LE ROI A M. DE BESHAUS
Mons de Besmaus donnant ordre au lieutenant criminel au Ghdtelet' de cette ville d'aller en mon château de la Bastille pour interroger les nommés Allard et Lespine, domestiques du sieur d'Annery ', je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à laisser entrer, pour cetle fois, dans mon château, le lieutenant criminel et ceux qui l'accompagneront sans difficulté.
(British Museuh.)
Parin, le 17 Juin 1663.
1. Jacques Tardieu , lieutemint crimini^l au Cbitelel. il Tut Msassinâ arec sa teinmp, sur \e qusi des Orfèvre», en ifl7S.
3. H. d'Annerf avait él6 compromis dans la conspiration de la noblesse de Normandie, et mis & la Bastille en ioi>e.
U! TBLUCB A M. DE BESMAUS.
Le Roi m'a commandé de vous faire savoir que son intention est que vous receviez le sieur Deslandes ' au château de )a Bastille , et que TOUS l'y teniez sous bonne et sûre garde , lui laissant la liberté de la cour et de la terrasse ; et comme quelques-uns de MM. de la Chambre de justice pourront aller à la Bastille pour l'interroger, le Roi trouve bon que vous souffriez qu'ils y entrent pour cet elTet. (British Museuu.]
LE BOI i. H. D'ARTAGNAR.
Mous d'Artagnan, ayant été ordonné, par arrêt de ma Chambre de justice du 17 du présent mois , que le sieur Fodcquet sera pris et appréhendé au corps , et à cet effet, arrêté et recommandé, sous mon bon plaisir, au donjon de mon château de Vincennes, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à recevoir la signification qui vous sera faite dudit arrêt, et, conformément à icelui, tenir sous bonne et sûre garde ledit sieur Foucquet '. (B. A.]
Pam, 10 juin 1G03.
H. D'aUCAT a C(H£E[IT.
A Paris, ce 30]uii)ieas.
Monsieur, je ne doute point que M. Berrier ne vous informe de l'élat où nous sommes pour noire travail concernant l'inventaire de H. Jeannin, que nous trouvons plus long que nous n'avions cru, l'exercice de 1661 nous ayant entièrement occupés ces deux jours ici, et crains fort que nous ne puissions finir dans samedi, comme le Roi nous a commandé, notre malheur voulant que M. de Sève ^ est tombé , ayant eu deux accès de fièvre tierce , dont le second l'a pris aujourd'hui en se mettant à table chez M. le maréchal d'Aumonl. J'y apporterai néanmoins toute la diligence possible; je n'y perdrai pas un moment, je vous assure; mais, si nous ne pou-
1. OeiUades uvait été uomoié par Faacquet commandant de CoDcaroeaD, petite Tille en Bretagne; il avait tigiié un eogagement d'être toujoun fldUc an suilniendant. fl s'était constitaé prisonoler à Sedan; mis en Ilbanë, U m rendit volontaire- DKDt à la Buijlle.
1. Cela veut dire que Foncqnét, prisonnier Junqu'alors sur an «impie ordre du Roi, était désormais incarcéré au nom de la chambre, qui aielt h le Juger.
S. Guillaume de Sèie, Intendant de Uontauban en liiBS, de Bordeaux en 1671, premier prâ^ident au parlemen. de Ueu eu lOei, mcrl en 1G9S, kgé de cinquante-
vions finir dans le temps prescrit, Je vous prie de me mander la
volonté de S. M., et voire avis.
Le sieur Nolet nous demande encore des blancs, n'en ayant plus que sept ou huit ; mais je n'ai pas osé retourner à la Dastille pour en tirer encore une cinquantaine, avec la formalité gardée pour les premiers; vous me ferez savoir, s'il vous plaît, si le Roi le trouve bon ; je ne les lui mettrai point en main qu'on ne me fournisse des états de la consommation des premiers; j'attendrai vos ordres sur tout cela. (fi. I.)
. M. LE CAHUS* k COLBERT.
Monsieur, j'allai hier deux fois chez vous , et j'y ai encore été aujourd'hui pour ne vous pas laisser partir sans avoir l'honneur de vous voir, et pour vous entretenir de la situation où se trouve notre compagnie au sujet du décret que la chambre de justice a prononcé contre M. le président de Maridor*. D'un cAté, elle ne peut souffrir qu'avec douleur de voir ses privilèges blessés en la personne d'un de ses officiers, et croit ne pouvoir se dispenser d'en faire connaître au Roi la conséquenèe. Vous trouverez, sans doute, son ress^timent raisonnable , et , d'un autre c6té , l'appréhension qu'elle a que les supplications qu'elle ferait à S. M., et qu'elle ne peut quasi se dispenser de faire, quoiqu'avec toute la soumission et tout le respect imaginables , ne soient pas agréables au Roi , et lui déplaisent le moins du monde, lui cause une seconde donleur, pour le moins aussi sensible que la première. Hier, on parla de celle affaire dans l'une des chambres; mais on jugea à propos de la remettre à un autre jour pour ne rien précipiter,
1. Nicolu Le Camns, alors procarour général Rt emaite premier préEldonl de la Cour des (tidea, mort le 1! man 171S, i quaire-rjngt-dii ans.
3. La\i\% de Haridor, lelgDeur de SainHluen, président k la Cour des kides. Il épousa len 1S63 Anne de Oocelay, d'une famille de BrettgDe.
On avait trouvé dans les papiers de Foacquet on engagement signé par ce maglsirat et ainsi conçu ;
• Je promets JiU. le procureur générât, quoi qu'il puisse arriver, de demeurer en tout temps parf^tement attaché à ses intéreu, et sans aucune réserre ni dlstinc' tlon de personnes, de quelque qualité et condition qu'elles puissant être-, étant dans la résolution d'exécuter ateuglément ses ordros dans toutea les «flaires qui se présenteront et le concerneront peraonnetlemeat.
■ Fait ce !0 octobre 165S. ■
Moyennant cette promesse, FoucqneC lui avait donné l'argent nécessaire pour acheter la cbarge de président. La cbambro de Justice ordonna que H. de Uaridor serait interrogé par les commissaires, et confronté su inrintendant.
bvGooglc
Ce matin , on en a parlé aussi , mais sans aucune délibération , et je crois qu'il sera difficile que la compagnie ne prenne résolution de s'assembler; mais , autant que j'ai pu pénétrer dans les intentions de nos messieurs, elles m'ont paru être sincères, et les esprits très-modérés et sans la moindre chaleur, et au cas qu'on en délibérât, les sentiments de la compagnie ne pourront vraisemblablement aller qu'à députer par devers le Roi poiir le supplier, avec le dernier respect, d'avoir la bonté de conserver la compagnie dans ses privilèges pour le jugement des officiers de son corps en matière criminelle, et principalement en celle dont il s'agit à présent, où il n'est point question d'affaire de finance. J'ai cru vous en devoir avertir, afin que, de mon côté, je ne fasse aucune chose qui puisse n'être pas bien reçue du Roi , préférant le bien de son service à toute sorte de considération. Cependant, si S. M. l'avait ^éable, il 7 aurait, ce me semble, un tempérament à prendre, qui serait de renvoyer l'accusation et le procès criminel qu'il y aurait à faire à M. le président de Harîdor, à la cour des aides, lequel toutefois ne laisserait pas après son interrogatoire de pouvoir demeurer comme témoin pour être récollé et confronté par l'ordre de la Chambre de justice. Ainsi, en divisant cette affaire de la sorte, le privilège de notre compagnie serait conservé, et on ne laisserait pas de recevoir de M. de Maridor toutes les lumières que S. M. pourrait estimer lui être nécessaires. Je vous prie de me faire hi gr&ce de me mander la résolution que le Roi a prise, et les pas qu'on peut faire pour l'honneur de notre compagnie, sans néanmoins déplaire en façon du' monde à S. M. Je vous supplie de me conserver l'honneur de votre amitié, etc. '. (Id.)
A Paris, ce 30 Juin 1663.
LE BOI A H. d'aBTAQNAN.
Mons d'Artagnan , ayant été ordonné par arrêt * de ma Chambre de justice, du SI de ce mois ^ qu'il sera administré plumes,
1. Le* Parlemeats avalent usurpé lesingalierprlTil^deJugereai-mAnialenra collèïuei, quelque crime qu'Us eussent comniis. Il ■ fallu toute réoergie de Loaii XIV pour Taiacre la résistance qu'ils Taisaient
1. D'Orniesson dit : r [1 (tit arrtié qu'il lui serait fourni encre et papier, saoB le melire dan« l'arrèi. ■
9. Le 31 Jaiu, Poucquet avait n^fusé de répondi-e, et s'était plaint de ce qa'oQ ne lui laiisait pas écrire l«s récusations qu'il avait Ji eiercer. Le 31 la cbambre dJcIa-^B qae le procès lui serai! fait comme à un muet volontaire.
48 POCCQUET,
encre et papier au sieur Foucquet, poar coucber par écrit les causes de récusatioa qu'il prétend avoir contre aacuns des ofSciers de ma chambre, je tous fais cette lettre pour tous dire que, lorsque les sieurs Poncet et Renard , commissaires députés par ma Chambre, lesquels vous rendront la présen),e, iront au donjon de mon château de Vincennes, tous ayez à faire donner au sieur Foucquet des plumes , de l'encre et du papier, pour, en leur présence, dresser ses requêtes à la Chambre de justice, contenant les causes de récusation , et la présente n'étaYit pour autre fin, etc. (B. A.)
Saint-GermÛP-ea-Laye, asiuin 16fi3.
H. BLAHCARD, SECBETAIHE DE M, DE RUTISHT, A COLBBHT.
APu-îB, M asjuiaieea.
Monsieur, je tous supplie, au nom de Dieu, d'avoir agréable que je TOUS fasse ressouvenir des intérêts de Bousquet, qui a été commis du sieur Pellisson. Vous saTez, Monsieur, qu'il a fait son de- Toir en rendant au Roi volontairement 50,000 écus de billets et 2,000 pistoles, et que vous lui avez fait l'honneur de lui promettre TOlre protection. S. M. lui promit aussi la sienne, lorsque M. de Ruvign; lui parla de son dessein et de sa fidélité; je crois que, s'il était ici, il en ressentirait les effets; mais, en Térité, Monsieur, il a été contraint de s'en aller chez lui , en CéTennes , faute d'argent ou d'emploi, après aToir sollicité plus de trois mois MM, Poncet et Foucault, qui ne lui ont pas fait rendre ses bardes, ni les autres choses qui lui appartiennent. M. Poncet m'a dit qu'il croyait que Bousquet avait déjà reçu 1 ,000 écus , que le Roi a eu la bonté de lui donner par votre entremise, Monsieur, et, lorsque j'ai eu l'honneur de vous en parier, vous m'avez commandé de donner à M. Picon un mémoire de ce que nous demandons, je lui ai baillé; mais il m'a dit en dernier lieu de m'adresser encore h vous , Monsieur; je le fais par cette lettre que je prends la liberté de vous écrire, qui tous suppliera très-humblement de faire en sorte que Bousquet puisse toucher ces i ,000 écus. Sous votre bon plaisir, Monsieur, je les lui enverrai en Languedoc , car il en a grand besoin; j'ai son ordre et son blanc-feing, et je baillerai caution, s'il en est besoin; nous serons encore contraints de recourir à vous,
Monsieur, pour lui faire rendre ce qui lui appartient, lorsqu'il en sera temps; car, sans votre ponvoir, le sieur Pellisson et ses amis ne lui rendraient jamais, ils sont trop en colère contre lui. (B. I.)
M. LB CAHDS A COLBflBT.
A Pari*, ceSilJuia 16SS.
Monsieur, suivant ce que vous m'avez fait l'honneur de me mander par votre lettre du 21* de ce mois , j'ai vu M. le chancelier, et lui ai fait connaître l'intérêt qu'avait la cour des aides dans l'aiTaire de M. le président de Maridor; je lui ai expliqué toutes les raisons' et celles sur lesquelles notre privilège est fondé. Je prends la liberté de vous envoyer une copie du mémoire que je lui ai donné, et je vous supplie de continuer dans les sentiments obligeants que vous avez (émoigué avoir pour notre compagnie. Elle a résolu de s'assembler mardi prochain; vous l'aurez appris par M. le président de Maridor, qui m'a dit avoir eu l'honneur de vous voir, et qui m'a témoigné vous avoir les dernières obligations; je ne manquerai pas de vous faire savoir mardi la résolution qu'aura prise notre compagnie, et par avance je crois qu'elle sera de députer par devers S. M, pour la supplier de conserver ses privilèges, et de recevoir l'accusation de M. de Maridor. (B, I.)
LE TELUER AU UEUTEflANT CKIHIHEL '.
A Pazia, le 3& juin IWS,
Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, te 20 de mois, m'a été rendus avec l'interrogatoire des nommés Allart et Lespine, dont elle était accompagnée; je vous adresse présentement des faits ou articles sur lesquels le Roi désire que TOUS les interrogiez de nouveau: il vous plaira de m'envoyer ensuite leurs réponses , afin que je puisse en rendre compte à S. M.
Savoir s'ils n'ont pas reçu de l'argent à plusieurs fois de H. Foucquet, du temps qu'ils étaient au service du sieur d'Annery.
S'ils n'en ont pas reçu aussi de M. Foucquet , dans le temps même que l'on rasait la maison du sieur d'Annery? (A. G.}
\. H. d'EBut, qui venait d'Hre rcfu lieDteoant crinitiiel k la place de Tardieu.
m FOLCQIIET.
U. AHELOT ' A COLBEBT.
Monsieur, j'ai vu dans la lettre que vous avez pris la peioe d'écrire à M. le procureur géaéral de la Cour des aides ce que vous désirez qu'eu fasse dans l'afTaire de M. le président de Haridor; nous nous assemblerons demaîu , et nous nous conduirons suivant votre intention. (B. 1.)
A Paris, ce se juin 100!. *