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JEM-lItICHEL HOREHU (d
PREMIER PROF^S^EUR DE pESSlJf A l'aCADF.MIE IMPÉRIAL^ DE SA^NT- ¥iTERSRÔt}RC SOUS LE RÈGNE D'ri;LlSARETtI, CONSEILLER AULTQUE DE FMCllRtC-OUlLLAlJME, ROI pE ^RV:SSS, DKSSINATEUR ET GRAVEUR BU i^^^^ET DU ^01 DE FRANCE SOUS LOUIS ^Vl ET L0U1$ WMl, HKM^QL^ DE l'aGADÉIIE ROYALE de peinture ET SCULPTURE, PK CELLE D^ àW^Ell FF BE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVAMTliS.
On reCjOpnaît à certains traits Thomme qu'un génie supérieur appelle à s*élever au-dessus de ses contemporain^ : Jean-Michel Moreau, dessinateur et graveur ' dfu cabinet da roi, menibre de rAcadémiç de peinture, etc., et si connu eji France et dans toute l'Eu- .•,... . • • . . ..il-
TOpe sous le nom de Moreau le jeune, fut de ce noipbre.
JT.-M. Moreau est né à Paris en 1741 . Il serait dif-7 ûcHe de dire à quel âge il entra dans la carrière dçs arts. Sa rpémoire, quelque bonne qu'elle fut, ne le lui rappelait pas, et pour lui, avoir cominencé de vivre et avoir dessiné étaient exactement une seule et même chpse. Il n'avait pas dix-sept ans lorsqu'il partit pour Ig Russie en.quaïité d*adiointde M. Le Lorrain, (â) pein-r
(I) Celle nolice de Moreau le jeupe par Fa fille, m^ri<^e à Carlq ¥w'jirt en ilHJlt ei mftre d'Horace VemH, le 30 juin «7«9, esl écrite en létc du premier volume de 1 œuvre de J.*M. Moreau le jltiiïë, recueillie en cinq volumes an Cabinet des Estampes.
<i^ Loui^ Le Lorrain* peintre d'^iis^oire, né à Paris, le 19 màrM 17,15, mort à Saint Pêlersbourg, le i4 mars 1750. Il avait été rtçii êb^VàmàMn royaie de pemturc le ii juillci 17(16.
tre, dont il était relève, et qui venait cVètre nommé directeur de T Académie des Beaux- Arts de Saint- Pétersbourg. Là son talent précoce le fit nommer professeur de dessin à V Académie impériale de peinture et de sculpture. Deux ans après, la mort lui ayant enlevé pon maître et son ami, il quitta une place qui» à des avantages déjà certai'is, joignait la perspective d*un sort brillant, pour revenir à Paris, inconnu et sans fortune, chercher ce qui peut seul développer et mûrir le talent, Temulation et les bons modèles.
La nécessité, qui contrarie si souvent les vocations les plus décidées, força bientôt Moreau d'abandonner la carrière longue et coûteuse de la peinture. Il apprit lui-même la gravure qui lui offrait des ressources plus promptes et plus assurée£, et devint en peu de temps un habile graveur. Mais en cessant de peindre, il ne cessa ni de dessiner ni de composer ; le sacrifice eût été trop grand pour ce génie original et vraiment créateur. Malgré son mérite précoce et ses habitudes laborieuses, Moreau eut à lutter quelque temps contre l'adversité. Son énergie et sa const;]ince en triomphèrent. II semblait, en effet, que la nature, en lui donnant la force du caractère pour appui de ses talents, prévit que la fortune ne serait rien pour lui dans tout le cours de sa longue carrière. Ses ouvrages fixèrent enfin Tattention, et en 1770, nommé dessinateur des Menus-Plaisirs, il fut chargé de dessiner et de graver les fêtes célébrées pour les mariages de
M. le Dauphin et des princes ses frères. En 1775, il composa le beau dessin du sacre de Louis XVI et le grava lui-même» ce qui lui ouvrit les portes de TÂca-» demie de peinture et lui valut le titre de dessinateur du cabinet du roi.
On aura peine à croire qu'indépendamment des ou* vrages exécutés par lui comme dessinateur du cabinet du roi, son œuvre complète monte à plus de deux mi7/^ estampes, gravées soit par lui ou d'après ses dessins, et destinées pour la plupart à orner les plus belles éditions des meilleurs auteurs anciens et modernes; nous nous garderons bien de présenter une nomen** clature détaillée de cette immense collection, mais choisissant parmi les suites les plus nombreuses dont elle se compose, nous rappellerons seulement celles qui sont destinées pour Mably, Montesquieu, Raynal, Rousseau, Lafontaine, Racine, Télémaque^ les Lettres d'Héloïse, Gessner, les Lettres à Emilie^ deux belles suites pour Molière, deux autres pour Voltaire, forment à elles seules plus de deux cents estampes ; cent pour le Nouveau Testament et les Epitres, cent trente pour les figures de THistoire de France. Dans cette prodigieuse variété de sujets de tous les temps et de tous les genres, ce qui étonnera toujours et ce qu*on ne saurait vraiment trop admirer, c*est en même temps la fécondité et la flexibilité du talent de Moreau. C'est cette merveilleuse facilité à concevoir une scène pittoresque et à la disposer d'une manière intéressante et
lie
"trare, dans Tespaff e souvent le ïïhms étendp» et cpiel» ^efoli mènne le plus rebelle par ses «kmensioDs ; p'wt eetie rare habileté à saisir le caractèce oonv^sàblet à prendre le style propre de chaque 6ujet ; o 'est cette jui^ tesse et cet aplomb dans la composition, eette netteté dans les plans, cette intelligence dans tes groupes» cet esprit et cette vérité dans la pose et dans Fexpression des figures, qui font que Ton voH réellenieiil lactioai repr-ésentée ; c*est enfin cette inépmsahle VJiriété et ee goût exquis dans remploi des accessoires propres à indiquer la condition des personaagesy le temps ei le lieu de la scène.
On a dit souvent des dessins de cet artiste que pour en faire de beaux tableaux il ne faHaît qoe ks» mettre dans une plus grande éeheUe , et quelque flal^ leur que fût un pareil éloge il n'avait rien d'exagéré. Nous ne craindrons pas d'en ajouter un autre qui se rapporte plus s^péddenienl à la destiftstio» de ces ott-« vratges, SI justement estimés déjà comme production de l'art. Par une aptitude singulière à se pénétrer de Kesprit et des intentions de l'auteur auquel il consa-t» erait ses c.avoos. Moreau a donné à ses dessins un earaetère d'intérêt) etl'on dirait volontiers d'utilité* qui» jusqu'à lui^ manquait a la plupart de ceux que l'oai oomposaît pour des livres. Les siens s'identifient en^ quelque sorte avee l'ouvrage qu'ils décorent; ils en développent les beautés et les impriment plus prolbn*^ dément étns l'âme du lecteunu ilseqiUe que i'oapé*-
ûëtre p^tts aTant danà la pensée de Montesquieu eo regfirdaiitlé inagnrfique dessin de Régulus qui décoré les pages immorteUes de la Grandeur des Romaine; OQ devrne tout louvrage de Juvénal daûs e^Iiû ail Fttrtiste le place au milieu des tombeaux qu'il idtfiv* foge; on croit connaître mieux le peuple romain d^f^ eA)pereurs en contemplant la mort de Séjan» k célàr bre trahitur tmeo ; en même temps, tout l'esprit» tout^ k finesse, toute la grâce de Voltaire sont empreints dans les charmants dessins qui accompagnent ses rommis; toute la force comique de Molière respira dalis ceux qui ont été faits pour ses œuvres.
Le Toyage dltalie qu'il fit en 1785, à une époquis e(t SÀ réputation semblait faite, dessilla ses yeux. Ëa visitant cette terre classique des beaux-arts» en con*^ femplant tous les chefs-^d'œuvre qui s'y trouvaient réunis, en se pénétrant plus intimement des souvenUisi qu'elle rappelle, il se sentit comme éclairé d'unô lu«^ mière nouvelle ; dès-lors il prit la courageuse résolu^ fion de se défendre contre le mauvais goût du temp» ttde foi^mer son nouveau système en opposition sur les méthodes usitées. Sa manière changea, sçs prîn^ dtpes devinrent plus corrects et plus purs, sa compoailioii plus simple et plus élégante, son style plua noble et plue hardi. C^est ici qu'il faut fixer l'époque é% la plus étonnante révolution qu'on ait jamais eu lieu de remai'quer dans la manière de faire d'un aiv liste. Dans moiiKide deux ans, on vitpn.honuiie iioo«
veau» devenu aussi supérieur à lui-même qu*il Tavait été auparavant à ses prédécesseurs. Cette différence frappante se trouve parfaitement indiquée en suivant Tordre établi pour le classement de cet œuvre : les i*', 2® et 3* volumes formant la collection de tout ce qu*il a produit d'après les anciens principes ; les 4® et 5* réunissant la suite des ouvrages qu*il fit d'après le nouveau plan que le retour de son voyage en Italie lui fit adopter. Ne soyons donc pas surpris qu'avec des talents naturels si remarquables, et tant de talents acquis, Moreau se soit élevé jusqu'à la gloire, dans un genre où il faut être le premier pour y prétendre. La sienne n'a pu lui être contestée de son vivant, lorsque pendant cinquante ans, dans la librairie de toute l'Ëuropct l'annonce de figures de Moreau suffisait pour recommander un livre à la curiosité des amateurs et pour en assurer le débit. Nous osons présager que la postérité qui commence aujourd'hui pour lui ne sera pas moins juste envers sa mémoire, et nous tirons cet augure du mot honorable souvent répété depuis sa mort par nos plus habiles artistes : « Cest un homme qu'on ne remplacera pas. »
Il s'en faut de beaucoup qu'en contribuant aussi longtemps à faire fleurir une branche importante de notre industrie, Moreau se soit occupé de sa fortune autant qu'on pourrait le croire d'après ses immenses travaux. Jamais peut-être on ne porta plus loin le désintéressement personnel, même Tincurie et surtout
réioignement pour tout ce qui ressemblait à des entreprises dans un genre où il faut cependant en faire ou du moins y prendre part, si Ton veut s'assurer quelque portion des bénéfices. Sous ce rapport il fut encore artiste dans toute Tétendue du terme. Il semblait trouver tout simple que puisque les plaisirs et rhonneurdu travail étaient pour lui, les profits fussent pour les autres. D'ailleurs la révolution le surprit au moment où sa réputation pouvait lui donner le droit d'élever le prix, jusques-là très-modique, qu'il mettait à ses productions ; et non-seulement elle anéantit le capital formé par ses économies, mais en suspendant assez longtemps l'activité des entreprises de librairie, elle tarit presque entièrement la source principale de son revenu. Il se consola du tort qu'elle lui faisait en cherchant à prévenir celui qu'elle pouvait faire aux beaux-arts, son premier besoin, son unique passion.
Nous avons parlé de Tartiste, qu'il nous soit permis d'ajouter quelques mots pour l'homme et pour le citoyen ; de dire que Moreau réunissait sous ce double rapport toutes les rares et précieuses qualités qui commandent l'estime, appellent la confiance, font naître l'attachement et inspirent la vénération. Un caractère ferme et décidé, mais égal et bon ; un cœur sensible et généreux; une âme noble et courageuse, fière peutêtre jusqu'à la susceptibilité, qui supportait difïicilcment Tinjustice, mais qui en gardait encore plus diffi-
cikmeit !• 0mvenir; un dévouem^iU mm Jbprae i tous les devoirs qu'imposent les liens de la oatar^ ^ <:eux de la société, une raison ^vère pour lui seul» io^ dulgente pour tous les autres; luie droiture de ^oo^ jscienœ et d'intention incapable de se jamais démratir; une rectitude de jugement que rien ne pouvait aui^ prendre; une véracité dans les discours^ une fraa^cbise dans les procédés que rien ne pouvait altérer : tels étaient les traits principaux qui formaient le moral de <îe véritable homme de bien. La voix unanime de tous les artistes de la capitale, les regrets profonds de ses nombreux amis« les pleurs de sa famille» atte^^ tent de la manière la plus touchante qu'il était impos-^ sible de le connaitre sans l'estimer» de le voir souvent sans lui vouer amitié» et de vivre dans son intimité saos payer à ses vertus le même tribut que le public a p^yé si longtemps à ses talents.
More AU n'a laissé qu'une fille mariée à M. Ga rï,b Vj59.- NÇT, fils de notne immortel Veumet, qui se trouve ainsi appelé à recueillir deux des plus belles succefisions d'artistes ; il a déjà bien sudd^amment prouvé qw ç^ double héritage de la considération due aux t%knUi u^ pouvait tomber on de plus dignes mains»
Paris, ce 20 octobre 1818.
TP". Vèrnët, née Moi^EAD.
l H. MM,
' MU '-f^ii * i-ji.- ■ *t «. *.
Le Pausanias français et lés autres notices sur Yien, disent qaa « en Tan ii, le gouvernement ayant appelé l6ûÀ tèi kr(isl!ès^ uà IMiViMIll, Il t^ÊH^V^ M ptit, )> Viëi); i^é dé M iHto *qU6iMl fsâirut If (ivrajIiMiiiMis «lions; UUsak accrèdiler tolontlers un eoAleiii^ flattait rétonnante. verdeur de sa vieillesse* La série depiëceft«uir viiniès remet lé fait sous un jour feèaucolJp plus simple.
Aux citoyens composant te comité (^instruction publique,
ïù essayé à 78 ans ae tracer le triomphe de la Bépubli<{ue» mais je n'ai pu terminer mon dessin dans les délais prescrits; je vous en donne donc conpoissance sans aucune prétention» mais seulement pour savoir de vous si je puis l'exposer ; c'est un.homin^^e que ^ m'empresse de rendre à la loi» et uà exemple que, sur mes vieux ans, je crois devoir à la jeunesse. Salut et fraternité Vien.
. Fana ce 1^" messidor, Tau %'^ de la Réf ubliqu« franchise une ei indivisible. (IQjfam 1794.)
Renvoyé au comité des inspecteurs de la salle par le comité d'instruction ip^iUique le â messidor Fan 2*"^.
A.Xi. TftiBAUDEAU.
Renvoyé aux commissaires conservateurs du muséum ^ar tè comité des inspecteurs de Ta CônvèùtîÔTà nationafe» ce 6 ïriéssîàor iVri ^ de là <*é[)iibrique une et indivisible. RoWn. H\i( irt; B^rÈ.
^ERARD. Â. F. BoUCnEllEÂU.
Extrait du registre des^ délibérations de la commis-
sion executive de rinstruction publique du huit brumaire Tan 3°^® de la république une et indivisible. (29 oct. 1794.)
Sur la demande faite par le citoien Vien de pouvoir retirer du sallon du Muséum un dessin représentant le Triomphe de la République qui y est exposé depuis quatre mois ;
La commission arrête que les conservateurs du Muséum sont autorisés à remettre au c*" Vien le dessin sans numéro représentant le Triomphe de la Républi* que, dont l'exposition avait été approuvée par les inspecteurs de la salle de la Convention , ce dessin étant parvenu trop tard pour être admis au concours. Pour extrait conforme Ginguené.
Clemetït de Ris, adj^
Reçu le dessein ci dessus designé. Paris ce 16 brumaire, Tan 3® de la république une et indivisible (Ônov. 1794). Vien.
l L. DAVID.
Lettre de David â l'Académie, qui le prie (4 mai 1 793), de venir professer à son tour :
Je fus autrefois de T Académie.
David
Député à la convention nationale.
[Communiqué par A/. L. Dusdeux,)