If. Péqnot, receveur gtnér&l de la chambre de justice
9. « Ls condemneiian de cet homme surprit beaucoup, dit U. d'Omesson, eta doDDâ grande doulear i ceux qol prennent intérêt aai priionnieri. »
Oo lut eiuulie les lettrée du Roi pour la translatioa de la chamtm k Ponuina- Ueau, et la repriie dee téancei fut flxée au 39.
Besmaus, et si tous estimez, Monsieur, que cette conduite soit utile pour le bien des affaires, le transport des prisonniers pourra servir de prétexte pour le même effet; j'attends votre réponse. (B. I.)
LE TEIXIER A K. n'AHTAGNAH.
A FoDtBÎaebleBU, le 17 ]iiiii IMA.
Monsieur, tous verrez, par la dépêche du Roi qui est ci-jointe, qu'à présent que les lettres-patentes du Eloi pour la tftnslation de la chambre de justice ont été enregistrées, et que toutes les poui^ suites qui s'y feront doivent cesser jusqu'au lendemain de la Saint-Jean, S. M. ne juge pas qu'il soit à propos de permettre que qui ce soit présentement voie M. Foucquet, ni même ceux qui lui ont été donnés pour conseil, et j'ai eu commaudemeut de vous faire au même temps savoir que S. H. désire que si M. Foucquet se plaignait à vous de la difficulté que vous ferez de lui laisser avoir aucune communication avec personne, vous vous absteniez de lui dire, ni à qui que ce soit, ce que S. M. vous a ordonné par sa lettre qui doit être tenue secrète, mais que vous fassiez entendre que, comme vous êtes obligé de prendre vos mesures et vos précautions pour la sûreté de sa translation, vous ne pouvez point vous empêcher d'en user de cette sorte. (A. G.)
Le même au même.
A FonUiaebleta, le 19 Juin 16U.
Monsieur, quelques heures après que vous avez pris la peine de m'écrire votre lettre du 17, vous en aurez reçu une du Roi que je vous ai adressée avec une des miennes qui vous auront fait connaître que vous avez bien rencontré dans ce que vous avez dit aux avocats qui ont été donnés pour conseils à M. Foucquet. S. M. entend que vous continuiez à exécuter sur cela ses ordres, et, lorsqu'elle aura résolu le jour de la translation du sieur Foucquet, elle TOUS enverra des ordres très-particuliers sur ce que vous aurez & foire.
Je TOUS envoie une lettre que madame Foucquet m'a adressée à monsieur son mari, afin qu'il vous plaise de la lui rendre. Je sois, eUii {A.. G.)
Le même au mime.
A FonUlneUe&u, le ao Juin 1064.
Monsieur, je vous adresse les ordres du Roi qui sont nécessaires pour la translation de H. Foucquet et de MM. Jeannip de Gaslille, de Guénégaud et La Baziiiière, et Delorme, du ch&tenu de la Bastille en celui de Moret *, et j'ai eu le commandement de S. M. d'y ajoutei' que si MU. les procureurs généraux près la chambre de justice vous témoignent qu'ils sont d'avis de laisser quelqu'un de MM. Jeannin, de Guénégaud, La Baziniëre et Delorme à la Biistille, vous l'y fassiez rester, et que vous vous contentiez d'accompagner les autres. (A. 0.)
M. IlOTHAn A COLBBKT.
Puis, le 31 lulnlMt.
Monsieur, je me confirme de plus eu plus dans la pensée que l'avis de La Mothe* était véritable ; j'ai vu M. de Rennes qui m'en a donné cent éclaircissements, et le sieur de Grimaucourt m'en rend un pareil témoignage. Ainsi je demeure convaincu que Delorme a fait de la fausse monnaie avec de l'argent, et que M. Foucquel l'a voulu perdre par cette voie, mais que toute l'intrigue a abouti suivant les remarques de ma dernière dépCche, et par conséquent je persiste dans mes premiers sentiments, de recevoir la déposition de La Mothe et de Grimaucourt, de faire arrêter Delorme et envoyer sur les lieux un commissaire intelligent.
Pour suivre ces trois idées, j'ai pris neuf lettres ou billets de Delorme au nommé Larue Vital, dont quatre parlent nettement de la fausse monnaie; et lundi, on me doit remettre l'arrêt du grand conseil de condamnations à mort contre lui, en vertu duquel il a été arrêté, suivant l'histoire que je vous ai envoyée.
En vertu de cet arrêt , Delorme peut être arrêté au Pontorson, où il ne se doute de rien.
Un gentilhomme de la même paroisse, son ennemi capital, se
1. Iloret Mt un petit bourg, k quatre kilomïtres de FooIkiDebletD.
3. Ce Ltnioihe était cooTaiocu d'avoir centrerait lea aceau\ de la cliancellerie. Pour éloigner la sentence de mon qui le ni«nt(Bit, M arait prétendu avoir des réTélatioDt à taire contre Foacqaet et Delorme; c'était ane nouvelle fauaseié. Le Delorme dont il est ici qaeatioa doit 6tre on parent de celui qui était à la Bntftle.
FOUCQUET. tu
voudra bien charger de le livrer, ayaot des forces suTâsantes ; je crois que si le Roi avait quelques troupes dans le voisinage, la chose se ferait plus sûrement et plus secrètement qu'arec des prévAts ; j'ai eu l'hoQoeur de vous remarquer qu'il a des lettres de lui et que plusieurs témoins du pays peuvent déposer.
n n'y a nul risque dans l'arrêt de sa personne, puisqu'il est condamné, et qu'il n'est échappé des liens de la justice que par la commise et la dernière aigreur et appréhension de M. Foucquet contre Del orme.
On m'a dit que La Motbe sait plusieurs témoins vivants qui en pourraient déposer, et qu'il peut éclaircir et prouver la chose Tort clairement.
Il s'est UD peu expliqué aujourd'hui de l'utilité de ses avis pour les affaires publiques, pour l'instructioD des faux baux; ainsi j'estime qu'il faudra doucement obtenir de M. le chancelier quelque rel&cbe pour l'instruction de son procès, afin d'en tirer tous les éclaircissements qu'il promet, et qu'il parait fort capable de donner.
J'ai fait résoudre Grimaucourt à le voir, et je dois demain les faire conférer ensemble en ma présence à la Bastille. Il semble que ce Grimaucourt serait un homme fort nécessaire pour l'instruction de la chose, dans laquelle il s'explique ne pouvoir parler contre M. Delorme, son ami, et contre M. Foucquet qu'il connaît peu, et dont il ne -peut rien rapporter que par ouH-dire.
La suite de cette affaire m'occupera demain entièrement, et je me chargerai avant mon départ de toutes les lumières qui pourront me revenir ; cependant je crois devoir vous représenter qu'il est pressé et important de résoudre l'arrêt de Delorme et les moyens d'y parvenir, et la personne du conseil qui ira informer sur les lieux, M. de Caumartin , maître des requêtes, est du pays, et y a des habitudes; je le crois capable de cet emploi, pounu qu'on soit assuré de sa probité, application et diligence.
Il y a aussi un testament de mort d'un homme exécuté à Rennes pour fausse monnaie, émissaire de Delorme et de Lorge, avec tout le procès qui est au présidial, dont on pourra tirer des preuves, pourvu que Delorme, pendant son crédit, n'ait pourvu à leur soustraction. J'avais quelque dessein d'en écrire à M. de Brequigny, président au parlement, mon cousin germain ; mais je ne suis pas assuré de sa fidélité et de son zèle assez pour lui confier un secret
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»tt FoucQUEnr.
de cette qualité ; s'il vous plaît y faire pouiroir ou approuver mon sentiment, j'y agirai avec l'applicalion que mérite la chose et que je dois. (B. I,)
H. BLAI!.E ' A SÉGUIER,
Monseigneur, je Tus hier à Gentilly avec la personne d'où vient le mémoire que je vous donnai quelques jours avant votre sortie de Paris; et comme je lui ai fait savoir que c'était pour vous que j'avais tiré cet extrait de ces recueils, et que vous m'aviez chargé de le prier d'en faire un traité et de me le donner pour vous l'envoyer, il me &t réponse là-dessus: n Mon cher ami, je sais « bien la manière avec laquelle les personnes de cette condition (I veulent les choses ; ils voudraient ressembler à Dieu, afin que « sitdt qu'ils disent les choses qu'ils désirent, elles fussent aussitôt « faites; que, pour bien faire ce traité, il faudrait un an, car il ren- K ferme toutes sortes de crimes, et s'il les fallait tous poser selon la (I volonté ou l'événement, cela serait fort long. » Je lui dis làdessus que je ne craignais pas de lui dire ma pensée, le connaissant sage, discret et secret, et que je croyais que ce que vous en désiriez était seulement pour te fait de M. Foucquet; et il me répondit qu'il fallait donc absolument savoir de vous ce que vous désiriez; pourtant qu'il croyait que toute l'affaire de M. Foucquet se pouvait renfermer au péculat, touchant le fait de sa chatte, et que pour cela il lui était fort facile de vous y satisfaire, elen peu de papier, d'autant qu'il avait des matériaux préparés, il y a plus de trente années, sur cette matière cl plusieurs autres, mais qu'il y avait un certain écrit de la main du sieur Foucquet trouvé dans ses papiers dont l'on parlait, et duquel il avait vu des copies trèsdifférentes en diverses mains, et qu'en ce qu'il en avait vu, cela se pouvait renfermer en deux chefs: l'un qui est la conjuration, et l'autre le crime de lèse-majesté; que si vous ne désiriez que cela, qu'il serait besoin que vous m'envoyassiez une copie dudit écrit qui eût été tirée sur l'original, afin de ne travailler pas sur de mauvais fondements, comme seraient les copies qu'il a vues, et l'ayant, et n'étant question que de ces trois chefs, il vous aurait bien- (At contenté, et sur ce que je lui dis qu'il pouvait s'assurer et
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attendre de vous toute la reconnaissance et toute la gratitude imaginables, il me répondit là-dessus : « Ne parlons point àp. cela, car « je connais les grands aussi bien que tous, qu'il tous envoie seu- 0 lement l'ordre écrit de sa main de ce qu'il désire, afin qu'il me « paraisse que je puisse écrire ma pensée librement et sans crainte, « et la copie de cet écrit, et je tâcherai de lui donner la satisfaou Uon qu'il désire au plus tAt. » Vous ordonnerez donc, s'il fous plail. Monseigneur, ce que vous désirez que l'on fasse, et envoyer la copie dudit écrit, si vous trouvez ces pensées bonnes. Pour le secret et la fidélité, je vous puis répondre de lui comme de moi, puisque je suis, etc. (B. I.)
Pari», ce 3k lato lOSt, ]oor de S&ini-Iean, après vêpres.
LE TELUEE A H. D ABTAGNA5.
A Fontaiaebleau, le SSJuId lUt.
Monsieur, j'appris hier par un mousquetaire du Roi que vous étiez part) de Paris avec vos prisonniers, et par M. de Carak que vous êtes ttmjé heureusement à Moret, et j'ai aujourd'hui reçu par ie sieur de Mauperluis la lettre qu'il vous a plu m'écrire '.
Le Roi a été informé de toutes choses, et S. M. m'a commandé de vous Hiire savoir qu'après qu'elle aura appris si madame de la Bazioîëre avait la liberté de voir M. son mari pendant qu'il était à lafiastille, elle vous enverra ses ordres sur la demande de cette dame.
Comme il est nécessaire que les prisonniers entendent la messe dans un lieu commode pour leur sûreté, S. M. fera demander k M. l'archevêque de Sens une permission de faire dire la messe dans les lieux du château de Moret oii hesoiu sera, et j'exécuterai en cela incessamment l'ordre de S. M.
Vous pouvez, quand vous voudrez, vous rendre ici, et S. M. se persuade que vous ne partirez de Moret qu'après que vous aurez vu toutes choses en état, que votre absence ne pourra préjudicier à la sûreté des prisonniers ni au service do S. M. (A. G.)
1. Les accusés aviUent i\A men^s en cinq carroun, avec deai cbarioU de papiers et de bagsgM, et lis dlntrenl dani cinq chumbre* téparëes.
U TELLIBK A L'ARCBBTtQUB DE SBKS K
A FonuinebtïkD, le se Jaio lest.
Monsieur, à présent que M. Foucquet et MM. Jeannio, de Goénégaud et la Baziniëre et Delorme sont arrivés dans le ch&teau de Horet, et que le Roi a appris, par les lettres de M. d'Arlagnan, que, pour la sûreté et la commodité des prisooniers, il est à propos de faire dire la messe en plusieurs endroits du chAteau, S. M. m'a commandé de vous faire savoir qu'elle aura fort agréable que vous eipédiiez les permissions qui sont nécessaires pour cela, et que vous preniez la peine de me les adresser; je vous donne le bonsoir et suis très-sincèrement, etc. (A. G.)
LB TELUER A 1) ARTAGNAN.
A FoDUiMblMn, la ST Juia lUi.
Monsieur, pour satisfaire à ce que je vous ai mandé hier, je TOUS adresse une dépôche du Roi, par laquelle vous verrez que S. M. trouve bon que vous permettiez à ceux qui ont été donnés pour conseils à M. Foucquet de le voir tous les mardis et vendredis matin de chaque semaine*. (A. G. )
LB TBLLIBH A L'ABOHEVlftOlIB DE SERS.
A FonttinebletD, le 38 JqId leW- Monsieur, j'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, l'acte par lequel vous avez permis à un prêtre de votre diocèse de dire la messe dans le château de Moret. Le Roi a été bien aise de voir le soin que vous avez pris d'accorder ce qui vous avait été demandé de sa part, mais comme celui qui a été destiné pour dire la messe dans le château est un chanoine de Vincennes, nommé le sieur Perrand , on n'a pu s'en servir, à cause qu'il n'est pas de votre diocèse; S. M. m'a commandé de lui faire savoir qu'elle aura bien agréable que vous envoyiez une autre permission qui puisse lui servir, et à tel aulre ecclésiastique que besoin sera.
1. Louis-B«nri de Gondrin, RrcbïTËqae de SeiM de tetfl A IflTA.
S. Jutqn'Blors, FoDcquet iTiit vu mb iTocau qutnd 11 Toulait. Aaui miduDe FoucquM prÉMQtft ann requËtc cnnire cette nouTelle restriction ; tt, demande fui eo- Toyée ftu Boi, qu[ Isiiu !■ cliambm décider la chine. 11 fut râaolu que l'accosâ verrait M* coiMeils le lendemain de chaque lignUcatlon, en priaence de d'Ariagiun.
HADAIŒ rONTANIER, HÈSE DE FELLISSOH, A COLBERT.
APaiii,cesg]umlS6A.
Monseigneur, une indisposition que j'ai depuis quelques jours me prive de l'honneur de tous aller présenter moi-même la quittance de l'office de secrétaire dont était pourvu mon fils; je l'ai fait expédier comme il tous plut me le commander; que s'il tous plaît d'y vouloir jeter les yeux, je m'assure, Monseigneur, que TOUS ne douterez pas que cet office n'ait été payé de mes deniers, et qu'enfin il vous plaira d'ordonner que j'en serai remboursée, suivant le règlement fait par S. M.; je vous assure avec vérité, Monseigneur, que j'ai un besoin extrême dtt cet argent; ayant déjà mangé le peu de bien qui me restait pour ne pas abandonner mon fils, et ne sachant plus que faire, si vous n'avez la bonté, Monseigneur, de me faire payer. J'ai reçu tant de marques de votre générosité, que j'espère que vous m'accorderez encore celte grâce, laquelle je tous demande très-humblement. Monseigneur, et avec tout le respect, etc. (B. I. }
CHAHBSE DE JUSTICE A POHTAINEBLEAU
Du lundi 7 juillet 1664.
Ce jour, MM. tes commissaires ont fait lecture d'une requête présentée par l'accusé, tendante à ce que le conseil à lui donné par la chambre lui fût rendu libre et qu'il lui Fût permis de communiquer avec ses avocats, hors la présence de H. d'Artagnan, suivant et conformément à l'arrêt de la chambre du 26 septembre 166â.
La lecture achevée, M. le chancelier a dit que la compagnie avait pu eulendre que le sieur Foucquet se plaignait de ce que le sieur d'Artagnan lui avait ôlé la liberté de la communication de son conseil , au préjudice des arrêts de la chambre et des ordres du Roi, qu'il n'y avait point d'apparence que le sieur d'Artagnan eût rien fait que par ordre exprès de S. M., que le respect que l'on devait aux volontés du Roi obligerait de porter la requête dont il s'agissait à S. M. et d'attendre ses intentions sur le sujet d'icelle, qu'il estimait qu'elle serait reçue agréablement par les mains de MM. tes rapporteurs, el bien que Mgr le chancelier ne demand&t point les aTis sur sa proposition, M. Lefèvre n'a pas
laissé de représenter qu'il serait plus convenable et plus respectueux que le procureur général fût chaîné de porter cette requête au Rot, suivant l'usage.
A quoi Mgr le chancelier a réparti que MM. les rapporteurs s'en acquitteraient aussi bics et avec autant de satisraction pour le Roi, et pour la compagnie, ajoutant qu'il n'y avait rien à délibérer davantage sur cette affaire.
M. Lefèvre a répliqué qu'il avait estimé que cela se ferait mieux par les gens du Roi, mais qu'il ferait ce qui lui était ordonné.
Du mardis juillet 1664.
Ce jour, MM, Lefèvre d'Ormesson et Le Cornier de Sainte-Hélène rendant raison k la chambre de ce qu'ils ont fait sur l'exécution de l'arrêté du précédent jour, par lequel ils ont été chargés de porter au roi la requête du sieur Foucquet, je dis' que Mgr le chancelier m'ayant donné l'ordre de demander leur audience, je leur avais rapporté qu'ils eussent à se rendre au Louvre sur les trois heures du même jour; k quoi ayant satisfait, et ayant eu l'honneur d'être présentés au Roi, il ont eu l'honneur de lui dire que le sieur Foucquet avait présenté requête à la chambre par laquelle il se plaignait du retranchement du conseil qui lui avait été donné, qu'elle faisait mention que ce retranchement avait été fait par les ordres de S. M., que la chambre avait jugé qu'il était de son devoir d'apprendre de sa bouche ses intentions sur ce sujet, qu'à cet effet ils avaient été chargés de présenter la requête à S. M., et de la supplier très-humblement, comme ils faisaient, de leur faire entendre ses volontés; le Roi, prenant la requête, leur dit qu'elle lui paraissait grande, qu'il se la ferait lire, et qu'ils eussent à retourner le lendemain, à pareille heure, et qu'il leur ferait savoir ses intentions.
Du mercredi 9 juillet 1664.
Ce jour, MM. d'Ormesson et de Sainte-Hélène rendant raison à la chambre de ce qu'il leur a été dit par le Roi, le sieur Lefèvre a rapporté que s'étant rendu au château, accompagné de M. de Sainte-Hélène, le Roi ayant commandé de les faire entrer dans son cabinet en ovale, où étaient MM. Colbert et de Lionne, S. M. se serait mis proche d'une fenêtre, et, les ayant fait approcher, leur a dit que, lorsqu'il avait trouvé bon que M. Foucquet eût un conseil
1. On Mit qae c'ett FoaciinU qui a rédigé ce Jouroal de la chtmbrf.
FODCQUET. «7
libre, il avait estimé que soq procès ne durerait pas longtemps, mais qu'il y avait plus de deux ans qu'il était commencé sans en voir la fin, qu'il avait d'autant plus de sujet d'en désirer l'expédition, qu'il semblait que sa réputatiou y était engagée, même parmi les étrangers où sa puissance était assez bien établie, qu'ils ne la croiraient pas si grande, puisqu'il ne pouvaitaprës un si long temps faire terminer une affaire de cette qualité dans son royaume; qu'il ne demandait néanmoins que la justice, mais qu'il souhaitait voir finir ce procès de quelque mamëre que ce fûl; que, lorsqu'il avait été nécessaire de transférer l'accusé au cb&teau de Moret, il avait ordonné à M. d'Artagnan qu'il ne vit point son conseil afin qu'il ne fût pas averti du jour de son départ, et que, depuis qu'il avait été renrcrmé à Moret, il avait chargé M. d'Artagnan de ne lui faire voir son conseil que deux fois la semaine, les mardis et vendredis au matin, et en sa présence, parce qu'il ne voulait pas que ce conseil fût perpétuel; qu'il avait été averti que les avocats avaient excédé leurs fonctions, qu'ils avaient porté et reporté des paquets, qu'ils, étaient entrés dans un autre conseil au dehors, quoiqu'ils s'en défendissent fort ; puis, dans le projet que la compagnie sait et dans l'exécution duquel l'accusé voulait bouleverser l'Ëtat, il devait faire enlever le procès et les rapporteurs, que c'étaient làles raisons qui l'avaient obligé de donner ces ordres, et qu'il croyait que la chambre ne l'improuverait pas, qu'il s'en remettait néanmoins à ce qu'elle en jugerait, qu'il nous répétait encore qu'il ne voulait que la justice. S. M. nous ajoutant qu'elle prenait garde à tout ce qu'elle nous disait, parce que, lorsqu'il était question de la vie d'un bomme, il ne voulait pas dire une parole de trop, qu'il s'en rapportait à la chambre, qu'il aurait pu nous dire ses intentions dés le jour d'hier, mais qu'il avait voulu voir la rd^uéte, qu'il se l'élaitfait lire, et l'avait entendue avec application, et que sur ces aSaires l'on était bien aise de savoir ce que l'on avait à dire, qu'il nous avait fait entendre ses intentions, et qu'il nous rendait la requête afin que la chambre y délibérât.
Ayant reçu cette requête de la main du Roi, nous lui fîmes réponse que nous ferions rapport i la chambre de ce qu'il nous avait fait l'honneur de nous dire.
Ce fait, M. le chancelier lui ' a demandé son avis ; sur quoi il a