‹ ARCHIVES DE L'ART FRANCAIS. TOME PREMIERChapitre 24 sur 84 · SÔ · texte numérisé non relu

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ÀujouraKûy cterhier àe septembre mil six cens ïrmie sèfï. Le Roy ésiaht à S* Maiir des fosséé. Sur ce qiii lui, a esté réihoritrë par Pierre Dupont son Tâplèsîéf ^t^^ en ées tapisseries ef autres ouvragés de Turqtiîè ei dé Lëvaiït logé eu la Galerie du Louure, Que par àri^esi de la Chambre des eompies il auroit été ordôriîi^ quil sèroît tenu faire sa résidence actuelle dans fe riiaîôoti de la Sauonnerie j)oùr instruire au d. art jusqu ad nombre de cfnqriahie eiifans ainsi qtfil est porté t<âr arresi du Ctin^^ de Sa Majesté m foi'mé d'article dû 17 avril îë^l. ^a d. Majesié o^onûSi^HTii (j[u'il serôît du tout impossible au d. biiponi de laquer au âéfùicé qui lui est obligé rendre chacun jour cohfitne il a fait depuis irèritè trois ans en èbh d. art, s*H èstoh contraint dé feirè sa demeure eli la d. Maison delaSàùonhérîe et qu'en icelle uii nommé Lourdet qui a èsiè sdii apprenty ef a présent sôri associé en l'establiâsèméht et continuation de la d. manufacturé y reèide coriiînuèllemerit pour instruire les d. enfans au d. àk èû égard aussi que le d. Dupont a introduit et porté èii ce Royaume l'inuention de la d. manufacture pour laquelle il lui à conuenu faire de grandes dépenses a la pidùrsuitte du d. Establissement. Veut et entend Sa d. Majesté qu'il continue et fasse sa demeure actuelle éii fa à\ gâllérîe ou il est logé pour lûjr rendre et côiiti^

nuer ses services en son d. art et instruire les apprentis en iceluy ainsy q^ a cy deuant fait» le dispensant a cette fin de faire sa résidence ailleurs. Et pour le recompenser des grandes pertes et trauaux par lui faits et soufferts po^ raison dudit Establissement et manufacture, et luy donner moyen de uiure et le soulager en sa vieillesse. Elle luy a aussy accordé qu'il jouisse de la pension jde Quinze cens liures chacun an qu'elle lui a cy devant octroyée pour douze années qui finiront le 17 avril 1639. Ensemble des arrérages qui en sont deus suivant Tarrest du Con®* du 9 mars mil six cens trente quatre mentionnez en un état depuis arresté en son d. Conseil le dernier jour de juin mil six cens trente cinq et 19 aoust 1636, et que la d. pension soit continuée pour autres vingt années consécutives a commencer du dit jour 1 7 avril mil six cens trente neuf sans qu'il soit besoin au d. Dupont d'obtenir autres lettres que le présent breuet ni autres vérifications et enregistrements en nos cours de Parlemens Chambres des Comptes Cour des aydes Trésoriers généraux ou autres que celles qu'il a cydeuant obtenues et en outre que sa venue et Louis Dupont son fils continuant après son decedz la d. manufacture, soient conservez et maintenus en leur logement et astcllier en icelle gallerie, et qu'ils jouissent de mesmes priui* leges et exemptions et franchises au long spécifiez par les d. articles arrests et Estats , m'ayant Sa d. Majesté pour témoignage de ce commandé en expédier le

présent breuet signé de sa main et contresigné par moy son con^'^ secr^® cl!Ëstat et de ses commandemens et finances, Signé Louis ^ et plus bas de Lùtnenye. CoUationné à Toriginal en parchemin.

Les détails que nous avons donnés dans notre Introduction noua dispensent d*annoter la plupart des )i revêts que nous publions ici. Cependant, il en est qui se rattachent à de si intéressantes industries, qu*on serait tenté d'écrire à leur propos Thistoire complète de ces arts spéciaux. Dupont et Lourdet, ces deux noms résument les origines de la fabrication en France des tapis de Turquie, et toutes les gloires de cette célèbre manufacture de la Savonnerie dont celle

de Beauvais fut d*abord la succursale et est devenue rhéritière

Dupont et Lburdet, leurs noms se trouvent à chaque page des registres des bâtiments du roi, dans les plus magnifiques années de Louis XIV. Dupont, Tintroducteur en France de ce nouveau goût de tapisserie, nous a laissé un traité, un plaidoyer et une chronique de son art qu*il intitula : Stromatourgie ou de i'excelUnce de la ma^ nufacture des Tapits dits de Turquie^ nouvellement establie en France sous la conduite de Noble homme Pierre Du Pont, Tapissier ordinaire du Roy esdits ouvrages. — Mieux faire que bien dire. — À PariSf en la Gallerie du Louvre^ en la maison de CAutheur^

Ce livre extrêmement rare de 42 pages in-i<^, est dédié à trèS' haut et très-puissant seigneur messire Charles de Laubespine sieur de Chasteauneufet de Préaux, Commandeur et Chancelier des ordres de Sfi Majesté, et Garde des Seaux de France. Il est divisé en quatre parterres : a le premier des quels contient la signification et définition du mot Stromatourgie, le second Tantiquité et excellence d*i* celle, le troisiesme monstrera de bien et deuêment travailler es dits ouvrages, le moyen et les choses requises pour bien et deuêment Testablir et la maintenir, et le quatriesme et dernier fera mention comment, et par qui elle a esté introduite. » — Le quatrième parterre nous a paru si intéressant pour Fhisloire d'un art qui a tant honoré notre pays et qui Thonore si hautement encore, aux yeux

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du liiottdé ratier, que nous ayons cra devoir en transcrire ici lea quatre pages :

(c Pierre Dupoat natif de Paris, fils de noble homme M* WWa*» çois Dupont, vivant Trésorier et Payeur de la Gepdarmerie de France, et de Damoiselle Gillette Guiot : ayant quitté ses estudes in. continent après les Barricades de Paris, à cause de Fabsence de sent dit père, qui pouriors estoit au service du Roy en rexercicè de sett ofiKee, et se Voyant par ainsi oisif et sans occupation, s^adôûtià de l«y meMes li plu^ufs ouvrages^, ainsi que peuvent fkire lei enfanft, plustost par jeu et manière de pàssetemps, que pour quelqm dessein qu'il eut d'en faire son proffit à l'advenir.

tt Or entre autres ouvrages esquéls il occupa son esprit piMidÉBt <^ maHietir du temps (auquel toute la France se voyoit presque tnx al>6is: et pour divertir aucunement Timportunité d'une l^essité extrême en la quelle luy et ceux qui estoîent pourloiis ettferinei danè Paris estoient réduits] farent, affin de couper ce«rrt, lentes sOiHes de tapisseries, tant àPesguille, quefaictes sur les «testiez, et à la pourtraicture et illuminure : ce qui luy reHsisit asafez heureusement, et principalement en la manufacture des tapis de TmHîfuie, et autres ouvrages de Levant, qui se font avec FeSgttlfi'e, des quels il inventa les outils et la vraye metode pour y faire travailler des enfant avec facilité.

« 6t tout ainsi qu'il avoit fait l'espreuve de tolis èés ouvrages sans aucun dessein, aussi en quitta-il bientost Texercice. se contentant sétiiementde scavoir diverses choses et d'en pouvoir parler p'&iiMblement.

^ Mais soit par le malheur du temps, soit par les procez survenus aprèè la mort de sa dite mère, pendant son bas aage, sort par les débtëà accumulées durant tous ces troubles, soit aussi par l'ambition et avarice de ses plus proches : la plus part de ses biens ayant es(tê vendus et dissipez, fut contraint d'avoir recours à ce qu'il avoit autresfois practiqué par plaisir, pour subvenir à sa vie.

€( S'estant donc adonné à Tllluminure, feu Madame de Ghasteauneuf^que Dieu absolve) comtne elle estoit Dame très -vertueuse et adcfnnée du tout à la piété et dévotion, prit le dit Dupont à son service pou> luy. faire quelque paire d'heures d'iluminure, et autres

ouvrages. Dequoy s*estant fidellement acquitté, il fit veoir aussi à la dite Dame quelque temps après (comme à la plus curieuse de Paris) quelques eschantillons de toutes sortes d*ouyrages de Turquie faicts d'or, d'argent, de soye, et de laine, lesquels comme chose non encore veuë, elle présenta à la Royne Mère, qui les fit voir tout à llieure au feu Roy : Lequel peu de jours après allant voir les peintures de sa Gallerie, et de sa sale des Antiques, que feu M. Bunel, son Peintre faisoit alors, et entrant en la maison du dit Bunel, vid un fonds de chaire faict d'ouvrage de Turquie, que Je dit Dupont y avoit laissé, et se resouvenant de ce que feue Madame de Ghasteauneuf en avoit rapporté à la Royne, commanda ^ feu M. de Fourcy intendant de ses bastimens et manufactures dç faire venir le dit Dupont en sa présence, ce qu'il fit le lendeo^i^ii en la Gallerie haute. « Venu donc le dit Dupont^ il presenJia 4 3a Majesté un quarreau faict de soye et or avec une chaire faicte de laine du dit ouvrage de Turquie, que Sa Majesté eut très a|;reable, et commands^ ^ur l'heure au ditsiçur de Fourcy de faire bastir un des logis de dessous sa Gallerie, avec un attelier à costé pour le dit Dupont, pour estre comme une pépinière d'ouvriers dé la dite manufacture, ce fut en l'an 1604. Auquel lieu il a tousjours fait sa demeure depuis le temps, il y a instruit plusieurs apprentifs, suivant le commandement qu'il en avoit reçu de Sa Majesté, ainsi qu'il fait encore à présent.

<t Or le feu Roy venant un jour yeoir un emmeubtement qui iç faisoit alors pour son service, qui estoit d'or et de soye, et qui es( aujourd'huy dans l'Hostel du Luxembourg : promit en la présence de beaucoup de Seigneurs d'estaUlir la dite manufacture par toute la France, ainsi qu'il avoit faict celle des tapisseries dé Flandres, de l'or «de MUaa, jdes estofCes de draps d'or .M ée aof e, et d'a^ties : affin (comme il disoit) d'empescher Is transport de l'or et de rar«> gent qui se fait hors du pays, par le traffîc continuel des dites estoffes, et par ainsi enrichir la patrie, et faire travailler une infinité de faineans et vagabonds.

« Mais la mort funeste de ce grand Monarque ayant donné te ) ses braves et généreux desseins, arresta par mesme moyen le ditDupont en ses entreprises: Toutesfois sçachant que les Roys ne meu-

rent point, il s'adressa au Roy à présent régnant en Tannée 1626, venant veoir les ouvrages qui se faisoient pour Sa Majesté, et luy fit entendre quelle avoit esté la délibération du feu Roy pour Testablissement de la dite manufacture, luy en proposant les moyens faciles, par la metoJe d'enseigner au dit art les enfans qui demeuroieut dans les Hospitaux, et les filles pareillement en plusieurs autres ouvrages, ce que le dit Dupont promettoit et promet encore faire.

« Auquel Sa Majesté commanda d'en adresser la requeste à son coûseily affin d'y estre meurement pourveu. Ce qu'ayant délibéré faire le dit Dupont, et jugeant qu'il ne pourroit exécuter luy seul une charge si onéreuse n'ayant encore aucun de ses enfans en aage competant pour luy ayder : s'associa un qui avoit esté son ap* prenty, nommé Lourdet, avec lequel et conjoinctement il présenta la dite Requeste au conseil.

« Et pour parvenir à cest effet, le dit Dupont et Lourdet allèrent trouver M. de Fourcy qui avoit la charge de feu son père, lequel les présenta à M. Aubery conseiller d'Estat, avec la dite Requeste, pour en faire son rapport au dit Conseil : ce qu'il fit et a fait depuis avec tant de probité et d'équité, et avec tant de circonspection au bien public de la patrie, qu'il s'est monstre un rempart tellement inexpugnable contre les orages de l'envie et de la mesdisance de quelques uns, qu'il en a obtenu les articles et arrests suivans, par la seule diligence, ainsi qu'ils se peuvent icy voir, avec la suite d'une infinité de traverses qu'ils ont rencontrez en quelques endroits. »

Aujourd'hui/ quator%iesme du mois d'aou^t mil six cens cinquante deux^ le roy estant a pontoise, sur ce qui a esté représenté a sa maiesté par Henry auguste Bidault Tun de ses orlogeurs et valets de chambres, que le feu Roy de glorieuse mémoire auoit par son breuet du dernier décembre mil six cent quarante deux pour

les causes et considérations contenues en icelluy accordé a Claude Bidault son père et a luy en suruiuance Tun de lautre le logement et les boutiques qui en sont séparées dans ses galleries du louvre qu*auoit et occupoit le nommé Jean banquerol orfeure ; sa Maiesté après auoir esté aduertie du decedz arriué du dict jBidault père voulant faire jouir son fils de lefTect du dict don tant en considération des bons seruices du dict deffunct qu'a cause de la capacité et grande expérience que le d. Bidault sest acquize dont sa maiesté a une entière satisfaction ; elle a confirmé et confirme le dict breuet et en tant que besoin estoit, seroit de nouueau accordé aud. Bidault fils le dict logement et les boutiques qui en sont séparées dans les galleries du louvre quauoit et occupoit naguerre led. Bidault père pour en jouir par luy aux mesmes priuileges franchises qu'en ont jouy et jouissent les mesmes et autres artizans qui remplissent semblables logcmens dans les d. galleries du louure et tout ainsy qu en a bien et deument jouy sondit père, mande et ordonne la ditte Maiesté aux surintendant, intendans et controolleurs de ses bastimens de les faire jouir du d. bastiment logement et boutiques plainement et paisiblement en vertu du présent breuet quelle a signé de sa main et faict contresigner par moy son conseiller secrétaire d'estat et de ses commandemens, ainsy signé Louis , et plus bas de Guenegault.

Aujourd'huy vingt neufiesme du mois de mars mil six cens cinquante neuf, Le Roy estant à paris, SaMa*^ considérant lassiduité que rend a son service François Beloty et voullant luy témoigner la satisfaction quelle eh a, et Tobliger d'élever pierre Belot son fils dans ses mesmes inclinations, Sa Ma^^ afaict don au père et au fils du logement isous la grande gallerie de son chasieau du Louure joignant la salle des antiques qu^occurpoît aûant lui Robert picou (1 ) peintre quelle a logé dans !e logement de Taccademie Royale des peintures et sculptures qu'elle ft placée aillieurs ; Sa majesté ayant destiné et affecté aus dicts Belot^ celui que tenoit ledit picoUf et ou ils sont à présent logés pour estre proche de Tapartenient d'esté de la Reine sa mère, dont elle leUf si confié la garde et le soin de le tenir toujours net, affiil qtiils puissent s'en acquitter plus comodemeiit, pouf par les d. bélot père et fils jouir et user du susdtct logementen la suruiuance l'un de l'autre tant quils auront le soin et la garde dudit appartement de la

(1) « Robert Picou, de Tours, neveu de la femme de Bunel, àoua a laissé dé luymesme quelques pièces en eau forte, et d'autres de rinvention de Jacques Bassan. Et Hierosme David en a fait tMé après luy qui est lé miracle deSt François de ^aule traversant la mer de Sicile, et ensuite les illustres de son ordre, jusques au nombre de i05. » (Catalogue de livres (^estampes de Vabbé de Mavoiles^ 1666, p. 74). L'Histoire de Touraine de Cfialmel, t. rv, p. 379, prétend que son compatriote « Claude Vignon en faisait beaucoup de cas, surlout par rapport à la pureté du trait. »

reyne, mande au sieur Ratabon con^ en ses conseils surintendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens» et a rintendant ordonnateur en exercice de faire

{'ouir lesd. Belot père et fils du contenu au présent )reuet quelle a signé de sa main et fait contresigner par moy son con®^ secrétaire d'estat et de ses comman* demenSi signé Louis, et plus bas de Guenegaud; et a costé est écrit : veu par nous con®"^ du Roy en ses conseils surintendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens, Jardins, Tapisseries et manufactures pour jouir dudit logement, par les d. français et Pierre Beloi père et fils a suruiuance l'un de l'autre, confor*^ mement aud. breuet, faict a Paris ce quatriesme avril mil six cens cinquante neuf, signé Ratabon.

Aujourd'hui! vingtiesrm jour de décembre mileix ceM soixante^ le Roy estant a Paris, Jacques Sara%in (i)

(i] Jacques Sarrazin, « le premier 8culpteur.de toute TEuroiie, 9 au dire du P. de Saint-Romuald, avait sculpté les belles cariatides du dôme du Louvre ; c'était un assez beau titre à la faveur d'être logé dans les appartements de la galerie. Sa biographie est partout, mais le nom oe son fils Bénigne Sarrazin, peintre, n'est nulle part; on sait, du reste, que Jacques Sarrazin était lui-même iin des excellents peintres de son temps.

Jacques Sarrazin, né à Noyon en Picardie, Tun des anciens de TAcadémie royale, dont il fut recteur le 6 juillet 1655, était mort, en effet, le 3 décembre 1660, âgé de 68 ans. Le sculpteur, nommé Pierre Sarrazin, qui fut admis dans TAcadémie le 6 juin 1665 et mourut le 8 août 1679, à 77 ans, était, sans doute, frère de Jacques. Le peintre Bénigne Sarrazin, fils de Jacques, mourut en 1693, comme on le voit par le brevet XIX qui attribue son logement à J. Lemoyne.

excellent sculpteur logé dans lun des logemcns et boutiques du dessoubs de la grande gallerie du chasteau du louure estant nagueres decedé et désirant en considération tant des seruices qu'il a renduus a sa majesté en ses ouurages et omemens de sculture que de son mérite et vertu singuliaire gratifïier et fauorablement traicter Bénigne Sarazin son fils peintre^ sur lasseurance qui luy a esté donnée de sa capacité, sa dicte majesté ayant par breuet de ce jourd'huy donné a Thomas Merlin orphebure le logement dudict de deff Sarazin et voullant conserver le dict Sarazin fils dans la dicte gallefie luy a donné et accordé donne et accorde le logement que le dict Merlin occupe en icelle a la charge que la chambre dudict logement que sa majesté a conservée par breuet du dernier septembre 1647 aux Enfans de deff» S^ du Moustier (1) demeurera jusques a ce quelle leur aye pourueu d'un autre logement et pour donner moyens au dict Bénigne Sarazin daller Estudier a Rome affin de se perfectionner au dict art de peinture sa majesté luy a donné et accordé donne et accorde la somme de Trois cens liures de pension par forme dentretennement par chacun an pendant quil sera en Italie , voulant que la d. somme soit employée dans lestât des gaiges des officiers de ses bastimens et payée punctuellement au dict Sara-

(1) Les Dumoustier-crayon occupaient, depuis Henri IV, un logement au Louvre.

%in par les Trésoriers d'Iceux chacun en lannée de son exercice a commancer au premier janvier prochain, et q' jouisse du dict logement tout ainsy quen a jouy le S. Merlin et aux mesmes privilleges et exemptions dont jouissent les autres artisans logez soubs la d. gallerie tant q^ plaira a sa maiesté laquelle mande au sieur Ratabon surintendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens arts et manefactures et à l'Intendant Dume% en exercice de faire jouir le dict Sarazin du d. logement et dés d. trois cens Hures de pension conformément au présent breuet quelle a voulu signer de sa main et faict contresigner par moy son secrétaire des* tat et de ses commandemens, signé Louis Et plus bas de Guenegatid. — Et a costé :

Veu par nous conseiller du Roy en ses conseils sur- Intendant et ordonnateur gnal de ses bastimens arts et manefactures et Intendant et ordonnateur d'iceux le pnt breuet pour jouir de leffect d'Icelluy par le dict Bénigne Sarazin suivant l'intention de sa majesté a Paris ce vingttrois décembre mil six cent soixante, signé Ratabon.

Aujourd'huy dix septième dumoisde décembre mille six cent soixante sept^ Le Roy estant à Paris, sachant Texperience que Guillaume Sanson Géographe s'est acquise dans cette profession Et qu'il mérite l'honneur de loger avec les autres artizans et gens de réputation,

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dans la Gallerie de son château du Lovrare destiné a cet Effet Sa Majesté déclare veut et entend qu'il smt hgé présentement dans Tappartement qu'occnpoit en cette galerie le nommé Michel Lasne graveur, pour par lui en jouir aux honneurs autorités et droits y appartenans tels et semblables qu'en jouissent tous les autres demeurans dans ladite Galerie, Mande et ordonne sa Majesté au S"* Colbert grand-Trésorier de ses ordres surintendant et ordonnateur gênerai de ses batimens artz et Manufactures de franco de faire jouir le dit Sanson pleinement et paisiblement du contenu ' au présent breuet qu elle a pour assurance de sa vo^ lonté signé de sa main et fait contresigner par moi con®"^ en ses con*' secrétaire d*Estat et de ses cora-

manderaens et finances.

Louis

Et plus bas : de Guenegaud avec paraphe.

Veu par nous con^^ du Roi en tous les conseils et en son con^ Boïal surintendant et ordonnateur gnal des batimens arts et manufactures de France, le présent Breuet pour jouir de Teffet d'icellui par le dit Guillaume Sanson a Paris le neuf jour de januier mil six cens soixante sept.

Colbert.

Voilà qui est définitif sur la date de mort de Michel Lasne, et qui donne raison à Florent Lecomte. Michel Lasne mourut en 1667. Nous ne pouvons trouver une occasion meilleure que celle de ce brevet, pour produire sur le graveur caennais la nouvelle notice iné-

dite qui nous est communiquée par notre tout obligeant ami, M. Trebutien. Il Ta extraite pour nous de ce manuscrit qu'il compulse depuis si longtemps avec tant de bonheur et de passion : je veux parler de YAthence Normannorum veteres ac récentes^ seu syllabus ûuctorttmqui oriundi e Normannia aut qui Normanniœ convenienter inserti qiiotquot datum fuit colligere F. F. A/. M. [ Fr, Franciscus Martin, Minorita Cadomensis ]. Anno ciiristiano il^O ; inestimable compilation de Thumble religieux par lequel le savant Daniel Huet prit toujours le soin de faire contrôler sa science; trésor consciencieux de notes et de souvenirs, a dont la publication, me dit M. Trebutien, serait un immense service rendu à Thistoire littéraire normande»; et qui serait plus digne que M. Trebutien d'être chargé de cette publication, et plus capable de la compléter et de la mener à bien?

Que nos lecteurs veuillent donc bien se reporter à la suite de petites pièces que nous avons données sur Michel Lasne, pages 39-48 de notre Recueil, et à rechange de renseignements et de gestions que se faisaient sur leur compatriote Tévêque d^Avranches et le Père Martin. Voici comment ce dernier avait résumé, dans son Athenœ Normannorum, les notes qu'il avait recueillies, surtout dans le Florent Lecomte.

Lâne (Michael) Gadomœus, scalptor merito Regius, qui et donatus est aliquando a christianissimo Rege Ludovico XIII catenft aureft in prsemium cœlatae ad vivum suse ipsius iconis. Suà die artis suas peritissimus post celeberrimos, qui eum antecesserunt in Europa incisores, Raphaelem, Paulum Veronensem, Josepinum, Rubensiiim, Garacheum, Totletum, Brunium, etc. Habent ex eo viri curiosi caelatam magnam Romanensium (1) tabularum sequelam, ingentem seriem effigierum ad vivum et varia Thesium illustriorum argumenta. Gnarus admodum artis, quam excoluerat, solebat exprimere graphycè humanos affectus, et is absolvebat celeriter, quod semel fuerat aggressus, sed enim post merum vini potum et quidem generosi, intérim animi affectiones pingere aptissimus.

(i) Une suite nombreuse de figures gravées pour des romans. (Note de M. Trebutien).

Plurimi aestimantur quos incidit Theagenis et Charicleœ amoret Heliodori historiam jEthiopicam exornantes recentîus cœlatam, Paris. Thiboust, în-8^, 1623. Expressît silenlium Carachii. Inter exiniios cselatores recensebatur, immédiate post Sadelerum (i). Annos natus 72 in Regia domo devixit anno Domini 1627 (1667), in domo cujus fuerat Régis benefîcio inquilinus, magnum qae sui desiderium reliquit apud viros honestos, ipse perhonestus, née tamen locuples Nota incisis illius operibus adjun'eta eratML. Habertus ejus diseipulus effîgiem illius incidit, depictam verô exhibet bibliotheca Minoritarum Gadomensis (2). Incidit, ait Florens le Comte, 442 imagines, Abbas MaroUius 428.

Aujourd'huy 14* septembre 1671 le Roy estant a Versailles bien informé de l'expérience et capacité que Gedeon Lesgaré et Pierre Bain orfeures esmailleurs se sont acquis dans leur art dont ils ont donné des prennes par les Esmaux quils ont faits pour le seruice de Sa Majesté et voulant reconnoitre leur mérite et les engager a se perfectionner de plus en plus dans leur profession , Sa Majesté leur a accordé et fait don a la suruiuance lun de lautre du logement de dessous

(1) Pour estimer à sa valeur cet éloge du P. Martin, il faut se rappeler que Sadeler a été longtemps surnommé le Phénix de la gravure,

(2) La bibliothèque des Cordeliers, dispersée à la révolution, était la plus importante de Caen. Le P. Martin, quiTavait augmentée de près du double, y avait fait placer les portraits des hommes illustres de la province. (Note de M. Trebutien.) — Le portrait peint de Michel Lasne, que le P. Martin avait mis là, était sans doute une copie qu'il avait fait exécuter d'après celui possédé par M. de la Breihonnière ; voir page 46.

la grande gallerie du Louure quoccupoit cydeuant Louis Dupont tapissier hautelissier manière de leuant » vaccant par lestablissement dud. Dupont dans la maison delà Sauonnerie, voulant que les d. Lesgaré{l) et Bain jouissent dudit logement aux mesmes honneurs priuileges et Exemptions dont jouissent les autres artisans qui sont logés sous la d. gallerie, tant qu'il plaira a Sa Majesté laquelle Mande et ordonne au sur Intendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens arts et manufactures de france de mettre les d. Lesgaré et Bain en possession du d. logement et les en faire jouir conformément au présent breuet quelle a voulu signer de sa main et fait contresigner par moy son conseiller et secrétaire d'Estat et de ses commandemens et finances. Signé Louis, et plus bas Colbert » et a costé est escrit ce qui en suit.

Veu par nous con®' du Roy en ses conseils sur Intendant et ordonnateur gnal des bastimens de Sa Majesté f arts et manufactures de france le pnt breuet pour jouir de leffet d'iceluy par les d. Lesgaré et Bain suiuant lintention de Sa Majesté le sixième septembre 1671. Signé Co/J^rf.

(l)L-abbè de VLsLVoWes {Catalogue d'estampes, i666,p. 111), mentionne (( un petit livre d'orfèvrerie de Gedéon Legaré. » D'un autre côté, j'ai sous les yeux le titre d'un charmant Liure des ouurages d'orfeurerie fait par Gilles Légaré orfeure du Roy y rue de la vieille drapperie deuanl le Palais au Barillet proche S' Pierre des Ards, 1663. Sont- ce là deux frères? ou, sous deux prénoms, n'est-ce qu'un même personnage ?

Aujourd'hui vingtième jour de may mil 8^ cevit soixante douze, La Reyne estant a S* Germaiii ça I^JB, sachant l'expérience que André Charles Boulle (1) Ebéniste 9 faiseur de marqueterie, doreur et siseleur sW acquise dans cette profession » et qu'il mérite l'honneur de loger avec les autres artisans de réputation dans la gallerie du château du Louure destinée a cet effet. Sa Majesté déclare, veut et entend qu'il soit logé prese^tement dans l'appartement qu'occupoit en cette gall^ rie feu Massé (2) pour par luy en jouir aux honneurs.

(i) André Charles BoHle, né à Paris en i64f, mort en 1739, était architecte, peintre et sculpteur en mosaïaue ; il était, de plu9, amateur célèbre de dessins, et un incendie dévora la plus belle partie d'une collection pour laquelle il avait fait de folles dépenses, et dont nous avons quel(|ues morceaux dans la collection du Louvre. VAbecedario de Mariette parle assez longnement ée ot grand artiste qui a donné son nom, non-seulement à ses œuvres, mais à son art.

(âj Ce Massé est celui (la conformité de Fart ne permet pas d'çQ douter) dont parle h Bernier dans son Histoire de Blou : à Et quoique les ouvrages de marqueterie ne se fassent qu'ai^ep du èoi$« comme il faut néanmoins avoir une connaissance de la peinture pour y réussir, que les ouvriers de marqueterie appellelit leuro ouvrages de la peinture en bois, et qu'ils se qualifient peintres et sculpteurs en mosaïque, pour se distinguer des ébénistes, c'est pour ces raisons que je remarque ici que Jean Macé, qui a fait des ouvrages des plus achevés de marqueterie, était natif de Blois. » L'abbé de MaroUes, dans ses Mémoires^ le place d'emblée parmi les artistes du plus haut ordre (Discours sur l'excellence de la ville de Paris) : a II se trouve encore dans Paris de bons sculpteurs en pierre et en marbre, entre lesquels excellent Sarasin, Guillin, Biar, Masse, Claude Poussin Lorrain, les Andiers et queloues autres. » On a vu dans l'introduction le quatrain dans lequel MaroUes exalte Jean Massé et ses trois fils Claude, Isaac et Luc. Le 21 avrQ

autorités et droits y appartenons, tels et semblables qu'en jouissent tous les autres ouuriers demeurans dans la d. gallerie, mande et ordonne Sa Majesté au sur intendant et ordonnateur gênerai des Bâtimens , arts , et ioanufectures de france de faire jouir le dit Bonlle pleinement, et paisiblement du contenu au présent bfeuet quelle a pour asseurance de sa volonté si^ié de sa main et fait contresigner par moy con^ s<9Cretaire d'Ëstat et des commandemens et finances de Sa Majesté. Signé Marie Thérèse ^ et plus bas CoU hertj et a costé est escrit.

Veu par nous con^ du Roy en tous ses Conseils et en son Cronseit Royal surintendant et ordonnateur gênerai des Bâtimens, arts et manufactures de france le présent Breuet pour jowir de leflFet d'iceluy par le d. Bimlle a paris le 21* may 1672. Signé Colbert.

Aujourd'hui vingt neuvième jowr du mois d'octobre mil six cent soixante dix neuf^ Le roy estant a S^ GdP* main en Ia^b bien informé de l'Expérience qu'André Charles Poulie, Ebéniste, faiseur de marqueterie, sir seleur et doreur s'est acquise dans son art dont il a donné des preuues par les ouurages qu'il a Haits pour le seruice de Sa Majesté, et voulant ea cette conside-

1663, Macé fut reçu de rAcadémie royale de peinture et sculpture, mais les registres ne donnaient ^oint Tannée de sa mort, que fixe le brevet que nous produisons. Le 23 novembre 1680, la môme académie recevait, parmi ses membres, Dorothée Masse, sculpteuse en ëois^ q^i, certaifiemei&i, devait élni H Uie et l'élève de Jean Massé ou Macé.

ration le traiter fauorablement et accroitre son logement sous la gallerie du Louure, Sa Majesté luy a accordé et fait don du demy logement qu'occupoit cydeuant le nommé Petit sous la d. gallerie du Louure vaccant a présent par son deceds, voulant que le dit Boulle en jouisse conjointement auec celuy qui luy a esté accordé par breuet du 28® may 1672, aux mesmes honneurs priuileges et exemptions dont jomssent les autres artisans qui sont logez sous la gallerie tant qu'il plaira a 5a Majesté, Laquelle mande et ordonne au surintendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens» arts et manufactures de franco de mettre le d. Boulle en possession du d. logement» et Ten faire jouir conformément au présent breuet que Sa Majesté a signé de sa main, et fait contresigner par moy cons®' se^ cretaire d'Estat et de ses commandemens et finances. Signé Louis, et plus bas Colberty et a costé est escrit :

Veu par nous surintendant et ordonnateur gênerai des Bastimcns de Sa Majesté arts et manufactures de franco le présent breuet pour jouir de leffet d'iceluy par le dit André Charles Boulle suiuant Tintention de Sa dite Majesté le seizième jour de nouémbre 1679. Signé Colbert.

Gollationné aux originaux en parchemin.

Aujourd'hui diodesme du mois de may mil six cens

soixante quinze , le roy estant a S^ Germain en laye^ sçachant Texperience que Israël Silvestre (1) dessignateur et graueur en eaûe forte s'est acquise dans cette profession par diuerses veûes au naturel de toutes les maisons royalles qu'il a ornées de petites figures manière de Callot et qu'il a données au Public qui le font juger digne de loger auec les autres artisans de réputation dans la galerie de son chasteau du Louure destinée à cet effet Sa Majesté déclare veut et entend qu'il soit logé présentement dans l'appartement qu'occupoit en cette galerie le S. Yaldor (2) pour par luy en jouir aux honneurs 9 autoritez et droits y appartenans tels et semblables qu'en jouissent tous les autres ouuriers demeurans dans la d. galerie, mande et ordonne Sa Majesté au S. Colbert Surintendant et ordonnateur

(i) Israël Silvestre, né à Nancy en 1621, mort à Paris en 1691, fut rhëritier direct et légitime de la manière de Callot. N'était-il pas neveu de cet Israël Henriet, le meilleur et le plus constant ami de Callot, qui avait appris son art chez Claude Henriet, son

f>ére, et qui lui légua toutes ses planches, dont Israël avait été 'éditeur? Israël Heoriet et Callot n'avaient-ils pas demeuré ensemble à Paris au Petit-Bourbon 1 1sraël Henriet ne reconnaissait d'autre maître que Callot, il n'enseigna que Callot à son neveu, et celui-ci le continua dignement.

(2) « Jean Yaldor, de Liège, a travaillé après Michel Pontianus, et a fait beaucoup de choses de son invention, dont nous avons icy recueilli 86 pièces. » (Marolles, Calalogue de 1666, p. 60.) — L. Jean Yaldor ou Waldor, dessinateur et graveur, était né à Liège en 1602, d'autres disent en 1590. Il mourut, voyons-nous ici, dans les premiers mois de 1675. Son logement des galeries du Louvre lui avait, sans aucun doute, été mérité par la grande publication des Triomphes de Louis-le-Juste, à laquelle se rapporte la curieuse et amphigourique pièce que M. Anat.de Montaiglon a trouvée dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale et qu'il a bien voulu annoter pour nous ; voyez au verso de la page, à la suite de ce brevet.

goal de ses Bâtimens, arts et manufactures de France de faire jouir le d. Siluestre pleinement et paisîbiëment du contenu au pnt breuet qu*E11e a pour ass'ùrance de sa volonté signé de sa main , et fait contresigner par moy Çon®' en ses Con®^ Secr*"® d*Estat et dé ses commandèm^' et finances. Signé Louis et plus bas Coliert: '"■■ ■' " '• ' '■■ •=-'-"^

GoUationné à l'original en parchemin.

A ce brevet, qui dispose après sa mort du logement donné à Jean Valdor, nous joindrons une lettre écrite par eelui-d à k reiiie Aâii^ d*4^tificbQ, e( q^i es\ )e premier prqjet (le son ff^m^ux iiinrf^ d^ Triomphes de Louis-U'Jusie., Elle est conservée en oridnal auxnaanuscrits de la Bibliothèque Nationale, à la pagç 95 d'ufi Recueil qui fakai^t paKièdUibnds SaintnGermaîn (n<* 1041, ancien ise?)*, et qui levait aillénçmrement appartenu à y. de Coislin et à V. Séguier- 14 1 ettri^ n'est ip^as datée; Tnais elle est post^r^ei^re à 1643, puls^u'^:} parle du feu Roy. Il est probable que Jean Valdor était déjà venu en France avant cette époque; car, — si la plupart de ses pièces, d*un )>uriu très-fin, analogue ^ celui des Wierix, mais différf^nt en 06 qu'il est quelquefois dans le sentiment des anciens mattres flamands, sont en général datées de Liège, — une Sainte Scholastiqué, gravée çn 1622 et dédiée àFabbesse de Montmartre, ferait supposer qu'il est venu à Paris à cette époque. Il n'y serait pas resté longtemps, car une autre pièce est datée de Liège en cette même année 1622. Une seule, mais sans date, est signée dç Nanci. Les^ Triomphes^ de Louis-Le-JusU parurent en 1649 avec U9 grand l\ixe d'impression et de poésie. Les plus beaux esprits du temps, CoUe-' tet, Furetière, Scudéri, Cassandre, Tristan l'Hermite, Isâac Habert, le Père Lemoyne, écrivirent des vers à l'auteur ; Beys fit un grand poëme, et Corneille les sixains des planches. On trouve môme dans les pièces liminaires une lettre du jeune Louiç XIY à Corneille, du 14 octobre 1645, qui les lui commandait, et qu'on aurait bien dû recueillir dans les éditions du |^and poète, où les vers eux*

ig^^s n^nquçQt %f^ r^s(e ^ussi ^^ qu'elle. l«e tout, mtoe les explications cpe Çarry rhistpriogr^phe joignit a\iiP pUois^ est df^ pïû$ traduit en latin, et sur le titre Tau^ur, ou pour Q^ieuij; dire Péditeur, fier de son œuvre et de son pays, a mis : « Ouvrage enti^r\s m^ny par Jefin Valdor Liégeois, caleographe de Sa Haje^té. » Auçiiae (|e§^ plancl^^s, §uj^^, pqrlraiti^ d^ eupit^nes, em plions de^ villes, n'est signée, sau^ yn frontispice qui porte le nom de Ç^briel Ladame; mais on peut assurer aussi qu*aucuBe ne paraît être de H Mw de Jean Valdor. ûans le recueil de la Bibliothèque, une sec9R4Ç PÎ^ ÇSt \m\p ^ la lettre en ^\]\ copief ^^ peu diffirent^ii c'est une ènumératipn, çu, pour mieux dire, un çon^m^nq^piç^ti d'énumêration des faits qu'il proposait à la gravure. On remarquera qM^ tQua, a^uf ce qui se rapporte à €aeB et la prise du pont de Se, plf^éf. 4»^. Wi F^j^t tout ^ 1^ fin, qji\ ^, l«^s V9u)-infiilt âa côté dans l'exécution définitive. On aura comme troi).Y^ a^'i) ^^^^^ négliger toutes ces premières années de Louis XIII, et, pour comiO()e^cef 1^ r^n^. du poi^ attendre la splendeur de celui de son ministre.

A la Reyne R^eg^nte.

Jean Yaldeis (ses humble serviteur de V^^ M^^ ayant un désir depuis quelques années de mettre en lumière toutes \^ glorieoaes actions» les siegos et les batailles du feu roy de très glorieuse mémoire, suplie très huml^pie^t M^^ W^' pour luy donner moyen de les deseigner et graver et imprimer de luy accorder quatres cents escus par ans durant le temps qu il trauittera à cest ouvrages qui sera jugé pour les années quHl y employeti^ et fera le tout à ces frais et despend tant pour les invention que les voyages qu'il fauldra faire pour la receche de touttesi les particulia^etez resquise en cest illustre subject. que pour les grauçr et imprimer pour

les enclore ensuitte du Hures des portraicts des roys des reines daufhins et ducs d'Anjou de France présenté à V® Maiesté il y a quelques semaines» et sera obligé le susd^ Valdor très humble serviteur de Sa M^ à y employer ces veilles et ces estudes et à prier Dieu pour la santé et prospérité de V® M'*.

En marge f d*une autre écriture : Requeste de Valdor graveur sur son dessein de mettre en lumière les principales actions de la vie de Louis XIII par figures.

Sur le verso de Vautre feuille : A la reyne mère régente pour son très humble et très obéissant servit. Jean Valdor.

A cette lettre était, comme nous Tayons dit, jointe la liste suivante :

« La vye de Louys XIII

c( Dict le Juste

« Roy de France et de Navarre

« Avec

(c Les sièges batailles et faicts héroïques

(( Faict durant son règne.

« 1610. Le secours de JuUiers promis par le roy

<c Henry IIII, aux princes d* Allemagne et continué par

« la reine Marie de Medicis. Gonduict par le mares-

(c chai de la Chastre.

<c Rastiments continuez par le roy sur lesquels il « asseit les premières pierres avec cette inscription : (( En Tan premier du règne (( De Louys XIII : roy de France

<i Et de Navarre aagé de neuf ans c( Et de la régence de Marie de <( Médicis sa mère. MDC : X:

c( Ambassadeurs extraordin^^ des rois princes alliez « pour le condoloir de la mort du feu roi Henry 4"*.

« Entrée du roy dans Reims et son sacre par M. le f( cardinal de Joyeuse :

(( Le cardinal de Joyeuse bénit l'espée du roy et la «( luy mette au costé :

a Le coronement du roy :

u Festin royal :

c( Le roy reçoit le colier du S -Esprit :

H Le roy touche les escroueleux :

a Son retour à Paris :

c( Mariage du roy et de madame : avec l'infant et n l'infante d'Espagne.

c( 1612. Les solennités les machines les théâtres <( les thriomphes les entrées les courses de bague dans « la place royal :

a 1614. S^Menehoud saisit par les princes :

« Acte de la minorité du roy :

« Armée du roi opposée à celles des princes rasu sembléez à Soissons :

a 1615. Le roy entre à Bordeaux :

« Le roy va au devant de la reine :

c( Bénédiction nuptial a Bordeaux :

ce Clefs de la ville de Bordeaux présentées au roy :

a Traité de Ludun :

(c Prinse dos château Porcien , Restel et aultres a places en Champagne.

(( 1617. Siège de Soissons :

« 1620. Le roy estant à S^ Germain en Lajre flst des « nouveaux chevailliers de Tordre de 8* Esprit (1) :

c( Le roy despeche un secours poUr Gaeil pai* lé maie rechal de Praslin et le sieur de Créquy :

a Attacque par le comandement du roy dû chac( teau de Caen et sa capitulation 1

c( Le roy sans ressesistance etiti'é à La Fléché :

c( Attacque et prise du pont Se :

n La reine se rend à ï^oictiefs où lé tôy Fattendoit « qui luy flst voir i^n armée :

c( Le roy arrive à Paris :

i( Elle envoyé k la Rochelle sur Ydii^iS qu'elle eust « de Tallarme qui es toit entre ceux de la religion pié- « téttdfie :

fn Ceux de Mcmtaubafft se revottent. »

Aujourd'hui xxix*^ jour du mois d'octobre 1679. Le Roy estant a S^ Germain en laie bien informé de TExperiance que Jean Berrain (2) graueur et dessinateur

(1) Une des copies s*arrôte ici.

(2) Jean Berain, c'est le célë'bre dessinateur, architecte et gra-

3e là Chambre et du Cabinet de Sa Majesté s'est aquise dans son art dont il a donné des prennes par les ouurages qu'il a fait pour le seruice de Sa Majesté , et voulant en cette considération le traiter fauorablement Sa Majesté lui a accordé et fait don du logement au dessous Isi grande gallerie du Louure qu'occupoit cyiienaiit le S^ Buot(l) vaccant à présent par son deceds Totrhntque le d. Berram jouisse du d. logement aux mesmes honneurs, priuileges etexemptions^dontjoûisâeiït les artisans qui sont logez sous la dite gallerie, tant qu'il plaira a Sa Maj^\ laquelle mande et ordonne au surintendant et ordonnateur gênerai de ses batimens arts et manufactures de france de mettre le d. Berrain en possession et jouiss*'* du d. logement et l'en faire jouh» conformément au présent brèùet que Sa Majesté a signé de sa main et fait contresigne^ par flioy Con*^^ Secret'® d'Estat et de ses commâhdèmens et finances, Signé Louis, et plus bas Colbert, et â' côsté est éscrît :

Vu par nous Surintendant et ordonnateur général dès batimens de Sa Majesté arts et manufactures de france le pnt breuet pour jouir de TefiTet d'iceluy par

veur qui donnait tous les dessins pour les costumes et les décorations de ballets et qui a gravé d'innombrables motifs d'ornementation. (Voir pour celui-là, comme pour la plupart des autres artistes de ces brevets, VAbecedario de Mariette.) Berain mourut en 17H, ^ê d'environ 77 ans. Il était né k Saint-Mihiel en Lorraine.

(1) Buoty ne faut-il pas^lire Brioty dessinateur et graveur?

le d. Jean Berrain suiuant rintention de Sa d* Majesté le 16* nou« 1679. Signé Colbert.

GoUationné à Toriginal en parchemin.

• Aujourduy vingt quatre nouembre mil six cent

soixante dix neuf^ le Roy estant à Versaille bien informé de rexpericnce que Joeseph Roettiers (1) a acquis dans son art dont il a donné des preuves par les ouvrages qu*il a faicts pour le service de Sa Majesté et voulant en cette considération traiter fauorablement le dit Roettiers^ Sa Majesté luy a accordé et faict don d*un logement au dessoubs de la gallerie du Louvre qu'occupoit le nommé Casseni voulant que le d. Roettiers iouisse du d. logement aux mesmes honneurs, etcetc. Sinné LouiSf et plus bas Colbert^ et à costé est escrit Yen par nous conseiller du Roy en tous ses conseils et en son conseil Royal Surintendant et ordonnateur gênerai des bastiments, etc. a Versailles le 30® non* 1679. Sinné Colbert.

(i) Roettiers, ce nom se retrouve deux fois dans nos brevets {voir le n^ XXX). L'Académie compta cinq membres de cette famille, ori|çinaire d*Anvers , el leur talent héréditaire de graveurs de médailles et des monnaies leur valait naturellement un logement dans le voisinage de la Monnaie des médailles. Joseph Roettiers, dont il s'agit dans ce brevet, mourut le il septembre 1707, à Fâge de 68 ans; Norbert Roettiers, graveur général des monnaies de France, mourut le 18 mai 1727, à 61 ans; Charles- Norbert Roettiers mourut le 19 novembre 1772, à 52 ans; Charles- Joseph Roettiers mourut le 14 mars 1779, à 87 ans; et enfin, le 17 mai 1784 mouryt Jacques Roettiers, âgé de 77 ans.

Aujourd'huy dixième Décembre mil six cens quatre vingt-deux. Le Roy estant à Versailles, voulant gratifier et traiter favorablement Jean devoir y Fourbisseur ; En considération de TExperience qu'il s'est acquise dans son Mestier» et de ce qu'aucun de ceux de sa Profession, n'a ozé disputer avec luy de sa Capacité : Sa dite majesté luy a accordé et fait Don d'un Logement dans la Gallerie du Louvre, qu'occupoit cydevant le nommé Petit, aussi Fourbisseur; Pour par le dit Jean Revoir en jouir, aux Honneurs, Âutoritez, Privilèges et Droits y appartenans, tels et semblables qu'en jouissent les autres Ouvriers demeurans dans la dite Gallerie. Mande en outre Sa Majesté, au Sur- Intendant et Ordonnateur General de ses Bastiments, Arts et Manufactures de France, de faire jouir le dit Jean Revoir, pleinement et paisiblement, du contenu au présent Brevet, qu'EUe a, pour asseurance de sa Volonté, signé de sa Main, et fait contresigner par moy, son Conseiller Secrétaire d'Estat, et de sen Commandemens et Finances. Signé Louis : Et plus bas^ Colbert. Et à costé est écrit.

Veu par Nous Conseiller du Roy en tous ses Conseils, et en son Conseil Royal, Sur-Intendant et Ordonnateur General des Bastimens, Arts et Manufactures de France, le présent Brevet, pour jouir de

l'effet d'iceluy par le dit Revoir. A Paris, le quinzième jour de janvier mil six cens quatre-vingt-trois. Signé, Colbert.

Ce brevet est le seul qni soit imprime, dans Ifi liasse de pièeè^ pareilles que nous publions. Il tient tout entier sur le reeto d^uiie feuille in-4^, qui. porte tous les paraphes d'enregistrement dont sont marqués les entête et les marges dès antres brevets. Nous avons cru le devoir réimprimer avec la plus grande exactitude mi conservant aux caractères la proportion honorifique qu'ils avaient dads ces sortes d'actes imprimés.

Xïll.

Aujourd'huy vingtième jour du mois doctobre ml six cens quatre vingt quatre^ le Roy, estant à fontaine^ bleau, bien informé de l'experienee et capacité que mi^ chel Molard graveur en acier sest acquise dans son art dont il a donné des prennes par les ouurages qu'il d fait pour le service de Sa Majesté, Elle luy a accordé et fait don du logement au dessous de la grande g»!lerie du Louvre qu occupoit cjt deifant deffunt 6^main (1) orfeure, voulant qu'il en joiAsse aux mesnl^ honneurs, priuileges etc. etc. mande et ordonne aa S.

(1) Ce Germain, né à Paris en iô47, et qui* y mourut en 1684^ à 37 ans, eut pour fils le célèbre Thomas Germain, orfèvre comme lui, né à Paris le i9 août 1674, mort à Paris le U août 1748, à 74 ans. L'année môme de la mort de Thomas Germain, à propos dû vers : Et cet argent fut poli par Germain, de son èpttre du Moh~, dairiy Voltaire faisait l'éloge de cet « excellent orfèvre dont les dessins et les ouvrages sont du plus grand goût. )> La dernière pièce de notre série de brevets racontera à nos lecteurs la catastrophe qui entaclba et ruina du mômQ coup la dynastie des Germain.

friSfqilii^ de LôUUùis Sur Intendant et ordonnàtetir ge- ÛèH\ dé i^es bàstiriiens, jardins, arts et manufactures flê FrStIcé, dé mettre le dît motard en possession aii dit logeiHtllit, etc. etc. Signé Louis, et plus bas Colhèri.

Aujourd'huy trentiesme jour du mois de januier mil six cent quatre vingt six, le Roy estant à Versailles, bien informé de l'expérience et capacité que Isaac Tnuret horlogeur s'est acquise dans son art, dont il a donné des prennes par les ouura^es qu'il a fait poui* le seruice de Sa Majesté, et voulant le traitter fauora** blement Sa Majesté lui a fait don du logement de dessous là grande gallerie du louure, qu'occupoit cydeuânt le nommé Errard, voulant que le dict Thuret jouisse du dict logement aux mêmes honneurs priuiieges et exemptions dont jouissent les autres artisans q\â sont logez sous la d. gallerie^ et ce tant qu'il plaira a Sa Majesté, laquelle Mande et ordonne au S"* Marquis de Louuois Sur-Intendant et ordonnateur gène-

rai de ses bastiments arts et manufactures de France de mettre le d. Thuret en possession du d. logement et l'en faire jouir conformément au présent breuet que Sa Ma^® a signé de sa main et fait contresigner par moy con®' secrétaire d'Estat et de ses commandem. et finances.

Louis, et au dessous : Colbert

Veu par nous con*' du Roi en ses con*** Sur-Intendant et ordonnateur gênerai des Batimens jardins arts et manufactures de sa Majesté le présent Breuet pour jouir de l'effet d'icelui par le d. Thuret suiuant l'intention de sa d. Majesté, fait si Versailles le vingt quatre feburiermil six cent quatre vingt douze.

Signé Colbert de Villacerf.

Aujourdhuy douziesme jour du mois de feurier mil six cens quatre vingt six^ Le Roy estant a Versailles, bien informé de l'expérience et capacité que Etienne le Hongre (1 ) sculpteur s'est acquis dans son art dont il a donné des prennes par les ouurages quil a fait pour le seruice de Sa Majesté, et voulant le traiter fauorablementy Sa Majesté luy a fait don du logement de dessous la grande Galerie du Louure qu'occupoît cydevant le feu S^ abbé Siri^ voulant que le dit Le Hongre jouisse du d. logement etc. etc. mande et ordonne au S' marquis de Louuois surintendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens arts et manufactures de France de mettre le d. L^ Hongre en possession du d. logement etc. Signé Loui^, et plus bas Colbert.

En tête de ce brevet se lit la note saivante :

(1) Le sculpteur Etienne Le Hongre, né à Paris en 1628, académicien le 30 avril 1667, professeur le 3 juillet 1676, mourut le 27 avril 1690, âgé de 62 ans.

« G*est m. de Vizé qui a ce logement sans brevet. »

M. de Viré, souvenez-vous, le rédacteur du Mercure^ né à Paris en 1640, mort en 1710.

Aujourduy dix septiesme septembre 1688. Le Roy estant a Mariy, Bien informé de lexperience que le nomé Chastillon, graueur sest acquise dans son art, dont il a doné des preuues par les ouurages qu*il a faits pour le seruice de Sa Mag^^ et voulant le traiter fauorablem^ Sa Mag^^ luy a fait don du logem^ sou la . grande galerie du Louure qui estoit cy deuan occupé par le nomé Meslan (1) voulant que le dit Chastillon jouisse du d^ Log^ aux mesmes honneurs, priuileges et exemptions dont jouissent les autres artisans qui sont logez sou la ditte gallerie et ce tant quil plaira a Sa Mag^^ laquelle mande et ordonne au s' Marquis de Louuois Sur Intendant et ordonnateur gênerai de ses bastimens arts et manufactures de France de mettre le dit Chastillon en possession du d^ Logement et len faire jouir conformem* au présent Breuet que Sa Mag^^ a signé de sa main et fait contresigné par moy Con-

(1) Claude Mellan a daté des galeries du Louvre sa fameuse Sainte Face, de môme qu'Eiienue Baudet en a daté ses beaux paysages gravés d'après Poussin. Mellan était né à Abbevilleen 1598 et mourut à Paris en 1688. Nous publions 'plus loin (page 361-66) son extrait de baptême et une lettre de lui qui nous ont été obligeamment indiqués par M. Hauréau.

sei*^' Sepr'* 4'pstg| e^ 4p ses Çooiniandeffleçfai §1 finances : signé Louis, et plus bas Colbertj et a çosté est escrit —

Veu par nous Con®^ du Roy en ses Con®^ Sur Intendant et ordonnateur geqeral des Batimens Jardins arts et manufactures de Sa Majesté le présent Breuet pour jouir dç leffet d'iceluy par le d. ChMiilUm saillant l'int^ptipp de sa d. Maj^sté. fait a Versailles le vingt quatre febufier mil six cens quatre vingt douze./ signé Çolb^ert dç» Vmacerf.

Aujmrd'huy m%' deeemhre mil six cens quabre mngi ume, Le floy estant a Vers.^lle3 ay^t gratifié Jem( terrain du logement sous la grande galerie du Lpauve qu'oçcupoi^ feu Israël Siltiestre(\), et celuy que le ^ Berr^i^ aupit cy deuant obtenu de Sa Majesté se trpiv* uant vaquant par ce moyen, elle a bien voulu en grar* tjfier Fvçmçois Siluestre aisné du d. feu Siluestre dessinateur en coqsideration de sa capacité et expérience dans son art, et a cet eifet Sa Majesté luy a accordé et fait don du d. Logement occupé par le d. Berrmn^ voulant qu'il en jouisse aux mesmes honneurs priui=i leges et exemptions dont jouissent les autres artisans

(1) Israël Silvestre était mort 1$ li octobre ^691, à près de 71 ans.

qui sont Iq^és sotfs la d. galjerie ^nt qu'il plair^ f) |^ Majesté, laquelle mqnde au sieur HJ^rquis de YiUacçrf surintendant et orflopuat^ur gênerai 4^ s^s ha9(iniei)8 de mettre le d. Siluestre en possession p{ jouissapc^ du d. logement et a l'en faire ioqjr confqfmem^nt a^ présent breuet qu^ Sa Majesté a signé de Sa Main 6t fait cpntresign^r pqr moy cop'"' et secrefaif^ 4'6st^t et. qe ^s commandemens et finances signé I^ovis, «t plus b^s Pkelipçaiix. et a costé est escrit — :

Vu par pous Con" du Ro;^ en ses cou'^ 3uriptpm|APÏ et ordonnateur gnal des bastimens, jardins, arts etmsnufactures de Sa A^ajesté le présent br^ue^ pour ioiur de Tefiet d'ic^luy par le d. Siluestre s^iuaDt Un^ftp^op (i^ sa d. M'*, fait a Versailles |? 21 Bçcenilïre i^^\.' signé Çal/b^t de Vilhcerf.

Çollatiouné à rorigioal en parchenûn. —

XYHI.

Aujour^huy deuxiesme januier mil six cens qualité vin^t treize. Le Roy estant a Versailles bien informé de L'expérience que Nicolas Bailly (i ), peintre eu migna- ^re, s'çst acquise dans cette profession, etquil mérite

(1) Les Bailly furent gardes dos tableaux du roi, depuis Jacques Baillj, le minialuriste, né à Grâce en Berri, et mort le 7 septembre 1679, &gë de 50 ans, jusqu'au maire de Paris, qui eûl pu l'âtre;daas sa jeunesse, il s'était occupé d'art et en avail écrit suflisamineat pour être prfit à recueillir celle charge en survivance. Les Bailly ne po^yaieot donc pas ne p&s avoir If ur logemenl aux galeries. .

rhonneur de loger auec les autres artisans de reputation, dans la galerie de son chasteau du Louure, Sa Majesté luy a accordé et fait don du logement qu'occupoit cy deuant en cette galerie feu Jacques Bailly son père, voulant quil en jouisse aux honneurs, priuileges et exemptions y appartenans, tels et semblables qu'en jouissent les autres ouuriers logez dans la dite gallerie et ce tant qu'il plaira a 5a Majesté^ Laquelle, nmmfe et ordonne au sieur Colbert marquis de FiMa^^r/" Surintendant et ordonnateur gênerai de ses batimens de mettre le dit Bailly en possession du d. logement et l'en faire jouir plainement et paisiblement en vertu du présent breuet qu'elle a pour assurance de sa volonté signé de sa main et fait contresigner par moy cons^ sec'® d'Estat et de ses commandemens et finances, signé Louis, et plus bas Phelipeaux, etplusbas.a costé est escrit —

Veu par nous con*' du Roy en ses conseils, Surintendant et ordonnateur gênerai des batimens, jardins, arts et manufactures de Sa Majesté, Le présent Breuet pour jouir de leffet d'iceluy par le dit Nicolas Bailly suiuant l'intention de sa d. Majesté, fait a Versailles le septiesme jour de januier 1693. Signé Colbert de Villacerf.

Aujourdhuy deuxiesme januier mil six cens quatre

vingt treize. Le Roy estant a Versailles, bien informé de Lexperience que Jean Le Moyne (1 ) peintre s'est acquise dans cette profession » et qu*il mérite l'honneur de loger avec les autres artisans de réputation, dans la galerie de son chasteau du Louure, Sa Majesté luy a accordé et fait don du logement qu'occupoit cy douant en cette galerie, feu Bénigne Sarrasin^ voulant qu'il en jouisse aux honneurs, etc. etc. Mande et ordonne au sieur Colbert de Villacerf Surintendant et ordonnateur gênerai de ses batimens de mettre le d. Le Moyne en possession du d. logement, etc. Signé Louis, et plus bas Phelipeatue, et plus bas a costé est escrit —

Veu par nous Gons®' du Roy en ses conseils. Surintendant et ordonnateur gênerai etc fait a Versailles le septiesme jour de Januier mil six cens quatre vingt treize, Signé Colbert de Villaeerf.

Aujourd'huy deiixiesme januier mil six cens quatre vingt treize, le Roy estant a Versailles, voulant traiter fauorablement, Marguerite Catherine Le Hongre fille

(!) Jean Lcmoyne, reçu de TAcadémie, le 22 mars 1681, comm peinire d'ornements, mourut le 3 avril 1713, à Tâ^e de 73 ans. I» étaient deux IVèrcs qui pci$i;naient les grotesques et autres ornements des plafonds et lambris des appartements royaux du Louvre l des Tuileries. J. Lemoyne en a môme gravé quelques trumeaux n concurrence de J. Bcrain. La Chalcographie du Louvre en posé de les planches.

Ae fen EsHerme Le Eangre scolpteor de ràs t>atiÉ'èi& en considération des seruiôes de son ^ere. Sa MAjerté im a accordé et fait don du logement de 3^ sons la grande gallerie du Lounre qu'occûpoit ty àë^ nant son dit père, voulant qu'elle en jotiisse aux âésknës fronneors pritiileges etc etc. Mande et ordonne Jiù'silÂr CûWert Men'qhis de Vi7/acé^urînf ebdatat et ôrd^tiâSh ïéur gênerai de ses batimens de mettre Ta Â. te ^aii^ tèn possession au d. logement, etc. etc. Signé Lùuà, fet )i)lài bas PhélïpeauXy et à costé est escrit -^

Véu^ar nousXîohs^ du Roy en ses Conseils, SiËJ^ TAfèUtfànt et (Jnrdonnateur gênerai, etc, Ifait à \St^ sailles le septiesme jour de januier 1693, Signe ^tSSln Btri He Villdcerf.

Aujourd!huy vingtième januier 1693. Le Roy estant a Versailles , Le S^ Vigaràni gentilhomme Modenois a représenté a Sa Majesté qu'elle l'auroit employé de- ^tàfe 'pttièiîeuri années pour là condtiîtè et ^Inïrèntion Vteô ttàchines de sfeà tàlets, et luy atfroît dmUé cteld- Igéixittit ^ous la grande Paierie Ah loutfre :^'i é^tAt auparauant luy occupé par le S. de Metezeau Inge-

(1) Au lieu de prendre nos notes sur Metezeau dans les VU§4^ fameux archiUcLe$, de Dargenville le fils (Paris, Debure, 17S7, p. 321), nous trouyonsjplus juste de les emprunter à la source, moins connue, où Dargenville a puisé lui-même s^nsjindiqper; nous voulons parler de ÏUistoiTe de la ville de La Rochelle et du pays

nièur ^ Lequel logement il a jusques *à pèsent occu|pé ii&ns trouble y Mais eomftie il ne luy en à point eisté «spefié de breuet ainsy qu'aux autres qui oetufent de

(Titt/ni;, par Arcere (La Rochelle, Desbordes, 17S7), tome n,pag. liS'A Vé7. àrcjère tenait lui-même ses éocomenft d*UR M. Rbtroe, de Dreux, descendant de Metezeau du côté paternel, «t sacs douie Ipkf te t!6te t)àternel du igrïind Irisi^gique i^btrou, iequti éifiift né et lai^MTRt dAUs celte méjne ville de Dreux.

« Clément Metezeau, architeéte et îngéhièur du roî Louis Xl!t, #i&U #l8 ()e Thi^iut Metezeau,. arehitesote de fleuri lY, «t p^it îis de Thibaut Metezeau qui bâtit le grand portail de Dreux et la tour fié S^ Vli(iiaefrt. Clethent Metezean eut ^ur oiïeies Lo«is «apilUiîèe d^ Thuileries, Jean conseiller et secretaire.de Madame la d^uchesse «feTOr, 'éhsMT «TÉfenillV, ieflï>a\ii prêtre de TOraloire, 'cefebte ,^^ •dicaJLeur ^l ^cr^vEi^ estimé. Clément Mate^oau a «bâti eiUr^,9|itres ouVfagës k pàVtië dé la galierie du L'Ouvre qui aônùlâ sûr % ^Uial, depuis le premier guichet du côté des ThuUprijeSjji|9^|i>^'{^Quyfiiç. Il a orné cet édifice de petits pilastres et ae bossages vèrmiculés d'un goût admirable; il a élevé à Teglise de S^ Pierre de Dreux sa patrie, le portail des Morts que les plus habiles architectes viennent roir par curiosité. Ce portail est à peu près dans le goût de celpi nâ ilepuis a élé élevé à regli$è de St Cermain à f^aris, qu'on rë- ^rae comme un bè^u morceau d'architecture. L'Hôie! de Longué- Yilfe à été construit sur ses plans, et l'illustre architecte Blondjel ayant (été ëhàVgé par fé roî eh 1^70 de donner des dessins pàttr 1 embéllisserrient de PaHs, s'assùjefiitâ suivre l'ancien ouvrage ée la porte de St Antoine du â Clément Metezeau; il se contenta d^ ajouter une porte de chaque côté. » — Les travaux de iClément Metezeau au Louvre, pour la décoration de la.gr^qae galerie, et la faveur dont avait joui son père auprès de Henri IV, faveur qu'il avait méritée sans doute par sa part de travaux dans la construction de la même galerie, lui étaient certes bien des litres suffisants pour oeeuper un logement au Louvre, même ttvant qu'il n'eût gagné une immortelle renommée par sa fameuse imagination de la digue de La Rochelle, dont il vint offrir le secours au roi et à RicheUeu. Cette digne qui a avait 740 toises d'une terre à l'autre, suivant les mesures prises par M. Masse, ingénieur ordinaire du Roi (vers I7i0), fut commencée le 30 novembre 1627 ; elle partait d'un côté de IV vant-port au bas d'une pente dominée par le Fort-Louis et se terminait à l'autre côté dans l'anse des Meuilles. Cet ouvrage fut exécuté par Jean Theriot, maître maçon de Paris, qualifié ingénieuriitrchitecte des bâtimens du Roi dans l'épitaphe î)lacée sur son tombeau dans la chapelle du Rosaire (église paroissiale d'Hiers, près de YiUeneuve-Saint-Georges, diocèse de Paris). H est nrarc^è

pareils logemens, II a suplié Sa Majesté d'y pouruoir : Et voulant continuer à le traiter fauorablement. Sa Majesté luy a de nouueau en tant que de besoin accordé et fait don du dit logement pour en jouir aux mêmes priuileges et exemptions dont jouissent ceux qui sont logez sous la d. galerie. Mande et ordonne au S. marquis de Villacerf Surintendant et ordonnateur gnal de ses Bâtimens de le maintenir en possession du dit logement en vertu du présent breuet que Sa Majesté a signé de sa main et fait contresigner par moy Cons®' Secr'® d'Estat et de ses commandemens et finances. Signé Louis^ et plus bas Phelypeaux, et plus bas est escrit —

dans cftttc èpitapho que son industrie et son zèle ont paru dans le basiimeni de la fameuse digue qui a réduit La Rochelle à Tobéissauce du Roi. — Theriot est mon le 24 janvier 1647. C*est au sujet de la digue de Hctczeau que M. Foucauld, avocat au conseil, son gendre, fit les quatre vers suivants pour être mis au bas du portrait de son beau-père :

Hseretico palmam retulit Metesœus ab hoste

Cum Rupellanas aggere cinxit aquas, Dicitur Archimedes terram potuisse movere,

iEquora qui potuit sistcre, non miner est

Marie Metezeau, fille de Clément, et femme de M. Foucauld, avocat au conseil, le rendit père de Nicolas-Joseph Foucauld, successivement procureur général aux requôies-de Thôlel, avocat

Sénèral au grand-conseil, maître des requêtes, procureur général e la commission éiablie pour la recherche de la noblesse, intendantde Montauban, de Caen, de Pau et de Poitou, membre de TAcadémle des inscriptions et belles-lctlrcs, et grand aniiquaire. On trouve son éloge dans le to)ne Y, p. 395, de TAcadémie des inscriptions, et dans Téplire dédicatoire de ÏHist. de i'Acad. de Soûsons^ par Julien d'Hericourt. »(Koii' aussi V Histoire de l'Acad. des inscriptions^ tome 11, p. 2i3.) Ce Foucauld est le célèbre protecteur de Lafage et de Scgrais.

Veu par nous Con®' du Roy en ses Conseils sur Intendant et ordonnateur gnal des Batimens Jardins arts et manufactures de Sa Majesté le présent breuet pour jouir de Teffet d'iceluy par le d. S. Vigat^mii suiuant Tintention de Sa d. Majesté, fait à Versailles le premier jour de feburier 1693. Signé Colbert de Villacerf.

Aujourd^kuy dou%iesme Décembre mil six cens quon tre vingt treize. Le Roy étant à Versailles, voulant gratiffier et traitter fauorablement Augustin François Bin dault Tun de ses valets de chambre et orlogeurs , Sa Majesté \\xi a accordé le logement et les Boutiques sous la gallerie du Louure que possedoit feu Henry Aurguste Bidault son père vaccants a présent par son de* ceds , pour par luy y loger doresnauant et en jouir ainsy et en la mesme manière qu'en joûissoit son d. père et qu en jouissent les autres artisans qui occupent de semblables logemens sous la d. gallerie et ce tant qu'il plaira a Sa Majesté» Laquelle mande et ordonne au S' Marquis de Villacerf sur Intendant et ordonnateur g*' de ses Batimens de l'en faire jouir pleinement et paisiblement en vertu du présent breuet que Sa Majesté a pour assurance de sa volonté signé de sa main et fait contresigner par moy Con*'' Secr'® d'Estat et de ses commandemens et finances. Signé Louis et plus bas PhelypeauXy et a costé est écript —

Veu par iiett$ Con^' du Roy w ses C(m*^ Sur loton- (kmt et ordonnateur gnal des Bastimens» JardinSf etc. fait a Versailles le XTi® décembre 1683. Signé Caliert deViUêCârf.

AujourtThuy semênie feurier 1694. Le Roy étant a Versailles, voulant traitter f2Mordh\ement Etienne Baudet graueur ord-^ de Sa Majesté en çonsideratba de ses services et de la capacité qu'il s'est aqui^e en la d. profession, Sa Majesté lui a fait don du logemeqt dsiii9 les galleries de son château du Louure qu'occupoit feu Lherminot brodeur : veut et enten4 qu'il en jouissjff aiui: mêmes auantages qu'en a joui ou du jouir le d. LJf^rminot et qu'en jouissent les autres artisans que S^ Majesté lo^e dans ses galeries du Louure , man^ pc|\ir cet effet au Sur Intendant et ordonnateur gn^ de se9 b^timeqs de faire jouir paisiblement le d. Bimdfi\àxià^ logement» sans souffrir qu'il y soit troublé # en vertu du présent breuet , qu'elle a pour a^surwçe de sa volonté signé de sa main et fait contr^igner piqp mpy Con®'^ Secr'® d'Etat et de sesi comip^nddmenjSf et finances. Si^né Louis et plus bas Phelypeêaux, et plus bas est escrit —

Veu par nous Con®' du Roy etc , etc ; fait k Versfiilles le 20 feurier 1694. Signé Colbert de Yillacerf.

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