‹ ARCHIVES DE L'ART FRANCAIS. TOME PREMIERChapitre 19 sur 84 · COPIE DE L EXTRAIT MORTUAIRE DE N. POUSSIN · texte numérisé non relu

COPIE DE L EXTRAIT MORTUAIRE DE N. POUSSIN

Fidem facio ego ipfrascriptus curatus ecclesiae parochialis S^' Lauren^ii in Lucina cler. reg. M. de jarbe, qualiter in libro mortuorum fol. 165 reperitur infrascripta particula, videlicet :

il 4,i 29 ^çyiembre 1665.

Niçplô figlio del quondam Gio. Peres^in (sic) délia diocesi di ^P^^I^ ÎP Normandia marito della Sig'"" Anu^ Po|4ssj|na romana, mori nella communione di S^"" madré c^ifesa, in età di anni 72^ nell^ ça$,a dove j^|)itaya in strada Paolin^, riçevè tHtti li SS' Sacra- ^enti ; e fù seppçllitp in quei^ta çbiesa, çtc..

In quorun) Çiàem etc.. djati^m I^omse bac dijç ^ mensis Augusti, anno 1780. J. !B.^p]l^ Cqitafïi qon-curatus.

Nous avons jugé intéressant d'imprimer les trois lettres sui- Taates, extraites, comme celles de Jean Bugbet, de Felîbien et de Be)lp4> de Ja jQorP^spondanci) de Tabbè Nicaise (T. IV, lettres 9, 15 et l^)« d/a^Qr(}, pi^rpe qu'elles fo ternissent des t^m^oignagfs curieux sur la vie d'un remarquable artiste français, Dominique Barrière, puis, parce qu'elles donnent la pensée d'un homme Hm goût ferme et libre, sur certains monuments de l'art antique, e^ f^nfio* parçç que, de mi^mç que les lettres du ^ous^in, eUes nous montrei}t l'appétit qu'avaient alors nos amateurs français pour les choses qui se faisaient, se copiaient ou s'achetaient à Iftome.

De RopdÇ cç 7 (Jeceijfibre J6,66.

|fo)i ^re$ cher A^pn^ieur,

La grâce de N. S. J. C. soit avec vous pour ja- Riais. Je m'imagine avec quelque fondement que vous ^vez UQ peu murmuré conti*e ma prétendue paresse, xnais je me pecsuade à mesme temps que vous deviens drez eqmtable, lorsque vous aurez entendu mes rai* sons. J*ay faict deux voyages à&^ Pierpe pour prenne le dessein des chandeliers ; je Tay remis ensuitte entre les mains de M"^ Barrière (1) pour le mettre au

(l) Dominique Barrière, des-^nateur et graveur à l'eau-forte et au bjurin, né à Marseille vers iôi5. Il s'^était de bonne heure fixé à Rome, où, voyons-nous par la dernière de c^s trois lettres, il mourut en 1Ô78. La date en était restée jusqu'à ce jour dans les probabilités. Barrière a gravé d'après le Poussin, le Titien, le Cortonè, le Dominiquin, Gml. Courlois, et surtout d'après Claude Lorram; on a attribué à Claude plusieurs estampes de Dom. Barrière: c'est à celui-ci son plus bel éloge. U a gravé, d'après ses propréé

net; mais Payant esgaré aprez m'a voir encor faict différer huict jours tout entiers, nous fûmes enfin hier à la Madonna del Popolo pour en renouveller Tidée sur ceux qui sont dans la chapelle du Pape, tous semblables aux autres que vous avez veu a S' Pierre. Vous aurez compassion de moy lors que vous scaurez que je retournay de cette église a S* Louys avec un torrent de pluye sur le dos ; mais ce fut avec quelque satisfaction, dans la pensée que le lendemain j'aurois de quoy vous pouvoir procurer celle que vous avez désiré de moy. Je croy que le seul dessein peut suffire pour cela, car vos orfèvres seroient bien malhabiles s'ils ne pouvoient eux mesmes se déterminer là dessus. Pour moy je m'imagine que quand vous aurez employé dix et huict marcs pour chasque chandelier, il vous restera encor de quoy faire une croix sur le pied du cinquiesme qui n'aura rien de moins que les autres que le bassin comme on voit a S^ Pierre et ailleurs; la fusée, le vase etc est à six angles et le pied est en quelque manière triangulaire comme vous verrez sur le plan. J'en ay veu d'argent et de la

dessins, et édité à Rome nombre de fêtes, de batailles, de marines, de statues antiques, de monuments de Rome et de la campa$rne romaine. Antoine de Fer édita cependant, à Paris, en 1646, une suite de vingt-huit pièces, sous lo titre de : différentes vues de MER Navires et Galères Combnttans désigné et gravé au naturel par Jk)minique Barrière Provençal. Notre ami Cli. Le Blanc, dans la première livraison de son Manuel de l'amateur d'estampes^ vient de donner le catalogue de deux cent six pièces gravées par Dom. Barrière.

mesme façon dans Teglise de S^ Charles au Cours qui véritablement sont très magnifiques et qui me font approuver vostre pensée que les choses simples mais bien ordonnées sont les plus belles. Je ne vous répète pas les nouvelles que le R"* Père Âsseline vous escrit avec plus de fidélité que je ne scaurois faire, de mesme que je ne répons poinct à tous vos compliments. De toutes ces belles paroles je n*en prends que celles que je puis légitimement recevoir; je regarde les autres comme des effusions de vostre bonté. Soyez en un peu moins prodigue envers une personne qui faict profession d'estre dans les termes ordinaires» mais avec sincérité,

Monsieur, Vostre très humble et très obeiss. serviteur

François Chappuys

Prêtre de FOratoire.

Rome le 6«« février (1676).

C'est une année S** pour moy, puisque vous voulez bien m'honnorer de Thonneur de vostre souvenir. Je vous asseure, Monsieur, que cette grâce m*est bien chère et que j*ay encore très grande part a celles que mon frère reçoit de vous et que je tacheray de les reconnoitre dans toutes les occasions où il s'agira de vostre service. Je me suis informé du prix des livres

ijj^e yqy^ ^QuU?|iUfiz, on m'a ^s?p^lffi fm^'^V^M pjusju^tç.

Fragmenta vQ$tigii y eteris Roin^. 2Q]i)l€^.

Vite de Pittori del «ig'^BeUori. ^Sju^e^,

palleria farnese. 30 jules.

Fontane di Roma etFrascati. Slajulea.

Çassi Rilievi. SQ jules.

]L^ Nozz^ Âldobrandina. ^ b^pqi^ç.

iGalleria Fiorentina. ISjulçs.

^des Barberinae. 6P jules.

Qalleria Yatic^ng. non efinita.

Qalleria Pampbilia. 30 jules.

Ghiese di Roma. 40 jules.

Le opère di Rafaele di Pietro Santi. 20 jules.

\\ p'e$t pas fecile de trouver la Gall^rie Justinienne. Il y a bp^jijiiÇQiip ^-sii^tres ouvrages qui seront bientost achevez dop|yo]Pi$ aufez le catalogue; s'il yen a quelqu'un de vostre goust et que vous me fassiez l'honneur de m'employer, je tascheray d'espargner vostre bourse comme la mienne. Je n'ay point vu le Vitruve de Mons' Perault; je suis surpris de sa pensée, car je m^imagine que ses exemples de Paris ne valent pas eacor les modernes que nous voyons à Rome, et cependant il n'y a pas beaucoup de choses à imiter en ceux cy si vous exceptez ceux de Michel Ange et de Raphaël. Les ouvrages de ce siècle sont pleins de défauts, et nous pouvons dire qu'il Qy. a presque poinct d'archjijl«cl^3^ n^ plui^ q^^ 4e peÂioAr^. h^ long ae^our

quçi j'ay fis^it %Rpip^ip'a ^^i$s(bu^é de t)eau|ceup4e çhoseç q^^ j'estifpqi^ ^p çoimi^^pçeipent. Il me semble qu';i^ force de yqir jç cppimençe a connoUtre, ipais ^ çpf^rr poistre» pQpiKPe Qi) dit» que tout ce qui luit p'est p^ or, et qu'il y a une certaine routine déjuger les choj^es» parmi ceux mesmes qui passent pour intelligent^, \^r quelle n^ ^iicun fondement solide. Pour Tordin^^rf on estin^e les ouvrages pour le nom de rau|;)içpr, oiji parce que d'aqtres les ont estimez, bien que 4'aiileur§ QQ n'y descouvre riep qui puisse mériter cptte estime. ]^t çplaest si vray que j'ay faict revenir de ces scavaij^ dj^ leur préjugé en les appliquant ^n particulier ^ }'p^yrage. Cette erreur est générale dan§ tous lea art^, ipajs particuliereipjent d^ns rarchitectura , ou po^r j'prdipajre pp 9^ de la vénération pa^ tout ce qjyî ^t ^uc|en. Vostre Arc de Sep|;imius ep peu^ Si^rvir 4? pjrauve : Il est estimé de mesme que celui de Titui^, etc. Et dani^ l'uu et dans l'autre, il y a des choses que |9 ne voudrois pas avoir faittes. CettQ propositipA, ^^j^ très cbier Mpnsiepr, vous parois ira sans dopte extraya? gante, mais elle est fondée sur un diligent examen et sur l'approbation donnée sur le lieu mesme par des personnes intelligentes et qui se voyoient convaincues par leurs propres yeux. La masse du Colizée est quelque chose de surprenant, et la composition du tout ne peutestreque la production d'un très habile architecte. Mais de quoy s'est on avisé de vouloir prendre pour exemples les trois ordres qui ornent le dehors de

cet ouvrage? Le Dorique, l'Ionique et le Corinthien y sont tout au plus supportables, et nous les voyons bien plus heureusement exécutez dans quelques ouvrages modernes. Il n'en est pas de mesme de la Rotonde, le Corinthien y est merveilleux et nous sommes redevables a son autheur de tout ce que nos ouvriers font à présent de raisonnable. Si la providence vous rappelloit a Rome, trois ou quatre promenades me justifieroient auprès de vous sur tout ce que je viens d'avancer et je m'assure que vous y comprendriez encor quelque chose de plus. Âpres ce que je viens de dire, vous aurez sujet de vous mocquer de moy lorsque vous verrez la pensée que j'ay envoyée à mon frère sur son église. Mais si vous le considérez comme une simple pensée où j'ay laissé plusieurs défauts, et non comme un dessein arresté, vous m'espargnerez en partie. J'ay suivy le premier feu de mon imagination pour ne pas faire attendre un frère, sauf a le corriger en son temps et lorsqu'on sera déterminé à l'ouvrage. Il y adesjàquelques années que le s'Mellini(l)

(i) Nous aurions pensé qu'il s'agissait ici de Charles Meslin ou Meilin, que Sandrart et tous ses contemporains n'appelaient que Charles Lorrain (Carlo Lorenese) ; il avait été élève de Vouet, lorsque celui-ci était en Italie; Meslin resta dans ce beau pays, où il laissa k Rome, et surtout à Naples, des œuvres fort estimées alors. La date précise de la mort de Charles Meslin, était resiée inconnue aux biographes ; mais comme Mariette nous apprend, d'après une lettre écrite àFr. Langlois, dit Ciartres, que Charles Meslin mourut à Messine en 1632, et qu'il n'y a pas apparence qu'on le crût encore vivant près d'un demi-siècle après, nous avons été obligé de cher« cher un autre personnage, et après nous être encore vainement

est mort. La Rome de BufTalini est demeurée imparfaite faute d'argent. W Barrière faict des paysages au pair des grands hommes et n'a point d'autre manière que le naturel qui est la dernière perfection du Peintre. Il en a desseigné à la plume sur le velin qui pourroient tenir leur rang parmi les choses rares que le Roy a dans son Cabinet. Si M' de Blancé retourne à Dijon» il vous en pourra faire voir et me délivrer du soupçon que vous pourriez avoir de moy sur ce que je vous escris en faveur d'un amy

Fr. Ghappuys.

Ce 16 uoYembre 1678.

Je ne scache pas qu'on estampe rien de nouveau. Falda (1) et M'^ Barrière sont morts et nous n'a-

arrôlé à un cerlain Claude Mcllini, dont on trouve le nom sur la liste des membres de TAcadémie de St-Luc, au XYII*" siècle, nous rencontrons enfin, dans la lettre si longuement citée de Nicaise à Carrel, que lors de son premier voyage à Rome où il arriva dans le temps qu'on y attcndoit la Reine de Suède , il connut chez cette Reine Christine, (c le bon homme Bcnedetto Mellini, son bibliothécaire, qui avoit travaillé longtemps à une Rome ancienne, qu*il meditoit de donner au jour ; mais celle de Nardini, qui parut en ce temps-là, en empêcha Texéculion. )>

(1) lis moururent, en effet, la même année, et si la date de mort de Barrière nVst fix/^e, en 1678, par les historiens de la gravure, que comme une probahilité, c'est qu'ils n'avaient pas lu cette phrase précise de Felibien dans son petit livre, cité plus haut, des Nonis des peintres Us plus célèbres: « Dominique Bariere, de Marseille, qui a gravé à Rome plusieurs ouvrages d'après le Dominiquin, et le Falda roilanoi<, qui a aussi gravé plusieurs veues d'églises et de palais, sont morts Tan 1678. » J.-B. Falda, dessinateur et graveur d'architecture, était né dans la Valduggia, aux environs de Milan.

voilà persoiiiife à Rome de cette force p6ixt FarchitectUt'e et pour les paysageis. Je recomhlahdè particùlierëineht ce dernier à vos prières. Il m'a laissé sa famille sur leà bi*as avec Theritagè de la providence. Je totis ay escrit plus d'une fois touchant la copie du Parnasse ; vrius ne iscauriez avoir Heh dé ràisonàble, si vous ne Vous déterminez à débourser une vingtaine de pistoles. J'ay présentement un excellent copiste à ma disposition et ce sera bien le meilleui* marché que je puisse faire avec luy. DetertUinez VoUis, si vous plait, et soyez assuré que je vbUs feray servir en amy. M' Errard (i ) est revenu de l'autre monde pour faire le dessein du feu de joye qu'on veut exécuter après la ratification de la paix (2), si ratification y a^ car depuis deux moys que la paix a esté signée^ nous n'eu entendons poinct de nouvelles. . .

(1) Charles Errard, Tun des artistes français les plus importants du XVII* siècle , était alors directeur de TAcadémiç de France» i Rome. Lors de la création de cette Académie, en i666, Louis XIV Fen nomma le premier directeur ; revenu à Paris, en 1672^ « il re* tourna une seconde fois à Rome, dit Mariette, en la mesme qualité, en 1677, et il y mourut le â5« may 1689, âgé de 83 ans. » — U était né à Nantes, en 1606.

(2) C'est de la paix de Nimègue qu'il s'agit; elle fut conclue le 10 août 1678, entre la France et la Hollande.

UVACINTHE RIGAVD.

M.tharidS GIrafaflmtisbti; qiiiabiën voiila iious iJbnnër S t)ublier la lettre suivante da plus célèbre portraitiste français, Ta trouvée dans la correspondance de M. de Gaignières, aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Quant à la date qui lui manquait, elle est fixée par une seèbbde lettre, laquelle fest adreâàèè par M. de Puyzieulx à Gaignières; ce billet, nouvelle trouvaille de M. Grandmaison, est, par lui-même, la plus charmante note qu'il fût possible d'ajouter à la lettre de Rigaud.

Jh suis bieti faehé, Mdhéiëur, éë ttë M'entre pas trooiré chfet: Wôy Idwquë vbllà m'àtfez feit riibnheur d'y Vètifr âtfeë itlôhsiëùr TevëèqUë de Soiissbhs (1) él nioiii^îeUr Ife irtâbqiiîà de t^feiëilt. J'accepte Theùre que TOUS rtlfe dfiâtiâëz qti'il tiétidW chez moi pour coioatSébtèr im pôtmiU pUiâc^Uë ië tnatîn lui cohviefat, je tdtii prie de Itii dii*ë ({Uë ce àoit â lietir heuHé^ àiBtt (JUë j*àië Ife tëihps de faire l'èbàiiche avàht midy, et s'il Ife fout, jé né m'ëngagerày pas tîiêmë Tapreis midiy (te demsdii patcé que s'il eistôit ilècessaire je le conlîûtièrâ^ là ttiëitië joùrtiëfe pour gagner dû téiiips. Jé àtîîS fravjri Môm^iëUr, qiië voua me procuriez l'honneur de peindre taibhsieUr lé marquis de Pisiëtix, j*Jr profiteray piàlr jplué d'un endroit, puisqu'il me procu-

(i) A cette date, Tévëquê de boissons était Fabius Brulart de Silleriy qui occupa le siège, du 23 mars 1693 au 19 novembre 1714.

rera celuy de vous voir chez raoy et de vous y assurer qu'on ne peut être avec plus d'estime et de respect que je le suis, Monsieur»

Votre très humble et très obéissant serviteur^

RiGAUD.

Au dos : Â Monsieur

Monsieur de Gagnère en sa maison près les incurables à Paris.

Ce samedi matin 17* janvier 1705.

Je suis revenu de Versailles il y a trois jours» Monsieur» si cruellement enrhumé» que j'en ay eu la fièvre la nuit» et que je n'ay point sorti ces deux derniers jours. Je croy devoir vous informer que j'ay céans le portrait de feu M. de Puyzieulx mon grand père que m'a prêté M. le M^' d'Estempes. Vous en ferez l'usage que vous jugerez à propos ou bien vous me manderez celuy que j'en dois faire. Je croy qu'il nous faudroit prendre jour à lundi pour aller chez M. Rigaud achever mon portrait ; mandez-moy s'il vous plait votre sentiment la dessus et me faites l'honneur de me croire toujours Monsieur très passionnément votre très humble et très obéissant serviteur

POYZIEULX.

Pour M. de Gagnières.

JEAN-niUlICOIS DE TBOY

Né à Paris en 1679, mort à Rome le 26 juin 1752.

Je peconuais que M. Delalive m'a payé le prix de trente-cinq tableaux que j'ai fait pour sa maison rue de Luxembourg» dont je le quitte de toutes choses. Fait à Paris ce 15 novembre 1 727 .

De Troy fils.

La quiltance que nous publions existe en original au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Nationale et nous a été communiquée par M. Charles Grandmaison, attaché au catalogue des manuscrits, qui Ta trouvée fourvoyée parmi des pièces relatives aux monnaies pendant la révolution. Dans le Catalogue historique de son cabinet de peinture et sculpture françaises que M. A.-L. de la Live de Jully, introducteur des ambassadeurs et honoraire de TAcadémie royale de peinture, publia à Paris en 1764 et qu*il dédia à messieurs de C Académie royale de peinture et de sculpture^ cet amateur, plein de patriotisme, mentionne avec beaucoup de complaisance les deux tableaux de la Suzanne et du Loth^ peints à Rome par de Troy le fils, « déjà fort âgé lorsqu^il fit ces deux morceaux. y> Il est à remarquer qu'il ne dit mot des trente-cinq tableaux de 1727 exécutés pour son père.

Dans la dernière édition du Brice (1752.1. 456;, ces tableaux de de Troy sont indiqués, mais malheureusement sans détails: « Dans « le voisinage (de la rue des Capucines) est la rue du Luxembourg^ « dont on a déjà parlé; mais Ton a omis d*y faire mention d'une ce grande et belle maison qui mérite d'être vue. Elle a été achevée « de bâtir en 1725 sous la conduite de Lb Maître, pour François « Christophe db la Live, receveur général des finances de la génè- « ralité de Poitiers. Les appartemens en sont très bien distribuez «i et encore plus richement décorez ; Ton y voit de beaux tableaux « de Jean Baptiste de Troy, et les cheminées de marbres les plus « rares et les mieux choisis méritent qu'on les considère avec at- « tention. » Singulière inadvertance de la part de Haiiette, qui a donné cette édition de G. Brice. On ne connaît à de Troy fils que les prénoms de Jean-François.

im mmsM

Né le 23 mai 1698. à Chaumont-en-BassigQi ; mort à Paris,

le S7 ju]Ua([ 176S.

wtorMiffwn M tAtiritn lis u stm» M VApn»

^ièé* IMi¥ée liÉl te il«àii« U «Me tt Mtm>

SôHkË i^RQPÔSlE SUR LES FOiq)^ W L^SXK|(ÇIC« t?5Q DMTIHÉS AU SBRVIQE DBS ^ÊntlSBS PARTItUMÈBBf DÈS BAtmÉfltâ Dd ROI l^ÔUR OtVfcÀCËâ bÈ ÎKAtlIllK Çf aCULPTURE» SGAYOIR.

(En marge : Ordonné, 28 juin 178â. JV". Ce paifermrnii devoii uvmr Ueu dam lé 4ktrU>ittion d'\ Le d$^ pàfhptë à faite ai)eû tel ûcadetnlste, exigeant m $Mmen à discuter avec lui, ae qui a été fait at/nei quU eH tênetaté au présent état de ^tHhfOimy fCu pu itfi compris que dans celle-ci.)

â. Ëdme BoueharâoQ, sculpteur ordinaire du Jm et j^ofesseur de son Madémié, le parfak piyeiMDt da (néùioire d'une statué , représentant f Àoipqr essayatit «fi arc eommeneé^ fait de Ja massue d'Herc«de^ k d^ figure àccttttipagtiié^é dîè pldsfettW îiftlribiuté de c^ héros, tels que la peau d^e lion et ses armes, ouvrage &it «vee un s^in ext^aerdinaire, «a?^

IJn 1740; cette figure fut ordonnée p^f ]M[. Orr^r En 1745, le S. Bouchardon ea oommençA les études^

^gfèjsi l^'ètr^ r^fppli de §on sujçi^ e^ ayojr assuré 8% pSBsée mr- uiip pf emièrp esqi^iss«i ep t^rrç^. U[^ gr?ind nombre de d^s^^qs d'^pr^ nattqrq ^t d'^pn^s plu-? mnrs mo^]e^ pnt §uivi» d'où a rié$i)Ité pn f|[)Q()èIe en terr^ cuite de ^ pié« 4^ prppof^tipi^ ^| un ^p^iç d^ 5 pies il^ (Ip haijt, tops fjeux pnti^r^ipenf f^it? pijr

TftutePrf

Çe§ mp^^lps pnt ét4 i^iQpIés. Çfn ^ a tirç def plâtfps pû^pf^ pt par partie, et pour pl\^ de p^rfqfir Uon, pn a apssj nfoulé des pprps vivap^^ des |)rai^f 4e^ janabes et autres partie^, toui^ travaw pjd^p^- ^ables à quiconque veut imiter la pagure et ne se pdj^jt pgafîer |i?ps yfi%éc}xl\f>}x pp ni^rbr^^ ppération? qyj pj^|; ppcppé pédant p}p$ d^ quinze piojç pp pftpj,çur gf d#p^ g);i»p(iem7e?,

Pes préparatippiïfifj^egj le tr^yafl de pjarbrp a comt meacé ?p moi^ ^^ juiH.et 174^7 et a cQutipp.é jusqp'^ i2 n^ai ji7S0 que 1^ ^tatue i^'pst trpuvée fjpip.

JL'éfcauplje a été faite p^j: un élève p.cplpteur, ^çrvj par un g^a^ç^n ^'^ttelier toujours sops la i^irecUon dy S. Bouchardon. La figure étant deg^o^sie IjS S, JBçuchardon ne s'en est pppit déseu^p^é jusqu'à ce qu'^)[|| ait été terminée, ayant rem^ié le ma/i^bre Jtotaleme^t; et son scrupule a é.té poussé jusqu'au point 4ç ne fi^ se fier à ceux qui sont dan§ Ipsage de poncer et d^ polir les sH^i^s ; nonobstant la longueur et l'enfui §§ cette opération, craignant qu'on alt^r^t leç contours : dans le même point de vu^^ Iç ^. |}opcJ[}ardon s'est

réservé tous les coups de trépan , comme étant les plus difficiles et les plus risquables et ceux qui mettent te plus d'esprit dans le travail du marbre.

Soutenu par Tespérance de plaire au Roi, il n'a été rebuté d'aucune des difficultés in'séparables de Texécution d'une statue de l'espèce de celle-ci, dont presque toutes les parties sont en l'air, lui effilant à chaque instant et à chaque coup d'outil de nouveaux dangers. De plus cette figure est isolée , conséquemment il n'y a aucune des parties qui n'ait du et qui ne soit travaillée à fonds et au plus fini ; aussi peuton dire que cette statue seule a exigé le même ouvrage qu'un grouppe de plusieurs figures et qu'il a fallu mettre le temps à profit pour , dans l'espace de 4 ans deux mois, achever un morceau de cette importance et aussi terminé. Pendant tout ce tems, outre un élève sculpteur et un garçon d'attelier, a été continuellement employé un serrurier pour forger et tremper les outils que le marbre égrise à chaque instant, pour ce la somme de 15000

Plus pour gratification accordée par S. M. en considération de la perfection de la figure, des peines et soin pris pour y arriver et pour toutes les causes de frais et sujétion cy dessus énoncés cy 6000

Somme du d. mem"^* arrêté )-,-^^^ 1 /. . .p„o. . {21000

le 6 mai 1751 a. . • .)

D'autre part. 21000

Sur quoi déduire L. 17800 ordonnés sur le fonds des diverses dépenses des ex^ cy-après savoir

Ex

CCS

1744 12fev"1744. .

12fev*'1748. .

1749 27juinl750. .

31 janvier 1751 2400

1750 {23 juillet . . . 2400 29 x"" 1752. . 3000/

Partant reste à payer. . . 3200,cy3200

La statue de l'Amour occupe une très-grandaplace dans la vie et dans la réputation de Bouchardon. Après sa fontaine monumentale de la ruede Grenelle, que tous ses contemporains, Voltaire en télé, ne faisaient point difficulté de préférer à Tadorable fontaine des Innocents, après la statue équestre de Louis XV, il n'est aucune de ses œuvres, qui ait été aussi élogieusemeut discutée par lès artistes et les philosophes de son siècle.

Voici ce que dit M. de Gaylus de cette statue dans sa Vie (fEdme Bouchardon j sculpteur du roi (Paris, 1762, page 57) : a Bouchardon étoit chargé depuis longtemps de faire une statue pour le roi; il étoit maître de choisir le sujet, il préféra celui de TAmour, adolescent, et tel que Ton peut imaginer Tamant de Psyché, faisant un arc de la massue d'Hercule. Je ne décrirai point ici cet ouvrage, quoiqu'il soit un des plus agréables et des plus sçavans qui soit sorti de ses mains : on peut voir une ample des-

eription «le cette belle figure dans me lettre insérée dans le jr«reuTC du mois de mai de Tannée 1790. » La lettre dont paris id Caylas, loi-mémc la fit imprimer à la suite de sa Vie deBouchartUm dont elle occupe les doaze pages finales, i lS-130. « Entre pln^énri onvragesqui loi furent demandée»» dil 4 s»É limrlfarieilfe^htBlÉii Abecedario^ « Ton distinguera toujoirs «ette charmante statue de TAmour se fabricant un arc de la massue dlBerciAe, b& fl a sçu si bien allier les grâces dn Corrège avec la pureté de dessin dé Fantique.» Quelque proirad qne soit notre respect pour le jn^eàient de Caylus et de Mariâte, ks deux j^lns délicats connaisseurs peutêtre du xviii* siècle, jugement qui était d*aillcurs aceeplè presque unanimenreot par le goût de leur temps, nons ne pouTons iidiis empêcher de croire ^e la vive ataiitié, qui tèos deftli 'là unissait à Bouchardon, n'ail aveoglë quelque pea leur impartialité. Nous devons, par équité^ renvoyer nos lecteurs à la vue méme^e cette statue, qui, après avoir dëeorè d'abord Versailles, puis Fohingerie de Cboisy (Voir d*Argènville, Voyage f ii tà^tstfue \êé9 tkvirons de Paris), fait partie au^ourHIiui du musée de-scntpture moderne du Louvre ; nne répétition s'en voit à Versailles, dans le parc du Petit- Trianon. Et, par équité, ne devrions-nons phsaiissi contrebalancer les éloges pompeux, que nous venons de citer, par les restrictions un peu sévères de deux autorités du nêotié siéde : Leresctvë et yoltairè. Qu*ii nous suffise, pour le premier, de renvoyer à la 11^ hrisonnée des sciilpleurs donnée au second volume des Beaut-ârhj laps l't^ncyclopédie méthodique (Paris, 1791, p. 303) ; lé sentiment motivé du second est d^ime forme trop intéressante pour lie le point citer In extenso, Vos lecteurs nous sauront gré d*avoir extrait de cette diabolique encyclopédie qu'on appelle les tBuvres de Voltaire, nne "liage bien inattendue de théorie id'art; — voir Tédit. Bendrat, Paris, Lefèvre et P. Didot, 4^31, tome 'SS, > de la Correspond»^, pages 398 etsufv. — A U M comte de Cày lus, (Cette lettre était 'johite à une autre adressée à V. Thieriot, et datée de Cirey, le 19 janvier 1739.) A Vous me comblez de joie et de reconnaissance, Tnàû' sieur, je mMntéresse presqa^autant qne vous aux progrés ''des tiiîs, et particulièrement % la sculpture etti la peinture, dont |é siiîs simple amateur. H. Bouchardon est notre Phidras. H 7 ^Jnén ^

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f è«he 4(»€ «on kUie 4e f Amour ^ l«k un are de k •massue é*ii«iv airie^ ttiaîs «l€(« «et amour sera bien grand, H sera néeeaBairtiÊÊnmà dana l'a H i Aw d c d'^in garçon charpentier; il "fendra que la «MKSue etdui soient 4 peu près de même hauteur. Car Herenfe dk¥aiL» dii^«p, «e»f vpieds de haut, et sa massue environ six. Si te «Miripteur observe «es dimen^ons, eommeni reconnsîtrens-nons l*4iB0ttr ienfant, tel qu'on doit toujours 4e figurera Pense^-vouto i^ue F<A«K>Br fesant tomber deS'Copeaux à «es pieds k coups de éh- ^eaa «Mlit un lobjet bien agréable. De plus^ en voyant une partie :éa <eei are qui sort de 4a massve, devinera^4-on que «*est lare de il'Aflftonr? ii'épée aux pieds dira-t-eUe que c'est Tépée de Mai^^ fit fkourquoi de Mars p^ktôt que d'Hercule? fl y a longtemps qu'on a peini l'AflMur jouant avee des armes de Mars, et cela est en effet pittoresque ; mais j'ai peur que la pensée de Bouchardoa ne soit 4|u'iBgénieu8e. 'H en est, ce we semble, de la sculpture et de ^ peittUirc commode la musique; elles n'expriment point'i'esprit. &i «adrigal ingénieux ne peut être rendu par iin musicien*; et mlie «Uégorie fine, et qui n'est que pour l'esprit^ ne peut^tr^ exfwméeiBÎipM* le sculpteur ni par le peintre. 11 faut, je crois, pour rendre une pensée fine, que cette pensée soit animée de quelque passion ; qu'elle soit caractérisée d'une manière nou équivoque, et, surtout, que Texpression de celte pensée soit aussi gracieuse à l'oeil, que l'idée est riante pour l'esprit. Sans cela on dira : un sculpteur a voulu caractériser l'Amour, et il a fait l'Amour sculpteur. Si un pâtissier devenait peintre, il peindrait l'Amour tirant de son four des petits pâles. Ce serait à mes yeux un mérite, si cela était gracieux ; mais la seule idée des calus, que l'exercice de la sculpture donne souvent aux mains, peut défigurer l'amant de Psyché. Enfin ma grande objection est que, si M. Bouchardon peut faire de son marbre deux figures, il est fort triste qu'une grande vilaine massue, ou une petite massue sans proportion, gâte son ouvrage. J'ai peut-être tort ; je l'ai sûrement, si vous me condamnez ; mais je vous demande, monsieur, ce qui fera la beauté de son ouvrage? C'est l'attitude de l'Amour, c'est la noblesse et le charme de sa figure ; le reste n'est pas fait pour les yeux. N'estil pas vrai qu'une main bien faite, un œil animé vaut mieux que

tontes les alléirories? Je Tondrais que notre p^nà sculpteur fit qaelqae chose de passionné. Puget a si bien exprimé la doolenr ! Un Apollon qui vient de tuer Hyacinthe ; nn Amoor qui voit Psyché évanouie; nne Vénus auprès d* Adonis expirant; ce sont là, à mon gré, de ces sujets qui peuvent faire briller toutes les parties de la sculpture. Je suis bien hardi de parler ainsi devant vous ; je vous supplie, monsieur, d*excuser tant de témérité... » Il est clair, par la date et par le ton de la lettre, que la statue de TAmour et ^ conception même n*étaient encore qu'en ébauche. Tous les ingénieux conseils de Voltaire ne modifièrent en rien le projet rêvé par le sculpteur. Nous ne Ten louerons, ni ne Ten bl&merons. Avec ce motif, tel quel, Praxitèle eût fait un chef-d'œuvre. Mais nous remarquerons surtout le goût de Voltaire, lorsqu'une question d'art n*est pour lui qu'à l'état de pensée et de spéculation. S'il n'avait conna la statue que finie, il eût évidemment été l'un des premiers à lui rimer un madrigal. Malgré ce jugement de philosophe et d'esthéticien, qui est exquis par parties. Voltaire ne se connaissait nullement en art; qu'on se rappelle ses recommandationa pour les frontispices et les vignettes de ses ouvrages et l'admiration dont ils le remplissaient.

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