‹ Archives de la BastilleChapitre 37 sur 98 · LE ROI A H. DE BESIUUS · texte numérisé non relu

LE ROI A H. DE BESIUUS

Voulant donner au sieur Pouilly <, détenu prisonnier en mon château de la Bastille, lieu de recouvrer sa santé, je vous fais cette lettre pour vous dire qu'en retirant dudit sieur PouiUy promesse par écrit de se représenter, après qu'il sera en parfaite santé, je trouve bon que vous ayez à le mettre en pleine et entière liberté. (Brittsh MvsEtni.j 31 odobn 1B63.

M. TlLUn AU CHAHCELtËH SÉGUIBB.

i«ez.

Monsieur, l'on jugea hier à la chambre de Justice l'affaire des rentes rachetées; Monnerot a été condamné à 700,000 livres, et pour l'affaire générale l'on a ordonné que tous ceux qui ont acheté, négocié et profité des remboursements de rente restitueront au Roi l'excédant de ce qu'ils ont reçu pour leur remboursement, an delà du prix courant des rentes, au temps que les remboursements ont été faits; on prétend par là excepter ceux qui ont été remboursés de rentes qui leur appartenaient du patrimoine de leur famille. La chambre a aussi résolu que le Eoi serait supplié d'envoyer une déclaration pour axer le pied de cette restitution, et je viens d'être chargé de faire entendre au Roi cette délibération. Je crois. Monsieur, ne m'en pouvoir mieux acquitter que par le compte que je me donne l'honneur de vous en rendre, ne doutant pas que vous n'ayez élé plus particulièrement informé du détail de la délibération, et qu'il n'a pas tenu à moi que le Roi n'en ait eu encore ane plus ample satisfaction. L'on a délibéré après dlnêr sur l'aliénation des rentes des parties casuelles.

L'arrêt a été semblable à celui des 400,000 liv., et n'a pas reçu beaucoup de contradiction ; comme il s'est trouvé quelques articles qui regardent M. Hervart, j'ai été chargé de faire nouvelle instance au Roi, pour le supplier de trouver bon qu'il réponde à la chambre et que ses registres soient apportés; j'en ai déjà écrit à

1. Dto* MB àiteaiea, Foucquel dit : a Ce panvre bomme a été mlnd «d prùon, icna dani li Butille comme ud criminel de lèM-maJetté, et aprèa noir eié tourmenté , intimidé , maltraité pour le forcer à parler contre mot . encore qu'il ne Httl l'na; e TOyaat enfin abattu de miiËre et de langueur, et rëduii fc l'vxtriimité de mal»lie, on a eu la Ixinl^ de le mettre di-hort, teulement pour mourir, comme il a bit loeonliDeiit «prit. •

M. le chancelier sans en avoir reçu aucune réponse; j'altendraî. Monsieur, la volooté du Roi et les ordres qu'il vous plaira de me prescrire, et les eiécuterai en toute rencontre sans réserve et avec beaucoup de zèle et de fidélité, ne souhaitant rien avec pins de * passion que de mériter, par mes services, le litre et la qualité de, etc. {B. I.)

H. UONNEnOT A COLBBRT.

Monsieur, je vous supplie très-bumbleraent d'accorder à madame Monuerot ' qu'elle vous présente le mémoire que je lui ai donné, et de me faire la grâce de vouloir bien lui dire votre intention; l'étal oii je suis peut me faire perdre le reste du bien que j'ai, mais il ne m'ôtera pas l'envie de sortir d'affaire, et de faire tout ce qu'il faut pour cela. Je ne le puis, Monsieur, si vous n'y donnez les ordres nécessaires ; je crois que quand les personnes intéressées dans les affaires et condamnées par la chambre de justice se verront poursuivies par leurs associés, que c'est un moyen à les faire sortir des condamnations. Il y aurait beaucoup de choses. Monsieur, à vous dire là-dessus, mais la crainte que j'ai de vous être importun fait que je me renferme au mémoire, etc.

(B. I.) 31 octobre 1663.

Le Roi s'étant fait représenter 6n son conseil son édit du mois de juin 1662, par lequel, pour les causes y contenues, S. M, aurait non-seulement supprimé la charge de syndic * de la ville de Pontoise, mais encore fait expédier une commission le même mois et an que dessus, adressante au lieutenant criminel de Meulan, pour informer des monopoles et pratiques que le nommé Jean Cossard avait faits dans l'exercice de sa charge, même de plusieurs discours injurieux et tendant à sédition, qu'il avait tenus contre les principales personnes de l'État, et pour raison de quoi S. M. l'avait ci-devant fait arrêter prisonnier à la Bastille, et quoique par les

1. Msrguerile de Prooilly. bits cbeicliaJt k aauTer l«s meiibli's de aon iiuri, en prêt end ai II (lu'ils tlaieiil i elle.

2. Le sjrndlc était un officier cliargù iv» afTaii-es de lu ville.

ibyGoogle

iRTorinations qui ont été faites en conséquence il y ait preuve entière des malversations et autres cas dontest accusé leditCossard, suffisamment pour lui faire son procès, néanmoins, pour des considérations particulières, S. H. se serait contentée quant à présent de reléguer ledit Cossard dans la ville d'Orléans; et parce que, par l'ordonnance qui a été & cet effet expédiée, défenses ont été faites audit Cossard de sortir de ladite ville, à peine de la vie. il a de grftce humblement requis S. M. de lui changer sa prison d'Orléans en celle du bourg de Heru, qui est le lieu de sa naissance; vu l'édît du mois de juin 1662, portant suppression de ladite cbarge de syndic en la ville de Poptoïse, la commission dudit mois et an que dessus, adressante au lieutenant criminel de Muulan, pour informer des malversations et discours séditieux tenus par ledit Cossard, l'information faite en conséquence, lettre de cachet portant ordre audit Cossard de se retirer en la ville d'Orléans, avec défenses d'en sortir à peine de la vie; oui le rapport du sieur commissaire à ce député, tout considéré;

Le Roi, en son conseil, a ordonné et ordonne que ledit Cossard se retirera dans le bourg de Méru, auquel lieu S. M. l'a relégué et relègue à perpétuité, lui faisant défenses d'en sortir ni d'entrer dans l'étendue du détroit de la ville et prévdté et vicomte de Paris, et ville et cb&Ieltenie de Paris, desquels lieux S. M. l'a banni pour tonjours à peine de la vie, enjoint aux maires ' et échevins des villes, et même aux officiers du présidial de Beauvais et de Pontoise, de tenir la main à l'exécution du présent arrêt, et en cas de contravention par ledit Cossard, de se saisir de sa personne et d'en donner avis au conseil, à peine' d'interdiction de leurs charges et d'en répondre en leur propre et privé nom. (B. I.)

CUAMBBE UB JUSTICE.

Du vendredi 22 octobre l

Ce jour, le procureur général ayant produit pour satisfaire à l'appoinlement à ouïr droit, et MM. Poncet et Renard qui ont pro- (^édé aux interrogatoires, informations et cuufronlationa ne pouvant demeurer rapporteurs suivant l'usage des compagnies souve-

dcuDé If droii de m

n FOliCQUET.

raines, M. le premier président, attendu la qualité de l'accusé et l'importance du procès, a commis deux commissaires, savoir : H. Le Fèvre d'Ormesson, maître des requêtes *, et H. le Cornier de Saint&-Hélène, conseiller au parlement de Rouen *. (B. I.)

M. FOUCAULT A COLBBAT.

Ce samedi, 33 octobre 1M3, i uoa heure Bprbt midi.

L'on vient de faire deux affaires assez considérables à la chambre, l'une a été d'adjuger au Roi 380,000 Uv. en deux articles qui ont été jugés du procès d'Huier et de Barbier. Celte somme jointe avec celle de 250,000, en voilà déjà pour 8 à 900,000 liv. Il faut espérer que dans la suite les choses iront encore mieux; au moins les coudamnés sont solvables, et cela se peut appeler argent comptant.

L'autre a été que MM. nos deux rapporteurs ont pris possession de leur nouvelle commission, par un arrêt qu'ils ont rendu dans l'affaire de Vincennes; ce n'a pas été sans quelque contestation; c'estun compte qui ne se peut rendre par un billet, mais cependant cet arrêt est sur le chemin de Vincennes, car je suis toujours dans le même sentiment, qu'il li'y a pas un seul moment à perdre d'un temps si précieux, je le dis toujours et il me semble que je ne le saurais assez dire, puisque je suis si absolument à vous. (B. I.)

1. Olivier Le Fèvre, wigneur d'OrmewoD et d'AmlMile, oé le 36 déMmbre leit, mkltre des reqafites, inleadiat d'Amien», mort le i novembre 1986.

Il eit curieux do voir comment il eit dâpelnt duos le* portrait! des ratltrM de* requSret : esprit plat, e»t de la cabale dévote, et qui est considéré pour être Sli de U. d'OrmeHOD, dojen du conaeil et ami de'H. le premier président.

3. Saiol- Hélène, mort subitement le S2 avril 1067. Noté dans l'état du parlement de Rouen comme très hnmme de bien et très-bsbile.

La nomiDaiion deirapponeun ae s'était pas faite aussi simplement que le donne à penser le récit de FoucaDlt.

Le 11 octobre, le Bot avait dit 1 H. de Lamoignon de nommer HM. d'Ormesson et de Saint-Héltoe. La premier président objecta que madame Foucquet les avait TJcDSét. « Elle craint, répondit le Roi, l'Intégrité connue de ces magistrats, c'eit une raison de les oommert que l'accusé propose ses mofens de récusation, la chambre en Jugera. ■ Lamoignon Taisant toujours difflcnlié d'obéir, u Dites que c'est moi qui l'ai commandé, ■ répliqua Is Hoi, en ajoutant que ses reflétions étalent foiies et sa volonté immuable.

U. de Lamoignon s'en prit à Le Teilier et h Colbert, et leur dit qu'on n'en avait Jamais usé de (elle sorte; Il ne céda que sur un ordre écrit cl après huit Joura de résistance.

Lee fréquents entretient de H. d'Ormesson avec Berner, premier commis de Colben, l'avaient rendu suspect k la famille du suriotendani; quant kH. de SaintlUlËne, on l'avait bien Jugd,

H. DK JONZAC A COLBBRT.

Je VOUS dirai, Monsieur, que maintenant que je sais seul à commander dans la province, je oe voudrais pas que l'on accus&t ma conduite ou de négligence ou de trop d'entreprise. Je suis averti que M. de Gourvîlle ' s'; promène de tous cAtés, et même qu'i) y a peu de jours qu'il était à dîner chez le maire de Cognac, président des élus, duquel lieu je me suis absenté depuis quelque temps pour faire mes vendanges ; et comme il pourrait être un motif à quelqu'un de me prêter là-dessus quelque charité auprès de S. M., comme c'est une personne que je n'ai jamais vue et par conséquent ne fus jamais dans le rang de ses pensionnaires, je vous aurai grande obligation, Monsieur, s'il vous plaît, de m'apprendre comme le Koi veut que je vive en ce rencontre, car je ferai bien ponctuellement exécuter ce qui me sera commandé, de quoique façon que ce puisse être, sans m'émanciper au delà par le défaut d'ordre. (B. I.) A Jontac, le Si d'octobre lees.

LE ROI A H. D ARTAQNAM.

Ayant trouvé bon qu'un père jésuite de la maison professe de Saiat-Louis se rendit en mon château de Vincennes pour confesser les sieur Foucquet, médecin et valet de chambre qu'il a auprès de lui, je vous fais celte lettre pour vous dire que vous ayez à laisser entrer dans ledit château celui des pères jésuites de la maison qui vous rendra cette lettre, et à lui laisser en toute liberté confesser le sieur Foucquet, le médecin et le valet de chambre, demain, premier jour du mois de novembre, observant néanmoins de prendre les mesures et précautions que je vous ai ordonnées en pareilles occasions, pour empficher qu'il ne se passe en cela rien de contraire à mon service. (B. A.)

Paru, le deruîer octobre 1602.

M. POtlCAVLT A GOLBERT.

Hardi, i uoTcmbre 1663.

J'ai ce matin entretenu longuement M, d'Ormesson de notre

1. Goarrille l'étiEt retiré, »ec l'utoriHlioD tacite du minJEtère, dons l'Angounois, où 11 menait aneataeiJojeoM fie; ilyrettajuaqu'anconuneaceaeiit delSSl.

requête , et l'ai laissé convaincu que notre procédure était dans t'ordre; mais, qu'étant soumis au jugement de la chambre, c'était prudemment faire que de lui lever tous les scnipules, et la réduire, par l'expédient que nous preoions, à confirmer ou à réformer sans retour ce qui avait été fait jusqu'ici; j'ai fait ensuite une revue de tous nos messieurs; la plus grande partie s'explique assez des bonnes intentions qu'ils ont de bien faire leur devoir <.

A l'issue de la chambre , M. le premier président m'a chaîné de vous dire que MM. les présidents se plaignaient de ce qu'encore qu'ils dussent être payés de leur augmentation de gages dès le mois de septembre dernier, suivant l'état du Roi , celui sur lequel ils sont assignés les menaçait de les renvoyer encore bien loin.

II m'a ajouté que H. de Chamillart ayant décerné décret d'ajournement personnel contre M. de Cartigny, grand maître des eaux et forêts au départepient de cette ville, il s'était pourvu au parlement par appel qualifié comme de juge incompétent; que sa requête était entre les mains de M. le procureur général pour y donner ses conclusions, et que je susse de vous, Monsieur, ce que l'on peut faire en cette affaire *; qu'il aurait encore quelques autres choses à vous communiquer touchant sa compagnie, que cela se pourrait faire à votre première entrevue; il vous en coûtera une demi-heure de quelque aprés-dlner pour satisfaire à tous ces empressements.

J'ai réglé toutes choses avec M. de la Gra '; il s'est chargé

des ordres du Roi, et lui ai délivré par-dessus 2,000 liv.; il me parait fort bien intentionné, et je ne doule pas qu'il n'apporte tout de son mieux pour bien faire.

J'ai donné au clerc de M. de Go * 300 liv. suivant votre

ordre; il ne s'en promettait pas tant.

Je vous rends très-humbles grâces de votre présent, qui m'avait forl alarmé, crainle que j'eusse fait ou dit quelque chose qui vous aurait pu déplaire , quoique je ne m'en senle pas capable , étant si absolument à vous. (B. I.)

était lin officier royal qui avait inspection tnis en l'Ëtnt. Kn 16fi7, cotic cliarge fut

1. Le fl novembre, dll d'OpraeiaoQ, donné urrËt <]iia Snuus d'avoir été, par il est forclos.

3. Lo grand niaîtro dus eaux et fort et juridiciiou pour la coiiaiTUtion d

le

«upprim^u.

Page 1