JEAN VANLOO, LOUIS-MICHEL VANLOO
Documenta extraits de* archive* de l'Arsenal de Toulon et communiqués par M Léon Lagrange.
L'histoire de l'art français offre peu de familles aussi nombreuses que celle de-! Vanloo. M. Villot, dans sa notice du Musée du Louvre, s'est efforcé d'en dresser l'inventaire. Mais il n'a pu le faire complet, tant les Vanloo foisonnent, surtout à la fin du dix-huitième siècle. Il lui en est même échappé un du siècle précédent. On nous permettra de l'exhumer. S'il n'est pas tout à fait inédit, il était du moins bien oublié, lorsque le hasard nous l'a fait découvrir intact, au fond d'hypogées inexplorées et presque inaccessibles, — aux archives de l'arsenal de Toulon.
Le peintre hollandais, Jakob Van Loo, qui vint en France faire souche d'artistes vers le milieu du xvir siècle, avait deux fils. Tous deux figurent sur les listes des grands prix de l'Académie, liste publiée ici môme par M. A. Duvivier. — C'est au concours de 1671 : — « Huitième prix : Abraham-Louis Vanloo.— Onzième prix : Jean Vanloo le jeune. » — M. Villot ne parle que du pre-
mier, et le nomme simplement Louis. Cependant le nom d'Abra- • ham se trouve répété dans le recueil des morceaux de réception :
— « Jean-Baptiste Vanloo, petit-fils de Jacques et fils d'Abraham. »
— Abraham-Louis, forcé de s'expatrier à la suite d'un duel, après quelques années de séjour à Nice, rentra en France et finit par s'établir à Aix, où il se maria en 1683. Ainsi parle l'histoire ; mais ce qu'elle ne dit pas, c'est que Tannée suivante, en 1684, Abraham- Louis se trouvait à Toulon avec son jeune frère. El ici commence la biographie inédite de Jean Vanloo.
Ce qu'était à celte époque l'arsenal de Toulon, la correspondance de Colbert et des intendants de la marine l'a suffisamment révélé, — un vaste atelier d'artistes plutôt qu%n chantier de contruction. Il y avait là une pléiade de sculpteurs qui gravitait autour de l'astre Puget, occupée à mettre en œuvre les fantaisies décoratives de l'auteur du Milon. Mais dès 1681 Puget quittait l'arsenal, vaincu dans sa lutte contre Colbert. L'esprit d'administration chassaitle génie de l'art. Toutefois, grâce à Puget, l'ennemi était dans la place. En dépit de la réforme économique inaugurée par le ministre, le goût du beau dans les travaux de l'arsenal continua à prévaloir sur les froides données de l'utilité positive. Il y eut seulement un compromis entre les parties. Les sculptures furent réduites, mais ce fut pour donner les coudées franches à la peinture. Puget détrôné, le règne de la Rose commença.
Les registres d'où sont extraites les pièces que l'on va lire renferment les devis et adjudications des travaux de peinture et de sculpture à faire aux vai-seaux du roi à partir de 1682. Nous n'avons pu aller plus loin que 1690. Pendant celle période la sculpture perd constamment du terrain : les travaux dirigés par Christophe Veyrier se bornent à des radoubs ou à des décorations secondaires. La peinture, au contraire, prend chaque jour plus d'importance. Ce ne sont que tableaux d'histoire ou de paysage, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et, bien que cette introduction du paysage en pleine mer puisse paraître étrange, l'effet en devait être charmant, à en juger par les dessins de la Rose, que j'ai eus sous les yeux.
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De môme que les sculpteurs de la province étaient venus se ranger autour de Puget, les peintres d'Aix et de Marseille accoururent à l'arsenal de Toulon. Les Vanloo suivirent le courant. Eux aussi se placèrent sous la direction de la Rose, et, pour gagner l'argent du roi, firent bon marché de leur individualité : car ces travaux, on le verra, sont plutôt des travaux d'entreprise que des œuvres d'art. Le maître- peintre de l'arsenal imposait le dessin; les artistes non entretenus se disputaient au rabais l'honneur ou le profit de l'exécution; mais du moins l'ouvrage ne manquait pas.
Louis Vanloo figure pour la première fois dans le devis de la peinture à faire au vaisseau U Parfait, le 7 avril 1684; mais il n'obtient pas l'adjudication. Plus heureux quelques mois après, il se voit adjuger, le 21 novembre 1684, les peintures à faire à la « Maison du Roy(i). »— Ce document veut être cité en entier :
Devis de la peinture à faire a la maison Royalle du second estage. (Registre 368, fo 304.)
Les deux petites chambres du second estage sont a demy paintes et en détrempe qu'il faut achever suivant Tensienne peinture et retoucher. On fera le plus
(1) Sur la Maison du Roy ou maison royale nul n'a pu me renseigner à Toulon. On trouve dans les registres que j'ai parcourus quelques devis de construction ou plutôt de maçonnerie, qui ne prouvent rien, sinon qu'on achevait de la bâtir à cette époque. Outre le jardin attenant à. celte maison.il y en avait un autre, « proche les fortifications, » nommé Jardin du Roy, pour l'entretien duquel de Vauvré passe marché avec Joseph Gairaud, jardinier, chargé de fournir douze mille oignons d'hyacinthes, vingt mille oignons do narcisses, trente mille tubéreuses et deux mille jonquilles, sous l'inspection du a nommé Leroy, maître jardinier, envoyé de la cour. »
gâté ; la frise qu il faut faire à la plus grande chambre sera painte sur de toille préparée à la détrempe, contenant en tout treize toises pieds et d'hauteur vingt trois pouces. Les peintres adjudicateurs desd. peintures fourniront les couleurs et tout ce qu'il sera nécessaire pour les susd. ouvrages, en suivant le desaints quil leur sera donné par le Sr de La Rose. Les eschafaus sera fourny aux adjudicateurs par le Roy. Fait à Toulon le il novembre 1684.
( Suivent les offres de Garsin, — Charmeton , — Herpin, — Louis Vanloo. )
Adjugé aud. Sr Vanloo, moyennant la somme de 105*, à Toulon le xxie novembre 1684.
Et il signe : Luis Vanloo.
On retrouve Louis Vanloo le 3 mars 1686, adjudicataire, avec Charmeton, des peintures du vaisseau le Pompeux, pour la somme de 1,000 liv. Le môme jour il concourt à l'enchère du vaisseau le Saint-Louis, et cinq jours après à celles du Prudent et du Cheval marin. Mais il disparaît alors et cède complètement la place à son frère Jean.
On remarquera la signature de Louis Vanloo. Il écrit Luis, à l'espagnole.
C'est aussi en 1684 qu'apparaît pour la première fois le nom de Jean Vanloo, à l'enchère des peintures du vaisseau l'Ardent. Ce devis et celui du Cheval marin, que nous allons reproduire in extenso, sont les plus complets et les plus importants de ceux qui regardent Jean Vanloo. Ils donneront une idée non-seulement des décorations intérieures en usage à celle époque, mais encore de l'aspect extérieur d'un vaisseau au dix-seplième siècle, aspect trèsdifférent de celui des vaisseaux de nos jours.
Devis de la peinture qu 'il convient faire au vaisseau du Roy l'Ardent. (Registre 368, page 249.)
Dans la chambre du conseil :
Sur la cloison de la chambre en dedans peindre un tableau de huit pieds de long et six pieds de haut, suivant le dessein qu'en a donné le Sr de la Rose.
Sur les portes et les coins des costez dud. tableau, on exécutera les desseins, qui seront des trophées d armes ou quelques autres ornemens.
Aux costez de la chambre y peindre la suite du dessein du grand tableau, avec ornemens marquez dans le dessein.
Au dessous des fenestres de poupe, y faire des ornemens en dedans et des paisages en dehors.
Au plat fond dans les quatre entre-baux, y peindre des ornemens suivant les desseins, faire aussy quelques ornemens sous les baux, des bastons rompus sur les quarts de ronds desd. baux, dorer toutes les moulures comme aussi toutes les corniches et cadres de ladc chambre, le Roy fournissant l'or.
Dans le couroir de basbord, peindre un soubassement avec des paisages, avec leurs corniches aux costez et des ornemens au plat fond. Suivre lemesme dessein dans la chambre de M. Duquesne (l) et y
(i) Voilà le secrel de tout ce luxe. VArdent était mis en état pour servir de vaisseau amiral à Duquesne, qui allait bombarder Gênes.
peindre les plat fonds suivant celuy de la chambre du Conseil ; dans le couroir de stribord filets d'or, la balustrade, faire les soubassemens et quelques ornemens au costé de stribord ou sont les fenestres et au plat fond.
Au corps de garde, sur la façade, y faire des paysages, avec des cadres en plate peinture et des trophées d'armes aux costez.
Dans la grande chambre. — La peindre en gris, et les baux et volets en bois veiné, filets de jaune ; peindre sous les corps de gardé les offices en gris, les habitacles en bois veiné et filets.
En dehors,
Peindre tous les dehors d'un beau vert clair, fait de verdet et de massicot blanc, et tous les reliefs en jaune, rehaussé tant à poupe qu'à proue et aux costez.
Sur le tableau de poupe, y peindre un phénix sur son bûcher avec des fiâmes semées dans le fonds.
Sur les lisses des costez, y faire différentes trophées d'armes comme aussi au voutis de poupe.
Peindre tous les fronteaux des gaillards et balustrades de mesme que les dehors et toutes les échelles en bois veiné.
Peindre les sabords en beau miny.
Exécuter tous les ouvrages suivant les desseins du Sr de La Rose, et les rendre finis en leur perfection.
Le sieur [ ] Yanloo, peintre, offre de faire les ou-
vrages de sculpture (sic) spécifiiez au précédant devis, moyennant la somme de treize cens cinquante livres et de fournir toutes les huiles, couleurs et mains d'ouvriers nécessaires pour leur perfection, a la reserve de for, et a signé a Toulon, le vm mars 1684.
J. Vanloo.
Personne ne s'étant présenté qui ait voulu mettre au rabais sur les offres dud. Vanloo, nous lui avons adjugé la façon des ouvrages de peinture cy dessus spécifiiez , aux prix et conditions de ses offres , a Toulon, le huitième mars 16 c. quatre vingt quatre,
de Vàbvré, de Mav cl eu.
Devis de la peinture à faire au canot du vaisseau l'Ardent. (Page 257.)
Dorer tous les ornemens en relief depuis la poupe jusqu'au descolats, et les quatre filets qui environnent l'un et l'autre costé dudit canot.
Le fond sera d'un très beau vert, et sur le corps dudit canot, à commancer de poupe à proue, il y aura des ornemens comme est' l'ancienne peinture, peint d'un beau jaune, rehaussé suivant les desseins du S. de La Rose.
Faudra peindre en mesme couleur trente deux en-
virons (1) en beaux ornemens, et au-dedans du canot il y aura des fleurs parmy les divers ornemens.
L'entrepreneur fournira. . . , etc. . .
Le S. Vanloo, peintre, offre de faire lesd. ouvrages à la reserve de la dorure, à la place de laquelle il mettra du massicot doré, moyennant la somme de quatre vingt livres et a signé, à Toulon, le xme avril 1684.
J . Vanloo.
(Suit l'adjudication.)
Devis des ouvrages de peinture qu'il convient faire au vaisseau du Roy le Royal Dauphin. (Registre 369, f> 207.)
Premièrement :
Peindre dans la grande chambre les endroits qui se trouveront imprimez de rouge, suivant l'ancienne peinture.
Peindre dans le plat fond de la gallerie de lad. chambre trois tableaux avec des enfans et des cadres en plate peinture.
Repeindre la corniche en ornemens de feuilles de
ti) C'est-à-dire les avirons; les longues rames plates se prêtent très-bien aux ornements courants.
refents et coucher les volets de la couleur du dehors.
Repein Jre tous les offices en gris et les habitacles bois veiné et filetz.
Dans la chambre du Conseil, achever deux enfans avec un ciel dans le plat-fonds.
Peindre sur la cloison de Pavant un tableau entre la porte du couroir et celle de la chambre, suivant le dessein du Sr de La Rose.
Accompagner la peinture des portes et des coins de la cloison au dessein des tableaux.
Peindre sur les costez un autre tableau de chaque bord entre les deuxfenestres avec leurs accompagnemens dans les coins.
Peindre un soubassement sous les fenestres.
Dans la chambre du capitaine y faire des paisages avec de petites figures accompagnez d'architecture avec les mesmes soubassemens qu'on continuera tout autour.
Peindre tout le dehors d'un très beau vert clair comme celuy de Y Ardent, et de jaune tant la poupe que les costez, descolatz, et toute la poulaine, dont il faudra dorer la figure.
Dorer aussy les fanaux.
Peindre la chaloupe, le canot et les avirons, le tout suivant les desseins qui en seront donnés.
Le Sr Jean Yanloo, peintre, offre de faire les ou-
vrages spécifiiez cy dessus moyennant la somme de trois mille livres ;
(Le Sr Charmetton, 2,500*, — Vanloo, 2,200*, — Charmetton, 2,150*, — Vanloo, 2,100*.)
Et d'autant que led. Charmeton ny autre n'ont voulu mettre au rabais sur les offres dud. Vanloo, nous luy avons passé l'adjudication des ouvrages de peinture mentionnez au présent devis à la somme de deux mil cent livres, à condition dy travailler incessamment et de fournir (par luy) toutes les huiles et couleurs nécessaires, à la reserve de For, qui sera fourny des magasins de Sa Majesté. Fait à Toulon, le xix' may 1684.
de Vauvré, de Maucler.
On retrouve le nom de Jean Vanloo au devis des peintures du vaisseau l'Agréable, le 10 août 1C84.
Le 15 août de la môme année le devis du vaisseau le Fougueux le désigne sous le nom de Vanloo le jeune, et il signe luimême Jean Vanloo.
Le 6 avril 1685 il concourt à l'enchère des peintures du vaisseau le Fidèle.
Le 14 avril, il obtient, au prix de 250 liv., l'adjudication des réparations à exécuter au vaisseau f 'Ardent , légèrement avarié au bombardement de Gênes, et c'est pour un nouveau bombardement qu'il raccommode « les enfants qui soutienueut les armes du roy, » et qu'il retouche les paysages « aux endroits les plus gastez. » Le neveu de la belle Gabiiulle, Jean d'Estrécs, vice-amiral et maréchal de France, se préparait à aller mettre Tunis îi la raison. C'est dans ce but sans doute que furent exécutées aussi les réparations du Bizarre, adjugées également à Jean Vanloo, le 28 avril, pour la somme de 97 liv. Le 18 niai il complétait ces travaux par la dé-
coration du canot destiné à l'amiral. Nous donnons textuellement ce devis, qui nous parait curieux.
Peinture du tendeîet du canot de Monsieur le Maréchal
d'Estre'es. (Reg. 370.)
Le plat-fonds du tendelet qui est de bois ayant environ sept pieds de largeur par les deux costcz, sept pieds et demy au devant et cinq pieds neuf pouces à l'arriére, sera peint sur un beau ciel trois enfans colloris qui jetteront des fleurs; le tout aproschant du naturel.
Faire tout à l'entour, sur un fonds rouge cramoisy, en plate peinture, une frise dorée enfermée de deux filets d'or.
Dessus le plat fonds sera mis une toile imprimée où sera peint des ornemens jaune ou rouge cramoisy, filets d'or.
A la pente des costez sera doré une bande d'enviviron quatre doits pour peindre en plate peinture une frange tant dehors que dedans.
La couleur cramoisy sera de véritable laque fine.
L'entrepreneur fournira toutes les couleurs et huilles nécessaires, à la reserve de l'or, qui sera fourny des magasins du Roy .
Le sieur Jean Vanloo, peintre, offre de faire les ouvrages mentionnez au devis cy dessus, moyennant la somme de 66*.
Adjugé au Sr Jean Vanloo la façon des ouvrages de
peinture mentionnez au devis cy dessus, à la somme de soixante six livres.
Fait a Toulon, le 18 may 1 685.
de Vauvré, de Maucler.
Le 28 mai 1685. Peinture du vaisseau le Ferme, adjugée à Jean Vanloo pour la somme de 400 liv.
24 juillet 1685. Peinture du Marquis. 1 11 figure au devis, sans
28 septembre 1685. Peinture du Vaillant, f obtenir l'enchère.
29 septembre 1685. Peinture du vaisseau l'Aquilon, adjugée à Jean Vanloo, à 300 liv.
En 1686. Le 28 janvier 1686 il concourt à l'enchère des travaux de peinture du vaisseau le Magnifique, travaux importants, puisque l'adjudication eut lieu au prix de 2,400 liv.
Le 3 mars. Peinture du Fougueux. Il concourt à l'enchère.
Le 4 mars. La peinture du Magnifique lui est adjugée avec Gavoty et Voulaire, au prix de 1 ,500 liv.
Le 6 mars. Peinture du Florissant, adjugée à Jean Vanloo, à la somme de 500 liv.
Le 7 mai 1686, il obtient la peinture du Vigilant, au prix de 400 liv.
Enfin, le 13 août 1686, il remporte sur ses concurrents une nouvelle victoire. Il s'agit de « coucher d'huille grasse ou cuitte a avec la li Large d'or sur les volets et fenestres du magazin au a goudron, etc., du nouvel arcenal ; adjugé à Jean Vanloo à 9 sols « la toise. »
Le registre qui suit (n° 371) ne mentionne qu'une fois le nom de Jean Vanloo. C'est pour des peintures à faire dans la Maison du Roi, où nous avons vu que son frère a travaillé aussi. Voici le devis :
Peinture à faire dans une salle de la maison du Roy.
(Reg. 371.)
Premièrement :
Un plat fond où il sera peint un tableau d'istoire, enrichy d une bordure de cirage avec feuilles de refents et feuilles d'eau .
Et aux quatre coins dud. plat fond des ornemens avec des enfans et festons de fleurs.
Peindre la corniche qui soutient le tableau de feuilles d'eau ou de refent de cirage sur un fond blanc.
Peindre le soubassement avec compartiment et des paisages.
Peindre Tcvazem. de trois fenêtres de lad. salle en ornemens et des petits paisages, le tout en caymayeu ou porcelinne.
de La Roze.
(Suivent les offres de Jean Charmeton, — Vanloo, — Gavoty.)
Personne n'ayant voulu mettre au dessous de l'offre dud. Sr Vanloo, nous luy avons adjugé lad' peinture a faire suivant le devis cy dessus et aux conditions dites pour la somme de deux cens livres. A Toulon, le xx* juillet 1687.
de Vauvré, Jean Vanloo.
En 1688 le nom de Jean Vanloo se présente deux fois. — Le 26 octobre, il obtient, au prix de 895 liv., la peinture de VEsclattan*,— et le 12 novembre, celle du Conquérant, au prix de 1,200 liv.
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L'année 1689 le montre de nouveau adjudicataire de la peinture de YArdent, le 13 février, moyennant la somme de 250 liv.
Le 7 mars, peinture du Bizarre, 80 liv.
Le 4 avril, peinture du Fougueux, adjugée a Jean Vanloo, à 300 liv.
Le même jour, peinture de Y Agréable, au môme prix.
Le môme jour encore, peinture de Y Indien, à 150 liv., celle de YEole, à 150 liv. également, et celle du Sérieux, au môme prix.
Jean Vanloo ne reparaît plus qu'au mois de septembre. Le paysagiste devient peintre d'attributs. Comme ses collègues, qui, au besoin, se chargeaient de peindre les bannières pour la fête de sainte Birbe, Jean Vanloo ne reculait devant aucun travail.
Devis de la peinture a faire pour un estandart qui doit servir à la Realle. (Registre 372, f° 235.)
Premièrement :
Il faut peindre aux deux costez une cartouche avec les armes de France, couverte d'une couronne d'or garnie de huit fleurs de lis et fermée par autant de demy cercles aboutissant à une double fleur de lis d'or, entourné des deux ordres du Roy, lesd. armes supportées par deux anges habillez en dalmatique , tenant chacun une bannière.
Lesd. anges seront colorez.
Faire une bordure d'or tout autour de l'estendart, de même la couronne, les armes, cartouche et les deux ordres, le tout semblable^au vieil estandar.
L'entrepreneur fournira tout, excepté l'or, qui sera donné par le Roy. A Toulon, le 2 7brc 1689.
(Suivent les offres de Jean Vanloo, — Ilerpin, — Garsin.)
Adjugé aud. Sr Vanloo, personne n'ayant voulu mettre au-dessous de son offre de quarante livres. A Toulon, le 3 septembre 1689.
de Vauvré.
L'année 1689 se termine par deux adjudications obtenues le même jour, le 21 octobre, la peinture du vaisseau le Fleuron, et celle du vaisseau le Fortuné, toutes deux au prix de 300 liv.
En 1690, le devis de la peinture à faire au vaisseau le Prudent, en date du 16 février, donne eucore le nom de Jean Vanloo, ainsi que le devis de la peinture à faire au vaisseau VBeureux, en date du 13 août.
Le 29 août, Jean Vanloo obtient l'adjudication delà peinture à faire au vaisseau le Comtant. Ce devis semble indiquer un nouveau système de décoration. A ce titre, il mérite d'être cité textuellement :
Devis de la peinture a faire au vaisseau du Roy le Constant. (Registre 372, f° 388 verso.)
Premièrement :
Dans la chambre du Conseil peindre quatre grands tableaux ou il sera représenté plusieurs beaux bâtiments et ediffices, des parterres et fontaines enrichis de plusieurs belles figures, le tout bien ûny et coloré; lesdits tableaux seront suportés par des enfans colorés, avec des corbeilles de fleurs, les festons de fleurs et de fruits aussy colorés, aux costés de stribord et babort sera fait des petits tableaux; là où il sera fait des vazes de fleurs colorés , lesdits vazes aché d'or sur un fond de tableau. Lesdits tableaux seront renfermés des cadres ornés et aché d'or; les pi-
lastres seront ornés et aché d'or, suivant les desseins, comme aussy les dessoubs des fenestres ; les volets seront ornés en dehors.
Les soubassements seront d'un entrelas d'ornements camayeul.
Les plafonds et les lattes seront en plusieurs ornements colorés avec des enfans qui soutiendront des devizes du Roy, dont les cartouches seront d'or aché de massicot.
La frise sera colorée et achée d'or, comme aussy les portes, où il sera fait au millieu des petittes médailles ; tous les cadres et les moulures seront d'or.
La chambre du premier capitaine sera de ca-
Ml
Y Invincible ; le fond gris (?), rehaussé de machicot.
Celle du second capne et le couroir seront en paysages , les plafonds en ornemens grisaille, les portes ornées, les soubassements en marbres.
La fasade ou cloisons des chambres en dehors sera de plusieurs paysages et guirlandes, les plafonds et les costez en gris filleté de bleu, l'abitacle orné.
La grande chambre sera peinte de gris t il le té de bleu, les fenestres ornées en dehors, le corps de garde et les offices en gris filletté et l'abitacle aussy
Le marché (f°411) porte que le 29 août 1691 furent présens par devant notaire :
« Jean Vanloo et Louis Julien, peintres, demeu-
T. VI. 12
rant audit Toulon, lesquels... s'engagent à faire les ouvrages spécifiés au devis, moyennant le prix et somme de neuf cens livres. »
Là se bornent forcément nos citations. Nous le* compléterons quelque jour par de nouvelles recherches. Ce que nous tvons rapporté suffit à prouver l'existence de Jean Vanloo, frère puiné de Louis, et la coopération des deux frères aux travaux de peinture de l'arsenal de Toulon, sous la direction de J. B. de la Rose.
Louis Vanloo eut deux fils. ftan-Bap liste, qui était l'aîné, « se rendit à Toulon eu 1708, dit M. Villot, pour voir les sculptures de Puget. » — Cènes, le but est louable, mais la réalité et la vraisemblance assignent à ce voyage un molif beaucoup plus positif. Il est vraisemblable que Jean-Baptiste Vanloo vint tout simplement à Toulon pour voir son oncle Jean et l'aidera gagner l'argent du roi. 11 est certain qu'il y vint aussi pour s'y marier, uon point en 1708, mais au moins en 1706, ainsi que le prouve l'acte de naissance de son fils Louis-Michel, relevé dans les registres des paroisses de Toulon :
« Louis-Michel Van Loo, fils naturel et légitime « du grostexte Sr Jean et de Dllc Marguerite Brun, est « né et a été baptisé le 2 mars 1707. Le parrain a « été M. Michel Brun, ad* en la cour du parlement, « la marraine, DUo Claire Jansolen. »
Léon Lagrànge.