Sepolcri délia famigliaNasonia
Colonna Traiana con la spiegatione. 7 »)>
Colonna Ântonina 4 )>»
Imagini de' filosofi 3 » »
Liodoro » 40
F avala di Psiche Ra facile 3 50
Bibia sacra di Rafacllc 4 »»
Scolad'Atcnc 30
Disputa dcV Sacramcnto 30
Diana Ëfesia 1 50
Scella de medaglioni piu rari nella Bi-
bliotecha del' Em"*® Carpegna Vic^
Bassi rilievi anticbi 5 » )>
L'Archi, di Tito, Settimio Severo,
Costantino, et allri 4 »»
(1) Les chiffres de prix et les mois en caractères italiques sont d'une main autre que la lettre ; ils ont sans doute été ajoutés par un marchand ou un ami intermédiaire qui, avant de faire parvenir à Tabbé Nicaise la lettre, pleine de convenance d'ailleurs et de désintéressement, aura pensé être utile à sa curiosité d'acheteur en ajoutant le prix aux livres et aux estampes mentionnés et en y intercallant la note des nouveautés d'alors. Les pièces en caractères italiques n'ont point rapport, du reste, aux œuvres de Bellori.
(%) Sans doute Pietro Santi.
OQ
CA
GO
Ol^ERE GHE RESTANO DA STAMPARSt.
Dichiarationi sopra le medaglie di Enea Vico
Emendationi sopra TErizo
Spiegazioni della colonna Ântonina
VitedePittori. Tom.2^
Galeria del palazzo del Duca di Parma . 4 80
Camerino del med^ . palazzo 1 80
La castita di Diana delV Alhano ... 3 m»
{Corr. NiCAiSE, t. IV, lettre 29.)
A Rome ce 28 fev 1686.
J*ay diCTeré un peu longtemps, Monsieur, a repondre a votre lettre, dautant que j*attendoîs toujours que M' Bellory me mit entre les mains Texplication des tableaux que vous souhaittez de luy. Mais comme il ne Ta pas encore fait, et que nous sommes sur le point de notre départ de Rome pour Florence, je n*ay pas pu différer davantage à vous remercier de l'honneur de votre souvenir. Je verray encore une fois M*" Bellory avant notre départ, et en cas qu'il ne puisse sitôt vous donner satisfaction, je prieray nos Pères de l'en faire souvenir. Cependant il m'a donné pour vous sa dissertation de Nummo Commodiy que je vous feray tenir par voye seure. M^ Vaillant est party d'icy il y a 15 jours. Il a veu tous les cabinets de médailles
de cette ville, et M' Bellory dit qu'il n'a rien davantage à communiquer à M^ Toinart (1), qui luy avoit déjà écrit par le moyen de notre P. Procureur General son amy. Pour ce qui est de la Préface de M*^ Du Gange sur le Zonare, nous l'avions vu avant qu elle fut imprimée. Elle est du caractère de M*^ Du Gange, honneste, scavante, et pleine d'érudition....
(Sans signature).
(Carr. Nicaise, t. IV, leUre 119.)
Je vous rends mille grâces très humbles, Monsieur, de la faveur que vous voulez bien me promettre de me laisser admirer avant le Public la Traduction dont vous avez dessein de le régaler bien tost. Vôtre nom et celuy de Raphaël d'Urbin, dont l'auteur italien décrit les excellents tableaux, ne laissent rien attendre que du plus grand goust. Je connois les beaux Morceaux d'après les quels vous travaillez, par les charmantes Tapisseries du Garde Meuble du Roy, et par de bonnes copies ; je sçais combien vous aimez la Peinture, et à quel point vous possédez tout ce qui regarde les beaux arts, ainsi je m'attends a voir quelque chose d'exquis, et d'achevé. Après cela. Monsieur, vou;$ jugez bien que je ne serai pas assez téme-^
(1) Ou Thoynard, antiquaire, né à Orléans.
faire pour totieher à Touvirage d*ub aussi grand Ëàitre que vous, n'ésiant qu'un apprenti qui ne commence qu'à estre connu par d'assez médiocres coups d'essai; et que vos louang6s trop flateuses ne me ferotit pas prendre le change sur le peu que je vaux....
BosQuiLLoif . (vers 1 699 . )
si nôuà itséVons iei ee^ deux dernières lettres, c*est pour compléter, autatit qae possible; Thistoire des relations de Tabbé Nicàiséàyee Bellori et avec ses œuvres. L*abbé avait enfin réussi à se procurer un exemplaire de la Description des peintures de Raphaèt au Vatican et à la Famesine, que Bellori lui annonçait depuis 1660, qu'il lui promettait encore en 1686, et qu'à sa mort, en 1696, il àk lui avait pas encore donnée, et pour cause, puisque ce furent le cardinal Albani et Carie Maratte qui firent les frais dé celte publication posthume. Possesseur du livre tant désiré, Nicaise le traduisît immédiatemnti et Tannonça même, voyons-nous, à ses amis. l( parlait encore, en septembre 1700, dans une lettre à M. Carrel {Nouvelles de la république des lettres^ octobre 1703) de cet ouvrage a auquel, «dit-il,» je me suis trouvé engagé, et qui doit bientôt paraître; dédié à Monseigneur le cardinal Albani, secrétaire dés brefs de Sa Sainteté. C'est une dissertation et une explication française, tirée de l'italien de M. Bellori, des deux plus beaux et plus agréables tableaux de Raphaël d'Urbin, peints au Vatican, VEcoÙ d'Athènes et le Parnasse, dont j'ai rapporté de Rome deux excellentes copies. C'est une espèce d'action de grâces que je dois à ce savant antiquaire pour tous les bons offices qu'il m'a rendus à Rome, et que je reconnais en la personne de cette Eminence obligeanto et généreuse, qui m'a fait part du livre de ses explication^ italiennes expliquées à ses frais. Vous en apprendrez le sujet dans l'ouvrage dont je vous ferai part. » Cette traduction était encore connue après sa mort, car la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne; par l'abbé Papillon, Dijon, 1742, 2 vol. in-folio, daiis Ténumération de ses ouvrages (tome U, p. 109-11) l'indique ainsi : u 13<> Tra^
duction française de titalien de BelLori centenant la description des tableaux du Vatican^ avec un discours sur V école d'Athènes et sur le Parnasse^ deux tableaux de Raphaël^ MS. L'auteur voulait dédier son ouvrage an cardinal Âlbani, son ami ; mais ce cardinal étant depuis devenu pape sous le nom de Clément XI, la modestie de Fauteur trouva cet écrit indigne de lui être présenté. » La BiO' graphie universelle a donc tort d'indiquer, sans doute par négligence, cet ouvrage au milieu de ceux qui ont été publiés. Quant à la vie de Tantiquaire dijonnais, de Claude Nicaise, chanoine de la Sainte-Chapelle de Dijon, né à Dijon en 1623, mort à Villy le 20 octobre en 1701, nous renvoyons à la Bibliothèque déjà citée, mais surtout aux deux précieuses lettres insérées dans les Nouvelles de la république des lettres, mois d'octobre 1703 (2« édition, tome XXX, pag. 362-406). Le titre de la première, qui lui est véritablement commun avec la seconde, est : Lettre de feu M' l'abbé Nicaise à M. Carrel, où, en le remerciant de ce quHl lui vouloit dédier un livre, il fait un abrégé de sa vie par raporl à ses ouvrages de littérature et à son commerce avec les savants. Ce qu'il y dit des artistes est bien trop intéressant pour ne le point tirer de l'obscure cachette où certainement plus d'un de nos lecteurs ne rirait point chercher : « ... Parlons maintenant des beaux arts qui régnent dans Rome, et de ceux qui en faisoient profession de mon temps, et que j'ai vu et pratiqué. Je devrois mettre d'abord à la tête, pour ce qui regarde la peinture, l'illustre et célèbre M. Poussin, si je n'avois déjà parlé de lui dans l'ouvrage qui parottra bientôt et que vous verrez. J'y parle aussi de l'excellent Pietro de Cortone, de H. Bellori, de Salvator Rosa, mon voisin, et du^seigneur Carlo Maratti, qui l'étoil aussi. » Voici bien des raisons pour regretter le livre de l'abbé Nicaise. Mais cet ouvrage, quel est-il ? est-ce la traduction de Bellori? est-ce ce traité sur la peinture dont il parle plus haut, p. 373, quand, se moquant lui-même de la vanité de ses études, il dit : u Une médaille, une inscription, un tableau, une fable des Sirènes, un traité de musique, un autre de peinture m'occupe. » Peut-être qu'en cherchant bien dans la bibliothèque de Dijon ou dans celle de Troyes, trouverait-on trace de ce curieux manuscrit, a Je vis, au commeneement que j'arrivai à Rome, »
reprend Nicaise,» le sieur Pietro Santi Bartoli, qui demeuroit pôdf lors alla Salita di Sto Onofrio, dans le temps quHl n^avoit pas encore changé son pinceau en )3urin, qui lui a acquis tant de gloire. Il peignoit fort bien ; peu s>n fallut que je ne remployasse à faire des copies de quelques tableaux de Raphaël. J'aurois beaucoup mieux fait que de m*attacher, comme je fis, au S**. Carlo Vîno, Napolitano, qui m'a entretenu fort longtemps inutilement, et qui ne m'a laissé de tout ce qu'il m'avoit promis que YÉcole éT Athènes qui, à la vérité, est un beau et grand tableau. Je vis le cavalier Bernin, avant et après son voyage de France, où il fut mandé, de la part du Roi, pour travailler au Louvre. G'étoil un beau parleur, autant qu'un grand sculpteur, et un grand architecte. Il disoit des merveilles du Roi, en toutes manières et avec raison ; il en avoit reçu de si grandes récompenses qu'il auroit été le plus ingrat de tous les hommes, s'il n'en avoit témoigné de la reconnoissance. Il disoit entr' autres choses, fort agréablement, que le Roi étoit le plus grand architecte de son royaume..... (A Gènes), je vis ces beaux palais et magnifiques qui ont donné à cette ville le nom de superbe parmi celles d'Italie, j'y vis le célèbre sculpteur M. Puget, de Marseille, qui a laissé de si belles marques de son art dans Versailles ; j'avois des recommandations à lui faire du sieur Baniere (lisez Barrière), son compatriote, bon graveur que j'avois vu à Rome : je trouvai à Gènes un bon vieillard fort curieux qui avoit de belles choses, tant dessins que tableaux de Raphaël, de Jules Romain, et des Caracbes, dont il avoit envie de se défaire dans le dessein de se retirer à la campagne ; un voyageur comme moi n'avoit que ce qu'il faut pour fournir à son voyage, et ne pouvoit pas profiter de cet avantage; ce bonhomme me fit part d'une grande feuille imprimée, de la définition et de la division de la peinture avec un discours à la fin fort beau, il me dit que M. de Chambrai étant à Gènes la lui demanda pour la faire imprimer en France; je me chargeai de la lui faire tenir pour cela, dont je n'ay pourtant point eu d'occasion, elle m'est demeurée, elle avoit été faite par un habile homme qui avait établi à Gènes une académie de peinture, dont j'ay oublié le nom. Je vins, côtoyant la mer, jusques en France, et je me rendis à la fin dans notre ville de
Dijon, où je me trouve encore atgourdliui entretenant toujours nn
S eu mon petit commerce avec mes amis du dedans et du delio]^ u royaume. »
La Monnbye, son ami, qui a grossi la volumineuse correspondance de l'abbé Nicaise, d*un bon nombre de lettre3, dont quelques frafi;ments se trouvent dans les mémoires historiques de Riffojiey de luvigny, en tête de l'édition des œuvres choisies de Bernard de la Monnoye^ 1770, 2 vol. in-4«., fit à Fauteur de rëlégante inscription tumulaire du Poussin, ta plus doucement maligne des épitaphes. Nous ne pouvons résister au plaisir de transcrire les derniers vers de cette pièce plaisante. T. I, p. 246 :
L'habile et fidèle Ecrivain
N'avait pas la goutte à la main.
C'était le Factear du Parnasse.
Op gît-il ; et cette disgrâce
Fait perdre aux Huets, aux Noris,
Aux Toinards, Cupers et Lebnis,
A Basnage, le Journaliste,
A BayleVie vocabuliste.
Aux Commentateurs Grsevius,
Kuhnius, Perizonius,
Mainte curieuse riposte :
l^ais nul n'y perd tant que la poste.
Et combien de noms La Monnoye n'aurait-il pas pu ajouter h, cette liste, outre ceux de Bossuet et de Rancé ! La Monnove fait cependant allusion à ce dernier dans une énumération qui précède :
Fallait-il
D'Amauld mort avertir la Trape.
Nous avons dit que les cinq énormes volumes de la correspondance de Fabbé Nicaise, Fun des plus précieux recueils d'autographes du dix-septième siècle, que possède notre Bibliothèque Nationale, y portent, dans le Supplément français, le n° i958. Nous ignorons comment cette belle collection est passée de la bibliothèque de Dijon dans celle de Paris ; mais la Biographie Univer' selle annonçait en i822 qu'il s'y trouvait deux lettres du. Poussin. En i843, M. Raoul-Rochette a publié celle qu'il y découvrit, à la suite de son Discours sur Nicolas Poussin, Didot, in-8<» de 34 p., avec un foc simile lithographie. Pour nous, nous n'avons pas été assez heureux pour y rencontrer Fune plus que Fautre.
*éê^
IIGHEI LA8NE.
C*est à la bonne grâce de mon docte ami M. Trebutien, conservateuF adjoint de la bibliothèque de Caen, que je dois la communication de Fintéressant document, que je publie sur Michel Lasne. Ce document était tout à fait digne de servir de fonds à une étude étendue sur Fhabile et fécond artiste Caennais, et j'ai grand'peur que ce ne fût là ce que M. Trebutien attendait de moi. La matière était belle, en effet; car Michel Lasne fut de ce groupe de dessinateurs graveurs,^ Claude Mellan, François Chauveau, Abn^ham Bosse, Grégoire Huret, Lepautre, etc., qui Orent autant d'honneur à la France, par Fabondance de leurs compositions et la scienee de leurs œuvres, que les plus fameux peintres de leur temps. Four élever à Michel Lasne le monument qui lui fût convenable, il faudrait compléter, jusqu'à la grosseur d'un volume, le commencement de catalogue manuscrit, que nous a laissé Mariette. D'ailleurs ce catalogue se trouvera mieux fait, à coup sûr, que je n'eusse su le faire, même avec du loisir, dans le Manuel de r Amateur d^estampes de notre ami Ch. Le Blanc. Mais ces belles lettres inédites, que nous donne M. Trebutien, et qui vont ajouter quelques traits nouveaux aux renseignements bien succincts, que nous avons sur Michel Lasne, hâtons-nous de les faire entrer dans le domaine public de l'histoire des arts, ne servissen^lles qu'il montrer comment se faisait une biographie, il y a un siècle et demi, et avec quelle étrange légèreté travaillait un érudit aussi renommé que Daniel Huet, Févéque d'Avranches. C'est à Huet, en effet, dans ses Origines de la ville de Caen, que Fon devait la plus longue notice isur Michel Lasne, son compatriote. Nous donnons aujourd'hui les matériaux de cette notice, et ces matériaux forment l'histoire la plus curieuse de la notice elle-même. On y verra combien Huet a malheureusement affaibli les traits les plus caractéristiques fournis par Fami de Lasne , tels que celui d'homme de isdgalt et en a omis d'antres précieux, tels que celui (ibe sq col-
leclion de beaux tableaux. Nous croyons donc devoir donner ici la notice de Huet; le lecteur la comparera, ligne à ligne, avec les lettres du P. Martin et de M. de la Brethonnière qui viendront à sa suite :
ce Le célèbre Hicbcl TAsne était fils d'un orfèvre de Caen, et né dans la paroisse de Saint-Pierre. Ayant pris à Caen les premières instructions en Fart de graver en tailles douces, il s'y perfectionna à Paris, et y acquit beaucoup de réputation. On dit qu'il fut le premier inventeur de la méthode de graver sans liacheures, et que ce fut de luy que Tapprit Mcllan, de qui on a vu tant de beaux ouvrages de ceiie sorte. Son habileté luy mérita un logement dans les galleries du Louvre, où, à Toccasion du voisinage, il lia une étroite amitié avec le fameux Yarin, graveur comme luy, mais dans un autre genre. La reine Anne d'Autriche faisait cas de luy, et pour marque de son estime, elle luy donna une chaîne d'or, où pendoit une médaille qui portoit sa figure. L'Asne touché de cette faveur se mit aussitôt cette chaîne au cou, et la porta toute sa vie. Il n'eut qu'un fils de son mariage avec Madelaine de Hartigny, native de Caen comme luy ; et il la perdit à l'âge de vingt ans. (Voir notre note, p. 47.) Il aimoit la bonne chère, et donnoit plus à son plaisir qu'à l'augmentation de son bien ; ses héritiers profitèrent peu de sa succession. Il mourut à Paris vers l'an 1670, et fut enterré à Saint Germain l'Auxerrois. » iOngines deià ville de Caen^ 2* édit. Rouen, Haurry , 1706. — Chap. xxiv , p. 374-75.)
Donnons maintenant les pièces inédites, telles que nous les tenons de M. Trebutien, qui les a puisées dans les lettres du P. Martin à Huet, possédées par la bibliothèque de Caen ; nous avons eu le bonheur de pouvoir compléter ce petit dialogue entre les deux savants normands, par quelques phrases extraites des lettres de Huet au P. Martin, possédées par la Bibliothèque Nationale de Paris.
Le P. Martin, à qui Huet avait communiqué le manuscrit des Oiigines^ lui écrivait le 23 février 1699 :
« Je commence, Monseigneur, par remarquer qu'on pourroit justement ajouter à nos Illustres ceux
qui suivent Michel Lane, ce graveur célèbre
qui a gravé les plus considérables de son temps, dont M^ de Marole (1) parle dans son livre d'Estampes, et où il décrit son œuvre. >»
Huet lui répoDd :
(( A Paris, le 26 fevr. 1699.
... J'avois marqué Michel TAsne dans mon cahier, mais je ne scay de luy que le nom et la profession. Si vous m'en apprenez quelque autre chose, vous me fairez plaisir, mais ajoutez toujours les dattes... )>
(1) Voici, en effet, ce que M. de Marolles, abbé de Villeloin, dans son Catalogue de livres d'estampes et de figures en taille douce avec un dénombrement des pièces qui y sont contenues, fait à Pans en L'année 1666 (Paris, Fr. Léonard, 1666), dit de cet habile homme, p. 76 :
(c Michel L'Asne, graveur du Roy, de la ville de Caên en Normandie, a fait une œuvre considérable en taille douce, dont force pièces qu'il a gravées sont de son invention, mais il en a fait aussi beaucoup après des originaux d'autres Peintres excellents, tels que Paul Veronese, Ch. Le Brun, P.-PaulRubens, Josepin, Annibal Carracbe, Jean Benedette Genovese, Simon Vouet, Raphaël, François Ghauveau, Vincent Plassard, Daniel du Mou^ticr, Salomon de Brosse architecte qui a baaity Luxembourg, Ph. Champagne, Jacques Gaffarel, Jean Leblond, Henry de Bruch abbé, Beaugiu, Ferdinand, Alexandre Francine Florentin, Nocret, Pèlerin, Abraham Diepembeck, Lucianus Borz, Ant. Vandick, Laurent de la Hire, Claude Vignon , Aubin Voûet, THespagnoIet, il Cavalier Oratio di Ferari Genovese, Abraham Bosse, Saint-Igny, François Franck. En tout 610 pièces. » Au tome troisième de ses Mémoires, Marolles cite encore, entre les personnages de son temps» qui lui ont donné de leurs livres ou qui Font honoré extraordinairement de leur civilité, — Michel Lasnequi gravoit si propromenl, comme il etoit de mes amis. » Et, enfin, il ne Toublie pas dans les méchants quatrains de sa Description de Paris, au cha})iire des peintres , sculpteurs et ingénieurs loge% dans les galeries du Louvre*
Le 27 mars il revient à la charge :
«... Je voudroîs savoir les particularitez de la vie de Michel TAsne, graveur, le lieu et le tems de sa naissance et de sa mort. J'avois deja leu toutes ces remarques dans les Recherches de M^ Petite ; tout cela vient d'une mesme source, savoir de M'. l'Abbé de Villeloin, auteur frivole... (1) »
Enfin le P. Martin, auquel est due, en bonne conscience, la moitié de l'honneur des Origines ^ riposte triomphalement à Huet :
« A Caen, 3 avril 1699.
« ... Je n'ay jamais consulté l'abbé de Vileloin sur aucune chose, encore moins sur ce qui peut concerner notre ville. Seulement ay-je appris de lui, que M. Lasne etoit de Caen, et c'est dans son catalogue d'estampes. J'ay vu M', de la Bretonnière qui m'a fait espérer que dans une lettre qu'il me doit donner, il marquera ce qu'il sait de ce fameux graveur du Roy chez qui il a demeuré à Paris plus d'un an. Il m'a dit par avance qu'il etoit né dans la paroisse de S*. Pierre,
qu'il ayoit plus de 80 ans quand il est mort, qu'il est mort à Paris, et a été inhumé dans la parois&ç de S^ Germain l'Ausserois. Il m'a dit aussi que le R#y Louis XIII avoit beaucoup d'estime pour lui, que
(1) Ce dernier mot n'atteint pas Tahbé de Marol les, l'illustre amateur d'estampes, dont Louis XIV paya 26,000 livres, en 1667, l'immense et inestimable collection ; mais ce me semble un trait dç; rancune contre le méchant et trop fécond traducteur de toute cette belle latinité, dont le docte prélat avait été toute sa vie un si élégant idolâtre.
la Reinç sop Epouse Tavoit gratifié d'ui\e chaîne d'or et d'une naédaille d'o|^. Son portrait est chez ce Monsieur très ressemblant ; il tient dans sa main un tableau de la nativité de N. S. avec la représentation d'un beuf et point d'un âne, parcequ'il est l'âne (i) lui-même. II se nomme en latin Àsinius.
La lettre in P. Martin est suivie de bien près par celle-ci :
Avril 1699.
Monseigneur,
Le Révérend père Martin religieux de S*. François, m'aiant aduerti que dans les Recherches que
(i) Ce nom a naturellement prêté h toutes sortes <le jeux de mots deà contemporains de Michel Lasne ; celui de Sandrart, allemand latinisant, ne saurait être des plus légers : a Ab Âsino quidemnomenhabuit; inperitia tamen Chalcogrâphiaeerudiiissimi protius quam rudis appeîlatione dignus fuit. Cum Liber illius Dîagraphicus vera esse queat Tyronum norma, et il le potius manéat asinus, qui hocasino edoctus, nihil tamen discit... »
Le P. de Saint-Romual (Trésor chronologique et hùtorique)
doAne à sa plaisanterie la forme poétique : « Le portrait de
s^i jeune et belle Majesté qu'avoit gravé l'Asne, cet artiste graveur, dont le sieur de Sciidery prit sujet de faire ces vers (ils sont dans son livre de poésies portant pour tiltre Le Cabinet de Monsieur dé Scudery) :
Si le destin le seconde n fera quelque jour, par mille et mille exploits Du plus beau Prince du Monde Le plus grand de tous les Roys.
Un autre en pouvoit prendre aussi occasion de luy adresser
ceux-cy :
A3rmable Prince, on trouve estrange Qu'un Asne ait conduit le burin Qui vous a portrait sur l'airain, Car c'estoit l'ouvrage d'un Ange. »
Uii vous {irenés la peine de faire des antiquités et choses remarquables de nre ville de Caen, le S' Michel Lasne graveur avoit l'honneur destre emploie en uos memoires, et meritoit de trouuer sa place dans uos recherches* Et que comme je pouvois auoir q^** congnofssance particulière de son mérite, je ferois chose qui seroit agréable a uostre Grandeur, si je nous en informois, c'est monseig^ ce qui me fait prendre la liberté de nous escrire celle cy pour nous dire que ce S' Lasne estoit originaire de Caen fils d'un orfebure (1)
(1) Huetdit, d'après je ne sais quels renseignements, « qu'ayant pris à Caen les premières instructions en Fart de graver en tailles douces, il s'y perfectionna k Paris, et y acquit beaucoup de réputation. » Savoir de qui Michel Lasne apprit son art, est une question éternellement indécise. Mariette, dans son exemplaire annoté de VAbedecedario pittorico d'Orlandi, après avoir renvoyé à Florent Lecomte, dit : a Je trouve » (sans doute dans la correspondance possédée par lui de François Langlois, dit Ciartres) « que Michel Lasne éloit à Anvers en 1617 et 16!â0, et qu'il étoitde retour en France en 1621. Sa manière de graver, sèche et quarrée, me feroit croire qu'il a pu être disciple de Théodore Galle et encore plustost de Pierre de /ode le Vieux qui non seulement gravoit, mais tenoit boutique d'estampes et faisoit graver pour son compte déjeunes artistes. » — ce Michel Lasne, ^> dit à son tourF.-E. Jouherl^(ManueLde L'amateur d estampes), a semble avoir pris pour modèles Villamene et Bloêmaert. Il est un des premiers artistes français qui se sont distingués par ce qu'on appelle un beau burin. Il était assez bon dessinateur, coupait le cuivre avec facilité, mais avec un peu de sécheresse. » Sans rechercher inutilement si c'est en étudiant la manière de Pierre de Jode ou celle de Villamene, que Michel Lasne a perfectionné son burin, nous croirons, quant à nous, que c'est dans l'atelier de son père, orfèvre caennais, que cet habile graveur et dessinateur a appris le fonds de son art. La gravure est née dans les ateliers d'orfèvrerie ; durant tout le seizième siècle, elles n'ont presque jamais été séparées, et il sulfit de citer le nom de Marin Etienne, l'horloger graveur, dont nous avons un portrait de Segrais, pour rappeler que, spécialement dans la ville de Caen, Fart de la gravure n'avait point, même à la fin du dix-septième siècle, déserté l'atelier de l'artisan.
Dans l'œuvre de Michel Lasne, recueilli au cabinet d'estampes
lié
àe la mesme ville, alla demeurer à Paris, y espou^à Mag'°* de Martigny niepee d'un curé de Plumetot près Caen, allèrent depuis à Bruxelles et enfin pour son mérite eut son logement sous les galleries du Louvre (1) a Paris. Il estoit voisin et bon amy du S' Varin maistre de la monnoye du Louvre, lun et lautre ont excellé dans lart de graueur le 1®' pour les tailles-douces, et Tautre pour les coins pour les médailles et la monnoye. Ce S' Lasne fut fort considéré et puis dire aimé de Louis 13, du Cardinal de Richelieu et enfin dÂnne dAutriche mère du Roy présentement régnant laquelle luy donna vne médaille dor pendue dune chaîne dor quil porta jusques a la fin de ses jours pour témoigner de la bonne volonté de S. M. 11 mourut enfin en 1670 ou 1671 (2), et fut inhumé
de la bibliothèque nationale, tome I^s p. 40, se trouve une petite pièce, représentant saint Joseph, à mi-corps, tenant de la main gauche un lys et de la droite son marteau. Le dessin, comme Taccoutrement, en est gothique et roide. La lêf«, inclinée vers la gauche, est coiffée d'un bonnet à larges bords. Dans la bande ovale, qui encadre cette figure du saint Joseph, se lit -.Salve pa«
TRIARCHÂRUM DECUS ET ECCLESI^ SANCTiE DeI ŒCONOMUS, QUI PANEH VIT^ ET FRUHENTUM ELECTORUM CONSERVASTI. TOUtC la pièCC CStd'uU
goût et comme d'un art antérieurs au dix-septième siècle. Elle est signée : Jo. Lasne^ sculp. excudii. Serait-ce une estampe de son père, que Michel aurait donnée à Tabbé de Villeloin, son ami, par qui cette œuvre a été formée? Le faire en est assez d'un orfèvre de province; si elle est du fils, elle est de sa toute première manière. Hauteur: 0,180 millimètres; largeur, 0,135 millimètres. L'épreuve a été rognée dans ses deux sens.
(1) Mariette dit que son logement des galeries du Louvre, Lasne le dut à la reine-mère (Anne d'Autriche), et qu'il était dans cet appartement, quand il mourut en 1667.
(2) Les dates de naissance et de mort de Michel Lasne sont fort controversées, M. dQ la Brelhonnière, rappelant ses souvenirs de
à.S^ germain lauxerrois sa paroisse. Je scay ces particularités parceque iai demeuré ches ïuy a paris enuiron un an. 11 es toit homme de régal (1) ce qui lempescha de faire une fortune considérable.
Jay son portraict admirablement bien fait, et qui mérite destre veu par les personnes qui se conenoissent en peinture. Il auoit un cabinet rempli ae très beaux tableaux, et estoit de son uiuant uisité des per-
plus de trente ans, le dit mort vers 1670, âgé de plus de quatre-r vingt àbs, c'est-à-dire hé avant 1590. Florent Lecomtè, (ju'ont suivi Mariette, Piganiol, l'auteur de ÏÉioge des Nçrman4s^ (Pariai 1748), ioubert et à peu prés tous les biographes, dit qu'il naquit à Gaen en 1395 et mourut à Paris en 1667, c'esl-^-<lirc âgé de soixante-douze ans. Michel Lasne ne fut pas de TAcadémie royale, les registres de cette académie nous aùi'aient authentifié cette date. Cependant nous aimons mieux croire Florent Lecomtè que M. de la Breihonnière, qui avoue lui-môme, quelc|ùes lignes après, « à cause de son peu de commerce avec la famille de Lasne depuis son décès, son incertitude sur le jour de sa mort. » Florent Lecomte, vivant à Paris, où était mort Lasne, et connaissant peut- être le graveur qui avait hérité au Louvre de son logement, a eu plus de chances d'informations meilleures.
(1) C'est ici le lieu de citer le charmant paragraphe de Florent Lecomte sur Michel Lasne. Il a été copié dans ses principaux traits par Piganiol de la Force, Nouvelle description de la France.
« Michel Lasne étoit de Caen ; son mérite lui procura d'être l'un des graveurs du Roy : il a fait beaucoup de pièces de son génie, au burin, et quelques autres d'après Raphaël, Paul Yeronese, Josepin, Rubens, Annibal Carrache, Youet, Lebrun et autres; l'on voit 4e lui plusieurs suites de Romans, ^rand nombre de portraits, et grands sujets de Thèses. Il avoit un merveilleux talent potir e^cprimer les passions, et faisoit fort vite ce qu'il faisoit ; mais il falloit pour cela qu'il fût entre deux vins ; c'est dans cet élément où il trouvoit la source d'une heureuse fécondité qui luy ouvroit la Yoye à plusieurs desseins où il réûssissoit; il aimoit la douce vie et faisoit son capital de la joye : les grandes débauches qu'il fut obligé de soutenir avec des personnes du premier ordre avancèrent beaucoup ses années, et il fut regretté des honnêtes gens, car il étoit lui' même fort honnête homme, quoyque fort peu accommodé; il mourut en 1667, &gé de 72 ans. »
sonnes curieuse^ dé la 1^® qualité. Depuis son deceds j^ eu peu de commerce auec sa postérité ce qui me met dans lincertitude du jour de sa mort. Il auoit un fils très beau garçon (1) qui mourut a laage de 20 ans. Je suis obligé Monseig^ a la mémoire de cet ami qui me pourra remettre en la vostre, vous supliant de croire que ie suis véritablement
Monseigneur
votre très humble et très obéisse seruiteur
De la Brethonnieke.
Pour que rien ne manque à l'histoire de la notice de Huet sur Michel Lasne, donnons ces deux derniers extraits que me fournissent les lettres de Huet au P. Martin. L'article sur le graveur caennais ne s'était point trouvé imprimé dans la première édition des OtHgines de la ville de Caen, Voici comment Huet explique cette regrettable omission :
« A Aunay, 16 aoust 1703. — ... M^ de la Bretonniere a raison de s'estonner que je n'aye rien dit de Michel TAsne. Je me suis estonné comme luy que
(1) Michel Lasne était lui-môme renommé pour sa bonne mine ; Vigneul de Marville nous le témoigne par cette jolie phrase : « Nous avons eu en France trois graveurs habiles, tous trois fort beaux hommes et très-bien faits, Lasne, Ghauveau et Nanteuil. )>I1 ne faut sans doute attribuer qu*à une faute dMmpression (la distraction serait trop impardonnable) le quiproquo de Huet sur la femme et le fils de Lasne. Il ne la perdit point, il le perdit à Tâge de vingt ans.
Tarticle qui concernoit ce graveur, que j'avois composé sur les mémoires de M' de la Bretonnière ait esté obmis par le Libraire ; cet article avoit esté ajouté à ma copie et placé dans un endroit, où il ne fut pas apperceu par le compositeur, et je ne m'en apperceus qu'après que l'édition fut publique. Si Ton en fait une seconde, la faute sera réparée... »
Elle le fut, comme on Fa vu, dans rédition de 1706.
« A Paris, 7 décembre 1703. — ... Vous avez raison de dire que vous aviez veu l'éloge du Père Catillon, dans ma copie des Origines de Caen ; celuy de Michel FAsue graveur y estoit aussi ; mais c'est une chose pitoyable que la manière dont cet ouvrage a esté déchiré et cicatrisé parles Imprimeurs... »
lERTHOLET FLEHAEL
LETTRE DE J. G. FLEMÀLLE, PRÊTRE DE UÊGB, NEVEU DE BER- TOLBT FLEMALLE, PEINTRE ET ARCHITECTE, NÉ À LIÈGE EN 1644, MORT EN 4675, dans la même VILLE.
Monsieur,
Jai apris de Mr Parens votre heureuse arivëe, et établissement, notre surnom cest escrit autrefois Flemal et comme nous avons veu le nom du vilage d'où nous procédons depuis plus de 6 cents ans escrit Flemalle nous nous somme signé de même. Je dis donc Flemalle. Mr Streel imprimeur a tenvoié à Paris passé six à 7 ans les noms et âgé de morte de feu mon père Guillaume Flemalle et de mon oncle Henry Flemalle et de mon oncle Bertolet Flemalle pour être escrit dans les hommes illustres en arte que Sa Mayesté a teu dans son règne, mon père peignoit sur verre auprès du cardinale Mazarin. il y a encor de ces ouvrages dans Paris. Henry après avoir travaillé à Paris at fait à Liège quantité d'ouvrages pour la Reyne et pour le Roy. Ceux de Bertolet sont encor aux yeux de Paris et de l'Europe, cest tout ce que je peu vous en dire en abrégé. Si vous voulez bien supporter mon avertissement et conseille je vous prierai de vous appliquer à la vertu» sobriété et perfection autant que de vous même vous en avez acquis dans Liège. Je prierai Dieu quil vous rende un jour à mes
yeux un modelle telle que le souhaite du fond de son
ame
le plus humble et obéisant de vos amis et
serviteurs
J. G. FLEMALLjRjjretre indiigpç.
Liège le 26 d'octobre iTÎi.
Dans la même chemise que cette lettre autographe du neveu de Itotbofie^inerttdUi, m tvoii2i^«>ttn désslA t Ht ^«guf^, 4ë6^ fini de |^i9|&)ur : c'est to p^rtniU. 4e Jk^r^]^ fif«fè dans ^# WfiAAf mm la palette Qt les attributs esquissés trës-léjg[èremept; au b«$ (je #^ iéésm se nsént, àe deux maiqs différente^ quelques lignes qqç ^^ifrél, étcftrî me ferïtîenipeÉsér que Ht lettre du neiièu detterihàié, fàsxTjBMi bim ateoir èlé adMsaée au gfawear son comiiKlcioto, quiv l^t-étre, était allé porter 3a plaoiobie ^ ^aris poui* se faix^.af ré^^ sur sa présentation, membre de F^cadémi^ royale, comme soa modèle :
^ lertattei Flemaël Pt^kiipe laègeola desâi«« et eniraite fravè élr taille dûQiie par Jniur Duv&vior graveur i^ii «»é<^îllaen i71i. -h-,|| planche a été perdue. Bertholet Flemal a é.té reçu et fait professeur de FAcadémie Royale de Paris en 1670 et est mort chanoioç à Lleïpe. Il a ^int aux Thuillerres et le pla^nd de Fégli^ âés Oanai^a. v
La troisième pièce de la eheixûs^ est un« éprei^v.e 4i^ \â gra-» vure de Jean Duvivier. Sur la "console de pierre, sur laquelle pdseni le portrait ovale et les accessoires, palettes, pinceaux, écpien^, trompes, éH (it : Befthêlet -P^étnalfh — féjinVi'e iiH^geaiê, r^çu pw{es»eur de CicaMvm Ji/oyai dB Pnri»y m 16^70^. f^^f^M pm Berth, FlemaUe, — ^rapé par Jean du Vivier à Liege^ J71J. — Épreuve unique. (Elle ne Fest pas ; nous en connaissons une autre au ctt&hiet des ealampei^. 'J*ai idée que cette épreuve, ie dessih du 'graiveur «t F^iulQgraplte doiiraiii être .venus au Lpuire, qù iàé se trouvent maintenant, avec les planches gEavéïes (|e Fau/Qieno^ Académie royale de peinture, sculpture et gravure qui CQmposeot rnttc dialcdgraphie.
CRIUILES lEPp.
Les quelques pièces, que nous publions 9ur Lebrun, i^us offriraient aisément prétexte à écrire dans nos notes sa biographie complète, puisqu'elles touchent ou font allusion à presque toutes les gmi^afiliifies.desa iiîe et mal^iit en jeu sa science, aoa carae«- <è^.et.{|j^9.tf^€j{it. JLp§ %vej[{|rs c^t Te^t^/i^e, dont Ip chancelier Se-, guiec combla ses œuvres de jeunesse, le plus lointain souvenir de sa présentation à ce grand personnage, ses études diaprés les an* iscfâitèB iïQiaain€6, ses ap^^ 4o.p]rotection pour Fica^émie royji^ àfi^fffi^Xifffy iifiifX iMl-méipe, à son i;etpur de Rome, avait été Tori- Çanisateur, enfin Texlraordin^ire hqnneur que lui conféra T Académie de St-Luo, sont l''occasion etle sujet des lettres, que la biblioitbèqiie Bationale nous a. foomîes^ Qu'y fallait-il ajouter que (| cii>pSag^ sa^ bprji^^s f(e Cpll^t et 4e Louis XIV, pour racpni^ la viB maj^nifique du premier peintre du grand roi, de Thomme qui gouverna tous lés arts de son p&ys, la peinture, la sculpture, farcbitecture, le^ tapisseries^ ia gravure, Torfévrerie, que sais-ji^ encore, ei qui las gouverna fi(v^ un j^clat, une abondance, up^ X^p^, nn ç|[)tli.ousiasfQe, un i\bso.lutisme, un crédit à l'étranger, un tfain de grand seigneur, qu'à peine égalèrent Rubens en Flandre et iKàpliàël «eus Léon X, Nous n'avons garde d'entrer danf cette histoire. Plus les artistes, sur lesquels nous aeix)ns assez heii;- ^^ ,JYlUf fturiajr p j^oçijiai.qnt .inj^dU» seront illustres, plus nous serons spbres d'annotations et d'éclaircissements, que le lecteur trouvera* dans tous leurs biographes. Sur Lebrun, n'y a-t-il pas, entre mîHe autres, la belle notice de De^portes^ le grand peinj^ ^'iiniB^^uii, ^ns \p recpeil ppb^ié p^r Lqpiçié, au ^pïï^ àe l'Acair dénufB royale, des Vies des premiers pfiin1,res iu roi. {Paris j 175^. î vol. ia-iâ.)
(Btbl Nat. Fonds séguier. — n^ 109, tome XVl,
À Monseigneur, Monseigneur le chancelier. Monseigneur,
J'ay receu Targeant qu^il a pieu à Vostre grandeur de m'envoier et en mesme temps ay apris de mon père les Ordres qu'elle désire que je tienne, a savoir que je demeure encore icy deux années, ce sera avec joye que j'acompliré ses Volontez, puis que je n'ay autre desseing que de luy obéir. Mon père m'a escrit aussy que vous désiriez que je fisse des Tableaux pour vostre gallerie, c'est là. Monseigneur, me combler de trop de grâces de daigner mettre mes ouvrages au rang de celles des plus habilles gens et de qui je ne mériteré jamais la comparaison, mais puisqu'il plaist ainsy à vostre grandeur j'employeré tous mes eforts à me surpasser moymesme pour essaier à luy donner quelque petite satisfaction ou au moings luy tesmoingner l'envie que j'en ay.
Monseigneur, je suplie a présent vostre grandeur de me permetre que je luy fasse une très humble requeste, qui est qu'après avoir fait la grâce à Monsieur de Beauvallon de luy acorder la charge d'avocat au conseil de laquelle il a jouy quelque temps, ce qu'il ne peut a présent continuer ny exercer sans vostre permission, qu'il plaise à vostre grandeur de luy concéder |a grâce de pouvoir jouir de la d. charge sa vie du-
rantsans financer, atandu qu'il nen a pas le moyen.
Vostre grandeur me pardonnnera s'il luy plaist la hardiesse que je prends envers elle, considérant que c'est pour une personne qui est comme la cause et le premier motif des grâces que je reçois de vous puisque ce fut led. sieur de Beauvalion qui me fit cet honneur de me présenter à Vostre grandeur. C'est par cette raison que j'ay osé prendre la liberté de l'importuner, et par icelle mesme que j'espère qu'elle me pardonera, supliant encore une fois Vostre grandeur de luy faire cette faveur, ainsy toute nostre famille sera obligée d'ogmenter les prières qu'elle fait tous les jours à Dieu pour la conservation de vostre santé, et Moy particulieredt qui suis de Vostre «grandeur. Monseigneur,
le plus humble et le plus obligé sujet et serviteur,
Le Brun.
De Rome ce 17« doctob. 1644.