‹ Archives de la BastilleChapitre 58 sur 98 · M. JEANNIN DE CASTILLE A COLBEBT · texte numérisé non relu

M. JEANNIN DE CASTILLE A COLBEBT

Monsieur, je n'ai point voulu vous Importuner et vous demander plus tôt aucun soulagement dans la plus rigoureuse prison du monde jusqu'à ce que j'aie été interrogé; h présent que mon interrogatoire est lini, je m'adresse à vous, Monsieur, comme à celui duquel j'espère tout secours, et comme te soulagement que j'ai reçu dans le commencement m'a été procuré par vous, j'espère encore la mCme grâce, vous suppliant, Monsieur, de me faire obtenir un pareil ordre ù celui que vous me fîtes l'honneur de m'accorder l'année passée à Saint-Germain, pour voir quelques-uns de mes amis et de mes commis, pour ma consolation et le bien de raes affaires. M. Pussort ' m'iijaiit promis de vous parler en ma Tavcur, j'ai cru que mes supplications, jointes à ses prières, me feraient obtenir ma demande, vous assurant que je ne manquerai jamais de reconnaissance, etc. (B. 1.) lorjvrierisei.

CIIAHBBE DE JUSTICE

Da jeudi 2! février 4664.

Arrêt au Rapport de M. Poncet sur la requOtc de Paul Pellisson. conseiller du Roi en sa cour des comptes, aides et finances de Montpellier, ci-devant commis du sieur Foucquel, par lequel il est ordonné que, sur les deniers provenant des gages des offices du suppliant, il lui sera payé la somme de 3,000 livres. (B. I.)

LE PRÉSIDENT BON A SÉGLIEfl.

Je serais le plus ingrat de tous les hommes si, après l'honneur de la protection qu'il tous a plu me donner en la chambre de justice contre la vexation et les calomnies de raes ennemis, je ne vous en témoignais ma Lrés-huulblc reconnaissance, que je vous supplie très-humblement. Monseigneur, d'agréer, et quoique je vous sois redevable d'un nombre infini de bienTails, voire justice et votre bonté, Monseigneur, dans cette dernière rencontre étant au delà de tout ce que je puis Être capable pour vous en faire connaître les véritables sentiments de ma gratitude, je me contenterai,

1 . Henri Puuon, oncle mtternel 4e Colbert, conaeilkr d'Ëiai.

Monseigneur, de faire des vœux h Dieu pour votre prospérité et pour votre santé. (B. I.)

De Montpellier, 1" mura IMA.

LORD HOLLBS' AU SECHHTAIRE D'ËTAT BEKNET,

Paris, mars iMt.

Monsieur, celte semaine on m'a dit une chose qui m'a fait réfléchir davantage sur ce que je vous écrivis autrefois à l'occasion de )a lettre de Lockhart, pour rechercher quels pouvaient être ces intérêts, distincts du traité, lesquels expiraient avec les personnages qu'ils concernaient et qui ne sont pas arrivés à exécution. On me dit qu'eu poursuivant les interrogatoires sur l'alTaire de Foucquel, on a récemment découvert de grands desseins qui avaient été agités entre Cromwell et le feu cardinal, desseins qui leur étaient personnels et au préjudice des deux couronnes; voilà ce qu'on m'a rapporté, je le liens de bonne source, et il est probable que c'est là ce que Lockhart insinuait. A mon avis, il n'y a pas de mal que cela soîl su, on avisera plus tard à l'usage qu'on en pouiv rail faire; mais le savoir n'est pas un fardeau difficile à porter. Je suis convaincu que tous les efforis et les projets du cardinal tendaient au désavantage de notre maître, et on prétend qu'en mourant il a laissé des iaslructions dans ce sens, qu'on suit encore. Je désire qu'il en soit autrement, mais si c'était vrai, il j aurait plaisir à pouvoir montrer que le cardinal n'avait pas de bonnes intentions pour sou propre maître. Je me contente de soumettre ceci à votre appréciation. (State paper Office.)

{Troduii de fanglair.)

M. BILAIN* A COLBERT.

Ce 3 mu» 166i.

Je VOUS envoie. Monsieur, l'abrégé que vous avez désiré ; je vous snpplie très-humblement de croire que j'aurais souhaité le pouvoir raccourcir davantage pour ménager un temps aussi précieux que le vôtre, qui ne se doit mesurer qu'au poids et à la ligne du sanc-

1. IHniil, lord Hollee, of Islield, ainbauadeur d'Angleterre en France, mort au mois de réirier 1680, Igé de qua(re~vingt-'deni ans. On ftvait déjfc parla de cet ndgociationi, le fait n'est donc pu nouvtiau, mais il n'en est question dans aucun des interrogatoires de Foucquel ; il est jjrobable que cette partie de l'itutruction a élà tenue secrète.

a. Antoioe BUaiD, iTOcat; son véritable nom était Vilain. L est norteo ISTS.

t80 FODCQUET.

tiuire; mais j'espère qu'après avoir pris la peine de le lire, tous me ferez celte justice de penser qu'il était diflicile, sans être obscur, d'être plus succinct dans une matière si yaste et si ancienne. 11 y aurait sans doute des éclaircissements utiles à prendre pour la conduite et résumé de cette affaire dans les comptes de l'épargne, et particulièrement sur le fait qui concerne l'intrigue des anciens fermiers pour se faire déposséder, afin d'obtenir le dédommagement (le 650,000 écus qui leur a été donné, quoiqu'ils aient toujours continué sous le nom de ceux qui leur ont succédé; j'attends eu toutes choses vos ordres, m'étant fait un point de religion de vous obéir, ce me sera un comble de félicité si je puis mériter que vous m'estimerez, etc. (B. 1.)

M. HOTMAN A COtBERT.

A Pari*, le S mm 166t.

J'ai résolu, avec M. de la Baume', conseiller à Grenoble, qu'il suffirait, sous le bon plaisir du Roi et le vôtre, que j'écrivisse secrètement aux Eubdélégués de la chambre de justice à Valence sur le sujet des plaintes qu'on vous a portées de leur conduite, de quoi je m'acquitterai, s'il vous plaît de l'agréer. (B. I.)

Le même au même.

J'ai écrit deux fois aux substituts de Blois et Orléans, et une fuis à celui de Chartres, dont j'ai délivré quelques lettres à M. Berrier, pour faire cesser les poursuites contre les receveurs en exercice; ainsi, comme il vous plaira remarquer par la réponse que j'ai reçue de Blois, si la chose prend trait, il n'y aura d'autre remède que d'y pourvoir par un arrCt du conseil.

Et s'il vous plaît l'agréer, j'écrirai encore fortement sur les lieux pour empêcher l'abus et le ressentiment de ces officiers, qui peut préjudicier au véritable avantage du service du Roi *. (B. I.)

Le g mara 16611.

I. Il en tinti dépeint dans la Liste du parlement de Grenoble, faite pourColberti Homme obscur, sans communication et peu connu, n'af ant (ucune liai»n, n'eat ts nouveau dans le métier, ayaut eiercé longtemps la Jtidicature de Grenoble, »t faible et de nulle suite, nullement liomme du monde. >

S. Dans les provinces, les agents suballl^rllts de la chambre avaient poursuivi avec trop de sévérité tous les fluanci^rs suspects j la terreur devint générale, tout meitaient en sûrelâ leur argent ; la mouvement du trésor en lut un instant arrËtd, et Colben Tut obligé de mettre an (rein i la fureur du lèle déployé par loi délégués.

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