‹ Archives de la BastilleChapitre 59 sur 98 · COLBERT A SÉGUIER · texte numérisé non relu

COLBERT A SÉGUIER

Ce 13 murs 15eA.

Le Roi m'ordonne de direàMgrlecbancelierqu'il est important d'achever l'affaire des secrétaires du Roi, et pour cet effet qu'il ■ prenne la peine de sceller l'édit et de le faire publier au sceau le plus promptement qu'il se pourra. (R. I.)

LB TELLIER AU HËDZCin DE LOBHE.

A Paria, le 1" iTril 1864.

Monsieur, j'ai rendu compte au Roi de l'état de maladie de madame du Plessis Belliëre, dont j'ai été informé par la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire. S. M, a trouvé bon qu'elle puisse prendre l'air, ainsi que vous estimez qu'elle le doit faire pour le rétablissement de sa santé. J'envoie par cet ordinaire, k M. de Montbron, la dépêche du Roi qui lui est nécessaire pour cet effet. Au surplus. Monsieur, Je vous prie.de croire que j'ai pour votre personne toute l'estime que l'on doit à ta réputation que votre mérite vous a acquise, et que je serais très-aise de vous faire connaître que je suis, etc. (A. G.)

a. DE BVANTZ A COLBEHT.

J'étais venu. Monsieur, pour avoir l'honneur de vous rendre mes respects et pour vous informer que, suivant l'avis qui avait été donné par le commissaire Picart et M. le lieutenant civil, il y a plus de trois semaines, et qui est venu à ma connaissance depuis quatre î)u cinq jours seulement, j'ai donné ordre au commissaire Manchon de faire toutes les diligences nécessaires pour s'Informer dans quel lieu M. Foucquet fait imprimer, et qui sont les compa~ gnons imprimeurs dont il se sert pour ce sujet. J'ai appris que ce sont les nommés la Carrière, Boulanger, Hébert, His le jeune, de Poitou, tous les quatre compagnons imprimeurs, et que pour relier, il se sert de la veuve Sarsa et de sa fille, relieuses qui demeurent au mont Saiat-Rilairc; mais elles se sont présentement absentées, aussi bien que les compagnons imprimeurs. L'on pense que c'est le nommé Boulanger, grand ami du nommé Hébert, qui les a tous débauchés, et que ledit Boulanger a son père et trois frères, tous imprimeurs, et lesquels ont des imprimeries où l'on croit que l'on travaille et pour M. Foucquet et pour les jansénistes. Le père

dadil Boulanger demeure à Rouen et a imprimerie. Il a un Trère à Ëvreux, qui a pareillement imprimerie, et deux autres qui demeurent l'un à La Flèche et l'autre à Saumur, qui ont aussi imprimerie ; lesquels on pourrait faire -visiter en même jour. (B. I.] 10 avril leat.

M. FOUCACLT A COLBERT.

A Paris, ce jeudi su Boir, 17 ivril ie6&.

La chambre continue de s'occuper aux affaires ordinaires, ce pen* dant que l'on instruit les plus considérables; l'on a entendu les témoins contre les trésoriers de l'épargne, mais M. Berrier, par votre ordre, a fait surseoir la déposition de M. Marin; Je fais état de proposer à la conférence de samedi ce qui regarde cet article, aBn de la fixer sur quelque chose, après avoir bien examiné l'avantage ou le préjudice que l'on pourrait recevoir de cette déposition.

1*^00 presse aussi l'instruclion contre M. de Lorme, oii Marquisio vient à résipiscence, et la preuve se fortiûe, mais M. Châtelain se cache, et je crois fort, comme c'est un esprit inégal, qu'il n'ait été encore débauché.

M. d'Ormesson travaille de son c6lé à son ordinaire.

M. le chancelier se remet à vivre docile, et je le tiens sauvé. (B. L)

H. HOTUAH A COLBBRT.

A Puis, le Si avril 166$.

Puisqu'il vous platt prendre le soin du logement des ofSivers de la chambre de jusiice t Fontainebleau *, je crois devoir en offrir le mémoire ci-joint, afin qu'il vous plaise en faire considération. (B.I.)

L» même au même.

A ParU, le s mai IStili.

On a ce matin ordonné le règlement à l'extraordinaire au baron de Sénégas^ pour lui faire confronter les témoins que la partie

1. Le Roi pauaii i Fontainebleau les preoiiers mois du prinlempi; il ne voulut pas hisser Foocquet et les Irésohera de l'épargne à Paria on l Vincennea, loin de SB lurveiUance. Il flt conduire lei prisonniera au-cbïieau de Horei, et la cbauibn fat établie auprès de la cour. On dut loger li>s magiatrats dans les liôtels de la ville.

3. Charles Durand, baron de Stndgaa. Jugd pins tard aui grande Jours.

olTre de ffùre venir de la province. Et ensuite, à la fin de la séance, l'encbère du ducbé de Penthièvre, sur M. de fioislève, ayant élé publiée, son procureur a fail beaucoup de remontrances; M. de ilarentin, M. Jassault elles créanciers, ont fort insisté; néanmoins il a passé que l'enchère serait reçue et la terre adjugée à 330,000 lîv., sauf quintaiue, et sans préjudice des interventions. Il m'a paru que M. le président de Nesmond s'est porté dans les bons sentiments et a déterminé promptement M. le chancelier et la plupart de ceux qui ont composé le premier conseil de l'audience, et la cbosc, quoique sollicitée et importante, a eu lo succès qu'on pouvait en attendre ; j'estime vous en devoir rendre compte, a&n que je puisse être instruit des volontés du Boi pour la suite et la conclusion de l'affaire. (B. 1.)

H. FOUCACLT A COLBERT.

A Paris, ce 12 mai |g6&.

L'on a ce matin continué le rapport du procès du receveur des tailles de Crespy', et il s'avance; nous en verrons la fin dans la semaine où nous sommes, et il importe de vider, autant que l'on pourra, les prisons avant que de partir.

Repassant sur la liste des procès dont M. de Cfaamillart a particulièrement la conduite, je lui ai fait observer que le procès de M. Boisiève étant tout instruit, et ne s'agissant que d'une contumace qui ne coûterait à la chambre qu'une matinée, il serait à propos, par bien des raisons, de ne point renvoyer cette affaire à la suite du Roi; ledit sieur de Chamillart s'est chargé de vous en écrire et de prendre vos ordres sur cet article,

M. le chancelier était un peu alarmé d'un billet par lequel vous. Monsieur, lui .iviez marqué que l'intentioû du Roi était qu'il se rendit à Fontainebleau au 20' du courant; M. Berrier, qui est auprès vous, vous pourra faire entendre le peu de dispositions qu'il a à partir avant la Bn du mois, la nécessité d'achever les procèsverbauz de la Bastille et d'assigner à messieurs nos commissaires les logements que l'on leur destine, afln qu'ils aient quelques jours pour les préparer.

1. Le nommé Dumont. Cet homme était acculé de pëculat, comme le surinleodani, et le réaaitu do procès seroblait devoir taire préjuger celui de Foucquet. Aoiii, 1 la cour et dans le public, ratlcntion était fort éveillée, et l'on readait compte an minUtrea, coDune on verra plai loin, de tous les Incideots.

184 FOUCQIJET.

Nous allons présentement à la Basiille commencer un aouveau

procès-verbal. MM, nos commissaires sont disposés à Taire leurs

séances plus longues; cela ne plaira pas au prisonnier, mais il n'y

a pas moyeu de lui plaire et de lui achever promptement le procès.

• H. CHANILLAKT A COLBEET.

Ce 13 mai 166t.

Monsieur, le procès de M, Boislève étant en état et pouvant être jugé auparavant que la chambre soit transférée, j'ai cru ne le devoir pas faire rapporter sans vous en donner avis, et savoir si tous avez quelque chose t m'ordonner sur ce sujet et sur les autres affaires qu'il a plu au Roi me commellre. (B. I.)

Le même au iii^me.

Monsieur, j'ai cru vous devoir donner avis que madame Foucquet a refusé d'accepter les meubles dont j'ai offert de lui faire détivraoce, conformément a l'arrêt qu'il vous a plu m'envo^er; son refus fondé sur ce que, dans le mémoire qui m'a élé présenté de sa part, elle demandait des meubles pour se loger à Fontaine* bleau, à Morel et à Montigny; ce dernier lieu étant une maison écartée, je n'ai pas estimé devoir reconnaître une demeure de cette qualité, qui devait vraisemblablement être un rendez-vous pour des assemblées secrètes, et l'ari-èl, de l'exécution duquel il a plu au Roi me charger, ne parle que de Morct. J'ai estimé qu'il était de la fidélité de mon service de m'altacber aia termes de l'arrSt, et de vous en rendre compte; j'attendrai sur ce point vos ordres '.

LE TELUBH A U. D'ARTAGNAK.

A Fonlsiaebleau, le as mai 168t.

Monsieur, je vous envoie un mémoire qui contient les intentions du Roi sur un détachement que S, M. désire que vous fassiez. Vous prendrez; s'il vous plaît, soin d'exécuter avec diligence ce qu'elle vous ordonnera et de garder de votre part ce voyage très-secret.

1. Le 33 mai, madame Foucqnet donas reqaete i la chambre pour avoir de* meubles, OD ne TOnlut pas délibérer li-dessus, et le chancelier dit qu'il n'y avait qu'à donner ce qu'elle demaodall.

FOUCQUET. ISK

Suivant ce que tous me marquez par votre lellre du 35 de ce mois, je vous envoie une lettre adressante au supérieur de la maison professe de Saint-Louis, pour donner un confesseur â M. Foucquel, et une dépêche par laquelle S. M. vous permet de laisser entrer dans la Bastille celui qu'il aura choisi pour cet emploi. (A. G.)

LE TELUBR AU SUPËBIEDR DB LA MAISON DES lÉSDITES DE SAIHT-LOmS.

A FoDtkineUeaa, le 38 m&i 16A&.

Mon révérend père, j'ai eu commandement du Roi de vous faire savoir que S. M. désire que vous choisissiez, fOur confesser M. Foucquet, son médecin et son valet de chambre, celui de vos pères que vous jugerez à propos, en vertu de la lettre de S. M., qui est ci-jointe. M. d'Artagnan le laissera entrer dans la Bastille pour faire ses fonctions. (A. 0.)

U. DE BBSHAIS A COLBERT.

D« Paris, le a Joia IfiOï.

Barailb vous dira comme toul va à la Bastille et comme je me suis remis à M. de Chamillart pour le prêtre de M. Catelan, que j'avais surpris, avec un alpbnbel, parlnot par signes de dessus la contrescarpe.

Je vous ai de si sensibles obligations de tous vos soins qui m'ont sorti de l'hApilal, que j'ai bien de la peine à vous importuner pour mon logement que vous avez eu la bonté de me faire espérer de faire remettre. Une partie est lombée, l'autre est en grand désordre, et j'en souQre si fort de ne pouvoir loger que seul à la Bastille, que je vous conjure de ne trouver pas mauvais si j'ose vous en faire souvenir et vous protester que ma gratitude sera éternelle, et que rien ne peut m'empécher d'être, etc. (B. I.)

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