‹ ARCHIVES DE L'ART FRANCAIS. TOME PREMIERChapitre 21 sur 84 · SCULPTEUR DU HOI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

SCULPTEUR DU HOI DE PRUSSE

L'année 1764, le Roy de Prusse ayant Tintention d'avoir à son service , un sculpteur françois ; m'étant distingué dans le nombre des Artistes, Sa Majesté, pour m'exeiter à sortir de ma Pairie et quiter mon établissement, me signa un contrat en calilé de son premier sculpteur, ce contrat est composé de dix articles, pas une seule n'a été exécuté ; (ajouté au crayon: tous ces ouvrages sont en Marbre.)

La statue de Mars posée à Sans Soucy a été le premier ouvrage exécuté avec Tapplaudissemenl du Roy, par ses expressions , me disant : Elle est belle, très^ très-belle ;

Le Monument du chancelier de Coccey, placé dans la cour souveraine et la statue du feld maréchal-général Schwerin, posée dans la place Royal de Berlin recurent les mêmes aplaudissemens;

Ces deux Monument ne m'ont pas été payez , je réclame mon salaire, j'ay les titre les plus fort, lettre du Roy, lettre du Ministre, du baron de Kniphausen ; mais aucuin tribuneaux ne peut rien en conoitre, j'ay affaire k un Roy qui a 300,000 Homme ; je suplie

donc Sa Majesté Impérial et Royalle de faire à mon

égard, un acte dé f^tice et âHiàMKàftRé , car je suis âgée de 78 ans et suis Grand Père. Je mouray de fain est toute$ oia r^mill^, si je ne reeois ce qui m*est du. La somme n'est que 21250^ pour deux monument En Marble ; sur les quelles j*ay suez Sans est Eaux ; ces deux monument Existe, le Roy a été satisfait , et

{£t à h tuitê ^èm éMtes tes Ugnn^n^fâei^^tffuli» éikdn plus toufwnU ^ ptu^ jêHHe) t

Votre M; Terra ^ Tes 4ttïk nbUès offibMkési 'dsHit tt^pte est ci Jointe, que f ai îâm)^loyë en vaiilk meêk^ 4ioi^ (Ito s^b Ëx. le Ministre dè^ Yiehàliottis ^térieem %t i|6é lé <éoMeil privé de Seriiâ ^'est t^btuleMmé M même par ces deux notles.

- Au èe^iv de la 1** ti'otte , fai pihdduit itièli eodlrat cMm qliittutlt!é> qùé ce mo^ ^ 'Soumet à reeewidîm coMmé tifré iralubïe éàfis tm^ umm ^ iVi ûVst ip» quittancé.

Par la seconde liotte il iscippose r^e^istenoe UTiia se- ^nd coiltf at v qu'il toi est impiolrs^rie tte «nV>ppo8«% parce qu'il n'a jaihaî» -existiez

Les corrections etle8t«Uii|*èk 4e^ ^éeu^ p«^tilsiilQ)ii^f%àl^ affile ^oujs venons de traoserire^ ïiouslonl^r^re ^at%eiU8.d«ml'<,fbuille et iioa ver^Os ne sont que le brouilloa -d'un place l en bonne forme, dont rori^ipal exkte sans doute dhiâs lés àrctifves'âè'feemn. "Aàis <^»^ tfsl iëViàtiVi'e article 'é|d 'a fo^rt'nife^rféltètécîawàTSon'dîirîslè', ^ d'ur»etiumiliiéfti fiène^ en mônve temps que si mf^dîQidef r^ifia .«f^iM^ude pariie ^ relative à dtmK, «ol«*s da conseil privé dç Biçrttn, a-Uelie irait à celte première affaire et peùt-elie Ctre regardée comme ùne-sorCé tsi^'dstUtot'hiiÀm Aë%\kbVime\^ ïàià%

larliste sur ie oonlral de premier seul'pleur qui liait le roi de Priu^4u pauvre diable qu'il avait attiré de France? Oii voii biea qMi9 ce malheure;Mx n'ose plus, comme le meunier de Saiso-Souci^ ^Ompt^r aur lea jifges de Berlin. |^o sculpteur Jin^, Prenait , qui a pieu youiv 19'ofAir ceitte p4«^ charmame, Tavait reçue comme de rjym 4^9 ^44fQ. Maia nos J4$eleur<9 savent par Mariette qu'A la dale ih n^ai, Umbert Sigisbort etl^asp^d B=\lthasar Adam, qui avaient ||rDé.to|ta deux SansrSouci de leurs s^culpioros < ètaieiit morts'' ^ J^aris^ i'aloé, en 17S9, 1$ imu^s en 17^1. C'est ôvidemnetat 4e leur fuae^Ksaiiir {qu'il s'agit»

JEfou^^vons cherché .quel fat ce suçcosseur, et voici lenfiwiqu^ nous ia offert d'al)ord Ip minu lieux et exact MaUùas Qe.sterrei4îb dams $». JHt^nptton et exjdicaUoû de$ groupes^ statues , bustes et demi- Muiiif*^ bas^retiefs ei visses de marbre^ de bronze et de plomb ^^aU^ .^ii4fXi aus$i bien que des ouvmges mode}*nes qui fwrmenl la coUection de S* Ai. le roi de Prusse^ etc Berlin, Decker ^ 1774, p. 24, n«* i(i6 : fi fG.Adan^ et SigLsbert. Jflars en fureur, qm lance un javelot. Le caractère est vivement oi très- bien exprimé. Ouyage de marbrie de Carare, de 8 pieds 3 pouces. On y lit : Commencé par Adam et iini par .Sigisbcrt Michel , à Berlin, en 17^4. — Sigisbert Michel avait succédé, an qualité de sculpteur du roi , h Adam le jeune; m^is en i770 il quilla, sans qu'on eq ail su la raison, et retourna à Paris. )) — Cette raison , notre pièce la révèle bien naïvement. L'inspecteur de la galerie royale de Sans-Souci l'ignorait, c'était son devoir.

Uo livre imprimé en Prusse an moment môme où y travaillait ^gisbert M icbel, fournit encore sur lui de bien plus vives parricu- Aariiés. CVst la Description des viUes de Berlin et de Postdam et de tout ce qu'elles contiennent de plus remarquable , traduite de Valle* mand; à Berlin, chez Frédéric Nicolaî, 1769, in- 12, de 622 pages. Cette Descnption ne manque pas d'indiquei* à Sans-Souci notre Mars assis avec un loup, commencé par Adam et achevé par SigisbertMichel, en 1764 (p. 519); en rcmonlanl à la p. 381, on trouve que» H. Sigisbert Michel, sculpteur du roi, né en France, a été appelé à Berlin après la mort de M. Adam; il loge à la Bourse, dans le jardin royal. » Enfin, p. 321, se trouve mention d'un autre

monument désigné dans notre pièce : « A la Bourse, dans la plaee du Jardin-Royal (dans Tétage d en bas), est Tatelier du sculpteur du roi, où il y a des choses intéressantes à voir. Actuellement, la statue en marbre du maréchal Schwerin, tué à la bataille de Prague en 1757. Cette statue a été commencée par ordre du roi, par feu M Adam, et elle est finie par M. Sigisbert Michel, sculpteur du roi. On rencontre aussi dans cet atelier plusieurs beaux modèles de plfttre et d'argile. Quand on y travaille , un étranger qui demande poliment à entrer, est bien reçu. » Sigisbert Michel appartenait, par sa mère, à la famille des Adam. « Anne Adam , dit Durival (t. I, p. 193), a des enfants à Paris qui se distinguent dans la sculpture.» Thomas Michel , mari d'Anne Adam, était mort en 1751, à Berlin, où il était Fun des sculpteurs du roi de Prusse, et où il avait sans doute été amené par G. Adam pour partager ses travaux et sa bonne fortune. Il est donc à présumer que quand Sigisbert Adam fut appelé eu Prusse en 1764, c'était en manière de survivance de son oncle et de son père. Revenu à Paris en 1770, Sigisbert Michel y poursuivit sa carrière, sans grand profit, paratt-il, mais non pas, du moins sans honneur. Bachaumont (XXVII , 341), écrit à la date du 5 septembre 1774 : « L'exposition de l'Académie de Saint-Luc attire beaucoup de spectateurs qui la trouvent curieuse à bien des égards ; il y a peu de tableaux d'histoire, mais dans les tableaux de genre et le portrait, très- multipliés, on trouve des morceaux estimables. La sculpture est ce qu'il y a de mieux, ainsi qu'au salon dernier. M. Sigisbert Michel, ancien sculpteur du roi de Prusse, s'y distingue surtout par Tabondance, la variété et le goût de ses productions. Son Temple des Grâces , modèle fait pour ser\ir de milieu à un surtout, est une des choses les plus agréables qu'on puisse voir. »

J.-B. lEPAOSI

(Communiqué par M. le baron de Girardot, annoté par M. P. Manta.)

Paris, l«'mai 1781.

Je m'intéresse au s^ Le Paon très bon peintre, monsieur le marquis, faisant cas d'un homme qui se fait dragon et se fait blesser à une bataille pour en voir mieux TefTet; je vous demande bonté et protection pour lui dans ce qu'il demande qui me paroisl raisonnable, étant un objet d'œconomie.

J'ai llionneur d'être avec un inviolable attachement, monsieur le marquis, votre très humble et très obéis-' sant serviteur N. M**^ d. de Mouchy.

A quel marquis, ccUe leUrc? M. le baron de Girardot, qui en possède Taulographe et qui a bien voulu en communiquer une copie aux Archives de CArt français^ ne le sait point. Il n*cst pas facile non plus de deviner à quel service administratif, à quelle protection invoquée, à quel objet d'oBConomie peut se rapporter la demande de Lepaon. Le maréchal de Mouchy, trop bref dans sa curieuse recommandation, Tappuie comme raûonnabU : c'est tout ce que nous en savons.

Mais la lettre du maréchal ajoute, à la biographie peu connue de Lepaon, un détail nouveau. On sait que, né vers 1736 ou 1738, ee peintre-soldat qui est appelé Charles par quelques contemporains, François {i^r\e Mercure de France et Louis par Fauteur du catalogue du cabinet de Paignon-Dijonval (1), était entré fort jeune dans un régiment de dragons, et qu'au début de la guerre de sept ans, il avait fait, en cette qualité, lacampagne de Hanovre (1756). Il y fut blessé, c*est là le fait ignoré que nous apprend le maréchal de Mouchy,

(1) Le Journal de Pans, qui enregistre tous les jours les morts de la veille, nous apprend, dans son numéro du 31 mai 1785, que Lepaon s'appelait Jean-Baptiste.

plus émerveillé de cette blessure que de tous les tableaux qu'aurait pu foiré Lepaon (I). Le jeune dràgeo obtint son cMgé etvintmmitrerà Carie Vanloo et à Boucheries éludes qu'il avait ébauchées, eu courant, entre deux batailles. Leur approbation Tentralna : il se fit peintre cl devint, d'après les uns, Télëve de Doyen ; d'après \%È auifes, sans doute tnifeux informés, celui de Casàiiôva. L'ètève n'avait fuère que six à buit ans de moins que son oiaHret Qm-^ nova vit pourtant en lui un rival et bientôt un cnncini cpni^.lçcme^ il fallut lutter. Je n^ai pas besoin de rappeler que I^epaon peignit pour rëdolè militiire les batailles de Fontenoy, de Lawleid, de Toumay et de Fribour^el trois dessus de porte ; que, derrenu p»ift-> tre ordinaire du priii'Ci de Condé, il exéçiU^ pour le Pi^kaisBo^rbp^ les balaillcs de Roçro>[ e.t de Norllingue çt les sièges de. PUiJisbourg, de tfiionvillô, de Dunkerque et d'Ypresj enfin qu'il fit, en 1781, le grand portrait de Lafayette que M. Leinire a gltrtéi Séi dernières aanées pi^raissent avoir été employées à detsinei^ poi^ la col ection d'estampes que dirigeaient Ponce et Godcfruy, quelques-ui!S des faits d'armes de la guerre d'Amérique.

Lepaon, ou M. Paon, comme l'appelle sitnplement l'auteur dès 17^thniressecvcts, mourut chez le prince de Con«lô au mois de mai 1795, Vdlencicnm s qui, dans les Réflexions sur la peinture dont il a fait suivre sfs Eléments de perspective (Puris, 4820, p. 424), lui a consacré quelqu»*s lign(>s, affirme sérieusement qu'il serait mo^ t de cha^ gtîn d'avoir été refusé par l'Académie. Un ancien dfagôn tiè meurt ptis pour si peu. Ne vaiii-il pas mieux s'en ra^iporter à Bachàumont qui, après l'avoir rcpi^senlé comme un homme « d'un Ciractère brave. f( atic, Icnal ci gai, » ajoute qu'il était « sujet à la goutte et trop inquiet sur sa santé » rt qu'il « s'est tué à force de remèdest «i [Mémoires secirtSj T. ixix, p. 52 et 81.)

tl) Le maréchal de Mouchv ne fut pa.«le seul à a-lmiror le double car-^ctète de Lepaon. C< ttesint^ulière renconire d'un art sic a>. pelé à poiudre, pros'|ue d'à pri'^s nature, le;s courbais uù il avait été nî^é« parut nouvelle. El'c ne l'éiaii pas, puisque, pour nous en tenir an XVlll« suVle. Charles Parrocvl avait déjà, quoiqut^ acatiémicirn, donné un pircil exemple Tous pourlauts en étonneront-, étia grave Eucif' Lop dieeWi^-utùmii ne déJaign» pas d'en faire l'objet ii'une petite nolè eu rhouucur de Le^^aon {Ueaux-àrU^ T. Jk9p.67i ^«ris, IM^.

^^QTICE HiSTOUlQUE

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