‹ ARCHIVES DE L'ART FRANCAIS. TOME PREMIERChapitre 28 sur 84 · A LE BRUN · texte numérisé non relu

A LE BRUN

Çîommunigué et ^nnoté par M. Anatole de Montaigjoçi.

On sait toutes les querelles de Le ^run et de Mignard, et comment ce dernier, aimant mieux être le premier chez les maîtres que le second à TAcadémie, n'entra dans celle-ci que lorsqu'il put y remplacer son rival. A cause même de Timportance de Mignard, Le Brun aurait tenu d'autant plus à le mettre sous lui comme les autres, mais Mignard s'y refusa toujours. Le billet que nous publions est celui par lequel il exprime un dernier refus formel, et la politesse du regret y est si visiblement peu sincère que les démarches faites auprès de lui ne pouvaient plus être continuées. Nous l'avons trouvé dans une histoire manuscrite de l'Académie royale de peinture, conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal, et de laquelle nous avons aussi extrait 06 ((uia rapporta une querelle de Lebrun et d'Errard à propos de la décoration d'un salon du Louvre, passage curieux que M. de Chennevières publiera dans une histoire de la galerie d'Apollon. Cette histoire de l'Arsenal, — plus courte que celle conservée aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale, mais toutes deux mériteraient d'être imprimées, — indique (p. 137) que le billet fut laissé au logis de Le Brun, sans doute à un moment où l'on était bien sûr de ne pas le trouver et qu'il était a gardé à l'Académie en la liasse colée B. » On y remarquera l'expression si caractéristique de « votre académie » et aussi le détail nouveau que Dufresnoy a aidé Mignard dans ses travaux du Val-de-Grâce ; quant à leur étroite amitié il n'est pas besoin d'y insister, il suffira de renvoyer au petit livre de l'abbé de Monville.

Monsieur , Nous nous sommes informez de votre Académie

entièrement ; on nous a assurez que nous ne pourrions pas en être, sans y tenir et exercer quelques charges, ce que nous ne pouvons pas faire, n'ayant ny le tems ny la comodité de nous en aquitter, pour être elloignez et occupez, comme nous le serons au Val de Grâce ; nous étions venus vous remercier de l'honneur que vous avez faite à vos très humbles serviteurs, Mignard et Dufrpinoy, ce 12® feu"^ 1663.

ANTOINE RIVILZ.

Mon ami Jules Buisson m*envoie de la Bastide d*Anjou, en Languedoc, Texlrail de naissance que je vais publier. On sait que cette petite ville, voisine de Toulouse, fut la patrie de J«$an-Pierre Ri* valz, peintre et architecte, père d^Antoine Rivalz, dont Dargenville nous a laissé une longue biographie. Notre pièce, qu'il ne faut point prendre pour Tacle de naissance ou de bapiôme de ce dernier, né à Toulouse, en i665, prouve que sa famille était restée fixée dans la patrie de son père, et nous ne doutons pas que le parrain du nouveau-né ne soit bien véritablement Tillustre peintre languedocien, alors âgé de vingt-deux ans.

Est nay Ânthoine Riual le 17 nouuambre 1687 fils de michel riuals et de demoiselle paulo faugere maries et a etté Baptise le 18 du courant dans leglise de la bastide daniou parmoy Guilhaume Domerc pr. et uicaire du dit lieu le parrin a etté ânthoine Riuals june et la marrine barth'elemie faugere en prësance de louys massip cirurgien et Jean pendaries signes avec moy. Massip, Pendaries Domerc pr. ainsi signés à Tacte.

FEUX LEGOMTE.

Communiqué par M. Euà" feoulîC annbtl par M. P. Mantz.

ETAT d'ouvrage DE SCULPTURE FAIT AU PAVILLON DE LUCIENE EN 1771 POUR MADAME LA COMTESSE DU BAR;^Y, PAR LE- CÔMTE, SCULHbUA btJ ROI, MÊMHRE i)È SON ÀCAÔfilrfB ftôtitts DE PEINTURÉ ET bB SCULPTURE.

Savoir.

Uii bas Relief en Talc re{)résentant titi Baccanal d'enfants de proportion plus grande que nature, et de forme circulaire ^ long de vingt deux pieds sur quatre de haut. Tant t)ôùr àVoîr fait lé ^etit modèle qûè j^&ttt' l'avoir exécuté de la granaeur ci-dessus ehoriceé, l'avoir fait mouler et jeter en talc, fait transporter à Lilcieiiè, i^âcël* et l^patelp sûKÎe liëtl fi6\à la SoteiA>e dé qtjâlôriiè cetit litres.

Art'éttë le présent felkl a Soniriie dé Herf cèiA sbixaftite Kvfeà à FôtataîtiéMfeau éé 23 oétbbl% 11^:

Le Dôbx.

Je soussigné r'econnois avoir reçu àe madame la comtesse Du Barrv la somme de neuf cents soixante livres pour solde du contenu en l'Etat de l'autre part suivant le règlement de M. Lé Doux architecte y énoncé dont quitance. A Versaillele vingt trois janvier mil sept cent soixante et quatorze.

Aprouvé l'Ecriture cy dessus f.

Le Comte.

Le sculpteur Félix Lecomte, sur lequel le document que nous

Tenon) de reproduire foariiit une note întéressftntg, était né i Paris te .16 janvier 1737. Elève de iFalconét et de Vassé, il combina les manières de ses deul maîtres dans des œuvreë d'une élégance tiii peti côfilournée et d'une grâce un peu fade. Mais alors oti n'eri jogeàit point ainsi, et Lecomte remporta, en 1764, le ^rand prix de sculpture sur un bas-rêlief représentant le Massacre des Inrlticentè, Un groupe important, Pfiorbas détachant Œdipe, le fit recevbjfr membre de TAcadémie (1771), et sa gloire sévit bientôt àbèruë par !a Vierge qu'il fit pour la cathédrale de Rouen (1775), et lés fkttres de RoUin (1789) et de Fétièlon (1791) que conserve enébre la salle des séances de Flnstitut. Lecomte remplaça Holtte à TAciÈdémie des Beaux-Arts (1810) et mourut le 11 février !817. ààfi éloge prononcé Tannée suivante par Quatremère de Quincy est imprimé dans le Recueil de notices historiques que nous a laissé le secrétaire perpétuel de TAcadémie. (1834. T. I, p. 62.)

En 1771, à rheure où Ledoux, architecte ordinaire de M"* Dubarry, employa Lecomte aux travaux de décoration de Luciennes, notre sculpteur était au meilleur moment de son talent et de son succès. Le bas-relief qu'il exécuta pour la maîtresse du roi, — c'est Bachaumont (1) et Dulaure (2; qui nous l'apprennent, — ornait le péristyle de la façade du château. Ce Baccanat d*enfants, comme dit Ledoux, dut réussir, eartlenx ans après, nous voyons Lecomte occupé à modeler, mais cette fois avec Pajou, les quatre figures de femmes qui décoraient le vestibule de Luciennes, sortes de torchères destinées à porter des flambeaux et auxquelles — un auguste caprice l'avait voulu ainsi — les artistes donnèrent les traits de M™* Dubarrv.

Mais la petite note de Ledoux présente, à l'égard du Baccanal d'enfantSy une singularité qui nous frappe et que nous ne savons pas expliquer tout-à-fait. Il y est dit que le bas-relief de Lecomte aurait été moulé et jeté en talc. Or, d'après ce que nous croyons savoir, d'après ce que nous apprennent les livres les plus autorisés,

{\) Mémoires secrets, T. XXIV, p. 160.

(2) Nouvelle description des environs de Paris, 1786. T. II., p. 17 et 18.

le talc eft une matière essentiellement impropre au moulage. Ledoux se serait-il mépris? Mais il était homme h connaître, surtout dans cet ordre de choses, le sens des mots qu il employait, et nous savons d'ailleurs que Lccomte s*est plusieurs fois servi de cette substance, puisqu'au salon de 1775 il exposa un petit modèle en tolc, de la vierge destinée à la cathédrale de Rouen. (Bachanmont, Mémoires secrets. T. XIII, p. 185.) Il faut donc, jusqu*à ce qu*an meilleur renseignement nous arrive, supposer que Lecomle, en pulvérisant cette matière rebelle et en la mêlant à du plâtre, la faisait assez malléable pour le moulage et obtenait ensuite en la laissant sécher une sorte de stuc brillant, poli et, pour ainsi dire, métallique.

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