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Aujourcthuy 22 aoust i 694, Le Roy estant à Versailles , bien informé que Jacques Thuret fils à'Isaac fhuret orlogeup s'applique à se rendre capable dans sa profession, et voulant Sa Majesté Vy exciter par une grâce qu'elle n'accorde qu'aux excellens ouuriers, Sa Majesté lui a accordé le logemenl sous la grande G aliène du louure occupé par le d. Thuret son père pour n'en jouir cependant qu'après le deceds du d. Thuret père, ou de son consentement pendant sa vie, et ce tant qu'il plaira a Sa Majesté', laquelle mande et ordonne au Sur Intendant et ordonnateur gênerai de ses Batimens de mettre le d. Thuret fils en possession du d. logement, lorsque le cas arrivera, et l'en faire jouir conformément au présent breuet, etc, etc; Signé Louis et plus bas Phely peaux. '
Veu par nous Con®'^ du Roy en ses Conseils ^ Sur Intendant et ordonnateur gênerai des Batimens , jardins , arts , etc. etc. fait a Versailles le xxxi® aoust 1694. Signé Colbertde Villacerf.
Aujourd'hui vingt neufième juillet mil six cens quatre vingt dix sept, Le Roy étant à Versailles, voulant traiter favorablement Antoine Coypel fils Peintre en CQnjûderation de la Capacité qu'il s'est aquise dans
son art dont il a donné des preuves par plusieurs beaux ouurages qu'il a faits pour le service de Sa Majesté elle luy a accordé et fait don du logement qixoc^
cupoit cy deuant le nommé Merlin orféure sous les galeries du Louure voulant que le dit Goypel jouisse du d. logement aux mesmes Jionneurs, privilèges et exemptions dont jouissent les autres artisans qui sont logé sous les dites galeries et ce tant qu*il plaira a sa Majesté laquelle mande et ordonne au sieur marquis de Villacerf Sur-Intendant et ordonnateur gênerai de ses bâtimens, de Ten mettre en possession et l'en faire jouir conformément au présent Breuet que sa Majesté a pour asseurance de sa volonté signé de sa main et fait contre-signer par moy Conseiller et secrétaire d'Estat et de ses commandemens et finances Signé Louis et plus bas Phelypeaux et a côtté est écrit :
Veu par nous Conseiller du Roy en ses Conseils Sur-Intendant et ordonnateur gênerai des bâtimens. Jardins arts et manufactures de Sa Majesté le présent brevet pour jouir de TefTet d'iceluy par le d. Antoine Coypel fils suiuant l'intention de sa dite Majesté fait a Marly le septième jour d'aoust mil six cens quatre vingt dix sept signé Colbert de Villacerf
AujourShui vingt sept' auril mil six cens quatre
vingt dix huit^ le lîot/ estant à Versailles » bien informé de Texperience que Etienne Baudet graueur s*est acquise dans son art dont il a donné des preuues par les ouurages quil a faits pour le seruice de 5a Majesté' et voulant en cette considération le trait ter fauorablement. Sa ila^^ lui a accordé le logement au dessous de la grande galerie du Louure, vacant par la mort de Claude Bou%onnet Stella y pour par le d. Baudet jouir du d. logement aux mêmes honneurs, privilèges et exemptions dont jouissent les autres artisans qui sont logez sous la d. galerie , et ce tant qu'il plaira à 5a Morjesté laquelle mande et ordonne au Sur Intendant et ordonnateur gênerai de ses bâtimens, arts et manufactures de france de mettre lé d. Baudet en possession du logement et Ten faire jouir conformément au pnt breuet que 5a Majesté a pour assurance de sa volonté signé de sa main et fait contresigner par moy con®' secrétaire d'Etat et de ses commandemens et finances, signé Louis et plus bas Phelypeaux, et a côté —
Veu par nous Conseiller d'Etat Sur Intendant et ordonnateur gnal des Bâtimens, Jardins» Arts et manufactures de Sa Majesté, le présent breuet pour jouir de Teffet d*iceluy par le d. Estienne Baudet suiuant Tintention de sa d® majesté, fait a Paris le cinquième may MDG quatre vingt dix huit. Signé Colbert de Yillacerf.
XXYU.
Aujourd'hui vingt sept^ auril n^il six cens Quatxe^ vii[\^ ^ix buity Le Roy estant h Versaill^Sy bieni^fo^mé 4e l'expérience que Antoine Coisuox{\) sculpteur s'est ^pquj^e dans sop art dqnt il a donné d^s pre^ij^s par le^ Quvfiiges qii'il ^ faits pour le servjce 4e Sa ll^axésti et vpylfiint en cette considération le trailter f^uora|)lgT ment, Sa ^ajesté\\x^ ç^ accordé le logeinent qu'occupoil Etiem^ Bau4çt graueur auquel jl en a été dçnné i|P filtre, pour par le d. Coisuox jQiiirdu (J. Jogeaiept aux mêmes honneurs, etc. etc. n^ande et ordonne fiu Surintendant et ordonnateur ^nal de ses pâtime{)s, ^rts et manufactures de France, de mettre le d. Cpisr uo^ en possession du d. logement et Ten faire jouip conformeinent au pnt breuet, etc. 0c, signé LiÇuis^ et plus bas PJ^elypeaux.
Veu par nous Con®'' d'Esiat, Surintendant e|c. f^jj à. psjris le cinquième piç^y MPC qjî^trp vingt ^x huit. Sijçné Cçlbert de Villacerf.
xxvm.
Aujourd'huy vingt sepif auril UD€ quatre vingt dix
(1) Antoine Coyzevox, le fameux sculpteur, était né à Lyon en 1640; après avoir passé par toutes les dignités de FAcadémie et toutes les faveurs de la cour et de la renommée, il mourut le 10 octobre 17i0, à 80 ans.
huit le Roy estant a Versailles » bien informé de Texperience que Jean Mauger graueur s'est acquise dans son art, dont il a donné des prennes par les ouurages qu'il a faits pour le seruice de Sa Majeste\ et voulant en cette considération le traitter fauorablement, Sa Majesté luy a accordé le logement au dessous de la grande galerie du Louure vacant par la mort de Jean Charles François Cheron (i ), pour par le d. Jlfaw^^r jouir du d. logement aux mêmes honneurs etc. etc. Mande et ordonne au Surintendant etc. de mettre le d. Mauger en possession du d. logement, etc. etc. Signé Louis et plus bas Phelypeaux,
Veu par nous Cons®' d'Estat Surintendant etc. fait a Paris le cinquième may MDG quatre vingt dix huit. Signé Colbert de Villacerf.
JvJvlJv.
A Paris le 25 januier 1716.
J'ay l'honneur de vous enuoyer, Monsieur, les Breuets que j'ay expédié pour les jbgemens aux Galeries du Louvre des S"^ Fremin, et Nocret suivant lea mémoires que vous m'auez adressez , Je suis auec beaucoup d'attachement. Monsieur, vostre (r«$ humble
et très obéissant serviteur
Lavrilliëee.
(1) Jean-Cbarles-François Cheron fut reçu de TAcadémie comme graveur de médailles le 3 août 1676; il mourut à Tâge de 55 an^, le 18 mars 1698.
A M. le marquis de Marigny.
 Versailles, le 27 septembre 1765.
Je joins icy, Monsieur, les six Brevets de dons de Terreins que le Roy a faits en faveur des s" de Gillet, Filleul et Hazon, et de Logemens aux Galleries du Louvre en faveur des s^ Jacquemin, Roettiers et de Pariceux, j'y joins aussi celui de Premier Peintre du Roy 'en faveur du s' Boucher (1), dont vous avés demandé Texpedition à M. le Comte de S^ Florentin. Sa Maj^^ ayant bien voulu agréer qu'ils fussent expédiés, j'ay l'honneur de vous les adresser et celui d'être très parfaitement Monsieur, votre très humble et très
obéissant serviteur.
Bertin.
FRANGOIS-THOMAS GERMAIN,
Dépossédé de son logement du Louvre en 1765.
François-Thomas Germain, orfèvre du roi, et qui occupait aux galeries du Louvre le môme logement, sans doute» qu'y avaient
(t) C'est le célèbre François Boucher, premier peintre du roi Louis XV; il était ne à Paris en 1704, et mourut le 30 mai 1770, âgé de 06 ans. Son siècle est plein de lui, presque autant que de Voltaire.
tenu du roi son père et son aïeul, tomba dans une faillite énorme. Il ne devait guère moins de 2 millions 400,000 livres. Dans les derniers jours d'avril 1765, 180,000 livres d'effets commerçablcs et exigibles ayant été protestés par lui, il se trouva en faillite ouverte, et, dès le f mai, ses créanciers unis firent apposer les scellés et saisir chez lui. Trois mois et demi après, le i4 août 1765, l'affaire de Germain n'étant plus susceptible d'accommodement, M. de Marigny mit révénemcnt sous les yeux du roi et proposa de retirer à Germain son logement des galeries. <c Sur le point d'arriver au fatal moment où il devait quitter le Louvre, » comme il dit luimême au début du Mémoire justificatif qn'W présenta alors — à M. de Varigny sans doute, — il voulut laver les deux grands chefs d'accusation : sa suspension de payements et la conduite déréglée qui l'y avait amené, a 11 était notoire, en effet, qu'il tenait un état fastueux et qu'il avait des maîtresses dispendieuses, comme des filles de théâtre. »
u Votre équité, Monsieur, repondait Germain, ne me permet pas de croire que vous laisserez perdre une famille et anéantir un commerce qui subsiste depuis si longtemps de père (m fils, un commerce qui faisait honneur à la France, et qui avec Tétranger montait à trois millions par an. Où trouvera-t-on un artiste, même sous les galeries, qui par ses talens produise ce revenu à son Roi. C'est cependant la perte de cet artiste que l'Envie et la Jalousie ont juré La Grandeur du Roi mon maître, l'amour que j'ai pour lui, pour ma Patrie, les derniers avis d'un père mourant, la gloire du titre que je porte, l'envie de faire honneur à la France par mes ouvrages, la décence et le respect dus aux Grands que je recevais chez moi par état, le désir d'être utile à l'Etranger, le soin de l'at-
tirer dans mon commerce et de le frapper par tih dûhors séduisant, foht àujourdhul mon crime, puisque ce sont les seuls objets qui m'ont entrainé malgré moi dans ce faste qu'on me reproche et qui n'était qu'nilte suilé nécessaire de ces dèriiiers avis d'un père me recommandant de soutenir son nom avec honneur «t d'établir à la Nation un Magasin gênerai d'orfewerte et de différentes pièces les plus rares. Ce magà^th est préparé par le fonds de modèles dont j'ai parlé* C'est là où toutes les Nations se trouvent ser^4oft M puissent dànis ce recueil de modèles. )>
Il faut, pour explication, retourner ici quelques pà^.
« Lorsqu)e 4e Roi^ en survivance de inM ffere, a bien Voulu m'honorer du titre de -son ^orfevre^ arvmt éé]k dit Germain, fai cru devoir y reponchrè «en diwteant à mon commerce toute l'étendue ^osi il ^ 4uiccqptible; e&tr^Hsë i[ui en partie n'a pas pèa eoiMiribaé «u4m*angementdefnes affaires, n'ayantea !||yMr|ftfliAfncAne que cinquante mille livres dont jpsrëe m^ft été «coniptée en ^fhôdeles, dessins, ustendrles, et S6 imlle livrets payées comfytant fermaient ma caisse.... f/es j^ains de mon commerce existent, ils ont été employés len établissements et fonds de modèles, t;e qui fonse aujourd'hui un objet de près de six cens mille livres, objet qu'on ne peut estimer plus bas. Un pareil fond ne peut être l'ouvrage d'un homme enseveli dans la mol- -leëse et 4a débaoaher maïs kti contraire oehii JdVm
lièifiSié f^lôïi^ â!è soii cài)mél et tbtiijotirk t h tête de Soia ktmV; c^éfet aihsi ^fe KlérinâSh e'èàlt fcbràporté et Hà ftfe feiatéMté qiie d'éptèè ses âèssiiife..... Se ^Wùt il i^Mid Établîèsèmèht fei ï>\^écieliic, fVuil à'un tfàv'àil iië ti^ gëttéï^t!obs 4e iheà aïicétrés et de dik ^èp^ ahs fâe ttftA, *e ^tiifeié parîèif' eè ma faveur ; là MiiiiMe d'itft përè «iii Oiét à là France iàe piéùt elle s'é M^e '^tmdrë àA td^è^s dès cifs dès efti^èkn^s ^ui U[^'èi^v«K>frneâl et qm «Wt famais ^ittë y}e vue Uia p^. s»
. Les rjèclamations de Germain n'avaient point réussi auprès de 1/oûik xV. ^ 1776, à ràVénémeÀ't du nouveau roi, il reprit espoir •t reèemand^ àviâe inillariee 6on logement dû Louvi*è, (avéèV^éfiii, 4an8 sa pensée^ é«[]iiyalait à une sorte âe réhabilitation. Ks v^n invoqua-t-il les recommandations de M. de Maurepas et de M. le cbnVrôlëur-gèhèral, lés coilsêiilers dé Louis kvî maintinrent la disgrâce de Germain, qui demeurait k^À xftfris 4à liifaî^ de M. Dapché, orfèvre, rue deja Vjinneriea, proche la Grève. Un Mémoire sévère et implacable fut rédigé pour être mis soiis les yetix du roi, en réponse au nouveau et très-volumineux plaidoyer que Germain avait présenté éii jè/n^ réV 8db réfutaleur, accablant sa mauvaise foi des plus rudes arguments, concluait que :
(( La moindre peine qu'il eût méritée était la privation d'une grâce ^ n'est faite ^ue po^r des gens qui au talent réunissent une probité intacte.... Il ne pouvait rester aux gàlëriëS flù LotiVrë Sans donner occasion au public de dire que la maison du Roi était l'asile d'un banqueroutier.... Enfin le sieur Germain ^tait entièrement mal fondé à demander d'être Téîfetégï^é 'daris un îogément duiôûrd^ui occupé par un artiste qui le tient en vertu d'un brevet du Roi.
« Quant aux talens dont le S*^ Germain fait un étalage perpétuel, je me suis informé de personnes qui ne courent point la même carrière» s*ils avaient quelque réalité. Elles m*ont dit qu'ils étaient des plus médiocres ou absolument nuls. Il n'a jamais gagné une seule petite médaille pendant plusieurs années qu'il a suivi les leçons de l'Âcademie. Comment aurait il tout à coup acquis ces talents sublimes qui suivant lui occasionnai^t la jalousie et la rage de ses confrères. Enfin si le S' Germain avait les talents qu'il s'attribue» rien ne l'empêcherait d'en faire usage aujourd'hui du moins à la solde et sous le nom de quelqu'un de ses anciens confrères. Mais tout s'est éclipsé avec le beau cabinet de modèles que son père» qui était un homme à talent» lui avait laissé. »