‹ Archives de la BastilleChapitre 33 sur 98 · Premier commli de H. Le Tellier · texte numérisé non relu

Premier commli de H. Le Tellier

M . de Haridor, je me suis doané, HoDseignenr, l'honneur de vous écrire que je ne manquerai pas de faire savoir à la compagnie la résolution de S. M., ce que j'ai fait faire hier malin, et les députés de la cOur des aides ne manqueront pas de se rendre demain, à 11 heures, à Saint-Germain, à l'audience que tous lui avez procurée. H. le premier président portera la parole, et je me rendrai pour TOUS assurer, etc. (B. I.)

M. TALON à SÊGDIEE.

Août leei.

Monseigneur, ayant découvert qu'un traité fîiit en 1634, auquel le sieur de Maissal * était intéressé et duquel la remise avait été ùe 300,000 fr., ayant été révoqué, l'on avait seulement passé aux intéressés 40,000 fr. pour leur dédommagement et ordonné qu'ils rapporteraient pour 160,000 fr. de billets de l'épargne pour être l'ordonnance de comptant d'autant décha^ée, ce qui n'a point été exécuté; au contraire, les billetsayant été rendus à M. Marin, il les a remis es mains du sieur Bernard, premier commis de M. Foucquet, et ils ont été réassignés et ont serTià consommer les deniers du Roi; mais comme ou ne peut avoir un éclaircissement entier de ce qui s'est passé dans cette affaire que par la déposition de M. Marin, je n'ai pas voulu le faire assigner sans savoir auparavant si le Roi le trouvera bon; tous suppliant, Monseigneur, au cas que S. H. l'ait agréable, d'ordonner à U. Marin de déposer au plus t6t, parce que le retardement serait infiniment préjudiciable au service du Roi. (B. 1.)

LE F&ÉSIDBNT BAHENTIN * A GOLBERT.

Monsieur, vous me fîtes i'honneur de me dire de vous donner un mémoire des ventes et saisies qui avaient été faites sur M. BoislèTe, et que vous aviez donné ordre du contraire depuis quinze jours. C'est pour suivre vos intentions que je vous rends compte, Monsieur, de ce qui s'est passé : le 15 août dernier, deux huissiers du Parlement sont venus à Lisigny, où j'étais avec ma femme, et y out vendu tout ce qui y restait de meubles, garnitures de lits et le

1. Voir Mme I", ptge SSS, raffkirâ deMiûuU; il «Ttlt dté mlià la Butill«. 3. Jauiuet-Bonoiâ da Barantin, présidcnl sa gnod cooseil, noneo IMB; Il avilt Ëptrâii LoiuK ds Bolslfeia, fille du fioucier, morte en IMS.

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pea qui y était, 3,600 lîT.; tous les meubles de considération ayaat été Atés et vendus ci-devant.

Et le M de ce mois un huissier du Parlement a saisi ce qui restait des meubles en la maison de Paris, et publié la vente au premier jour, en sorte qu'il faut que madame de fioisiève et sa famille rachètent leurs lits, si, Monsieur, vous ne leur faites gr&ce d'eu arrêter Je cours, pouvant vous assurer que ce qui en reste ne vaut pas 8,000 livres.

Nous avons en ce déplaisir de mir, ma femme et moi, de voir an gardien des pêches, des poires et autres fruits à Lisigny, sans plus y oser toucher, et qui ne valent pas 300 liv.; c'était plutôt pour nous mortifier que pour en tirer secours pour le Roi.

Cependant, Monsieur, j'ose vous affirmer, en honnête homme, qa'il en coûte plus de 110,000 liv. en faux frais à M. Boislëve, et <jai ne tournent en façon quelconque an profit du Boi; cela vous paraîtra surprenant, mais il est véritable.

fl y a deux condamnations contre M. Boislëve, l'une de 396,000 liv. et l'antre de SO,O0O liv.; l'on ne s'est pas contenté de saisir sa maison de Paris, sa terre de Lisigny, sa charge de secrétaire du Roi et ses rentes sur la ville, qui tout ensemble valent quatre fois plus qu'il ne faut pour payer ces sommes, supposé qu'il les dût légîtimement; mais j'ai appris que l'on a donné ordre pour aller en Poitou et en Anjou saisir ses terres d'Houlënes, de Oonor, et vendre les meubles.

Je demeure dans le silence pour toutes ces choses et ne l'aurais interrompu si vous ne me l'aviez ordonné; il n'est pas bien difficile de le défendre de ces deux condamnations : celle de50,000 liv., c'est le don que le Roi a fait distribuer à messieurs du clergé; pour l'autre, il n'est ni dénommé ni compris, et si la condamnation était juste, elle se devrait également étendre sur M. Marchant et sur lut, mais ni l'un ni l'autre ne sont condamnables; ne sachant ce que c'est et n'en ayant profité; la meilleure défense de M. de Boisiève est de suivre les ordres du Eloi quand il vous aura plu lui apprendre, ou à moi, soit en rendant ses assistances particulières ou générales sous vous, n'ayant autre but que' de témoigner son zèle pour le service de S. M, et pour suivre vos ordres, en quoi je ne lui cède point, ayant un ardent désir de vous témoigner. Monsieur, combien je vous honore. (B. I.)

Ce 33 Mût 1M3.

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H. BKBIfUfi A GOLBEBT.

» Mût IMl, k U BmUUs.

Monsieur, je ne fus ce mot qu'afln de vous demander l'honneur de votre souvenir, pendant que vous êtes en cette ville, pour que je jouisse du repos que votre bonté a promis sur les poursuites qui me sont faites à cause des 24,000 liv-, lesquelles je oe dois point; j'espère que vous m'accorderez ce qui est nécessaire, étant juste et généreux, les dernières contraintes depuis trois jours contre celui qui est avec respect, etc. (B. I.)

LK TELUEB A H. BODCHEBAT'.

A S4tQt-GenB»iii-en-L»re, le as *oùt leS). Monsieur, vous savez le sujet de la détention du sieur de Monteil, trésorier de France à Paris et ci-devant commis de M. Girard, et, comme par le dernier placet qu'il a fait présenter au Roi. il demande qu'il soit procédé contre lui, ou que S. M. ordonne qu'il soit mis en liberté, j'ai cru devoir vous faire savoir que S. M. trouve bien raisonnable qu'il soit interrogé, et que si, après son interrogatoire prêté, la Cbambre croit qu'il doive fitre transféré à la Conciergerie, il y soit conduit. (A. O.)

RECISTHE SECRET DE LA CODH DES AŒES,

Du 28 aoflt 1662, la Cour a député M. le premier président, un autre président et huit conseillers, pour aller & Saint-Germain supplier le Roi d'accorder & la compagnie le renvoi de l'alTaire de M. le président de Maridor, que l'on veut confronter dans la chambre de justice à M. Foucquet, le surinlendant, sous prétexte d'un certain écrit, signé dudit Maridor, trouvé dans les papiers dudit sieur Foucquet. M. le président ayant harangué S, M., et dît que ce privilège de la compagnie était établi par les lettres patentes d'Henri II et de Louis XHT, et que si l'on trouve peu d'exemples dans les registres de^a Cour, ce n'est pas un témoignage contre sa

1. Louis Boueherat, né le B uplembre IfllS, cbaocelier de Frvice en 16SS, moii le a sepcembre ISSO, Igé de quatre- vin gt-quitre ana. Il eit klmi reprteenté d*ni les portraiu de> maltm in requêtes : ■ A l'eipërience du affairea, aout nue raaaae probiiâ cache beaucoup d'auibiiion, pour laquelle il a'eniretleat avec la cabale dévote, comme un mof en de parvenir 1 tes fin», n

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possessioB, mais une preuve de son innocence*. Le Roi a;uit dit aux députés de se retirer, qu'il en allait conférer avec son conseil, l'ayant fait, le Roi se remit dans son fauteuil, les fit appeler, et leur dit que le chancelier leur dirait ses volontés; sur quoi M. le chancelier dit que le Roi ne voulait rien changer eo la procédure faite en la chambre de justice, que ce n'était pas pour rien changer au fond et qu'il se ferait apporter les procédures faites en la chambre de justice, et qu'il entendait conserver les privilèges de la compagnie. (B. M.)

DISCOUBS QUI H. AHILOT DEVAIT paORORCKB DBVAHT LB lOL

Sire, ce qui est arrivé depuis peu à l'un da nos confrères nous oblige d'avoir recours à Votre Majesté et d'implorer sa justice, cette vertu qui lui est si chère, qui est la reine de tontes les autres, et qui rend aujourd'hui Votre Majesté le seul arbitre de toute la terre.

Si quelqu'un de nous a été assez malheureux pour manquer & son devoir, nous ne venons pas ici pour l'excuser ni pour le soustraire à la peine qu'il mérite, nous demandons seulement d'en Atre les juges, et qu'à la sévérité du cbfttimeDt soit ajoutée la honte d'être condamné par ses propres confrères.

Nous en ferons faire une prompte et rigoureuse justice, «t l'honneur que Votre Majesté lui a fait de lui donner place parmi nous ne servira qu'à nous animer davantage contre son crime, s'il en est coupable.

Quand nous faisons cette supplication très-humble à Votre Majesté, nous ne lui demandons rien qui ne n&us soit accordé par plusieurs édits des Rois, ses prédécesseurs, qui ont été suivis d'un usage constant et inviolable, autant de fois que des occasions pareilles se sont présentées.

t<es lettres patentes d'Henri n et du feu Roi, de très-glorieuse mémoire, sont expresses, et si nous en trouvons peu d'exemples dans nos registres, ce n'est pas un témoignage contre noire possession, mais une prenve de notre innocence. Sire, Votre Majesté, qui est la justice et la bonté mfime, ne nous

t. AnUeii deupetltdbconn^ll.AQielotaTtitprdpkrdDi cODMTTte duii lei mtnntciiu de Conrtrti 11 n'oM pat Ja pemé qu'il ferait intéicMut de I» raprodnin.

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fera point ce tort qu'étant en défiance de notre zèle, elle ne détruira p«iat nos prinléges ; elle qui en est la source la plus belle et la plus pure, elle ne souffrira point que noua soyons troublés dans une possessiou si paisible, elle qui a donné la paix et le repos à tout le monde. (B. A.)

LE TBLUES A L'ARCHEVâOOE DE LTOR '.

A Parti, le 39 «oflt leaa.

Monsieur, j'ai rendu compte au Roi du désordre qu'il y a eu à Houtbrison entre les mousquetaires qui gardent madame du Plessis- Belliëre et les babitants de cette ville, et je n'ai pas manqué de faire connaître à ?. M. que, par vos soins, tes cboses ont été pacifiées; S. M. a beaucoup estimé ce que vous aviez fait, et m'a commandé d'écrire au sieur de Montbron de contenir les mousquetaires de sorte que cela n'arrive plus; c'est à quoi il satisfera entièrement. (A. 0.)

LE TÏLUER A U. S'iRTAONAIf.

A Saiiit<GerniilD-en-La;e, le 30 tout 1Q63.

Monsieur, je vous adresse, avec une lettre de madame Foucquef, un paquet de jus de réglisse pour monsieur son mari ; il eût été à désirer que l'on eût envoyé au sieur Pecquet la composition de cette drogue, au lieu de la lui envoyer toute faite; mais puisqu'il n'en a pas été usé de cette sorte, l'on remet à votre prudence de la rendre ou de ne-la rendre pas, selon que vous jugerez à propos. (A. G.)

LE KOI A H. DE BESMAUS.

Mons deBesmaus, ayant donné ordre au sieur Poncet, conseiller en mon conseil d'Ëtat, maître des requêtes, de se transporter en mon ch&leau de la Bastille pour y interroger les sieurs Codure et Poirier, qui y sont détenus, j'ai bien voulu vous le faire savoir par cette lettre et vous dire que vous ayez à laisser entrer dnns mondit

1. Cftmitle (h Villerof, «rcheTique de Lyon, lieutenant général >□ goiiT«rDement da LjQotuis, mort le s Juin 1B98, ïfé de quatre- vingt-doQ» an*.

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cbftteau de la Bastille le sieur Poncet, pour y interroger Codure et Poirier, toutes fois et quantes qu'il le désirera, sans y apporter aucnoe difficulté <. (Butish Musedh.)

A SklnUSenmin-en-Laje, le i" septembra 1663.

LB TBLUBH AD LIEUTENANT CBIUSEL,

A StlnUSennalii, le 3 septembre 1663.

MoDsieor, vous verrez par le mémoire ci-joiut les faits sur lesquels le Roi désire que toqs interrogiez le nommé Mathieu, que S. M. a fait constituer prisonnier au cMteau de la Bastille, et pour cet effet je vous adresse les orctres qui vous sont nécessaires.

Mémoire pour interroger le nommé Mathieu, prisonnier à ta Battille.

Mathieu, que l'on croit être natif de Clermont en Auvergne, et qui était logé à Paris dans une auberge, rue de M&con, chez la demoiselle Bonnean, proposa, il y a environ quinze jours, au sieur de Calverac, mousquetaire de la seconde compagnie du Roi, logé dans la même maison, de faire rendre à M. Foucquet le billet et le crayon qui est envoyé i M. le lieutenant criminel, et de se servir pour cet effet des habitudes qu'il avait avec les mousquetaires du Roi employés à la garde du .sieur Foucquet, et il lut promit, au cas qu'il réussit, de lui donner vingt mille écus; cependant il lui offrit de l'aident comptant, que ledit de Calverac refusa.

Aussitôt qu'il eut reçu )e billet et le crayon, il les remit à MM. de Marsac et d'Artagnan, et leur rendit compte de la proposition qui lui avait été faite, et sur l'avis qu'ils en ont donné au Roi, S. M. a fait arrêter Mathieu, et a jugé à propos d'ordonner à M. le lieutenant criminel de l'aller interroger sur le contenu au présent mémoire, et particulièrement pour savoir le nom de ceux qui lui ont donné le billet et le crayon, qui lui ont fourni l'aident qu'il voulait donner; s'il avait les 20,000 écus qu'il promettait; qui les lui avait remis; ou bien s'il ne les avait pas en sa possession, qui les lui devait donner, et pour découvrir du prisonnier toutes les choses qui pourront éclaircir cette affaire. (A. G.)

1. De Condnra «**it deTud le coairier ehargd de porter, de N*iite( k Pftrt«, les ordre» pour la MUale de* ptptere «pptneDtnt & Foucquet; la ramUle, prërenue, avait Bapprimé lea pitc«i 1m plus compnWMUaotea.

H. m COiTQCEH' 1 COLBERT.

Stint-Htlo, 1 MpMmbn i«ss.

Monsieur, tous m'avez lémoigné n'avoir pas désagréable que je TOUS écrivisse; cela me donne la liberté, après vous avoir assuré de mes très-humbles services, de tous dire que je tAcbe toujours, comme vous me l'avez ordonné, de faire bien aller le commerce, et j'obéis fort à ce qui viendra de votre part. Cependant, Monsieur, vous trouverez bon que je tous dise sur ce que le Roi a fait arrêter H. de Lonoe *, qu'il y a quelques années que son procès Tut fait au Parlement de Bretagne, et qu'il fut obligé de s'en retirer & cause de ses malversations; qu'il y a entre les mains des particuliers d'effets à lui en ce pays deux millions aisés à justifier, quoique ce fat homme de rien, sans compter ce qu'il a & Paris, en trois ans qu'il a été aux finances, et que depuis son arrfit son frère et son beau-frère Beringhen, son faiseur d'affaires, appelé Prince ont tAché de mettre son bien à couvert, sont ceux qui ont connaissance de ses aiTaires; même sous le nom de H. de Labédojère, père do procureur général de ce Parlement, il a adieté depuis quatre mois une terre de 400,000 écus. Je crois que ces instructions-là pourraient servir au bien et l'avantage du service du Roi; comme j'y ai une affection toute dévouée et particulière, j'ai voulu vous en donner avis pour y faire ce que vous jugerez à propos; si vous m'y ordonnez quelque chose, j'obéirai ponctuellement. (B. T.)

M. DE BESHAUS A GOLBEBT.

De Pftrit, M 6 «eptenibre 16SS.

Monsieur, MM. les commissaires m'empêchent d'aller moi-même

vous apporter les états des trois derniers mois de la Bastille, et si

la misère i^e revenait pins forte que jamais, tous ne seriez non

plus importuné par le sieur Barrailb ^ que par moi; ne vous lassez

t. Htlo, nuquis de CottqBen, gouterneur da SiJnt-Halo.

3. s SaUtnt les détenau de Poucguet, de Lorme éisk officier en BreUgne depuis trente an», et m»rié rlcbemeni. Il > pu faire proflter md bien, n'ayant fiit ni éclat ni dépeniei il arail grande réputation d'être homrDe d'honneur et de parole, et aiait un crédit qui a fait sutoisier l'Ëtat en grande pariie èa annén 1(190 et ISU; il a profité notablement sur du office de grand andtender, du prix duquel II aialt ■cbelé one terre en Poitou ■

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