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Clurlea U, ué enl8ao, mort en iOSS

sonchanceIieri,ia négociation qui étaitcommencée par H.Foacquet, je lui ai parlé de manière qu'il ait pu croire que je n'ignorais pas le projet de cette négociation, que même pour des raisons particulières dont je n'avais pas ordre de m'expliquer, il était de l'intérêt de Votre Majesté qu'il ne lui parût pas que je le susse, que c'était pour cela que je lui avais fïiit des réponses si négatives, mais qu'à présent j'avais ordre de lui dire que Votre Majesté approuvait tout ce qui avait été négocié avec son chancelier par ce secrétaire, sans qu'il fût nécessaire de garder plus aucune correspondance avec lui, que j'étais chargé d'entrer dans tout le détail de cette négociation, et que j'avais une lettre pour M. le chancelier, qui marquait qu'il pouvûi prendre en moi toute créance.

C'est en ce sens que je parlai au roi d'Angleterre, vendredi dernier. 11 m'a répondu que toutes choses l'avaient surpris dans cette négociation, le choix d'un homme de rien, et qui, môme dans l'emploi qu'il avait eu auprès de M. de Bourdeaux, avait laissé une méchante opinion de sa fidélité et à qui l'argent faisait faire toutes choses, que l'on pouvait bien juger qu'il ne lui serait pas une personne agréable pour les liaisons particulières qu'il avait eues avec Cromwell contre son service, qu'il avait débuté auprès de son chancelier au nom de M. Foucquet, par des propositions de liaison d'amitié étroite, et par des offres de telle somme d'argent qu'il pourrait désirer, à condition que tout ce qui se traiterait serait particulier entre lui et le chancelier, et pour justifier que ces offres n'étaient pas vaines, il lui fit voir des billets et lettres de change de grandes sommes, sur quoi le chancelier prenant ses propositions pour des tentatives de le corrompre, se piqua d'honneur et s'emportant les rebuta toutes jusqu'à ce que lui, roi d'Angleterre, lui ayant commandé de se radoucir et de les écouter, il l'envoya chercher, et pour lors Labastide lui témoigna que les offres d'argent qu'il lui avait faites n'étaient que pour lui fournir un moyen de subvenir aux grandes nécessités où pouvait être un prince nouvellement rétabli dans son royaume, et bien loin de vouloir tenter sa fidélité, il avait cru lui fournir par là une belle occasion d'en donner de nouvelles preuves au roi son maître *, La

1. Sdoiuvd Hjrde, comte de Cttrendon, chuicetier d'Anglelem, mort à Rouen, m t6n.

3. On dit, éciivait de Witt, que l'on ■ trouve une liste de penonnca qai tiraient de lui de grosMS peôtioaa qui montaient jusqu'ï quelques 100,000 triuica pu u, et entre cet peoilonn tires, il se trouve pinceurs Aag;tai» de distincUoii.

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négociation ayant commencé ainsi, Labaslîde s'en revint en France , et les premières lettres qu'il écrivît marquèrent que, n'ayant parlé encore qu'an nom de H. Foucquet, a présent il parlait au nom de Votre Majesté, qu'elle approuvait tout ce qu'il avait avancé, et qu'elle le chargeait de l'assurer qu'elle l'exécuterait de bonne foi, qu'ensuite les lettres de M. Foucquet confirmârent ces mêmes assurances; cette correspondance ayant duré jusqu'à mon arrivée, il parut dans le dernier étonnement de la voir continuer encore après, et d'entendre la manière dont je lui répondis dans deux ou trois conférences que j'eus avec lui sur ces alTaires, en telle sorte qu'il commença pour lors à douter que cette négociation se fit avec la participation de Votre Majesté, et voyant que, depuis l'arrêt qu'elle avait fait faire de la personne de M. Foucquet, Labastîde avait cessé son commerce de lettres, il avait résolu d'envoyer un gentilhomme vers Votre Majesté, pour s'éclaircir de toute cette affaire et savoir i quel des deux il devait ajouter foi, de moi ou de LabasUde ; que je le sortais de cette peine par les choses que je lui apprends, qu'il admirait la conduite de Votre Majesté dans toute cette affaire, et qu'il comprenait bien qu'il y avait eu de puissantes raisons qui l'avaient obligée d'en user ainsi; qu'il fallait attendre le retour de son chancelier pour aviser avec lui aux choses qui seraient à faire pour finir cette négociation, qui lui avait toujours paru très-utile au bien commun des deux couronnes.

Je pris occasion de lui dire que Votre Majesté se chargeant de fournir une somme considérable, afin que ce royaume se pût garantir de retomber entre les mains des Espagnols, il serait juste d'examiner l'emploi qui en serait fait, savoir à même temps quel secours il voudrait y contribuer de sa part, que Votre Majesté était si persuadée de sa bonne foi et justice en toutes choses, qu'elle avait rejeté bien loin les avis qui lui avaient été donnés, qu'il était résolu, après la dot reçue et Tanger' occupé, de ne se soucier plus du roi', de la reine, ni du royaume de Portugal,

Il me répondit que jamais il n'aurait des sentiments si bas, qu'il était obligé par le traité de Portugal de fournir S.OOO hommes de pied etdeux régiments de cavalerie seulement, mais qu'il prétendait sans obligation les soudoyer trois mois, employer toute la dot et

1. TugerUsalt putie de Is dot d« Catherine de Brftguice, femme de Cbu-lean. 3. Alpboace IV, roi de Portagal, monté lar le trAne le A novembre 1061, iépoai le » HplembralHT, et mort en tess.

encore des sommes et des forces si considérables pour la protection de ce royaume, qu'il persuaderait à toute la chrétienté que son alliance et son amitié étaient sincères quand il les engageait, et qu'elles seraient utiles à ce prince qui devenait son ami et son beau-frère.

J'entrerai dans le détail de toutes ces choses avec le chancelier que l'on attend ici dans cinq ou six jours, et après cela je partirai pour en aller rendre compte à Votre Majesté, et de quantité d'autres aifaires importantes à son service, dont il n'est pas bien aisé de m'ezpliquer par mes dépèches.

Pour le secret que Votre Majesté me recommande dans toute la suite de cette affaire et les précautions que je dois prendre pour cela, je dois lui dire que l'épreuve que j'ai faite depuis quinze ans de la fidélité du sieur Batailler, en différents emplois qu'il a eus pour le service de Votre Majesté dans ses armées et ailleurs, et qui fait k présent auprès de moi la fonction de secrétaire de l'ambassade, m'oblige d'être fort en sûreté de ce c6té-Ià, et que n'y ayant que lui qui ait eu connaissance des affaires plus importantes et particulièrement de celle-ci, Votre Majesté peut être aussi persuadée que c'est la même chose que si elle n'était sue que de moi

seul '• (BiB. DE TOULODSB.)

ALoDdr».

H. BATAnXEH* k DE UOKBS.

Monseigneur, M. de Saint-Évremont ' m'est venu voir, bien que je n'aie eu de ma vie habitude quelconqueaveclui.lt me fit avertir de sa visite par M. d'Aubigny, et je ne crus pas la devoir refuser. Jl m'entretint du sujet qui l'avait obligé de passer en Angleterre, et me fit entendre qu'il s'estimait bien malheureux qu'une pièce qu'il avait conçue pour son divertissement particulier, et qu'il n'avait communiquée à personne, fat devenue publique par la prison de M. Foucquet; qu'il s'estimait coupable, puisqu'elle avait déplu

1. Malgré letr^té dwPrréaéet etquolqusPbilippa IV rat devenason beaq-père, Lonii XIV gODttnait en secret le Portugal dans sa lutte conire l'EsptgDe, et Foucquet, comnie on le Tolt.suJTBit leaimentions du Roij néau moi nï, Louis fut très-irritéde ce que leiuriaieudant avait entamé, sus ardre, de* otgociations tout t Tait étraogèrei k ses fanctiani.

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