en 4769 i il n'éuût pas de la même famiUej mais

Dévia des ouvrages pour la (msiruetim étun nutwoKe

que Monseig^ le prince d'Armagnac veut faire cons-^ truite en mémme de San A. Mg^ le jnincfi dAr^ court 8on père, led. mausolée placé dans une chapelle de l'abbaye regalle deRayaumntf le tout suivant les desseins de SP de Cotte intendant et architecte des batimens du Roy et des constructions cy après dé^ elarées.

PBEIIIÈREIIEIIT.

Led. mausolée sera endossé contre un des murs de la chapelle; la fondation sera sur bon fond construit de moilon et mortier de chaux et sable, des matereaux du pais observant les empastemens nécessaires.

Seront fait les deux marches de chacune 6 po. de haut; construit de pierre de liais, orné d'un estragale sur Taireste la 1"^ de 13 po. de giron et la dernière de 18 po. de large àTendroit du plus estroit, le pallier de pavé de pareil liais posé sur un massif de moilon et mortier que dessus.

Sera fait le 1*"' socle de marbre de Languedoc de 18 à 20 po. de haut et le second socle de marbre de

de celle des Harcourt-Beuvron. C'est aussi à un Beuvron que se rapporte peut-être le buste, conservé à Versailles, et catalogué (n'> 1868y comme le Uarcourt du tombeau de Covsevox. Ce boste vient du Musée des monuments français, et, dans le livret de celui-ci (éd. de IBIO, page xxxiv, d° 289), U était indiqué comme celui d'Henri d'Uarcourt, maréchal de Franee, mort en 1718; ce serait alors aussi un Beuvron.

Rance de 15 à 16 po. de haui» compris rarchiteclure d'en haut observant 1 po. de retraittesnr lel*' socle; lesdiU marbres n'auront pas moins de 4 po. d*épais« senrst tant en face, dessus et retour, et seront obsep* vées les saillies, cors et arrières-corps marqué par les modeUes en petit et en grands qui en sont fait et à faire.

Seront fait 4 consolles de marbre blanc chacune de

3 p^ 0 po. de haut sur environ 15 à 18 po. de large * ornées de sculptures, rouleaux et enrichies de feuilles d'acante de bronze proprement cizelé et réparé d'or avivé, avec vize de bronze dont les extremilées seront aussi dorée.

Sera fait entre lesd. consolles du devant un bare-

lief de bronze d'environ o p^ de long sur 2 p*^ 8 po. de haut où sera fait une des principalles actions de Mg' le prince d'Arcourt, le tout modellé, jette en bronze, ciselé et reparé très proprement, dorée comme les consolles, ornée d'un cadre d'architecture avec les listelles au pourtour de marbre blanc veiné, des largeurs et espaisseurs nécessaires.

Sera fait le corniche, qui sert de couvertures au piédestal, de marbre de Languedoc des hauteurs, espaisseurs , largeurs et profils qui en seront donné.

Sera fait le tombeau, les extrémitées de marbre de porter, le milieu de marbre blanc où sera les inscriptions gravé et doré d'or à huille, lesd. marbre des espaisseurs, largeurs et hauteur que dessus.

Sert fait le grouppe de figurée repréeentent S* A*

le prince d'Arcourt qui sera couché et appuyé Aur les bras de la Renommée lesd. figures de la proportion de 6 pieds avec des trophées à coté» le tout de marbre blanc, des espaisseurs» hauteurs et largeurs nécessaires $ led. grouppe sera fait de plusieurs morceaux» observant que les joins soient caché dans les endroits qui ne seront pas visible.

Sera fait les deux consolles de bronze dorée» qui doivent porter ledit tombeau, ornée de pattes^ rouleaux» teste de mort» couronne de laurier» comme aussy sera fait les trophées d'armes au milieu dud. tombeau avec un casque» bouclier» espées mêlée de laurier, le tout modellé en cire, jetté en bronze, cizelé et réparée » doré comme dessus» posé» cramponné et scellé.

Sera fait la grande drapperie, qui enveloppe le mansolée porté par deux Renommées qui le tienne

d'une main pour le soutenir et de l'autre une trompette comme aussy sera fait les armoiries finissant le

haut du mausolée; le tout construit de stuc de poudre de marbre et de chaux» et sera observé les armes et couronnes de la maison de Lorraine avec les supports» et» autour du cartouche» le collier des ordres du roy avec les attributs de grands escuvers, et, à côté, des palmes et lauriers» le tout doré mat à huille» les armoiries» couronnes, supports, attributs, espées» trompettes» croix de Lorainne et de Jérusalem» palmes et

Itoriera, eordons, campaniles (1) et franges» doré

comme dessus.

Tous lesquels ouvrages d'architecture» sculpture de marbre, bronze, pavé de liais, seront bien et deuement fait et parfait suivant l'art par le &' Coisevoz» sculpteur des batimens du Roy le tout conformément au modelle en petit qui en a été arresté par S. A* Mg' le grand. Le sieur Goisvox fournira de tous marbres, pierre de liais, bronze, stuc et dorure avivé et mate ; tous les fers nécessaires , la chanx et sable et tout ce qui conviendra pour rendre ledit ouvrage fait et parfait» au dire des gens connoisseurs» tel que plaira à S. A. de nommer, le tout moyennant prix et somme de dix huit mil livres qui sera payé audit

Coisevox par S. A. et il luy sera payé tous les ans quatre mil livres à commencer cette année pour le premier payement à cause de l'acquisition des marbres, que son A. s'oblige de faire donner aud. sieur Coisevox au prix que le Roy les achette. Ce marché, fait à ces conditions, fait à Paris ce seize novembre mil sept cens quatre»

Louis DB LoREAniB » grand esùuyer de France.

COTZBVOX.

(1) Glands en forme de clocbettei; de campana.

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