‹ Archives de l'art français Documents recueil de documents inédits relatifs à l'histoire des arts en FranceChapitre 17 sur 243 · JEHAN DUBREUL · texte numérisé non relu

JEHAN DUBREUL

PEIXTRP.

Le» objets de consommation de première nécessité, vendus sur les marchés publics de Paris, ont été de tout temps soumis à des tarifs destinés à empêcher les spéculations des accapareurs et à assurer l'approvisionnement de la ville. A ce titre, les bois et charbons furent à diverses reprises l'objet de règlements sévères émanant de Milité ou directement de l'autorité royale. Delamarre a rapporte, dans son Traité de la police, t. III, p. 84i et suiv., les diverses ordonnances sur celte matière depuis le treizième jusqu'au dix-septième siècle.

Dès que les bateaux avaient touché à l'un des ports destinés spécialement à la vente des bois de chauffage , les marchands étaient tenus de déclarer sans délai aux jurés mouleurs de bois et mesureurs de eharbons leurs noms et surnoms, ainsi que l'importance de leur chargement, et de porter au bureau de la ville un échantillon de leur marchandise, qui était estimée et mise en vente immédiatement au prix de cette estimation. Défense était faite aux marchands et voituriers de mêler la marchandise estimée ou de la vendre à plus haut prix, à peine de couûscaliou, outre 600 livres d'amende, a et, à ce qu'aucun ne puisse ignorer le prix desdiles marchandises, seront mises ès mains des dits jurés-mouleurs de bois et mesureurs de charbon baneroles de fer blanc, aux dépens de la ville, pour chacun bateau, esquelles sera inscrit en grosses lettres la qualité et le prix des dites marchandises, pour être par eux mises et attachées tous les matins au lieu le plus éminent desdits bateaux et otées le soir, même attachées ès poteaux qui sont plantés en terre en chacuu des dits ports, desquelles banerolles ksdils mouleurs et mesureurs demeureront responsables. » Quand le bois ou le charbon ainsi affiché n'avait pas trouvé acquéreur au bout de trois jours, les marchands et le juré mouleur se rendaient de nouveau

au bureau de la ville pour y faire mettre rabais en continuant

ce rabais de trois jours en trois jours, jusqu'à ce que le chargement fût tout vendu.

Ces rabais devaient être affichés de la même manière que les prix de première estimation, et c'est à cet usage que durent être employées les douze banerolles armoyées peintes par Jehan Dubreuil.

N'élail-ce qu'un vulgaire peintre £ enseignes ? k\ec la qualification de maître peintre, et quand on songe que les peintres, qui avaient si bieu une boutique que les statuts obligeaient leur veuve à la tenir ouverte, se chargeaient au besoin de tout ce qui se faisait avec des couleurs, il serait déjà possible d'accepter, au besoin provisoirement, le nom de celui-ci comme un nom d'artiste. Mais il n'y a pas à en douter, puisqu'on le trouve mentionné dans la Renaissance des arts de M. de Laborde (1,463 et 472), d'après les comptes de 1558 et 1559, comme ayant travaillé à des décorations pour le Louvre sous la conduite de Pierre Lescot.

De par les Prévost des marchans et Eschevins de la ville de Paris, maistre Francoys de Vigny, receveur du domaine de ladite ville, baillez et payez à Jehan du Breul, maistre painlre, demourant à Paris, la somme de six livres tournois, que nous luy avons ordonnée et ordonnons par ces présentes pour avoir vendu et fburnv et livré à ladicte ville douze bannerolles de fer blanc, paincturées et armoyées des armes de lade ville, et dans les quelles sont escriptz les rabaiz de boys et charbon, pour faire savoir au peuple le prix * desdits rabaiz, au feur de dix solz tournoys pièce, de marché faict avec luy. Par rapportant ces présentes, et quittances sur ce dudict du Breul, ladicte somme de VI 1. tns sera allouée en vos comptes et rabatuede vostre recopte par tout où il appartiendra. Donné au

D igitiz^yj^Coq^ 1^

bureau de THostel de ladicte ville soubz nos signetz, le troisième jour de mars Tan mil cinq cens cinquante huict (1559).

Signé: de Bragelongne; de Thoo; Marcel; Prévost; Larcher.

Page 1