LE TELLIER A M. DE CBEVIGNT
A Parti, le 1« man IM).
Monsieur, vous recevrez, au premier jour, une dépêche du Roi que j'ai eu commandement d'expédier, par laquelle S. M. vous ordonne, et à l'gfflcier de la marine qui en sera porteur, de mettre en ses mains tous les canons de fonte de fer qui se trouveront dans Belle-Isle; et c'est ce que j'ai ju^é à propos de vous faire savoir par avance, afin que vous puissiez en cela exécuter plus promptement les volontés des S, M. (A. G.)
LE KOl a DARTAGKAN.
M. d'Arlagnan, ayant été ce jourd'hui rendu arrêt' en la chambre de justice, par lequel et pour les causes y contenues, il a été
1. O» HBt <l<i]i percer le mécoDteDlrinent de la cour. Le Roi avait Irèt-mal reça le premier prMdent, auquel il impataii la lenteur de l'iDatruclion.
3. Il aT^t été Dommé eonnandant de B«lie-Iale i la place da la Haye Cliaaut, créaiare de FiHi«)Det.
>. Dana ViûH qui avait établi la chambre il n'était pas qnealion du aarintendaot, et on n'en avait rien dit à la cliunlve ; mais te 3 mon 1« pntcoreiur genlnl
ordonné que le sieur Poucquet, ci-devant suriateadant de mes finances, prisonnier en mou château de Viscennes, sera par deux commissaires nommés par ladite chambre, interrogé sur les faits et articles donnés par mon procureur général en îcelle, et voulant que le dit arrêt sorte son plein et entier effet, je tous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous permettiez aux commissaires et au greffier de la chambre dont ils seront accompagnés, d'entrer dans le donjon de mon château de Vincennes toutes les fois et quand ils le désireront, que tous leur représentiez ledit sieur Foucquet pour être par eux interrogé, et que vous leur laissiez librement vacquer à l'exécution de ladite commission, à ' quoi m'assurant que vous satisferez ponctuellement , je ne vous ferai la présente plus longue. (B. A.)
Paria, 3 mus leei.
M. daubât' a de pouponne.
Ce S' mua leea.
monsieur, après avoir assuré que je prends toute [a part que je dois à votre disgrâce, et que je souhaite qu'elle ne soit pas si longue que la mienne, je vous dirai qu'elle vous est très-honorable et qu'elle augmente la réputation que vous avez acquise dans le monde, puisqu'elle est causée par le généreux attachement que vous avez témoigné pour un malheureux que la fortune a précipité dans les abîmes, après l'avoir élevé sur le pinacle. Je vous puis assurer. Monsieur, que je m'intéresse dans sa chute, et par le ressentiment que vous en avez, et par la passion nalurelle que j'ai pour les aniigés ; quoique ma famille et mes frères eussent peu de sujet de se looer du procédé que ceux de son nom ont eu avec nous, mais il faut tout mettre au pied de la croix, et faire àa bien aux auteurs de nos persécutions passées ; je vous conjure de
«ipow que, par l'eiimen det pspien Irouria cbez Bruiut, Foacqnct éttii cliargt de pluBiean concuuions, et requit l'intecrogaloira de l'acciud. Lt chambra airËU 1« ■lalin mima qa'il wrsil informa contre Foocquel. Le lendero*ii], MM. PoDeet et Renard, comminalrea i&égai», interrogèrent le torintendant; du ï au 12 mars oo n'a paa reproduit CM Interrogaloires ; ila oat été imprimte dès 160S dans jd recueil du procte.
I. L'aateur ds cette lettre est, aelon toute appareiice, ud conMiller >dx enquêtai, noté aidai dans le tableau du parlement : ■ Dorai ae pique d'éloqaence. barangueur lea cbambrea aaaemUéea, peu Judideui, emporté, incapable de raiaoa, peu sQr, quoiqu'il aa priae d'ami, ^and ttondear, etc. •
ibyGooglc
12 FOUCQIET.
m'honorer de vos coaitnandeDients et d'ôtre persuadé que je
suis, etc.
Ma femme et mes flUes vous prient d'agréer leurs très-humbles baise-mains. (B. A.)
1IADA.HE FODCQUBT LÀ MÈBE AU ftOl.
5 msn 1641.
Sire, Marie de Maupeou, veuve de messire François Foucquet, conseiller d'État ordinaire, la plus malheureuse mère du monde, supplie Irès-humhlement Votre Majesté de regarder son extrême affliction d'im œil de pitié, et avec une bonté royale.
Depuis la perte de son mari, très-fidèle serviteur des rois prédécesseurs de Votre Majesté, elle souffrait les ennuis d'un long veuvage, consolée seulement par les services que Votre Majesté recevait encore de sa famille, et, ne prenant autre part que cellelà aux choses du monde, ne pensait plus qu'à prier Dieu et à attendre une mort tranquille, lorsqu'elle apprit que celui de ses enfants à qui Votre Majesté avait confié ses finances avait été arrêté par son commandement, ses biens saisis, sa femme réléguée, trots de ses frères exilés de la cour, ses enfants presque réduits à la misérable condition des enfants exposés, ses amis renoncer publiquement à ses intérêts, ou les trahir en secret, ses domestiques en prison ou en fuite', elle seule, âgée, malade, abandonnée de tous, restée d'une si nombreuse famille pour soutenir le poids de tant de malheurs, sans autre recours qu'à Dieu, en qui elle a toujours espéré, et aux bontés de Votre Majesté qu'elle implore avec tout le respect et l'humilité dont elle est capable.
Dieu est témoin, Sïre, que ce qu'elle regrette dans ce malheur n'est pas les biens et la fortune de son fils, où elle a toujours été peu attachée; toute sa douleur est qu'il ne lui soit plus permis de croire et de dire son fils innocent, quand le plus éclairé de tous les rois semble le traiter en coupable. Et dans l'excès de son affliction, elle lui redemanderait presque la vie qu'elle lui a donnée si elle n'espérait encore que Votre Majesté le trouvera peut-être moins criminel que son malheur ne le fait paraître; les senliments que cette malheureuse mère lui a toujours inspirés, et ceux qu'elle a tot^ours
reconnus en lui, les services qu'il a rendus à Votre Majesté dans le plusfort de l'orSge, et nommément dans rétablissement du parlement de Pontoise, dunt Votre Majesté a tout récemment fait dire à ceux qui eurent l'avantage d'y contribuer avec lui, qu'elle n'oublierait jamais un si important ser\ice pour son État, enfin s'exposant à la fureur d'un peuple irrité pour soutenir l'autorité royale, le zèle ardent qu'on lui a toujours vu pour l'État, la confiance avec laquelle il n'a voulu protection, support, espérance ni ressource, biens ni honneurs que dans la bonté de Votre Majesté, ainsi que le témoignent ses grandes dettes; enfin toutes les actions de sa vie et en dernier lieu la vente de la charge de procureur général que Votre Majesté sait qu'il n'eût jamais vendue dans un autre temps, mais plus que tout le reste, les grâces infinies qu'il a reçues de Votre Majesté donnent lieu de croire que s'il n'a pu s'empêcher de tomber dans quelque faute, ça été de celles qui sont presque inséparables de tous les grands emplois, sur lesquelles la justice ■ de Votre Majesté peut fermer les yeux sans se faire tort, et pour laisser quelque matière à sa clémence.
Dans ces pensées. Sire, pleines toutefois de soumission pour Votre Majesté, la suppliante ayant été avertie qu'on envoyait des commissaires de la chambre de justice à son fils, demande pour première grâce à Votre Majesté que sans lui donner d'autres juges, il lui plaise être elle-mCme le seul juge de sou administration, conformément à la condition sous laquelle son fils a reçu ses finances, et dont la commission l'exempte en propres termes de rendre raison de son administration i la chambre des comptes ni ailleurs (termes remarquables ni ailleur») qu'à la propre personne de Votre Majesté, en défendant et interdisant la connaissance à tous autres juges, à plus forte raison à des juges extraordinaires, qui, quelque grande et connue que soit leur probité, sont toujours plus suspects que les naturels, et dont presque toujours, ainsi que dans ce fait particulier, il s'en trouve une bonne et considérable partie récusables : et si jamais un Hoi aussi grand et aussi éclairé que Vqtre Majesté doit reprendre à soi le droit de juger la première et la plus royale de toutes les causes qui lui appartiennent, c'est sans doute quand il s'agit d'une administration importante de plusieurs années, dont la plus grande e\ plus délicate partie ne peut avoir pour fondement que les ordres de Votre Majesté ou de son premier ministre, quand il faut pénétrer dans ces secrets de l'État, que la
puissance souveraine a toujours cachés trës-sagemeut aux peuples pour leur propre intérêt, tous les exemptes du passé ayant justifié que la multitude n'y a jamais porté les jeux sans en faire un mauvais usage contre la sacrée autorité des Rois, en qui seule consiste toujours le bien, la paix, le repos et la sûreté du monde ; quand il s'agit enfin de juger de la vie et de la fortune d'un particulier que les bontés de Votre Majesté ont tiré du rang des autres, à qui le senicc môme a fuit une ioHnité d'ennemis, et l'éclat de cette puissance qui lui était confiée encore plus d'envieux et de jaloux, tout étant pour ainsi dire suspect, au moins à une mère dans le péril de son fils, surtout encore dans une cour, comme sont toutes celles du monde, pleine d'intrigues, de prétentions, de liaisons, de dépendïinces et de desseins particuliers, n'y ayant que Votre Majesté seule qui puisse connaître ces choses avec pureté, et qui, ne dépendant que de Dieu, est au-dessus de nos intérêts, de nos passions et de nos faiblesses.
Que si ces considérations, Sire, que cette malheureuse mère prend la liberté de représenter à Votre Majesté, si la clause expresse des provisions de son fils, si ses services et son zèle qui ont été très-souvent honorés des louanges de Votre Majesté même ; si les larmes d'une mère, et de toute une famille désolée, qui vous parle, Sire, par sa bouche, ne peuvent obtenir pour son fils la grâce que Votre Majesté soit elle-même son juge, la suppliante prend encore la liberté de dire à Votre Majesté, que son fils, outre qu'il a l'honneur d'être né gentilhomme, a servi vingt-cinq ans et plus en diverses charges de votre parlement, et par conséquence acquis un privilège auquel Votre Majesté n'a jamais fait de brèche pour personne du monde, non pas même pour ceux qui ont été accusés de crime de lëse-majeslé, qui est de ne pouvoir être jugé que par cette compagnie, joint que tout ce qu'on voudrait lui imputer ne peut être commis que dans un temps où il en tenait une des principales charges, qui était celle de votre procureur général. La suppliante s'assure. Sire, que si Votre Majesté ne fait grâce, comme tout le monde l'attend d'un prince aussi magnanime, au moins personne ne doit-il craindre d'unprince aussi * équitable qu'il veuille autre chose que la justice, qui dans l'opinion des peuples, qu'un grand Hoi ne néglige jamais, ne se saurait trouver aussi bien ailleurs qu'en ce célèbre parlement; et pour joindre l'humanité à l'équité, Sire, si Votre Majesté ne juge elle-
rofime son Bis, auquel cas on ne prétend employer auprès d'un si grand et si juste juge que sa propre géaérosité, la suppliante ose encore demander k Votre Majesté qu'il lui plaise d'agréer que la femme de ce fils infortuné et ses frères reviennent en cette ville pour instruire ses juges, comme il a été accordé de tous temps, et pour veiller à la conduite d'un si important procès, de peur que se trouvant ici seule, malade, sans connaissance des aifaires, détachée du commerce du monde, elle ne succombât sous une aussi grande charge, on n'împuUt à sa faute, ou à la faiblesse de ses viens jours, le malheur de son fils.
A ces causes. Sire, plaise à Votre Majesté, conformément à la commission de surintendant donnée au sieur Foucquet son flis, réserver à la seule et propre personne de Votre Majesté les connaissances de son administration et des faits qui lui sont imputés, et oii Votre Majesté n'en voudrait prendre connaissance, la renvoyer à son parlement de Paris, et pour l'instruction et sollicitation do procès, permettre i la femme de l'accusé et à ses frères de revenir en cette ville, et la suppliante continuera jusqu'au dernier moment de sa vie, qu'elle ne peut croire désormais être fort loin, à mêler aux soins qu'elle » toujouis pris des malheureux, ses prières et ses vœux pour le bonheur, pour la gloire, la prospérité et santé de Votre Majesté. (B. A.)
IC TELUSa A H. DE HONTBRON.
Monsieur, j'ai vu par votre lettre du 24* du mois passé, l'indisposition de madame du Plessis Bellière, el je puis vous assurer que j'en ressens beaucoup de douleur et que je lui souhaite une prompte guérison. Si cette dame désire se donner la peine de m'écnre, le Roi trouve bon que vous lui permetlieï de le faire, ol que vous preniez soin de m'adresser ses lettres. (A. G.)
Paris, ce S luan ieS3.
L£ MEME A KADAHB FOUCQUET.
A Pirii, leSinmlMl.
Madame, le Roi a trouvé bon de vous accorder la permission
que TOUS lui avez fait demander de venir en cette ville solliciter '
les affaires de M. Foucquet, ainsi que vous connaîtrez par la d<^-
pëche de S. M. qui est ci-jointe. Cependant, Madame, je vous
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adresse une lettre que je viecs de receroir pour toos. Je tous supplie très-humblement de me faire Tbouneur de croire que je profiterai de toutes les occasions qui se pourront offrir de tous faire connaître, autant qu'il me sera possible, que je suis', etc. (A. 6.)
H. DE CBENEDE A COLBEKT.
A Angen, It S man 1S62.
Monsieur, la garantie dans laquelle M. le Pelletier, président au parlement, a bien voulu entrer auprès de tous en ma faTeur, et la permission que tous m'aviez accordée de vous donner avis de ce qui se passe en ces proTinces. m'obligent de vous dire, Monsieur, que dimanche dernier le sieur Legrand, ci-devant marchand, et qui est de la ville de Saumur, vint dans celle ville, où il est estimé pour homme incommodé dans ses affaires et de peu de jugement. Il fut d'abord chez un marchand nommé Bousselin, qui dans les derniers temps était le correspondant du sieur Passart, banquier, et qui a aussi toujours été dans les intérêts des sieurs Boislève; il lui dit qu'il avait ordre du Roi de l'arrêter avec les sieurs Boislève, et de les conduire à Paris; ensuite il fut chez les sieurs Boislève, frères de l'intendant, dontl'un est ici lieutenant général, et l'autre est receveur général des traites, auxquels il dit qu'il venait de la part du Roi avec ordre de les conduire à Paris. Ces messieurs, s'étant mis en devoir d'obéir, eurent avis que cet homme avait avec lui un des gardes du corps du Roi qui était dans une hôtellerie, auquel ils allëri'Ut parler, mais il leur dit qu'il avait parti de Paris avec le sieur Legrand qui avait promis au Roi qu'il le saisirait de la personne du sieur Boislève, assurant qu'il était dans cette ville, mais que son ordre, bien entendu, ne parlait que du sieur Boislève, ci-devant intendant des finances; alors le sienr Legrand demeura d'accord de cette esplicalion, mais il ajouta que M. Le Tellier, et vous, lui aviez ordonné verbalement de se saisir des sieurs Boislève frères de l'inleadant, pour les mener à Paris, et il dit qu'il vous en écrirait, et que jusqu'à votre réponse il ne partirait pas de cette ville; cependant ceux qui connaissent le sieur Legrand estiment qu'il est capable de s'être mépris dans le nom de Boislève, et ces messieurs en parlent même de la façon. Je crois que plu-
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^eurs de leurs amis entretiendront H. Le Tellîer, et tous aussi; pour moi, Monsieur, je vous assure que rien n'est au-dessus de la passion et de la fidélité que j'aurai, s'il tous plaît, toujours auprès de TOUS, dont H. Colbert, conseiller de la cour, aTec M. Le Tellier seront, s'il tous plalt, garants. (B. l.)
Le même au même.
A Angers, le 13 nun 1M3.
Monsieur, j'eus l'bonneur de tous écrire par le dernier courrier, et j'adressai ma lettre, comme je fais celle-ci, à M. le président Le Pelletier, qui m'oblige de me soutenir auprès de vous. Je tous dirai. Monsieur, que le garde du corps du Roi dont je tous ai parlé arrêta bier prisonnier le sieur Legrand, aTec qui, suiTanl l'ordre du Roi, il était Tenu de Paris en cette ville, et il le fit conduire dans le château de cette ville. Cette nouTclle m'ayant surpris, et m'ayant tout ensemble obligé de m'informer du sujet de l'emprisonnement de cet homme, le garde du corps m'a dit que, comme la conduite dudit Legrand lui a paru loutà fait déraisonnable dans tout le cours de l'afFaire dont il s'était chargé au sujet du sieur Boislève absent, il- aTait cru devoir arrêter cet homme. H m'a aussi dit qu'il partait aujourd'hui pour aller rendre compte au Roi du succès de son Toyage. (B, L)
LE HABÉCHÀI fABBRT* A H, D'ADSILLT.
U 13 mus 1003.
Je reçus hier une lettre de M. TOtre fils sur la v6tre du 7; je lui allais aujourd'hui dépêcher un exprès pour apprendre l'état de s santé, et lui offrir, comme j'ai fait du meilleur de mon coeur, tout ce qui peut dépendre de moi ici, ce qu'il me mande est digne d'un fils d'un père comme le sien; il y a bien de la diiTérence entre lui et des gens que l'on estime fort. Que vous êtes heureux, Monsieur, de voir passer en vos enfants les grandes grâces qu'il vous a données, et qu'il donne à si peu de gens ; à peine dans un siècle, il se TOit dans le monde un homme comme vous, et en Toilà deux I
el gDDTerneor de Sodu. Uort «a t0«9.
18 FOUGOUBT.
H. DI ROniLLÉ* A DB FOKPORHE.
13 mm lau.
Je TOUS aurais déjà écrit, si mes lettres pouTsient soulager la peine que vous cause votre abseuce, ou diminaer celle de votre éloignement, mais je les crois inutiles pour l'une et pour l'autre, parce que je n'ai rien de bon à vous écrire toucbant ce que vous pourriez le plus souhaiter au sujet de votre ami. Vous aurez appris que MH. Poncet et Renard, assistés du sieur Poucaut, greffier, commencèrent, il y a aujourd'bui huit jours, à l'interroger matin et soir. Il ûl quelques légères protestations, et ne laissa pas de répondre et de signer. Il n'y a qu'eux trois dans la chambre lorsqu'on l'interroge. Il supplia d'abord ces messieurs d'obtenir du Roi qu'il pût parler à M. Le Tellier ou à M. Colbert, et, le lundi en suivant, il fit difficulté de répondre jusqu'à ce qu'il eût parlé à l'un de ces deux messieurs, mais la chambre de justice donna arrêt portant que, sans s'arrêter à ses dires, et délais par lui requis, il serait tenu de répondre, duquel arrêt lui 8 été fait lecture. H a tous les jours été interrogé deux fois, matin et après dîner, et a répondu et a signé, avec pourtant des protestations devant et après, que ses réponses ne pourront préjudicier au privilège qu'il a de ne reconnaître que le Roi et le parlement pour juges. Peu de gens approuvent cette manière de se défendre, parce que l'affaire s'avance fort par ce moyen, et ce qui est dit et signé est dit et signé, nonobstant le prétendu privilège, duquel on le déboulera sans doute. Vous aurez aussi appris que M. Le Tellier a eu ordre d'expédier une lettre pour permettre à sa femme de venir solliciter ses affaires, ce qu'il a fait, mais on n'en augure pas mieux pour cela. On ne voit personne agir par deçà pour lui que fort faiblement, à l'exception de madame sa mère qui en a parlé à la Reine mère, et je crois aussi à la Reine; et qui en a présenté quelques' placets au Roi. C'est de sa bonté et de sa clémence que l'on peut attendre quelque chose de favorable pour lui, et jusqu'à présent on n'en voit aucune apparence, car d'ailleurs tout est à craindre, vu particulièrement la précipitation sans relâche dont on use pour l'instruction de son procès. Voilà ce que je vous en peux écrire, et qui est public; je le plains fort et tous ses amis aussi. (R, A.)
H. d'bsuiadbs' ad roi.
Sire, je De dissimulerai point à Votre Majesté que la réserve qui m'a été Taite de l'affaire de Portugal m'a seosiblement touché; mais voyant la bonté qu'elle a de m'assurer, par la dépêche qu'elle m'a fait l'hoDoeur de m'écrire du 16, qu'elle n'avait ea cela conçu aucune défiance de ma fidélité, j'en suis demeuré tout consolé.
Les diverses conférences que j'ai eues sur cette matière avec le roi d'Angleterre ^ m'en avaient donné quelque soupçon, l'étonnement où je le mis quand je lui expliquai là-dessus ce que Votre Majesté m'avait ordonné de lui dire, l'affirmation positive qu'il me fit du contraire avec ses circonstances, le refus d'un voyage à la cour sur tous ses intérêts en furent les indices certains ; mais comme je crus que ce serait vouloir trop pénétrer dans les secrets de Votre Majesté que de lui dire quelque chose, et qu'elle pouvait avoir des raisons d'en user ainsi, je lui en cachai toute ma douleur; je dois pourtant dire à Votre Majesté que, craignant qu'à l'avenir semblables mortifications ne me fussent préparées auprès d'elle par M. Foucquet, que j'avais raison d'ailleurs de ne pas croire de mes amis, je cherchai dès lors les moyens de m'attirer ici le moins d'affaires que je pourrais, et ce fut dans cette vue que je fus bien aise que le procédé ordinaire des Anglais dans les traités me fournit d'assez fortes raisons pour persuader à Votre Majesté qu'il était de son autorité et de son intérêt de ne souiTrir pas que le renouvellement d'alliance se fit ailleurs qu'en sa présence, et qu'ensuite j'écrivis en ce sens àM. de Lionne et à M. de Brienne, toujours dans le dessein de conserver k mou caractère, pour le service de Votre Majesté, l'honneur qui lui est dû auprès d'un prince qui est assez clairvoyant pour remarquer les manières dont il m'avait vu traiter, et se régler là-dessus de la confiance qu'il aurait pu prendre en moi sur toutes choses.
C'est dans cette même vue, Sire, que j'ai cru que Votre Majesté approuverait que, dans le commandement qu'elle me fait de lui découvrir l'ordre que j'ai présentement de continuer, avec lui et
1, GodeTroy, comte < maréchal de France ci