‹ Archives de la BastilleChapitre 39 sur 98 · Ancien Nùdeotde France en Suiue · texte numérisé non relu

Ancien Nùdeotde France en Suiue

bieD succédé que depuis ce temps-là, puisqa'en 1630 les ioléressés firent venir, à leurs dépens, une députation à laquelle on fut obligé de donner 400,000 liv. comptant pour 600,000 liv. de pierreries en g^e, et des assignations des meilleures pour le reste; que Thomas Vertmillert, et deux autres capitaines de Zurich, traversèrent tant les affaires du Roi au pays , une année ou deux après , qu'on fut obligé, pour les payer de ce qui leur était dû, d'envoyer à M. de la Barde < 92,000 liv., dont l'ordonnance fut expédiée an nom de H. Corberon, En 1656 ou 57, il vint deux capitaines eu députation, qui ne s'en retournèreot qu'après que S. E. leur eût fait donner 6,000 liv., et assurance par ses lettres qu'après la campagne on pourvoierait à leur payement. Ensuite, M. Priais ayaat commencé d'acheter de ces prétentions, la c.hose a tellement succédé aux affaires du Roi, que l'alliance qui n'avait pu être f»ite auparavant avec les protestants * l'a été depuis, et qu'on n'a plus oui parler d'aucune traverse ni députation de ces capitaines, si ce n'est depuis peu que Thomas Vertmillert, qui n'est pas payé, étant venu en crédit dans son canton, a remis cette affaire sur le tapis; ainsi que H. de la Barde me l'a mandé , et qu'il avait été l'auteur de ce qui se fit en 1650; vous pouvez , Monseigoeur, par ces choses de fait juger de la vérité de ce qu'on a dit de moi. Je payerais de bon cœur le voyante d'un courrier, si on le voulait envoyer à Zurich , pour demander à M. Vertmillert, ingénieur, qui est un autre que le Thomas ci-dessus, et au capitaine Lavater, les deux lettres par lesquelles je leur ai mandé que l'envoi du courrier sonnait mal ici, où on pouvait croire qu'ils prenaient temps de faire leurs démarches , à cause du petjt différend qu'on avait avec le pape. Je suis assuré que le conseil de Zurich rendra témoignage que, sur les plaintes qu'il faisait des choses contenues dans ses lettres, je ne lui ai dit autre chose, sinon qu'on n'entendait pas leurs demandes, et qu'ils n'avaient pas droit d'en faire pour les 400,000 liv. Je sais que le nouveau traité ne fat scellé, et que, pour les capitaines, la plus grande partie ayant vendu , que ceux qui restaient devaient écrire à leurs amis, et faire leurs demandes en particulier, et qu'en

1. Jetui de ta Barde, ambasudeor m Snuw, mort eo jaillet 1693, ïgé de qaaire- Tliigi-4ii ans. Fils d'un avocat au parlement, neTeo, par ta mËre, de BoatliilUeri mlaiitre d'Ëtat.

3. C'est-ii-dire avec les cantoiia protesunti. Il est driaent qae Monslier et Friais étaient seupçoonâe d'aroii dâtoumé une partie dei subiidea deitinâs ani régimenii

112 FOL'CQUET.

général ils ne accéderaient pas. C'est de quoi j'ai donné avis aussitôt à M. de la Barde , que ce courrier avait ténaoigné que cela et ce que jp. lui avais dit pour les marchés satisrerait ces Messieurs, et je suis assuré que cela est autant plus capable de ramener ces intÉressés au bon chemin qu'aucune autre chose. Les avis que j'ai eus et par lettre, et par M. le capitaine PhiiTer, qui est à Paris, du dessein d'une députation, quinze jours auparavant que M. de la Barde m'en eût rien mandé, et auquel j'en ai donné avis, et d'autres choses qu'on m'a mandées dont j'ai des lettres, et, comme ses réponses le prouvent, sont, avec tout ce que j'ai déjà pris la liberté de vous faire entendre, des marques bien évidentes du mauvais ofBce qu'on m'a rendu, pour lequel on ne peut avoir eu que le dessein de me ruiner pour se venger, ou par un caprice qui ne se peut imaginer. Je vous supplie donc'trës-humblement, Monseigneur, autant que vous aimez Jésus-Christ, de ne me pas laisser opprimera mes ennemis, et d'implorer de la bonté et la justice du Roi ma liberté. Je suis assuré que vous n'aurez pas regret de me l'avoir procurée , ni de m'avoir permis de vous dire que je serai, etc.

P. S. L'accablement où je suis m'a empSché de vous dire toutes ces choses mardi, ce que je vous supplie de pardonner à l'abstraction d'esprit que la douleur me cause. (B. ï.)

U, DE BESMAUS A COIBEHT.

A )a BMtille, ce 33 Janiier iflâs.

M. Priais a un grand chagrin de peur qu'antre que vous voie SCS papiers, disant que tout ce qu'il a jamais fait, gagné, dépensé et donné y est écrit. II se donne tout à vous, vous conjure de le protéger, et souhaite avec passion vous dire tout ce que vous pouvez désirer de lui , et ne vous rien cacher ou vous le faire dir« ; mais sa passion serait de vous voir, pourvu que cela se pût fort secrètement, disant que, si on en avait la moindre lumière, il serait perdu pour jamais dans l'esprit de sa nation.

Il dit vous avoir donné par écrit tout ce qu'il a, qui regarde M. Foucquet, de qui il a reçu de l'argent qu'il voudrait encore vous expliquer. II a des affaires avec M. Lokman, qu'il veut vous éclaircir. Voilà le sens de ce qu'il m'a dit, et qu'il vous cou-

FÔUCQUET. H 3

fesserait sa vie avec la dernière fidélité et toutes ses intrigues en Suisse.

Des Suisses, qui sont venus me demander de ses nouvelles, m'ont dit qu'il était un pauvre homme, à qui on ferait dire plus qu'il ne savait, et que Mouslier n'était pas comme lui. Je vous dis ce que je sais; j'exécuterai vos ordres fidèlement, et j'eusse été les prendre sans MM. les commissaires qui sont ici. Je ne sais si j'ai bien fait de permettre que M. Mouslier vous écrive encore; si je ne dois plus lui permettre, je ne le ferai pas ■. (B. I.)

CHAHBBE DE JUSTICE

Du 23 janvier 1663.

MM. Poncet et Renard ont fait rapport du procès-verbal d'interrogatoire du sieur Fellisson, par eux fait au ch&teau de la fiastille, sur lequel est intervenu arrêt portant que, sans s'arrêter au refus par lui fait, il sera tenu de répondre.

M. Pussort a fait rapport de l'interrogatoire prêté par-devant lui par François Catelan, prisonnier au cbateau de la Bastille, sur lequel est intervenu arrêt portant que, sans s'arrêter à ses remontrances, il sera tenu de répondre et passé outre k la continuation de son interrogatoire. ■ [B. I.)

H. LE PEIXETIBa A DE POHPOHNB.

A Paris, ce aa juirler leu.

l'ai reçu la première lettre dont il vous a plu m'honorer du 24* du passé, avec celle pour M. Le Tellier, pendant le fort de ma recbute, qui a été plus fêcbeuse que tout le reste de mon mal. Je ne laissai pas de rendre celle que vous écriviez à M. Le Tellier, qui pour lors me témoigna une fort sincère intention de tAcher à obtenir du Roi, sinon votre retour & Paris, du moins que vous puissiez vous en rapprocher & l'occasion des aO^res domestiques que vous procure la mort de M. Ladvocat, qui était, ce me semble, une cause si juste et si légitime, qu'elle devait être considérée par

1. fr'na mourut vieux gvton; c'éiaiL un Mianl et un diranger. Le rcrniicr dn domaine voulut wiair l'béritige par droit d'aubùm, mais le neTeu du d^fuDt eut tout le bien par la protection de Louvoli, dont let prjncipaui coDunis, Viliacerf et Saint-Pouaoge», eurent cbucuo 30,000 écu»,

le Roi. Cependant, nous ne vîmes pas d'effet incontinent après la mort de M. Ladvocat , et moi je ne me trouvai pas en état de vous faire réponse, comme je l'eusse souhaité, étant encore accablé de fièvre; mais je vous avoue qu'après avoir reçu votre dernière du 40* janvier, et l'avoir lue tout entière à M. Le Tellier, lui ajoutant ce que je savais de l'état de votre santé et de votre vue, les grandes incommodités que vous souffriez à Verdun, et combien le séjour en était désagréable, Madame Du Plessis ayant encore parlé ii H. Le Tellier sur le même sujet, avec son zèle ordinaire pour ses amis, je trouvai M. Le Tellier en une si Torte disposition de faire entendre toutes ces bonnes raisons au Roi, que je ne doutais point que nous n'obtinssions un séjour à douze on quinze lieues de Paris au plus, et qui vous serait agréable et commode. Cependant dos espérances ont été trompées , et le Roi, dans son style ordinaire , a tout remis & la Ad du procès du prisonnier. Il y a déjà quelques jours que j'aurais pu vous mander cette nouvelle, que vous avez sn d'ailleurs; mais, comme elle me donne beaucoup de peine, je n'ai pas cru que ce fût le cas de signaler ma diligence à vous écrire un si malheureux succès du peu que j'ai tflché à faire pour votre service. Je ne puis m'empècber de trouver de la dureté en ce procédé à votre égard; vous avez de la vertu et de la patience beaucoup; mais , en vérité , je conçois que vous en avez besoin. Je vous supplie d'être persuadé que , si je ne suis pas heureux à vous servir par mes faibles sollicitalions, que le zèle et l'affection ne me manquent pas. (B. A.)

M. CHAIDLLAHD A COLBEBT.

De Compiègna, le îT Janvier leos.

J'ai toute la preuve des malversations que l'affaire de Jacquier a donné occasion de commettre; par laquelle il est justiflé que les traitants, trois ans durant, ont donné 10,000 Ilv. à MH. de Gartigny et de Candé pour trahir les intérêts du Roi. (B. I.)

H. JEANHIH DE CASTILLE A COLBEKT.

LelS jinTlerises.

Monsieur, ayant appris par le sieur de Paris < que tout le sujet qui vous donne la peine d'aller chez moi n'est que pour ce qui re-

Page 1