‹ Archives de la BastilleChapitre 65 sur 98 · U. d'Ormeuan · texte numérisé non relu

U. d'Ormeuan

SM FOUCQUBT.

dit que le Roi ayant renvoyé cette requête à la chaoobre poor y délibérer, la cbose, par le renvoi, se trouvait rétablie daas son entier pour être jugée par les règles ordinaires, et qu'ainsi il était d'avis d'ordonner que sur la requête il fût mis le soit montré an procureur général, ce qui fut suivi tout d'une voix, et aussitôt esécuté. (B. I.)

H. FONCET À COLBSRT.

Monsieur, j'ai employé toute la journée à la Bastille; la matinée a été employée à ouïr un long récit, et l'iiprës-dlnée à en evminrr les circonstances; après l'un et l'autre, il se trouve que c'est un bomme ', lequel pressé d'une accusation dont il se sent convaincu, tAche d'éloignersa condamnation et son supplice. En eiFet, les pleurs et les gémissements en ont fait la conclusion, dans laquelle il m'a proposé de demander au Roi sa grAce en une commutation de peine; il dit qu'il ne craint point la mort, mais l'ignominie du supplice pour sa famille; il veut être brûlé vif s'il ne fait prendre Bruant^ Ayant reconnu la pensée du personnage, j'ai cru qu'il ne l'allait point dresser un procès-verbal ou acte judiciaire; je me suis contenté, pour soulager ma mémoire, de faire des notes particulières de ma main sur cbacun fait. Avec plus de loÎRir, je vous expliquerai le détail en gros de tous les faits qu'il nous propose; il n'en a aucune preuve entre les mains, tant s'en faut, ils n'ont aucune probabilité, de sorte qu'un procès-verbal paraîtrait avoir eu un fondement très léger. J'espère, Monsieur, vous envoyer demain un précis des cbefs dpnt sont composés les avis qu'il veut donner au Roi ; il me suffira aiyourd'liui, à cause que le courrier va partir, de vous donner part de ce que j'ai fait. (B. LJ

Puisfi» Jeudi S4]iulleL lOOA.

M, FOUC&CLT A SE6UIBR.

a Pftrii, le 34 juUlnieai.

Votre prévoyance est immanquable. M. Poncet a trouvé si peu de vraisemblance en tout ce que lui a dit ce malheureux^ qu'après l'avoir examiné pendant tout le jour avec toute l'application et

i. Limothe Hardy. H. Poncet était parti de FootaioebleM pour l'interroger; la chambre ne siéga pas du 1$ au 31 juillet.

3. Bruant, commis de Foucquet, s'iitait sauva dus les Psjs.Bu; il ae Tut Jamais pris.

a. II s'a^t tODjoun de Lamothe Hardj.

FODCQUET. 309

l'habileU dont voos sarez, HoDsieur, qu'il est capable, il a jugé qa'il était bien plus à propos de n'en rien rédiger par écrit que de donner matière à de nouvelle longueurs si préjudiciables aux affaires; l'on TOUS rendra, Monseigneur, compte de tout, et, si la conduite que l'on a tenue n'est de votre approbalion, les choses sont encore entières et eu état d'être réglées par vos ordres; la plus grande gloire qui me puisse arriver est de les exécuter, et de vous donner des marques de la reconnaissance que j'ai pour toutes les bontés dont je vous serai toute ma vie redevable. Je vous supplie trés>humblement de croire que je les ressens autant que je dois,

CHAUBBX DE JOSTIGE, A rONTAtREBUAD.

Ce jour, le procureur général serait entré en la chambre, et aurait dit que la requête présentée par le sieur Foucquet, le 28 du présent mois, tendant à ce qu'il fût ordonné que le sieur Le Bossu, maître des comptes, et l'un des commissaires nommés par le Roi pour être du nombre des juges dont la chambre est composée, serait tenu de s'y rendre pour continuer son service etassister au rapport et visite dudit procès de Foucquet, ainsi qu'il a fait par le passé, sauf aux parties à donner leur requête de récusation, s'il y échéait, et jusqu'à ce que le sieur Le Bossu fût présent, que les rapporteurs sursoiraient le rapport du procès, le tout, aux protestations ordinaires, lui ayant été communiqué de l'ordonnance de la chambre pour y donner ses conclurions, il les aurait mises par écrit, mais qu'il se trouvait obligé de faire entendre à la chambre que le jour d'hier ayant été mandé par le Koi de se rendre incessamment au château où S. M. lui ferait savoir ses intentions, il se serait rendu à l'appartementdeS. M., laquelle lui aurait dit qu'elle l'avait niandé pour lui dire que, loEsqu'elle avait nommé le sieur Le Bossu Lejau pour l'un des commissaires de la chambre de justice, elle aurait cru qu'il était gradué; mais, puisqu'il ne l'était pas, son intention était qu'il s'abstint de connaître de toutes les procédures criminelles qui seraient traitées h la chambre, que néanmoins elle trouvait bon qu'il contînu&t son service dans les affaires civiles, et que c'était ce que S. M. lui avait ordonné de dire à la chambre.

Ce fait, ledit procureur aurait mis «es dites conclusious sur le bnreau,et, lui retiré, l'affaire mise un délibération, aété arrêté qu'il

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serait fait r«gistre de l'ordre du Roi apporté par )e procureur général, lequel sera chargé de faire savoir audit sieur Le £ossa ce qui a été dit & la chambre par ledit procureur géuéral. Fait eu la chambre, le 30 juillet 16&4. (B. 1.)

LE TELLIER A H. D'AKTAGNAN.

A FoauiDebleaD, le 8 aoQt IS61.

Monsieur, j'ai reçu, avec la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire le cinq de ce mois, la requête que le valet de chambre de M. Foucquel veut présenter à la chambre de justice, et une lettre écrite par un père capucin au sieur Pecquel. J'en ai rendu compte au Roi, et S. M. m'a commandé de vous faire savoir que vous pouvez faire sur l'une etsur l'autre cequ(;M. de Chamillard vous écrira être en cela du service de S. M.

Quant au confesseur que M. Foucquut désire pour la fCle, je vous dirai qu'il n'y a guère d'apparence d'en faire venir un de Paris, mais l'on aura soin de lui en donner un de ceux qui sont en ce pays-ci. (A. G.)

Le même au même.

A FoDtainebte&u, le 10 août ISBï.

Monsieur, je vous adresse une dépêche du Roi, par laquelle S. M. vous ordonné de conduire à la Bastille MM. Foucquet. de Guénégaud, Jeannin, de la fiazinière et de Lorme; et une autre à M. de Besmaus pour recevoir ces quatre derniers. Vous connaîtrez par la lecture de cette dépêche ce que vous aurez à faire en cette occasion <,

P. S. Je vous adresse aussi une lettre pour le supérieur de la maison de Saint'Louis, pour lui dire de donner un confesseur à M< Foucquet quand vous le lui demanderez. (A. G.)

MADAME FELUSSON A COLBERT.

LuDdJ, 13 août laet.

Monseigneur, je vous demande pardon d'oser ici vous supplier très-humblement d'avoir la bonté de vous souvenir de mon remboursement, ainsi qu'il vous a plu me le faire espérer; je vous

1. lia rBDtrtrsDt il la Bastille le lli août. Madame Foucquet vint au derant de ton mari, à Cliareaton, et elle pot l'embraeser sans que H. d'Anagnan «'; opposât.

FOUCWET. âH

assare, Monseigneur, que vous me ferez une grande charité, car ayant maDgé le peu de bien qui me restait, et épuisé mon crédit pendant trois années, je ne sais plus quoi faire, si vous, Monseigneur, De me donner le moyen de pouvoir subsister, me faisant compter une somme qui m'est due fort légitimement. J'atteads cette grAce de votre équité, qui m'obligera de redoubler mes prières à Dieu pour votre prospérité, etc. , (B. 1.)

LE MiniCHAL DE CLÉKEHBÀOLT < A COLBERT.

A Parii, ce 29 août iseij.

Monsieur, le profond respect que j'ai pour toutes les volontés du Roi me fait, il y a longtemps, garder un grand silence dans les affaires mfme où il y va de ma ruine totale ; vous savez, Monsieur, que depuis que vous me dites qu'il fallait attendre la fin de la chambre de jualice pour parler des sommes que j'ai au denier vingt entre les mains des sieurs Alibert, Châtelain et Bonneau, je n'en ai pas dit un mot, et me suis Cxé à attendre les elfets de la justice du Roi et vos bons offices en ce temps-là. Depuis, je vous ai rendu compte d'une autre somme de 100,000 francs que j'ai entre les mains du sieur Girardin, de laquelle je ne votis presse pas davantage; mais ayant vu depuis peu l'arrêt que madame de Sully* a obtenu pour son remboursement de 200,000 francs qu'elle a aussi entre ses mains, cela me donne la hardiesse de vous supplier trèshumblement de vous employer auprès du Roi pour lui faire agréer qu'il m'en soit délivré un semblable pour cette partie-là. Comme je tiendrai la chose en pure grâce de S. M., je n'ai point d'autres raisons à alléguer que celle de me soumettre à sa volonté. (B. T.)

CHAUBRE DE JUSTICE, A l'hOTEL SÉ&ltlBR,

Du vendredi 29 aotU 166i.

Ce jour, MM.d'Ormesson et de Sainte-Hélène ont continué la lecture de la production du sieur Fouquet, pour établir et prouver ses prétendus moyens de faux et récusation proposés contre HM. Voisin et Pussort.

1. Philippe de Ctérembanlt, maréchBl de France, mort en lees, k cinqauil»- ■eof ani. On plsf ait alors wd argent chei les traitanta, comme b préaenl au lr黫r. 3. Hadame de Salljr était flile da chaneelier Ségui#r.

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M. d'Ormcsson, premier rapporteur, après la lecture de chacun des articles de la production de l'accusé et des pièces par lui produites, a donné l'explication des faits concernant les omissions prétendues faites par MU. les commissaires des cotes trouvées dans les registres de l'épargne, qui pouvaient aller à la justiflcalîon de l'accusé, et des billets et consommations que l'accusé soutenait pouvoir servir à mSmes fins.

M. Pussort a donné de sa place quelques éclaircissements sur aucuns des articles de la production, à proportion que l'on en faisait la lecture et qu'ils étaient expliqués par M. le rapporteur.

M. Voisin, sans entrer dans le détail, a dit, parlant au pluHel, qu'il était bien difficile qu'ils pussent répondre sur chaque article d'un travail dont il ne leur pouvait rester que de trës-légëres notions, que M. le rapporteur ayant travaillé à la vériflcatioD de ces procès-verbaux, il pouvait par l'inspection des registres avoir suppléé ce qui regardait le contredit de ces omissions prétendues, qu'en tout cas cela regardait beaucoup plus le fait du procureur général dont ils avaient suivi les réquisitions et les indications que les commissaires, et qu'il serait fort étrange que, dans une aO'aire qui regardait leur honneur et leur réputation, tout fût exagéré contre eux, et qu'il n'y eût rien d'expliqué ni de défendu par le procureur général en leur faveur.

M. le rapporteur a dit que, sans rien suppléer, il rapportait simplement le fait ainsi qu'il est porté par les procès-verbaux et par les pièces ; qu'il était de son devoir d'eu donner l'explication.

M. Voisin a réparti qu'au moins il fallait lire ce qui allait à leur décharge, et que cela ne se faisaitpas, et s'est un peu ému; ce qui a oMigé M. le chancelier de lui faire signe de se modérer*.

La lecture continuant, et M. Pussort répondant en sa place aux faits allégués par le sieur Foucquet, M. le' chancelier lui a dit, et à M. Voisin, que s'ils voulaient répondre il fallait qu'ils se missent en étal et passassent le bureau, ou qu'en leur place ils se contentassent, sans rien dire, de prendre des mémoires pour y répondre.

M. le président de Nesmond a dit que la lecture pouvant encore durer beaucoup, il ne serait séant que ces deux messieurs fussent debout, et hors de leurs places un si long temps,

M. le chancelier a dit la même chose, et que MM, les commls'-

1. H. VoisiD, dit d'Ormesson, s'échiaffa un pea ixntn moi ; dit que j'omettaii UMt ce qui illait k leur décharge, et qa'on le Hvait bien.

FmJCOUET. 213

eaires pouvaient faire leurs notes en leurs places, mais sans parler, ce qu'ils ont fait.

La lecture de la production de l'accusé a été continuée, et M. le rapporteur a fait ses obsenalions sur chacun article d'icelle.

Entre les pièces produites par l'accusé s'est trouvé un placet présenté par les fermiers des aides, avec un arrêt li» conseil y joint, daté de l'année 1662, duquel l'accusé induisait qu'on lui avait supposé des papiers parmi les siens, puisque, ayant été arrSté en 166], l'on n'avait pu trouver entre ses papiers un arrêt de 1663.

M. Renar, sur cet article, a demandé comment des procès de 1662 avaient pu se trouver en 1661 parmi les papiers de l'accusé, lorsque MM. d'Aligre, Barin, Colbert et Poucet, avaient travaillé à Fontainebleau à l'inventaire de ses papiers.

Pour entendre la difBcuIlé de cet article, il est nécessaire d'être informé que le Roi, ayant fait arrêter M. Foucquet à Nantes, donna ordre d'apposer scellé dans toutes ses maisons et celles de ses principaux commis ; qu'en exécution de cet ordre le scellé fut mis en l'appartement qu'occupait M. Foucquet dans le chAteau de Fontainebleau, au lieu appelé la Surintendance; qu'après le retour de S. M., MM. d'Aligre, Rarin, Colbert et Poucet furent commis pour lever ledit scellé, et faire description et inventaire des effets qui se trouveraient sous sceau; qu'en procédant à cet inventaire il se trouva plusieurs états et autres mémoires et papiers concernant les finances, même des états des pensions qui se donnaient aux étrangers, et inslructions pour négociation d'état, de quoi ayant été donné avis à S. M. par HM. les commissaires, le Roi leur ordonna de lui apporter ces papiers, qui furent déposés dans le cabinet de S, M., rangés par liasses et étiquetés par son ordre.

Il est arrivé que, lorsqu'on présentait au Roi des placets, il faisait mettre ceux qui concernaient les finances dans les liasses de papiers retirés de chez M. Foucquet, et, suivant cet ordre, les fermiers des aides ayant présenté au Roi un placet concernant leur bail avec im arrêt du conseil de l'année 1662, Justificatif de leurs prétentions, il fut mis au cabinet dans la liasse des papiers des aides; cependant H. Foucquet ayant demandé communication des papiers retirés de ses inventaires, du moins de ceux qui ne concernaient point les négociations et affaires de son étal, prétendant qu'il y trouverait sa justification, le Roi trouva bon, suivant l'arrêté de la chambre, qu'ils lui fussent communiqués, et qu'à cet effet

ils fusseol préalablement paraphés par. HM. d'Aligre, de Sère et Poncet, ce qui ayant été exécuté, M. Foucquet trouva entre ses papiers ce placet des rermiers des aides, avec l'arrSt du conseil de 1662 s joint, dont il veut tirer les conséquences de supposition de papiers, suivant qu'il est porté pai' l'article de sa production.

Da mardi % septembre 1664, au cliâtem de la Bastille.

Papdevant nous, Dreux d'Aubray, elc.

A été représenté par le commandant du ch&leau, Robert Hoyau, natif de la Ferté-Bernard, Agé de soixante ans, marchand orfèvrejoaillier à Paris, demeurant nie de la Pelleterie, paroisse Saint- Séverin, etc., etc.

— S'il est marchand orfèvre à Paris, et s'il a tenu boutique?

— Oui, et il a tetiu boutique en différents endroits de la ville, et la dernière fois sur le pont au Change; a quitté ce négoce depuis trois ans, pour se retirer à la Ferlé-Bernard, et depuis lequel temps a demeuré à Paris pour se faire payer de quelques sommes qui lui étaient dues, dit de sot qu'il a un ofûce de greffier au grenier à sel de la Ferté-Bernard.

— S'il n'est pas curieux de lunettes d'approche, et en a acheté souvent ?

— Il ne fait point de commerce de lunettes d'approche, mais depuis trois semaines il en a acheté une d'un homme qui demeure sur le quai de l'Horloge du Palais, qui va au Pont-Neuf, le nom duquel homme il ne sait point, mais demeure à l'endroit et vis-àvis où était autrefois le pont de bois; laquelle lunette il a envoyée au sieur de Touffreville, son gendre, ci-devant conseiller du semestre au parlement de Rouen, par le messager du Mans, et le livre du messager est chargé de la boite de bois blanc où était la lunette avec quelques autres bardes.

— S'il connaît le nommé Laborde, demeurant rue des Mathurinsî

— n le connaît pour être son parent, et il demeure dans ladite rue, chez M. l'abbé de BéruUe, lequel est un homme d'honneur.

— S'il n'a pas été avec Laborde en conversation de plusieurs personnes mal intentionnées au service du Roi, qui ont tenu des paroles au désavantage de ses principaux officiers?

FOCCQUET. 2»

— Non.

— Quelle connaissance il a atec le aieur Foucquet, ci-devant surintendant des finances?

— 11 n'a eu aucune connaissance avec le sieur Foucquet ni avec ses gens, et n'a jamais parlé audit sieur, ni vendu aucune chose, ni à ses gens, mais bien a vendu au sieur abbé Foucquet quelques diamants, il y a bien quatre ou cinq ans, pour la valeur de 4 à 5,000 livres, qu'il lui a bien payées.

— S'il n'est pas vrai que, parlant en la présence de quelques personnes de la prison du sieur Foucquet, il a dit qu'il n'y avait plus que des voleurs, des coquins et des fripons qui avaient le maniement des affaires ?

— Non.

— S'il a pas dit que pour obtenir quelque grâce il fallait s'adresser à deux saints qui étaient tout-puissants, savoir les sieurs Colbert et Berrier?

— Non.

— S'il est pas vrai qu'il a dit qu'il fallait être d'un commun accord pour faire tuer tous ces bougres, entendant parler des principaux officiers du Roi?

— Non.

— S'il a pas proféré telles paroles en présence de ceiu qui l'ont fréquenté de la part du sieur Foucquet?

— Non, et il n'a jamais fréquenté aucunes personnes étant au sieur Foucquet.

— S'il est pas vrai qu'il a tenu ces discours pour obliger plu-' sieurs particuliers à faire sédition?

— Non.

— S'il connaît te nommé Duchemin?

— Il le connaît pour un barbier qui recherchait sa servante eu mariage, et demeure dans la place Dauphine, lequel Duchemin a un neveu portant le même nom, qui est valet de chambre du sieur comte de Charost.

— Si Duchemin ne lui a pas procuré l'entrée de plusieurs maisons?

— Non; il a prëlé 20 écus à Duchemin oncle, et à Duchemin neveu 600 livres pour lui aider à acheter une maison près l'Estrapade.

— S'il a pas voulu faire tenir une lunette d'approche au sieur

Foucquet, pour lire eD quelques papiers qui seraient exposés de

l'autre c6té de la Bastille?

— Non.

— S'il connaU le sieur Gaultier, et quelle habitude il a avec lui? ■^ D le connaît pour être du pays du Maine.

— Si Gaultier lui doit quelque argent?

— Oui, et il lui a prêté 5 ou 6,000 livres, en deux parties, savoir : la première, il y a enviroQ deux ou trois ans, et l'autre, il j a sept ou huit mois.

— Si Gaultier lui a pas promis de lui procurer quelque avantage par le moyen du sieur Foucquet?

— Non.

— S'il a pas parlé au désavantage de M. Colbert et du sieur Berrier, en présence de Gaultier?

— Non.

— Si le sieur Foucquet lui a pas dû quelque argent?

— Non.

— S'il connaît le nommé Deschaoussiëre?

— Oui.

— S'il a pas tenu les discoure sur lesquels il a été ci-devant interrogé en présence de Deschaonssiëre?

— Non.

-— S'il veut en croire les témoins?

— Non.

— Dit de soi que la I^jouze est une fille qui lui est ennemie 'mortelle, qu'il n'y a qu'elle qui peut servir de faux témoin contre lui et lui en susciter d'aussi méchantes qu'elle ; la raison de son ioi- Eûitié mortelle contre lui vient d'un procès criminel à l'ofBcialité qu'elle a intenté contre lui pour prétention qu'elle avait de l'épouser, où s'étant défendu, il fit évoquer l'affaire au parlement, où par un arrêt contradictoire la Lajouze a été déboutée de toutes ses prétentions ; et pendant l'instruction du procès elle lui a fait mille tourments, l'est venu violenter chez lui, disant qu'elle était sa femme et grosse de son fait, qu'elle voulait coucher chez lui et avec lui, et qu'elle le poignarderait s'il ne l'épousait pas, et de fait la Lajouze lui a fait plusieurs scandales publics, faisant amasser tous les passants; lesquels nolences, scandales et mauvais traitements l'obligèrent d'implorer le secours du commissaire Deinyrat, commissaire de son quartier, auquel il en a rendu sa plainte, et se

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FOUCQDET. Si?

transporta le commissaire sur le lieu, fit retirer la Lajouze de la maison avec peine, dont et de quoi fût fait procès-verbal par le commissaire, qui étant retiré, la Lajouze, qui avait été chassée, revint encore lui taire plnsieurs scandales et heurter à sa porte, menaçant de le faire périr, et, depuis lequel temps jusqu'à présent, l'a toujours violenté et insullé, fait plusieurs autres scandales, menacé de le tuer s'il ue lui donnait de l'argent, et viol encore, il y a environ huit jours, chez lui, lui faire plusieurs menaces de le tuer, ce qui l'obligea, pour se défaire de la Lajouze, de lui laisser emporter une couche, une paillasse, une table à tiroir et une autre petite table pliante, des chaises de paille et quelques autres meu- * blés, dont deux crocheteurs furent chargés, et en se retirant la Lajouze ne laissa pas de le menacer de le faire périr s'il ne lui donnait de l'argent, ce qu'il ne voulut faire; lesquelles violences et menaces la lajouze lui fit parce qu'elle savait qu'il était sur son départ pour se retirer chez le sieur Gaultier, oîi il laissait sou coffre-fort et son armoire, et de 1& à la Ferté-Bernard ; et croit certaioemeut que c'est la- Lajouze qui est l'auteur de son malheur présent, et que sa prison et son accusation sont des effets des menaces de la lajouze, et nous supphe de lui procurer sa liberté. Lecture à lui faite de son interrogatoire, a persévéré et signé. CB. t)

H. delevle' a colbebt.

A Pirii, ce lo septeinbre I8W.

C'est avec tout le respect que je vous confirme l'assurance de mon affection au service du Roi et du vAtre, Monseigneur.

M. Hotman vous aura pu dire que je suis demeuré malade à Fontainebleau, et qu'il n'y a que six jours que je suis de retour, logé par votre ordre rue Saint-Bonoré, devant les pères de l'Oratoire; madame de Guénégaud commençait à se réjouir, et m'aurait volontiers envoyé son médecin, mais Notre-Seigneur eu a disposé autrement; elle continue dans son obstination ; mais si l'on faisait arrêter le sieur de Jean, son défenseur, je ne doute point qu'elle ne les donnât promptement.

Je suis mal de ne rien faire, ayant accoutumé de travailler, c'est

1. cm peat-eire ce commis qui, auiTknt d'Ormeason, préUDdait qne «Dr les dépense* raiua pour les vojh» ^^ '^ <=°"'< p>f^ pu M. de Guénégftod, il y Hait Uen de* scqniti (aui.

ce qui fait vous supplier, Monseigneur, en altendant les papiers de l'épargne, de m'honorer de vos commandemcDls, eo telle qualité qu'il vous plaira. (B. I.)

H. DU UETZ A COLBEBT.

A Paris, M isiepicmbrelSSi.

AUn d'apporter toute la diligence que vous m'avez ordonné pour mettre M. le maréchal de Grammont en possession de la maison de M. Monnerot, j'étais allé ce matin demander un ordre à M. le procureur général de la chambre de justice pour faire sortir l'exempt qui est dans le logis, et lui faire remettre les clefs ès-mains des , gens de M. le maréchal ; mais l'ayant communiqué à M. Foucault, il m'a dit que la maison étant à présent au Bol, il était à propos de donner un ordre de S. M., et qu'il vous en écrirait. Il me vient d'envoyer une lettre qui est ci-jointe, je croîs que c'est pour cela ', (B.I.)

U: KOI A H. DE FOMPONME.

M. de Pomponne, je vous fais cette lettre pour vous dire qu'aus- Bïtût que vous l'aurez reçue, vous ayez à vous acheminer à Pomponne pour y faire votre séjour, et n'en point partir jusqu'à nouvel .ordre de moi; à quoi m'assurant que tous satisferez, je ne vous eu dirai pas davantage, etc. (B. A.)

Viocenoea, le IS septembre 16ât.

GUAHBUE DE JUSTICE, A L'hOTEL SÉtil'IER,

Du mercredi \^ septembre 1664.

Sur les onze heures et demie, le procureur général a demandé à entrer poar communiquer à la chambre les ordres du Roi qu'il venait de recevoir. Le procureur génériil entré, il a dit que la compagnie pouvait être mémorative que l'accusé avait ci-devant présenté sa requêlc k la chambre, par laquelle il aurait demandé qu'il lui fût permis de faire informer contre M. Colbert, conseiller au conseil royal et intendant des finances du Boi, le sieurBeriier et moi^ des

1. Il est Mtft singulier que le mtrécli*! sll hérilé du financier, uiquel il »Bit, Itingtemps juiparaïuie, prédit la potence. 3. C'est-à-dire Foucault, le n^dacicur de ce résumé.

FOUCQUET. ÎIO

faîtsde soustraction de papiers et auties, mentionnés en la requête, et que par ordoonance rendue sur cette requête, le 31 de juillet dernier, il aurait été ordonné qu'elle demeurerait Jointe au procès pour, en jugeant, y avoir tel égard que de raison ; que le Roi ayant été informé de cette requête e( de l'ordonnance de jonction, S. M, avait ordonué, par son arrêt du conseil d'État, rendu en commandement, du 6 du présent mois, que tant ladite requête que l'arrêt de jonction seraient portés, à sa diligence, à S. M. pour y être par elle pourvu; qu'il avait satisfait de sa part à cet arrêt, ayant relire du greffe la requête au pied de laquelle est l'ordonnance de jonction , et porté le tout au Roi ; que depuis, S. M. ayant pris connaissance des motifs de la jonction d'icelle au procès, a fait délibérer l'affaire eu son conseil, arrêt était intervenu le 15 du présent mois, par lequel ladite requête a été évoquée au Roi et ù son conseil, et y faisant droit, ordonné que, sans s'arrêter à l'ordonnance de jonction, le sieur Foucquet est débouté des fins et conclusions d'icelle et qu'il sera passé outre par la chambre à la visite et jugement du procès, suivant les derniers errements; que l'on vient de lui mettre en main l'arrêt avec des lettres patentes adressantes à la chambre pour en ordonner l'enregislrement, que c'est ce qu'il requiert, et en se retirant, a mis sur le bureau l'arrêt du conseil sans conclusions par écrit.

Le procureur général retiré et M. Pussorl pareillement, attendu qu'il s'agissait de l'intérêt de M. Colbert, son parent,

Mgr le cbancelier a dit qu'encore que cet arrêt fût présenté par le procureur général k ta chambre, et qu'il en eûl requis l'enregistrement, néanmoins l'intention du Roi n'était pas d'en faire une question pour la soumettre à la délibération de la chambre; qu'il est bon qu'il la fasse souvenir que, lors des premières procédures qui furent faites contre le sieur Foucquet, il se pourvut au parlement sous prétexte de son déclinatoire et y demanda par requête la même permission d'informei' des mêmes faits contre les mêmes personnes, qu'il a demandée par sa requête jointe au procès; que S. M. ayant fait entendre au parlement que son intention élait que cette requête lui fût apportée sans y délibérer, le parlement, obéissant aux ordres du Roi, fit une députatlon composée de M. le premier président et de quelques autres présidents et conseillers.

Que M. le premier président ayant été rendre compte au Roi de ce qui s'était passé sur le sujet de cette requête, et la lui ayant

mise es mains, S. M., informée de ce qu'elle cootenail, a dit à M. le premier président gue lorsque les inventaires des papiers du sieur Foucquet furent faits à Fontainebleau, S. M. avait commandé à M. Colbert de lui apporter ceux qui pouvaient concerner les affaires de son Ëtat et de ses finances ; que cela fut exécuté, et les papiers qui en furent tirés, déposés dans le cabinet deS. H. à Fontainebleau; qu'eu cela M. Colbert n'avait rien fait que par Jcs ordres du Roi, et n'en devait point être recherché.

Que M. le premier président fit rapport au parlement de ce qu'il avait plu à S. M. lui dire, et qu'il en fut fait registre; que cependant l'accusé avait depuis présenté la même requête k la chambre, laquelle ayant été jointe au procès, que la compagnie aurait peut- 6tre mieux fait d'ordonner qu'elle serait portée au Roi, puisque c'était une chose sur laquelle S. M. s'était expliquée, ou d'en débouter l'accusé suivant les conclusions des gens du Roi.

Hais puisque la chambre n'avait fait ni l'un ni l'autre, S. M. l'avait voulu suppléer, n'ayant pas trouvé bon qu'une requête dont elle avait pris connaissance, sur laquelle elle avait imposé silence k son parlement, subsistât au procès du sieur Foucquet, avec d'autant moins de nécessité qu'il ne pouvait plus désormais prétendre, ainsi qu'il avait fait, que la jonction qui en avait été ordonnée à son procès pût servir d'un moyen valable pour récuser H. Pussort, puisqu'il avait été débouté de sa récusation fondée sur le motif de cette jonclion.

Que cette licence que se donne l'accusé d'attaquer injurieusement une des personnes principales de l'État, laquelle le Roi honorait de sa confiance, et à Uquelle S. H. commettait les plus importantes négociations de son royaume, ayant été condamnée par la propre bouche du Roi, le pouvait être aussi avec justice par la chambre, que le ministère de M. Colbert dans l'État, non plus que sa conduite irréprochable, ne convenaient pas avec la qualité d'un accusé.

Qu'en effet, l'intention de S. M. avait été d'en supprimer toutes les marques et de faire par arrêt du conseil ce qu'il semblait que la chambre aurait dû faire par le sien, et néanmoins, afin que les volontés de S. M. sur ce sujet lui fussent plus particulièrement connues, elle avait, par ses lettres patentes adressantes à la chambre, ordonné que l'arrâl y serait registre, que le procureur général l'avait ainsi requis, et qu'après cela il n'estimait pas qu'en une

FOUCQUET. ÎSI

afE^re en la(|ueUe les ordres du Roi étaient si exprès il y eût autre chose à faire qu'à enregistrer l'arrfit.

Après quoi, M. le chancelier m'a dit de lire l'arrêt. La lecture achevée, aucun de ces messieurs ne s'étant mis en état de dire son avis, M. le chancelier m'a chargé de mettre sur l'arrêt registre aux registres de la chambre, ce requérant le procureur général du Roi, pour être exécuté selon sa forme et teneur' ; ce que j'ai fait A l'instant.

Du mardi ^ octobre 1664.

Ce jour, Mgr le chancelier, voyant qu'il restait peu de matière, et qu'étant achevée l'on pourrait se trouver en état de mander l'accusé, et parce que cela ne se pouvait faire qu'à l'Arsenal, et a dit à la compagnie que la chambre y tiendrait sa prochaîne séance*. (B. I.)

H. CHAKILLIRT A COLBBRT.

Monsieur, suivant l'ordre que j'avais reçu de votre part, à Fontainebleau, de m'înformer et de remédier au dépérissement des ' bicDs de M. Foucquet, que sa prison pourrait causer, j'ai fait faire des mémoires fort amples de tous les immeubles qui lui peuvent appartenir, suivant lesquels je ne manquerai pas de prendre tout le soin que vous désïret pour Relle-Isie et autres terres et maisons qui lui appartiennent. (B. I.)

Pub, ce 11 octobn lesk

H. DE CRÉQUÏ 1 COLBEBT.

Monsieur, si la longueur de mes infortunes doit m'accabler, et si la perte que j'ai faite naguère de H. du Plessis m'est sensible, il faut aussi avouer que ce me doit être une grande consolation que d'être

1. «Cette conduite, dit d'Onneuon, parait k beaucoup de gêna fort eitraordin^re, et qal ne sen qu'i décrier tout ce procJta. Il utouo cependant que dans le eODMil H. de Vitlcro; avait été seul ï penser qu'on laiaeit faire la chambre. ■

3. Le mois d'oblobre et la première qulniaïne de DOfembre furent emptojfs i entendre la lecture du procès, h juger de« requêtes présentées par le snrintendant et madame Foacquet. Tout cela est uns Intârei; cependant les conjectures du paUic allaient toujours leol- traiu. ■ On tient pour certain, écrit Gujr Pntin, que la chambre de justice aéra bienlût terminée,.., que toutes las affaires seront ciTiliséca, hormis celles de H. Foucqnet, qui demeurera prisonnier, et auquel ou domerk des commissaires. Je crois pourtant qu'il en écljippera par le OMtyen de qoelquee pnie- BBDta intercesseurs «t déprécateurs qui le faToriseni prudemment, et emploient Bnement le crédit de lean aml!i. ■

222 FÛCCQUET.

honoré d'une des vOtres en cette rencontre, et de recevoir des marques de votre estime dans un lieu où je me crois abandonné de toute la terre, el où je mène une vie bien misérable, quand principalement je considère qu'il y aurait lieu de servir S. M. dans les endroits où elle porte ses armes; mais, Monsieur, je pense que mon nom et te peu que je vans lui ont échappé de la mémoire, en sorte que je dois redouter un long oubli, si vous n'avez la bonté, aux occasions, de me nommer, comme un bomme qui a toujours eu un fort grand zèle pour son service. Je ne vous dis point combien je m'estimerai votre redevable de me rendre un ofQce si considérable, car il serait difficile d'exprimer ma reconnaissance, mais je puis vous assurer qu'elle serait complète, el que ma conduite pourra vous marquer que je me sens voire obligé d'en avoir usé si honnêtement pour moi dans un lempsoùjc craignais que les affaires générales ne m'éloignassent de votre souvenir qui m'est extrêmement cher, et que j'aurai {sic) de méritoire en vous faisant connaître en toute rencontre que je suis, etc. , P. S.— Sur le bruit qui a couru que vous cherchiez une maison pour vous loger aux enlours de la Cour, à Paris, j'avais prié M. de Derliac de vous offrir la mienne, jusqu'à ce que vous en ayez une plus à votre gré; vous m'obligerez de la prendre, Monsieur, ou de la faire servir pour la maison du Roi, à quoi l'on m'a fait savoir depuis peu qu'elle pourrait être propre. (B. I.)

Ds LariTOD, ce Si octobre i66â.

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