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ROYALE DE PEINTURE

Communiqué par M. L. Dussieux.

Troyes, 13 mai 1752.

J'ay différé jusqu'à présent de vous envoyer les mémoires parce que ayant été frappé de la généalogie que* donne a M. Mignard l'auteur de sa vie (1) j'ay voulu m'informer si elle était véritable, et vous faire part de ce que j'auré découvert à ce sujet mais le registre des baptêmes de l'année 1710 ne se trouve point dans la paroisse ou il a été baptisé. Pour y suppléer on m'a communiqué une permission en original donnée au capitaine Mignard (père des peintres) par Iç duc de Chevreuse de toucher avec d'autres capitaines une somme de mille écus pour un château dont on avoit racheté le pillage. Cette pièce est dès les commencements de la ligue et on en peut conclure V que. le père de Mignard n*a point été aussi fidèle a nos Rois que le dit l'auteur de sa vie puisqu'il étoit un des émissaires des ligeurs de Troyes. 2® Qu'il n'a point servi les rois

(1) c'est incontestablement à la Vie de Pierre Mi|!;nard, premier peintre du Roy, par M. Tabbé de Monviile, Paris, 1730, que Grosley fait allusion dans le cours de cette lettre. Ce livre avait, été écrit sous la direction et avec les notes de la comtesse de Feuquières, fille de Pierre Mignard.

avec distinction puisqu'il était simple capitaine de la milice bourgeoise et que ces capitaines sont choisis parmi la bourgeoisie la moins distinguée. 3^ Que le conte sur lequel on fonde l'origine du nom de Mignard est controuvé puisque dès le commencement de la ligue il s'appeloit Mignard et que d'ailleurs Henry quatre n'est venu à Troyes que longtems après la datte de la pièce en question.

Ces observations vous paraîtront peut-être superflues mais vous pensez sans doute comme moy qu'il n'y a rien de si méprisable qu'un historien qui veut relever la gloire de son héros par des mensonges aussi grossiers et aussi inutiles que ceux là dans la vie d'un homme aussi recommandable par son mérite personel que Mignard.

Si je puis trouver allieurs son extrait de bapt. ou celuy de son frère Nicolas je vous en feray part.

FR. PVGËT

copie de la lettre de pierre-paul puget, petit-fils du fameux pierre puget, au r. p. bougerel, prêtre de l'oratoire.

Communiqué par M. L, Dussieux.

Du 10 janvier 1753.

A l'égard du tableau, dont vous avez parlé à M. Dalmore, que M. Lépicié a découvert à Ghaville, il est de feu mon père (François Puget, fils de Pierre) (4), qui avoit été à Versailles pour conduire Le Milon de mon grand père et le présenter à Sa Majesté. Le Roi lui dit à cette occasion, il m'est revenu que vous savez peindre, ce qui détermina mon père à faire ce tableau de musique. Il le présenta à Sa Majesté qui lui témoigna

(1) Voir sur François Puget, peintre, et Pierre-Paul Puget, architecte, Texcellente notice que M. Emeric David a consacrée à leur père et grand-père, l'illustre Pierre Puget, dans la Biographie universe Ue de Michaud. La dernière phrase de la pièce que nous publions, et qui nous a été communiquée par M. L. Dussieux, établit, par un témoignage irrécusable, que la plupart des tableaux d'église gui ont été attribués au grand Pierre Puget, sont de la main de son nls François, et notamment cette vocation de saint Mathieu, de Féglise de Château-Gombert, au terroir de Marseille, qu'Emeric David donne sans hésiter à P. Puget. François Puget avait appris la peinture auprès de Laurent Fauchier, le très-habile portraitiste provençal ; son tableau d'une réunion de musiciens, et son portrait de rillustre sculpteur , son père , se voient aujourd'hui dans les SdUes du Louvre.

en être très satisfaite. M. le Brun fit Téloge de mon père, à qui le Roy accorda une gratification.

Quelque temps après, ma mère étant morte, mon père se présenta au Roy, qui lui dit avec un air de surprise : Quoi! Pugety votre père est mort? IN on. Sire, lui répondit'il. C'est ma femme. J'en suis fâclté, mais je Vaurois été davantage si c'eût été votre père. Mon père n'étoit pas borné au portrait , il a peint plusieurs tableaux d'histoire. Au couvent des religieuses de la Visitation, à Marseille, on voit, au maître-autel, une Visitation , et dans la même église un S^ François de Salles : Dans l'église du château Gombre, parmi plusieurs tableaux de sa main, on y remarque entr'autres un S^ Mathieu.

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