LES FRÈRES MINEURS
de vostre couvent de Laval.
Qu'est devenue cette Image de pitié du roi René? Ce serait une véritable bonne fortune de la retrouver, car ses tableaux sont fort rares, et on en compte à peine trois ou quatre, auxquels il faut ajouter un égal nombre de manuscrits, dont Tauthenticité aurait encore besoin d*étre bien prouvée, à moins que Ton admette que le royal artiste ait eu plusieurs manières. Sans vouloir suspecter Térudition et le goût de ses historiographes et de ses admirateurs, je crois pouvoir affirmer que Tun des manuscrits à lui attribués, celui de la bibliothèque de Poitiers, qui est d'ailleurs orné de miniatures fort médiocres et sans caractère, n'a aucun rapport avec ceux des dépôts publics de Paris. L'auteur de ces tristes et froides enluminures n'a jamais pu exécuter des sujets aussi frais et aussi délicats. C'est vouloir môme amoindrir la réputation de son héros que de lui attribuer de pareils ouvrages, par la seule raison qu'un des feuillets du volume est décoré des deux perdrix emblématiques
et de ses armoiries. René fut un pitoyable roi, qu'on lui laisse au moins le mérite d'être un artiste distingué.
Nous ne voulons, pas plus que M. Fillon, entrer dans de longs détails sur les œuvres d^art attribuées au roi René et dont, pour notre part, nous avons vu certain nombre dans son cher comté de Provence; mais nulle part ne trouvera mieux sa place la phrase suivante, que j'extrais des Mémoires de Tabbé de Marolles : a Un gentilhomme appelé Michelon qui commandait dans le château (d'Angers), nous en fit voir toutes les singularités, jusqu^à la cage de fer et quelques peintures de la main de René duc d'Anjou, Roi de Sicile, dont nous vîmes aussi la maison de plaisance, alors occupée par un tavemier au bout d'un faubourg sur le bord de la rivière de Maine, où il y avait encore en mauvaise peinture, dans une petite galerie basse, soutenue d'un côté de piliers de bois, les chaufferettes et les charbons ardents, avec ces mots pour devise : d'ardent désir. » Ce voyage à Angers du célèbre amateur d*estampes avait lieu en 1633
Ph. de Ch.
mum PILON
Deux quittances, communiquées par M. Anatole de Montai^lon.
Les deux quittances, que nous publions, ne se rapportent malheureusement pas à des ouvrages d'art ; ce sont de purs reçus de rentes, mais ils prouvent au moins que notre sculpteur n'était pas sans avoir une bonne position, môme de fortune» et surtout elles lui ajoutent la qualité de contrôleur des monnaies ; c'est à ce titre qu'elles ont le plus d'intérêt. La seconde nous a été communiquée par l'inépuisable complaisance de M. Fossé-Darcosse ; la première a appartenu à M. de Châteaugiron.
Je Germain Pillon sculpteur du roy et contreolleup gênerai des monnoyes de France confesse avoir eu ej reçu de noble homme Maistre francoys de Vigny recepveur de la ville de Paris la somme de vingt escus un tiers treze solz quatre deniers tournoys pour ung quartier eschu le dernier jour de juin dernier passé à cause de quatre vingt deux escus solz treze sols (sic) quatre deniers tournoya de rente annuelle et perpétuelle qui des le douziesme jour de mars mil cinq cens soixante onze mont esté venduz et constituez par messieurs les prévostz des marchans et eschevins de ceste ville de paris tant cy et sur les fermes des impostz et billetz de la recepte generalle de bretaigne sur la... des cinquante cinq solz pour muy de scel et sur la recepte generalle le tout a plain mencionnés aux lettres de la dicte constitution passée par deuetz et camus notaires etdicelle somme je me tiens comptant et bien
payé et en quite ledict sieur de Vigny et tous aultres en tesmoings de se jay signé la présente ce XV jour de juillet mil cinq cens quatre vingt et deux.
Constitution
du douziesme jour de mars
mil cinq cens soixante treize.
G. Pilon.
Je Germain Pilon sculpteur du roy et controlleur gênerai des Monnoyes de France confesse avoir eu et reçu de Noble homme Maistre Francoys de Vigny recepueur de la ville de paris la somme de xlvii escus XIII s. iiij d. pourdemye année dix jours moins eschue le dernier jour de desembre dernier passé à cause do cent escus sol de rentte annuelle et perpétuelle qui des le dix huictieste jour juilliet mil cinq cens soixante et treze mont esté venduz et constitues par messieurs les prevostz des marchans et escbevins de la dicte ville de paris assigné sur les cent mille Hures sur le clergé le tout à plain mencionnés aux lettres de la dicte constitution passée par deuetz et camus notaires de laquelle somme de — je me tiens comptant et bien payé et en quicte ledit sieur de Vigny et tous aultres en tesmoings de se iay signé la présente ce XIII jour de apruril mil cinq cens quatre vingt et trois.
Constitution
du dixhuictiesme jour juilliet
mil cinq cens soixante et treize.
G. Pilon.
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