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PAPIERS INÉDITS

DE

PROCES DE FOUGQUET

SURIHTXNBAHT DES FlNANCESt

BOIILLIAO» A VIBCEHT FABEIClUa ^

Juriar lesi, à U Haye.

Nous saurons dans quelques semaines la décision du Roi à l'égard du surinteodaut des finances, M. Foucquet, ou l'Écureuil, car en Anjou un écureuil s'appelle foucquet. 11 est étroitement gardé à vne à Angers, d'où il a essayé de s'écbapper. Il voulait s'arroger l'autorité suprême, gouverner et conduire le Roi malgré lui. Il mettait en œurre toutes les ruses possibles et tontes les séductious du trésor royalj qu'il prodiguait sans mesure. Je ne sais s'il comptait marcher sur les traces de Cromwell ; mais , en excitant la colère du prince, il est devenu criminel, comme autrefois le flit Séjan.

Le cardinal Mazarin ne pouvait plus supporter son faste, ses débauches effrénées et son orgueil. On croit que, peu de temps avant sa mort, il découvrit au Roi les fautes de Foucquet , et l'engagea sérieusement à s'en venger par une punition sévère. Parmi les de-

1. H «st ndcotaire de rappeler Ici qae les pièces inaéréts i [» Sn du premier votame donaaicTit dea dduila sur i'arre»tauoD de Poucqast et sur la iranal&tion de NtDtei k Viaceonee; ceUes-ci font conntlire 1» suite du procè* intenta eu lutintenduiet MX finsnden comprouiia stec lui.

1. L'àbbé Iimaei Boulliiu, ni ea leDS, à Loadnn. Horl en ISBA.

3. Vinwnt FabrieiaB, né iHamixinrg le aSMpteoibreieiS, moTtlell nrillfie7.

t FOUCQUET.

vises que les flatteurs et les parasiles de Foucquet avaient faites sur

cet écureuil, on arait remarqué celle-ci : Quû non ascendet. (B. I.)

{Traduit du tatin.)

a. BOISLÈTI ' A GOLBBRT.

Ce 32 Janvier IMS,

Monsinur, je tous suis iuBaiment obligé, (l vous rends trèsbumbles gr&ces de l'audience qu'il vous a plu donner à M. d'Avranches *, et de l'étendue de ma défense sur les cbefs d'accusatioii que l'on poursuit avec lant de cbaleùr à la chambre de justice contre moi. Je sais bien, Monsieur, que je devrais y eire en pcrsoane pour justifier mon innocence; mais, quand on a son maître et son Roi pour partie, quelque innocent que l'on soit, on a sujet <le craindre; c'est ce qui fait que présentement, pour ma défense, je vous supplie de jeter les yeux sur un mémoire qui contient une vérité et une entière confession de toutes les affaires dont je me suis mêlé depuis le mois de novembre 1631 , qui est la première fois que j'ai eu connaissance des affaires du Roi, et d'élre persuadé, Monsieur, que je n'en ai point fait d'autres, et pour fe remboursement de billets de l'épargne qu'on m'accuse d'avoir reçus, je n'en ai jamais reçu pour un sol; le temps fera connaître cette vérité , et que je n'ai été en aucune confidence avec M. Foucquet, quoique l'on se soit persuadé le contraire , et c'est ce qui fait mon crime. Si j'étais assez heureux, dans mon extrême malheur, que vous eussiez la bqnté de faire connaître mon innocence au Roi, et les services considérables que j'ai rendus , ce serait une obligation infinie que toute ma famille et moi vous aurions, puisque vous m'auriez rendu le bien et l'booneur que l'on me veut injustement ravir, après m'ôtre sacrifié pendant dix ans pour le service du Roi ; c'est une grâce que je n'ai point méritée, et que je n'oserai espérer que de votre générosité , quoique j'aie toujours été, etc. (B. I.)

1. BoteliTe éiHÎt un traiiiot. On appelait ain>i d(^ flnancien qui inùtaient avec le Roi du recouvrement de l'impAt; ils payaient d'trancA, mofennant remise.

Boislère, après avoir éU un simple copiite, pissait alors pour poudder dU-liuît millions. Onnine ii se tenait caché, on vendit le* meubies.

S. Boiilève, ancien conseiller au parlemanl, dv^ae d'Avrancbet, frtra du tniiaot. I.a cliaœbre avait Tait saisir les meubles et l'argent du floancier; le prélat les rareiidiqua et affirma, par serment en Justice, qu'ila lui appartenaient. M. Talon prouva la Tsuaseid de cette allégation ; la saisie Tut déclarée vslable et l'éveque cnndamnâ à 1S,000 liv. d'amendn.

U TELUBB A D'iRTAGNAtt.

A Piria. l8 39 JuTler 1H3.

Uonsiear, tous pouvez, sans diraculté, faire savoir à M. Foucquet que le Roi veut bien permettre qu'il fasse vendre le diamant dont il destine le prix aux pauvres, suivant ce que S. M. vous a dit elle-mCme , lorsque vous lui en fîtes la proposition de sa part, et ri vous voulez bien me l'envoyer, je ne manquerai pas <le le porter an Roi. (A. 0.)

Le même au même.

A PtrU, leSSjftDvierieoi.

J'ai reçu, par le retour de mon courrier, le diamant de M. Foucqnet, qu'il vous a mis entre les mains; je le ferai remettre à madame sa mère ', et j'aurai soin d'en tirer un reçu à votre décharge et de vous l'envoyer. (A. G.)

A COLBEKT.

Avit dei prélenduei créaturei de M. Foucquet parmi tes ofjiàert de manne.

Monseigneur, le soin que vous prenez des affaires du Roi, et l'obligation que j'ai de m'acquitter en conscience de ce que je dois, me donnent lieu de vous avertir de ce qui est venu à ma connaissance sur les intrigues de M. Foucquet, surintendant, dont vous informerez S. M. , si vous le trouvez A propos. Il est certain , Monseigneur, que H. le commandeur de Neufchëse* n'a fait achat de la chaîne de vice-amiral de France que des deniers qui lui ont été baillés par M. Foucquet, n'étant pas en état de fournir une somme ai considérable; qu'il a donné un écrit à madame du Plessîs Belliire de se démettre de ladite charge sur son fils, lorsqu'il serait eu Age, et que la plupart des officiers qui commandent â présent l'armement de mer sont de sa cabale et faction; que sur l'amiral

I. Miria da Hanpoon d'Ableigea, veavs de F. Faucqast, coDHlIler d'Biat, noru en 1681, Igée de qaatre-viDgt-OJiie ani.

PoDcqun avait envoyé ce diamant k h remme avec un billet gui a été àé\k pnUié. Hadune Foucquet étant eiilée en province, on Jug» qu'il élait plus i propos-de te letnettre k la loËre du surintendant ; on avait lal&sé celte dame k Parii.

3. Le vice-amiral de KenfclièM m tint caché quelque temps ; cependant sa place M loi rot pu Otée; 11 l'avait adietée le 7 mil IBOl, avec l'argent du aurinteodani.

il a établi pour capitaines les nommés Massé el Guillori, ses créatures : le premier a toujours agi en ses affaires, le second a commandé là plupart des vaisseaux dudit commandeur en toutes les courses qu'il a fait Taire sur mer; que le chevalier de la Carte est aussi UD de ses adjoints pour avoir commandé un vaisseau en l'escadre qu'il avait au service des Vénitiens; que les sieurs de Freeambosc et Éctot, d'Alméras et des Ardents, ont toujours été de ses a^'ents pour détruire le commandeur Paul ' auprès de M. de Vendôme , sur lequel il a eu tant de crédit; que, par le moyen de l'argent dudit Foucquet et des pensions qu'il donne aux domestiques de M. l'amiral, il a établi presque tous les officiers, tant capitaines que commissaires, en l'armement de l'année présente; el que le sieur Duquesne*, dont les desseins sont aussi cachés que ceux dudit commandeur, est un des pensionnaires dudit Foucquet, avec lequel il conférait souvent à Paris, et dépendait de lui en - toutes choses, tant pour l'utilité qu'il en retirait qu'à cause de la terre de Moros, proche de Concarneau, qui est audit Foucquet, et que, conjointement avec le sieur de Neufcbèse, il a travaillé à faire agréer pour officiers à M. de Vendôme quantité de personnes ignorantes au fait de la marine, quoiqu'ils eussent eu quelque emploi par faveur, duquel ils se sont mal acquittés en consommant les deniers du Roi mal à propos, au lieu d'entretenir de boos équipages, et obligé M. l'amiral, pour fortifier leur cabale, de rejeter une infinité de bons officiers qui, plus entendu'; en cette profession, eussent rendu de meilleurs services à S: M., et pénétré plus avant tout ce qui se passe dans la marine. (B. I.)

M. DE CHENËDÉ A COLBERT.

A Angers, Ib 3S Janvier 1603.

Le sieur de Chaiain-Foucquet ^, revenant de Paris, passa la semaine dernière par cette ville pour aller en sa maison, à quatre lieues d'ici. (B. I.)

1. Cbevnlier Paul, fils d'une blaneliiiseute, t\é tti décembre 159T, eotnmtDdenr de Halle, vice-amir»! des mers du Lefaat. Mort le 18 octobie 1607.

3. Abraham, marquis du Queane, né en 1610. Vice-smiral. UortleZfârrieFiesS, à soiiaiiie-dii-hult »ns.

3. C'éuil un cousin du lurioieDdant. On l'accusait d'avoir pris 390,004 IW. Voici ce qu'en dit i'élit des pirlemenu lait pour Colbert :

fl Foucituot, sieur de Chalain, président fa la tournelledu parlement de Bretagne. Il a de l'esprit, mais un peu visionnuire et particulier dins ses aentimenu, Ber, bautaio el déréglé dans ses nauvements; dounant beaucoup k la recommandation. ■

M. PISCATOBIB, AVOCAT UD BOI AU BUREAU DBS FINANCES DE PROVENCE, A COLBERT.

A Ail, le & février 1663.

Monsieur, je m'étais donné l'honneur de vous écrire comme eu exécution de l'édit et déclaration de S. M., et de l'ordre que j'ai reçu de H. le procureur général de ta chambre de justice pour la recherche des abus qui pouvaient avoir été commis aux finances de S. M. en celte généralité; j'avais commencé d'examiner quelques états au vrai des receveurs, ayant depuis continué cette recherche jusqu'à présent; mais, cooime MM. les trésoriers de France ' avaient soufTert avec beauconp de déplaisir l'exécution de mon ordre, après avoir puissamment fait ^gir les deux députés qu'ils ont à Paris auprès de M. Talon, pour en obtenir la révocation, sans eu avoir pu venir à bout, appréhendant que, par l'assiduité de mes soins, je ne donnasse des avis qui ne leur fussent pas avantageux, ils se sont opposés, de leur propre autorité, à la continuation de mes recherches, et m'ont empêché de plus voir aucuns papiers de leur greffe. Ayant trouvé toutes les recettes en confusion , le receveur général des finances qui a les trois charges, l'une desquelles il exerce par commission depuis longtemps sans lettres du Roi , n'ayant point rendu compte par état au vrai des six années dernières de son exercice, depuis son retour de Ligoume, où ses créanciers l'avaient obligé de se retirer. Le receveur particulier du domaine de cette ville n'a non plus rendu aucun état au vrai depuis l'année 1653, qu'il fut poun'u de sondit office , et les autres recettes ne sont pas en meilleure disposition; ce qui donne lieu à diverses plaintes des officiers subalternes pour n'avoir pu toucher le peu de gages que le Roi leur a laissés dans ses états , ne pouvant avoir aucune justice du bureau qui a toujours supporté lesdits comptables; de quoi, Monsieur, j'ai cru être obligé de vous donner avis, afin que vous y apportiez les ordres que vous estimerez les plus utiles pour le service de S. M. et pour vous rendre raison de ce qui m'avait été ordonné pour le bien de ses affaires, altendant d'apprendre quelles seront ses intentions et les vAtres pour les exécuter à mon égard avec toute la fidélité et l'obéissance

i, quoi ma chaîne m'oblige , et avec tout le zèle et le respect qui - TOUS est dû par les persoones qui tous sont entièrement soumises comme moi. , (B.I.)

H. DE U GUETTE * A COLBBRT.

Monsieur, si je n'aTais été bien persuadé de TOlie prudente et fldële conduite , ainsi que du discernement que le Roi sait I^re du vrai d'avec le faux, j'aurais été tout à fait alarmé du bruit qui a couru, à Marseille et ici , de votre éloîgnement de la cour, et, sans flatterie , je peux vous assurer que l'on ne peut prendre plus de part à vos intérêts que je n'en prendrai en toutes rencontres, comme étant TOtre obligé et vous honorant très-sincèrement.

(B. I.) A Tonlon, le 7 tinia 16S3.

H. DE CRËQUI * A DE FOUONHE.

Monsieur, si vous n'êtes déjà pas un peu persuadé de l'envie que j'aurai dans tous les temps de mériter vos bonnes gr&ces, i] est impossible que , par une réponse à vos civilités , je puisse espérer un avantage que je n'ai pu ménager par des couTersations; mais, n'étant pas possible que vous ignoriez un sentiment qui ne vous a pas été caché, j'ose espérer que vous ajouterez quelque croyance aux assurances de service que cette dépêche contiendra; si j'apprends qu'elle vous soit rendue sûrement, je serai plus régulier à vous mander diverses circonstances qui pourraient augmenter le déplaisir de mon exil, si je ne m'étais fait une patience à ma mode; elle n'est pourtant pas de celles qui vont à rendre insensible, ni oublier aisément la souCfrance de ceux à qui je compatis, dont les

1. Louis TeaUrd de la Guetle, Mignear de Suicf, inlend&nt de la mtrlDe, à Toulon.

3. M, de Créquy éi«t gendre de madame da Ple««i»-Bellière, at Foucqnet lai avait donné l'argent nécessaire pour acheter la charge de général des galËre»; c'était d^i un molir de suspicion, mais en outre on découirit dans les papieni du ■urinteDdaat une lettre, fameuse alors, <iue Saint-Enemont avait écrite i H. de Créqu;, daoa laquelle 11 blâmait radministraliDa de Muarin. Tout cela Bt exiler M. de Créquf ; Saint-Evremont, prévenu & temps par Gourvllle, se retira en Aiigle-

U. de Créquy avait une Tort mauvaise réputation sur le chapitre des dames, tdmoin répigramme de Hacine & propos à'Andromaque :

■ La vraiMmblance osl cboqnéo en la pièce. Si l'ou ea croît et d'Olonne et Créqui. Créqoi dit qae Pyrrhus aime trop sa maltMsse, el«. »

FODCQUET. 7

peines ne sont pas finies, j'appréhende la longueur de manège («ic), el que JG ne sois privé pour longtemps de l'honneur de vous foir et de la satisfaction de pouvoir vous dire, etc. (B, A.)

Da Hani, ce B fânier 1S03.

M. D ARGOCfieS < A DB POHPONKE.

A Etennei, ce 19 !évr\w IMi.

Monsieur, j'ai appris par les nouvelles de Paris l'ordre que vous avez reçu du Roi pour vous retirer à Verdun*. Je suis bien persuadé qu'il fnut que ce soit quelque faux avis qui y ait donnÉ lien, car je connais trop votre manière d'agir pour pouvoir croire que TOUS en ayez donné sujet par votre conduite. Néanmoins, comme je ne doute point qu'il ne vous eût élé pluB agréable de demeurer chez vousqne d'aller entreprendre, pendant une si mauvaise saison, un tel voyage, je ne puis, faisant profession d'Aire votre serviteur, que je ne vous témoigne que j'y prends la part que je dois, vous assurant que je suis, etc. (B. A.)

l'évèqub de coittances > a de pouponne.

A. PtrîB, ftn p*l«ie Umuîd, ce 21 révrier IMï, Je ne vous ai pas fait savoir. Monsieur, plutôt la résolution de S. U. pour ce qui vous regarde ; ne croyez pas, s'il vous plaît, que ce soit pour avoir employé le temps aux divertissements de carnaval; car je vous assure que j'ai passé tous ces beaux jours en quçlq'ue manière de solitude; mais vous savez qu'on n'est pas maître du temps ni des affaires h la cour, et il y paraît bien, puisque je ne puis pas, à mon grand regret , vous donner un% nouvelle si agréable que j'aurais désiré; mais l'avantage de vos amis est qu'ils ont affaire à un homme généreux et courageux, et de plus , chrétien, qui sait recevoir et porter les déplaisirs de cette vie

3. On ualt découvert dans le* pipien MiaU chet Foucquet qu'il ei Rliliont Mcrètei uec le PoK-Rofal, par l'entremise de H, de Pompoane. Celai-ci tetnt le 1 fti'rier ordre d'aller k Verdun.

3. aaude Auvry, ancien ëveque de CoDiances. Celait l'ancien malire de chambra de Hiurin ; il Tut plus lard doyen de 1» Salote^bapelle. C'«it ce prélat qui figure oan* le Lutrin. Il vivait encore en KTO.

s FOUCQUET.

avec constance. Vous verrez, Hoasîeur, par l'extrait de la lettre de M. Le Tellier, que je vous envoie, les sentiroeots et intentions du Roi sur votre sujet, et vous pouvez bien croire que c'est avec un extrême déplaisir que je vous les fais savoir ; mais il n'y a point de remède quant à présent, sinon une prompte obéissance. Je ne laisserai pourtant pas de faire ci-aprës ce qui se pourra pour votre satisfaction , non-seulement en cette occasion , mais en toutes les antres qui se présenteront pour votre service.

Madame votre femme me tiendra assurément pour un personnage fort incivil et rustique, de ce que , m'ayant fait l'honneur de m'écrire, il y a deux jours, pour savoir quelque nouvelle de votre affaire, je n'ai pas eu l'honneur de la voir, n'ayant pu retirer la lésolutioo que d'hier au soir, quoique je n'y eusse perdu aucun temps; je réparerai cette faute aujourd'hui ou demain, que j'irai la supplier de voir si, pendant votre absence, qui sera bien courte si j'en étais cru, je pourrais vous rendre quelque service dont vous pouvez faire état et que je suis à vous du meilleur de mon cœur.

J'ai fait faire instance au Roi pour M. d'Andilty < pendant mon indisposition ; mais il a persisté à désirer qu'il continuât son voyage à Verdun, et qu'il y séjournât jusqu'à nouvel ordre ; si je trouve occasion d'obtenir la ville d'Angers*, je m'en prévaudrai assurément, désirant servir H. d'Andilly comme une personne que j'honore de longue main. (B. A.]

IB TELUBR À HADAHE FOUCQUET.

A Paris, le aï HfTler 1601.

Madame, j'ai quelque peine à concevoir comment il se peut faire que vousve receviez point de lettres de M, Foucquet, puisqu'aussi- LAt qu'il m'en a élé rendu, j'ai observé religieusement de les envoyer à la poste, les jours du départ de l'ordinaire^ et je ne puis en attribuer la cause qu'aux mauvais chemins qui retardent sans doute l'arrivée des courriers. Je veuï croire qu'à présent vous aurez reçu toutes celles que j'ai eu l'honneur de vous adresser, et toutefois, Madame, pour plus grande précaution, je ferai recom-

1. Robert Arnuild d'Andilly, mort eo 167A, i qutt)«-Tiogt.«loq «ns.

2. H. Anikuld d&irait l'y retirer pour âlre avec wn frâre, le fameai éTâqaB de cette ville.

3. C'est-ï-dlre le courrier dont le départ était marqué A ua Jour flie; par oppo- ■îtlOD à l'utnordinaire qui panait eiprte poor une affaira (pédale.

maDder au bureau de la poste de cette ville, d'apporter toutes sortes de soids pour vous Taire promptemeot rendre les lettres qui s'adresseront à vous ; cependant Je vous en envoie une qui me fut apportée hier, et vous supplie très-buroblement de croire que je suis avec beaucoup de respect, etc. (A. 6.]

CHAMBRE DE JUSTICE

Du samedi 23 février 1662.

H. le premier président < a dit que les juges étaient tellement astreints aux ordonnances, qu'ils ne pouvaient s'en départir sans ordres exprès du Roi, portés aux compagnies par les voies ordinaires ; que, s'agissant de prononcer sur des intérêts, il était tout à fait indispensable de se régler au pied fixé par l'ordonnance qui est celui du denier 18; mais comme la compagnie avait observé qu'il ne serait pas juste de traiter à cette rigueur les gens d'aCTaires, lesquels denotoriété publique avaient emprunté de l'argent àplus haut prix, il estimait qu'il était du devoir de la chambre de prendre les ordres du Roi sur ce sujet, et supplier S. M. de Taire expédier une déclaration par laquelle il ferait entendre à la chambre ses volontés.

Tous messieurs sont revenus à l'avis de M. le premier président, qui a été sur-le-champ prié par la compagnie de voir le Roi et de faire entendre à S. M. le sujet et les motifs de la présente délibération, ce qu'il a accepté. (B. I.)

1. Gniltiume- de Lamoignon , oâ le 33 octobre leiT, chevalier, marquis de BwTÎIle, comte de Lauaif-Counon, baron de Sajnt-Yon, avocat du Roi au pariemeot le 10 avril 1035, conMiJtrr le 1& décembre, meiue année, naître des requêtes le IS avril lfi4a, premier président du parlement le S octobre 1658. Uorl le 10 décembre 1677.

Voici le portrait qu'en donne l'état dressé pour Foucqnet :

o Sous l'affectation d'une grande probité et d'une parrulle intégrité, esche une gruide ambition, consertsnl pour cet effet une grande liaiion avec tous les dévots, de quelque parti et cabale que ce «oit, témoigDftot toujours une rérorma iuD que ne lui eonsdllent pu HU. de la srand'cbambre. A de mëdiocreK biens, et n'eu acqaerrara que par des voies légitimes. A pour amis MU. do Féneluii, d'Aibon et Pelletier. En tuteur honoraire de HH. do Bouillooi cette tutelle lui donne une pande union &vec H. le maréchal de Turenne. On peut espérer tous les offices qui ne le commettent point trop; possède les aides de l'élection de Clitlesudun, valaot 36,000 liv. de rcveou. ■

Le proCDtear général avtûl requis la chambre d'ordonner la réduction de* intérOU accordés par le traité précédent des fermes. Cette réquisition souleva dans la chambre une opposition tris-vive, comme on va le voir, et H. de Laïuoipion s'en eipliqua arec chalenr.

10 FODCQUET.

Du lundi 27 février 1663, au matin.

M. le premier président a dil que, suivant l'arrêté de la compagnie, du dernier jour, il avait eu l'honneur de voir le Uoi, le jour d'bier, et, après lui avoir représenté ce qui avait été délibéré à la chambre sur le fait des remises au sixième, et des intérêts au denier 18 pour les restitutions qui doivent être faites par les gens d'affaires, et pour pouvoir fixer un pied certain sur un fondement légitime, que le Roi lui avait Tait l'honneur de lui dire qu'il agréait la proposition de la remise au sixième, et qu'à l'égard des intérêts la chambre pouvait discuter la chose et en faire un règlement, et qu'après il pourrait être suivi d'une déclaration; queTaffaire méritait bien deux ou trois jours pour y penser et rendre sa réponse, et qu'il la lui ferait savoir. A quoi S. H. aurait ajouté qu'il était Français, et avait de l'impatience de voir quelque fruit du travail de ia chambre, qu'il fallait s'y appliquer tout de bon, et qu'il avait appris que la compagnie avait employé une matinée tout entière à opiner sur une seule. requête'. (B. I.)

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