LE ROI A N. DE BESMAUS
Mons de Besmaus, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayiez àpermettre à la dame Bernard de voir et d'entretenir seule le sieur Bernard , son mari , toutes fois et quaotes qu'elle le désirera , sans y apporter aucune difficulté, etc.
(Bamsa Muséum.) Écrit à Paris, le « mai 1663-
tiOUHVlLLE A GOLBERT*.
Ce B mii 1662.
Monsieur, je sais bien que c'est vous demander une nouvelle grâce que de vous donner la peine de lire une de mes lettres ; mais, Monsieur, je vous prie aussi de considérer que je ne saurais pas m'empêcher de vous témoigner que je suis aussi sensible que je le dois à toutes les obligations que je vous ai jusqu'ici. J'ose dire que si quelqu'un a fait quelque chose pour moi, que j'en ai peut-ëb'e mérité une partie par une fidélité inviolable et un très-grand dévouement; mais, Monsieur, je puis encore vous dire davantage, ma propre reconnaissance m'a mis en tel état que je ne peux compter de fortune que celle que vous voudrez bien me conserver, sans avoir aucun mérite. Monsieur, je n'oserais pas vous parler de la reconnaissance que j'en aurai toute ma vie; mais je vous supplie de considérer que je n'en ai jamais manqué pour personne, et que TOUS prenez le cbemin , non-seulement de faire que je vous devrai ce que je pourrai sauver de bien, mais encore l'honneur, qui m'est plus cber que toutes les fortunes du monde. Vous avez si souvent
1. An mois d'oclobrc 1GC1, Gouriille, aTant son ddpart pourlaGiiyeane, ITtUt remis k Colbert 500,000 liv. de billets.
Ancien domeslique, sous la mine de son premier élat il cschiit loules les qualilés du politique et du financier; du reste c'était un liomme sans autre moralité que celle du laquais Bdèle à sa maison. L'indulgence du minlstëre pour Gourville, qui a?ail 6ié le confident irts-accrédiié de Fouquet, est surprenante ; on le laisse viïre en proTÎDce, venir i Paris, se retirer t l'iitranger, sans que Jamais on ail pris de mesures sërieusi» pour l'ander. [I n'i;st pas impossible que Gourville eût Fsit des révélations secrttes contre sou ancien pi'Otecteur.
FOUCQIIET. 37
el si généreusement approuvé que je ne fisse rien contre mes devoirs , que je n'ai rien à ménager avec tous dans les protestations sincères que je vous fais, qu'il n'y a personne au inonde qui soil, etc. (8. I.)
H. DE SAIItT-AIGHAH ' A COLBBRT.
Du 10 (mal lees), aa tattio.
Je TOUS supplie très-bumblement de trouver bon, Monsieur, que je prenne la liberté de vous faire souvenir, s'il vous plaît, de ce que TOUS avez eu la bonté de me promettre touchant M. Monnerot *. Lps affaires semblent s'échauffer, et il se confie en moi, comme je fais en vous , Monsieur. Un affront qui lui serait fait lui serait honteux, el à raoi; et pour tous. Monsieur, qui ne souhaitez que les aTantages du service du Roi , il serait fort inutile , puisque M. Monnerot est prêt d'aller devant tel commissaire qu'il vous plaira pour déposer; si on désire plus de lui, et que même il aille en prison, il le fera, pourvu que je sois averti auparavant, et je l'y ferais aller sans archers et sans bruit ; mate le bien de mes affaires, si cela ne fait point de tort à celles du Roi, que je préfère à tout, ne le demanderait pas, et quant aux taxes, dès que quelqu'un commencera, il ne trouve point à dire d'en payer suivant son bien.
ad.)
H. BERRIEa A COI.BEBT.
Ce 10 mai 1603.
Il se fait une mauvaise cabale à la chambre de justice, et assurément aucuns de ces messieurs ont trop d'emportement contre les intérfits du Roi, et l'on vient de me donner avis qu'ils disent à tous ceux qu'ils savent être en quelque engagement avec le Roi , que le Roi veut rentrer dans tous les ungagements faits depuis 1635, en rendant le principal et l'intérêt sur le pied du denier dixhuit, et précompter les jouissances, en sorte que les particuliers ne seront pas quittes pour perdre le fonds, s'ils ont eu de grandes
1. H. de Saim-Aignaa était ruiné. Pour rétablir les affaires de M maison, il arait flaacé le comte de Sery, ion ais aîné, arec la Hlle de Honnerot, et celui-ci avait pajré les dettes de H. de Saint-Aignan.
3. • Honnerot, commis de Bretonvilliers, a si bien Yolé le Roi, dit le Catalogue d» Parlisatu, qu'il eat extrémeaienl rlcbe. ■ > Je l'ai connu laquais avant qu'il fût commis, > ajoate Boilesa.
et longues jouissances , le tout pour parvenir à leurs desseins de brouiller les esprits. M. de Boucherai est allé exprès chez M. de Poncet, et l'a fort pressé là-dessus, lui représentant l'intérêt qu'il a pour les regrats, et quoique M. Poncet lui ait représenté que le Roi ne désirait cela que pour les dernières aliénations de 1658 , et celles qui ont été faites depuis, M. de Boucherai a persisté, atec des termes trop passionnés pour un juge; j'ai cru, Monsieur, que je devais vous en informer, afin de prendre les résolutions que vous jugerez convenahles pour cela '. (B. I.)
k H. DE BËSMAUS.
Mons de Besmaus, je vous fais cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous permettiez au sieur de Harouys, trésorier des États de mon, pays de Bretagne, de voir et parler au sieur de Lorme, prisonnier en mon château de la Bastille, pourvu que ce soit en votre présence, ou de celui qui commande dans le chAleau en votre absence. {British Muséum.)
BcrUtSaint-Germain-ea-Laye, le 11 mai l<tS3.
Le même au même.
Mons de Besmaus, je vous fais cette lettre pour vous dire que je trouve bon que vous donniez à de Launay, mou avocat au siège présidial d'Ëvreux, détenu prisonnier en mon château de la Bastille, la liberté de se pouvoir promener en la cour de mondit château, ainsi que les autres qui jouissent de pareille grâce. (Id.)
Écrit à Saint-GennBiD-eD-Lay, le 12 mai 16S3.
CHAHBRE DE JUSTICE.
Da vendredi 16 mm 1662.
Arrêté au rapport de M, Voisin *, portant élargissement de la
1, Il s'agit de la réduction des reutei. Cette meeure avait jeti un grand émoi parmi les geaa de robe, qui pLiçaient les épicéa dans les fonds de la ville, oà ils étalent moins en évidence que s'ils avaient toujours acheté des terres et des maisons.
1. lean-Baptiste Voisin de la Noiraye, maître d«s requêtes, mort en 1673. n II s'applique fort i sa charge, a l'ïaprit doui et sérieui, fort attachai aa famille, a Tel est son portrait dans i'étai des maîtres des requêtes. '*
personne du oommé Battier, habitant de Fontainebleau, prisonnier au ch&teau de la Bastille, pour raisou de quelques meubles préten* dus avoir été par lui recelés appartenant à M. Catelan, secrétaire du conseil. <B, I.)